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  • il y a 5 heures
Alors que les élections à mi-mandat se rapprochent à grands pas, Donald Trump multiplie les meetings et les promesses pour tenter de remobiliser son électorat. Baisse du prix du diesel, "dividende Trump", pouvoir d’achat... Le président américain veut convaincre que l’économie se porte bien, malgré des sondages particulièrement mauvais et un sentiment de déclassement largement partagé par les Américains.


Mais en coulisses, à l'opposé des discours, ses proches préparent de plus en plus sérieusement l'hypothèse d'une défaite. En cas de majorité démocrate, les conseillers de la Maison Blanche s'attendent à devoir livrer une bataille féroce: des possibles enquêtes du Congrès sur Donald Trump et sur ses proches, ou encore un éventuel procès en impeachment...


Dans cet épisode du Monde selon Trump, Thierry Arnaud reçoit Corentin Sellin, professeur agrégé d'Histoire et chroniqueur pour Les Jours, ainsi que Antoine Heulard, correspondant de BFMTV à Washington.

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Transcription
00:00Nous allons faire l'Amérique de nouveau grande, avec le feu et la fure.
00:10Avec la guerre, c'est juste artificiel, c'est un peu élevé, c'est un petit prix à payer pour
00:14garder le monde en sécurité, pour garder notre pays en sécurité.
00:18Ils peuvent détruire une ville, qu'ils détruisent Los Angeles, qu'ils détruisent San Diego, c'est un très petit
00:23prix à payer et tout cela sera terminé très bientôt.
00:31Ce sera bientôt fini, donc, la guerre avec l'Iran, bien sûr, elle fait artificiellement monter les prix de l
00:36'essence, c'est un petit prix à payer, vous l'avez entendu, pour les Américains.
00:40Peut-être que les Iraniens, pour se venger, pourraient aller jusqu'à détruire Los Angeles ou San Diego.
00:45Donald Trump en meeting dans le Nebraska, ce lundi 5 octobre, à moins d'un mois, désormais, de ses élections
00:50à mi-mandat.
00:51Bonjour à tous et bienvenue dans Le Monde selon Trump.
00:54Votre rendez-vous héldomadaire désormais pour analyser, décrypter les mots et les actes du 47e président des Etats-Unis.
01:01Bonjour Corentin Selin.
01:02Bonjour.
01:03Bienvenue, tu es spécialiste des Etats-Unis, professeur agrégé d'histoire, chroniqueur pour les jours,
01:08et auteur d'une histoire de la politique étrangère américaine de 1776 aux années Trump,
01:14qui va paraître le 28 octobre aux éditions Cavalier Bleu.
01:18On l'attend avec impatience.
01:20Merci.
01:20Et puis, à Washington, Antoine Hollard, bien sûr, est avec nous. Salut Antoine.
01:24Salut Thierry.
01:25Alors, avant de revenir sur ces propos trop nitruants du président américain Corentin,
01:30juste en quelques mots, on est à moins d'un mois de ces élections à mi-mandat qui sont très
01:35attendues.
01:36Comment est-ce que toi, tu les décrirais à ce stade ?
01:40Qu'est-ce qui ressort pour toi de cette campagne jusqu'ici et de ce qui se profile pour les
01:45prochaines semaines ?
01:46Moi, je crois qu'on peut au moins retenir trois choses.
01:48Premièrement, une élection qui intéresse.
01:50On a un sondage du Kaiser Fund Foundation qui est sorti hier, qui montre que 47% des sondés sont
01:57plus motivés que d'ordinaire.
01:58Donc, un électeur sur d'eau qui est quand même plus motivé que d'ordinaire, ce n'est pas banal.
02:04Deuxièmement, une grande peur ces derniers jours des Républicains par rapport à des sondages qui sont mauvais,
02:09par rapport à des remontées de terrain qui sont mauvaises.
02:13Donc, évidemment, et ce sera le troisième point, l'espoir démocrate d'une correction de la défaite de 2024,
02:18mais en même temps, avec l'idée qu'on a tellement été déçus par le passé qu'il ne faut
02:23pas s'emballer, on n'est qu'à un mois du terme.
02:25Donc, voilà où on en est pour l'instant, sans rentrer dans le détail qu'on va apporter maintenant.
02:29On va y revenir, effectivement.
02:30Effectivement, ce commentaire de Donald Trump, alors que la guerre soit bientôt finie,
02:36que l'augmentation des prix du diesel en particulier, ce soit un petit prix à payer,
02:40ça n'est pas nouveau dans la bouche de Donald Trump.
02:44On s'attendait peut-être un peu moins à voir le président envisager la destruction de villes de Californie.
02:50J'imagine que de ton côté, ça fait réagir, Antoine.
02:53Oui, effectivement, de villes californiennes, de villes dirigées par des démocrates.
02:57Et c'est justement les démocrates qui sont montés au créneau les premiers après les propos de Donald Trump,
03:01notamment la maire de Los Angeles,
03:03qui a expliqué que la déclaration de Donald Trump était une invitation faite à l'Iran de venir détruire la
03:09ville.
03:10En fait, alors du coup, la Maison-Blanche a bien senti qu'il y avait quand même un malaise,
03:12surtout qu'il y a des candidats républicains qui sont engagés en Californie,
03:16qui eux aussi ont dénoncé les propos du président.
03:18Du coup, la Maison-Blanche a rétropédalé en expliquant que c'est une polémique créée toute fieste par les médias
03:23et que ce que Donald Trump voulait dire, c'était qu'en fait,
03:25s'il n'avait rien fait, s'il avait laissé l'Iran se doter de l'arme nucléaire,
03:28alors les Iraniens auraient pu aller détruire des villes importantes comme Los Angeles et San Diego.
03:34Bon, tout ça montre en fait qu'il y a une difficulté toujours la même avec Donald Trump.
03:37Quand il est en meeting, il a du mal à rester concentré sur le message qu'il doit délivrer.
03:41On en a parlé la semaine dernière.
03:42Trump a entamé une tournée de 30 meetings jusqu'à l'élection.
03:47Ça fait un meeting par jour en moyenne.
03:49Et l'objectif, c'est notamment de parler de l'économie
03:51et d'essayer de vendre ses résultats économiques aux Américains.
03:56Seulement, voilà, comme à chaque fois qu'il est en meeting,
03:57Trump sort de son prompteur, il improvise et il fait ce type de déclaration
04:03qui, du coup, brouille le message.
04:04Alors, c'est peut-être fait exprès aussi.
04:05C'est une façon pour lui de lancer une polémique qui occupe l'espace médiatique,
04:09au moins pendant une journée.
04:10Pendant ce temps-là, on ne parle pas de la hausse des prix,
04:12on ne parle pas des prix des carburants,
04:14des questions sur lesquelles Donald Trump n'a aucune réponse pour le moment.
04:16Il est venu vendre, il est venu acheter peut-être aussi,
04:19en tout cas, faire des promesses, faire des cadeaux.
04:22Dernière en date, c'était celle qui concerne les prix du diesel aux Etats-Unis,
04:27précisément avec cette annonce à ce même meeting du Nebraska en début de semaine.
04:32Donc ce soir, je vais signer un décrit présidentiel historique
04:35afin de supprimer officiellement l'obligation liée à l'utilisation hors route
04:39et de permettre à n'importe qui d'acheter hors taxe du diesel rouge
04:43pour n'importe quelle raison.
04:45Alors on va expliquer en deux mots de ce dont il s'agit.
04:47Le diesel rouge, c'est le diesel qui est réservé aux professionnels
04:51et aux agriculteurs en particulier.
04:54C'est exactement le même diesel que celui qui est vendu dans les stations-service,
04:57sauf que celui-là, il n'est pas taxé.
04:59Et donc ce que dit Donald Trump, c'est qu'il va étendre l'utilisation de la détaxe à tout
05:04le monde.
05:04Le diesel aux Etats-Unis, je parle sous ton contrôle, Antoine,
05:07ça représente une toute petite proportion des véhicules, à peu près 5% de l'usage des véhicules aux Etats
05:12-Unis.
05:13En revanche, ceux qui utilisent le diesel roulent beaucoup,
05:16ça représente à peu près un quart de la consommation en gros.
05:20La Maison-Blanche nous dit, pour un camion qui transporte des marchandises aux Etats-Unis à chaque plein,
05:25c'est une économie de 130 dollars.
05:27Donc c'est une annonce évidemment importante,
05:30parce que le président américain, Antoine, avait compris que le prix du diesel,
05:33c'est évidemment en train de s'imposer comme un des sujets majeurs de cette campagne.
05:37Oui, parce que le prix du diesel a quasiment doublé en fait en l'espace d'un an,
05:40ça a explosé vraiment depuis la guerre en Iran.
05:43Et en fait, aux Etats-Unis, le diesel est utilisé par les poids lourds et par les agriculteurs.
05:48Les gens qui ont des voitures en particulier n'utilisent pas de diesel à l'inverse de la France.
05:52Et les chauffeurs de poids lourds, les agriculteurs,
05:54c'est des gens qui essentiellement votent pour Donald Trump
05:57et qui aujourd'hui sont très en colère contre le président américain,
06:00parce que leurs charges s'alourdissent énormément à cause de la facture du diesel,
06:05d'où la nécessité pour Donald Trump d'essayer de faire quelque chose pour que ses électeurs aillent voter.
06:09Parce que certains d'entre eux vont peut-être basculer, vont aller voter démocrate,
06:14mais la grande crainte de Donald Trump, c'est que ses électeurs n'aillent pas voter,
06:18restent chez eux et c'est évidemment des voix qui vont manquer le 3 novembre, le jour du scrutin.
06:22Alors donc, Donald Trump essaye de faire ce qu'il peut, à défaut d'arrêter la guerre en Iran.
06:28Il a forcé la semaine dernière les pays européens à puiser dans leurs réserves de diesel,
06:34avec leurs réserves stratégiques, notamment la France,
06:37avec l'idée que ces volumes supplémentaires qui vont arriver sur le marché vont faire baisser les cours
06:40et donc in fine les prix à la pompe.
06:42Et donc il y a cette annonce sur le diesel rouge, comme on l'appelle aux Etats-Unis,
06:46c'est l'équivalent du GNR en France, le gasoil non routier.
06:50Alors effectivement, une économie de 100 dollars, autour de 100 dollars pour un plein sur un camion,
06:56c'est pas mal, mais ça reste qu'un pansement sur un problème qui est énorme,
06:59parce que rapporté au prix au galon, en fait, ça fait une économie maximum de 50 centimes par galon de
07:06diesel,
07:07sachant que le galon aujourd'hui, il est autour de 6,30, 6,50.
07:10Donc tu vois, c'est quand même pas une économie monstrueuse, ça va jouer à la marge,
07:14ça fera pas une différence énorme, finalement, sur les charges qui pèsent,
07:18notamment sur le transport routier.
07:20On a bien compris, Corentin, la stratégie de Trump dans cette élection,
07:24c'est de multiplier les cadeaux pour essayer d'apaiser cette colère qu'on sent très forte chez les Américains,
07:29qui se traduit par la peur des Républicains que tu évoquais.
07:32Il y a donc ce cadeau qui est fait sur le diesel.
07:35Il y a eu, il y a quelques jours maintenant, cette promesse d'un chèque de 5 000 dollars,
07:39si jamais les Républicains emportaient à la fois la Chambre des représentants et le Sénat.
07:43Il vient d'annoncer également un chèque de 500 dollars pour les Américains
07:47qui avaient souscrit l'assurance santé à l'Obamacare, comme on dit,
07:53mais qui n'avait pas bénéficié jusqu'ici de l'avantage fiscal qui est lié.
07:57Il annonce un remboursement de 90 dollars sur une partie de Medicare,
08:01qui est l'assurance santé, des plus de 65 ans.
08:04Est-ce que cette stratégie de multiplier les cadeaux, les chèques,
08:08va finir par payer, à ton avis ?
08:10Alors, je pense que ça s'inscrit justement dans le cadre plus large
08:13qu'on dessine depuis le début.
08:15C'est-à-dire que déjà, si on revient, ce qu'on a entendu, il était au Nebraska.
08:19Donc déjà, on pouvait se demander, mais qu'est-ce qu'il fait au Nebraska ?
08:21C'est quand même un État qui est à la fois effectivement très rural, très agricole,
08:25mais qui traditionnellement quand même est très républicain.
08:28Et d'ailleurs, ce meeting a été...
08:31Il y a eu un article dans The Atlantic qui décrit ce meeting de l'intérieur,
08:34qui absolument, je le recommande, de la C. Parker.
08:37Et on voit bien qu'en quelque sorte, il est revenu aux sources.
08:41Et il parle... Alors, c'est bien, il parle...
08:42Et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a sans doute cette phrase un peu confuse
08:46où on peut comprendre qu'il laisse les villes démocrates
08:50parce qu'il est avec son public, il fait le show.
08:53Et donc, bon, comme d'habitude, et comme de plus en plus souvent,
08:57il est très confus.
08:57Mais le problème, c'est que quand il parle au Nebraska
09:00et qu'il parle essentiellement à un électorat rural,
09:03comme vous l'avez rappelé, le diesel, c'est quand même d'abord une question
09:06sur les machines agricoles.
09:07Alors évidemment, au Nebraska, ça parle, c'est bien.
09:10Mais ça veut dire deux choses.
09:12Ça veut dire que déjà, il défend des États
09:14où normalement, les Républicains ne devraient avoir aucun souci.
09:16Il a remporté très largement cet État à la présidentielle de 2024.
09:20Et aujourd'hui, on a deux candidats.
09:22Pete Ricketts pour les Républicains.
09:23Dan Osborne qui est un indépendant, pas un démocrate.
09:26Mais ils sont au coude à coude dans les sondages.
09:28Oui, Osborne qui, cette fois-ci, est soutenu quand même
09:31assez explicitement par les démocrates.
09:34Mais qui n'a pas l'étiquette.
09:35Et qui n'a pas l'étiquette.
09:36Mais je veux dire, donc ça montre quand même déjà le fait
09:38qu'il aille au Nebraska, qu'il fasse ses mesures électoralistes,
09:41qui là s'adresse plus clairement, celle-ci, sur le diesel,
09:44au monde rural.
09:45Ça prouve quand même la difficulté.
09:46Ça démonte la difficulté pour les Républicains.
09:48Et deuxième chose, c'est qu'il fissure son camp,
09:52malgré tout, avec ce type de promesses électoralistes financières
09:55parce qu'il y a un dossier dont on parle peu en France,
09:57mais qui est en train de monter,
09:59c'est que les États-Unis et l'État américain
10:01ont un énorme problème de dette.
10:02Alors évidemment, ça nous parle ici, en France.
10:05Mais il y a un problème sur le taux d'intérêt
10:08des obligations américaines à 10 ans,
10:12qui est en train également de s'envoler.
10:13C'est-à-dire que les États-Unis...
10:14Plus que celui de la France, c'est pour dire.
10:16Les États-Unis aussi sont en train d'avoir un problème
10:20pour s'endetter de plus en plus cher.
10:22Et certains Républicains, parce que Trump est impopulaire,
10:24sont en train de se rappeler que normalement,
10:25les Républicains, les conservateurs,
10:26c'est le parti de l'austérité budgétaire, de la rigueur.
10:29Alors les Républicains, ils ont complètement oublié ça
10:31depuis 10 ans avec Trump.
10:33Mais là, coup sur coup, on a eu deux choses
10:35qui dévalorisent les promesses qu'il est en train de faire.
10:37Premièrement, c'est que la dette a dépassé
10:39un plafond psychologique de, je ne crois pas me tromper,
10:42de 40 000 milliards de dollars.
10:44Et deuxièmement, c'est cet envolée des taux.
10:48Et donc, beaucoup d'Américains, y compris Républicains,
10:50se disent, mais il nous promet de la monnaie de singe, en fait.
10:53Il nous promet de l'argent qui n'existera jamais.
10:56Et ça renvoie aussi, pour finir,
10:59à une autre dimension de Donald Trump
11:02qui commence à s'imposer dans l'image,
11:03quand on voit les traits d'image dans les sondages,
11:05c'est-à-dire le côté,
11:07il parle, il parle, il parle,
11:09il parle beaucoup de lui,
11:11et pas beaucoup des Américains.
11:13Il parle beaucoup d'Iran, et pas du pouvoir d'achat.
11:15Et surtout, il parle beaucoup,
11:17mais les résultats et les actions,
11:19finalement, ne suivent pas autant que ça.
11:21Sauf, c'était très intéressant, l'article auquel je fais allusion.
11:24Alors, il y a toujours les convaincus,
11:25les fanats qui étaient là,
11:26ceux qui étaient au meeting du Nebraska,
11:28ils disaient, nous, on le suivrait jusqu'à la mort.
11:32Mais ça ne fait pas une majorité.
11:33Ça ne fait pas une majorité.
11:35C'est un problème pour le président américain.
11:37Et pourtant, ces mauvais sondages ne correspondent pas
11:39à la réalité de l'économie aujourd'hui.
11:42C'est ce qu'expliquait sur CNN, il y a quelques jours,
11:46le principal conseiller économique du président américain
11:48à la Maison-Blanche s'appelle Kevin Nasset.
11:50Il était interrogé par le journaliste de CNN,
11:52Jack Tupper.
11:53Écoutez cet échange.
11:54Si c'est vraiment un problème de communication,
11:57alors, quand est-ce que l'essence reviendra à 3 dollars ?
12:00Quand est-ce que l'inflation se stabilisera à 2% ?
12:02Eh bien, vous savez, je pense que ce qui se passe,
12:04c'est que les Américains regardent ce qu'il y a dans leur portefeuille
12:06et réagissent en conséquence.
12:08Et actuellement, les Américains se comportent comme ils l'ont fait
12:10lors des précédentes périodes de boum économique.
12:13À l'approche d'une période électorale,
12:14le fait qu'il y ait peut-être des sondeurs partisans
12:16qui nous disent que les gens sont vraiment, vraiment déprimés,
12:19c'est une tactique classique des démocrates.
12:21Et je n'y crois tout simplement pas.
12:23Parce que si c'était vrai, si les sondages avaient une quelconque valeur
12:26pour comprendre ce qui se passe chez les consommateurs,
12:28alors nous devrions regarder les données sur la consommation
12:31et nous dire, bon sang, oui, c'est vrai, les gens ne dépensent pas.
12:34Mais en réalité, les détaillants se portent bien.
12:36Je parle tout le temps avec les banques.
12:38Elles me disent que leurs clients sont satisfaits
12:40et qu'ils remboursent leurs prêts.
12:41Donc les données et les données concrètes
12:43sont radicalement incompatibles avec les sondages.
12:46Alors, qu'est-ce que vous croyez ?
12:47Les données concrètes du gouvernement
12:48ou les sondages qui se sont trompés à chaque élection
12:51depuis aussi longtemps que je m'en souvienne.
12:53Et pendant ce temps-là, s'affichait à l'écran
12:55le dernier sondage du CNN
12:56selon lequel 82% des Américains
12:59désapprouvent la manière dont Donald Trump
13:02gère le sujet du pouvoir d'achat.
13:04Mais factuellement, il a raison, Kevin Nasset.
13:06Les chiffres sont là,
13:08l'économie tient, la consommation tient, globalement.
13:11Alors, justement, c'est toujours le problème
13:13et qu'on voit dans beaucoup de grandes démocraties industrialisées,
13:16c'est le problème entre les chiffres macro et le ressenti.
13:19Et c'est-à-dire qu'effectivement,
13:21on a une inflation qui a quand même
13:24réaugmenté depuis le début des guerres en Iran,
13:26mais qui pour l'instant est, on va dire, contenue.
13:28On est très loin,
13:30sur tout annuel moyen,
13:31on est autour de 3,4%.
13:33On est très loin de l'envolée
13:34qu'il y avait eu après les débuts de la guerre en Ukraine,
13:37autour de 9% à la fin de l'année 2022,
13:39et qui pour le coup, là,
13:40avait vraiment eu des conséquences
13:41sur les élections de mi-mandat de 2022.
13:44Mais le problème,
13:46c'est qu'il faut voir la séquence
13:49sur un peu plus longtemps.
13:50Hier, Blomberg a fait un article passionnant,
13:52en plus avec Blomberg,
13:54qui est donc spécialisé dans l'économie,
13:55un média spécialisé dans l'économie,
13:57et qui montrait qu'en fait,
13:59si on prenait la hausse cumulée
14:01du niveau du coût de la vie depuis 2019,
14:04donc si on additionne la période du Covid,
14:07la guerre en Ukraine, l'Iran, etc.,
14:10on était, selon les produits concernés,
14:13que ce soit le prix de l'électricité,
14:17que ce soit le prix des matières alimentaires
14:20de première nécessité,
14:21on est sur des hausses qui, parfois,
14:23avoisinent 30% en ces temps.
14:25Donc, il y a un effet cumulatif de l'inflation
14:27qui fait que, psychologiquement,
14:29le consommateur américain,
14:30et c'est ce que montrait Blomberg hier,
14:32l'indice de confiance du consommateur américain
14:34de Blomberg est au plus bas depuis 2014.
14:36C'est-à-dire qu'il y a une perte complète
14:38de confiance, parce que ce coût de la vie,
14:41il paraît quand même s'être envolé
14:42depuis 7 ans,
14:44pas forcément là, uniquement maintenant,
14:47et qu'il n'y a pas,
14:49et je crois que c'est là le problème,
14:51c'est que, parce que ce qu'a dit Trump là,
14:54de dire c'est un petit prix à payer,
14:56ça fait un mois qu'il le répète.
14:58Donc, c'est quand même...
15:00Je veux dire, il y a un petit effet,
15:02on se souvient de la phrase prêtée,
15:05mais elle ne l'a sans doute pas vraiment
15:06prononcé à Marie-Antoinette,
15:08qui mange de la brioche,
15:09mais il y a cet effet-là,
15:10il faut faire attention,
15:11il ne faut pas dire aux électeurs,
15:13non, ce que vous ressentez n'est pas vrai.
15:15Et c'est ce divorce qui est en train
15:16de se produire là,
15:17c'est qu'il prend quand même le risque
15:19d'apparaître comme complètement déconnecté
15:20des soucis quotidiens,
15:22et qui sont réels.
15:24Alors, c'est peut-être que du ressenti,
15:25c'est vrai que le taux de chômage,
15:26pour l'instant, reste très bas,
15:28c'est vrai que les constantes macroéconomiques
15:31apparaissent bonnes,
15:31ou on va dire contenues pour l'inflation,
15:33mais ce n'est pas ce qu'il ressentit
15:35en termes de coût de la vie
15:36sur une durée un peu plus longue
15:37par les électeurs américains.
15:38On évoquait ce sujet la semaine dernière,
15:41Antoine, déjà dans Le Monde selon Trump,
15:42en parlant de ces élus républicains
15:44qui commencent à se dissocier
15:46dans leur campagne de plus en plus
15:47nettement du président américain.
15:49Pour autant, lui, on voit bien,
15:50il continue jour après jour,
15:52tous les jours,
15:52comme il l'avait promis,
15:53de faire campagne.
15:55Est-ce que ça marche
15:58ou est-ce que ces élus républicains
16:00sont de plus en plus nombreux
16:01à être un peu plus nerveux
16:02et à faire savoir à la Maison-Blanche
16:04que finalement,
16:05si le président ne vient pas
16:06faire campagne chez eux,
16:07ça ne sera pas plus mal ?
16:09Non, effectivement,
16:10les élus républicains,
16:11il y en a beaucoup qui considèrent
16:13que Trump est un boulet
16:15pour leur campagne.
16:16Pour revenir sur ce que vous disiez,
16:17effectivement,
16:18les chiffres économiques
16:19sont plutôt bons,
16:20le chômage a un petit peu augmenté,
16:21mais il reste quand même très bas,
16:22la croissance est soutenue.
16:23En revanche,
16:24depuis le mois d'avril,
16:26l'inflation progresse plus vite
16:27que les salaires.
16:28Ça veut dire que depuis le mois d'avril,
16:29les Américains s'approvisionnent,
16:30les Américains perdent du pouvoir d'achat.
16:32Et ça, ils le ressentent évidemment au quotidien
16:34et ça nourrit leur frustration.
16:37En fait, du côté de la Maison-Blanche,
16:39on explique qu'effectivement,
16:41l'économie va bien
16:41et que si les Américains
16:43le vivent différemment,
16:44c'est parce qu'il y a un problème
16:45de pédagogie,
16:46un problème de communication.
16:47Et donc, c'est pour ça
16:47que Donald Trump part en campagne
16:49dans différents États
16:51pour expliquer que finalement,
16:53il a un bon bilan,
16:54que l'économie se porte bien.
16:56Et il y a un dicton très célèbre
16:57aux États-Unis qui dit
16:58« When you're explaining,
17:00you're losing ».
17:00Quand tu dois expliquer,
17:02ça veut dire que tu es en train de perdre.
17:03C'est Ronald Reagan
17:04qui avait prononcé cette phrase
17:04et c'est exactement
17:05ce qui est en train de se passer en ce moment.
17:06C'est-à-dire que Donald Trump
17:08part sur la route,
17:08part en campagne
17:09pour expliquer
17:10« Non, écoutez, tout va bien,
17:11l'économie se porte bien ».
17:12Ça veut dire que quelque part,
17:14c'est un aveu d'échec.
17:14Et moi, ça me rappelle furieusement
17:17la position dans laquelle
17:18se trouvait Joe Biden en 2024
17:21au moment de l'élection,
17:23enfin, Joe Biden
17:23et puis Kamala Harris
17:25parce qu'à ce moment-là,
17:26pareil,
17:26l'économie se portait bien,
17:27le chômage était extrêmement bas,
17:28la croissance était très forte,
17:29mais il y avait ce pouvoir d'achat
17:31qui, pendant très longtemps,
17:32d'ailleurs, a été nié
17:33par Joe Biden
17:34qui parlait d'un problème temporaire.
17:36Et quand il s'est réveillé,
17:36quand il a compris
17:37que c'était un problème,
17:37c'était trop tard.
17:38La frustration était déjà
17:39très forte chez les Américains.
17:41Et comme tu le disais,
17:42Corentin,
17:43il y a ce décalage
17:44qui se crée
17:45entre un président
17:46qui paraît complètement déconnecté
17:48des réalités
17:49et des difficultés économiques
17:51que vivent les Américains.
17:52Et c'était exactement
17:53le problème
17:54dans lequel était tombé
17:55Joe Biden
17:56avec les conséquences
17:57qu'on a vues,
17:58une déroute électorale
17:59en 2024
18:00et la victoire
18:01de Donald Trump.
18:02On va voir comment tout ça
18:03peut se traduire
18:04dans les urnes
18:04le 3 novembre.
18:05Mais avant d'entrer
18:06dans ce sujet-là,
18:07je voudrais qu'on dise un mot
18:08d'un autre sujet
18:09marquant de la semaine,
18:10en tout cas à mon sens,
18:11un article,
18:12une enquête
18:12du New York Times
18:13qui évoque un deal
18:15qui aurait été évoqué
18:16à l'occasion
18:16de la visite à Moscou
18:17des envoyés spéciaux
18:18du président américain,
18:20Jared Kushner
18:20et Steve Witkoff
18:21le mois dernier.
18:22Poutine aurait évoqué
18:23avec eux
18:23la possibilité
18:24de céder
18:25des milliards
18:25de dollars
18:26d'actifs internationaux
18:27appartenant
18:28au groupe russe
18:29Lukoil,
18:30des champs pétroliers,
18:31des raffineries,
18:32des stations-service,
18:33encore une fois,
18:33un deal
18:34de plusieurs milliards
18:35de dollars.
18:36Les acheteurs
18:36se trouvaient
18:37un homme d'affaires américain
18:39plutôt proche
18:40de Donald Trump
18:40qui s'appelle
18:40Todd Bailey
18:41qui est notamment
18:42le copropriétaire
18:43je crois
18:44des Dodgers
18:44de Los Angeles,
18:45l'équipe de baseball.
18:46Deux investisseurs
18:48qataris,
18:49deux frères,
18:50un membre
18:50de la famille royale
18:52des Émirats
18:52qui ont en commun
18:53outre leur intérêt
18:54pour ce projet
18:55le fait d'avoir
18:56des autres relations
18:58d'affaires
18:59avec la famille Trump,
19:00avec Witkoff,
19:02avec
19:03Kushner
19:04aussi.
19:06est-ce que
19:09le risque
19:10de voir
19:11Donald Trump
19:12lâcher l'Ukraine
19:13pour faire un deal
19:14avec la Russie,
19:16un deal qui serait
19:17lucratif manifestement
19:18pour des gens
19:19qui ne sont pas
19:19très éloignés
19:20de lui,
19:21est-ce que ce risque
19:21est en train
19:22de monter
19:22à ton avis ?
19:23Alors,
19:24je pense que
19:24de toute façon
19:25ce risque
19:26il est présent
19:27en permanence
19:28et cet article
19:29n'ajoute qu'une pierre
19:30parce qu'il y a quand même
19:30une séquence
19:31depuis le début du mois
19:32qui est assez stupéfiante.
19:34On se souvient
19:35qu'avec l'aval
19:36de la Maison-Blanche
19:38le Congrès
19:39a fini par passer
19:39une nouvelle loi
19:40de sanction
19:42à qui on a donné
19:43le nom
19:44Contre la Russie
19:44Voilà,
19:45contre la Russie
19:45C'était poussé
19:46par l'Instagram
19:46ce sénateur
19:47de Caroline du Sud
19:48qui est mort récemment
19:49Qui est mort récemment
19:49et on a donné
19:50son nom à la loi
19:52et Trump
19:53l'a signé
19:54et l'a promulgué
19:55Le problème
19:55c'est que depuis
19:57on apprend
19:58dans la presse
19:58mais quasiment
19:59presque
20:00pas tous les jours
20:01mais toutes les semaines
20:02que la Maison-Blanche
20:03cherche tous les moyens
20:04possibles
20:05pour
20:051.
20:06Alléger
20:06les sanctions
20:07en permanence
20:08On a entendu
20:09The Atlantic
20:10a évoqué
20:11l'idée
20:12qu'on allégerait
20:13les sanctions
20:13si la Russie
20:15libérait des prisonniers
20:16politiques
20:16Bon,
20:17apparemment
20:18c'est dans les tuyaux
20:19Là,
20:19on a cette idée
20:20que Whitkoff
20:21et Kushner
20:22sont allés négocier
20:23à Moscou
20:24avec
20:25un
20:26comment dire
20:26un mécano financier
20:28qui profite
20:29à certains
20:29des principaux
20:30partenaires
20:30d'affaires
20:32de la famille
20:32Trump
20:32au Moyen-Orient
20:33aux Émirats
20:34Arabes
20:34et au Qatar
20:36et
20:36au bout d'un moment
20:38si on ajoute
20:38quand même
20:39parce que ça a
20:39beaucoup marqué
20:40même s'il a
20:41remboursé
20:41depuis
20:42le mariage
20:43du fils Trump
20:44on en avait parlé
20:45effectivement
20:45payé par
20:46un oligarque
20:48peu fréquentable
20:49Kremlief
20:50depuis le fils Trump
20:51mais c'est intéressant
20:52parce que c'est rare
20:53que les Trumps
20:53se dédient
20:54et là
20:55il a remboursé
20:57je veux dire
20:58si on additionne
20:58tout ça
20:59on a quand même un Trump
21:00qui penche
21:02incontestablement
21:02vers la Russie
21:03qui n'est jamais
21:03dans une position
21:04de fermeté
21:05envers la Russie
21:05d'ailleurs
21:06qu'il a fait
21:06réadmettre
21:08on va le voir
21:08dans quelques jours
21:09quelques semaines
21:11qu'il a fait
21:11réadmettre
21:12au G20
21:13sous présidence américaine
21:15en décembre
21:15dans le golfe d'oral
21:16du président américain
21:18à Miami
21:18à ce sommet
21:19auquel il a
21:19effectivement invité
21:20Vladimir Poutine
21:21voilà
21:22je veux dire
21:23Trump penche
21:24de plus en plus
21:25du côté russe
21:26et le problème
21:26c'est qu'en même temps
21:27on voit bien
21:28ce qui se passe
21:28tous les jours
21:29en Ukraine
21:29c'est-à-dire que
21:30la Russie
21:30conformément
21:31à ce qu'on pensait
21:32après ces élections
21:34Vladimir Poutine
21:35il va maintenant
21:36à fond
21:36il frappe Kiev
21:37on a l'impression
21:37qu'il veut détruire Kiev
21:39clairement
21:39à défaut de l'avoir prise
21:40et donc
21:42on se dit
21:43mais pourquoi
21:44et quel résultat ?
21:46D'autant Antoine
21:46qu'on pourrait ajouter
21:47que Donald Trump
21:48continue de répéter
21:49presque quotidiennement
21:50que finalement
21:51si les prix
21:51des carburants
21:52aux Etats-Unis
21:53montent autant
21:54ce n'est pas tant
21:55la faute
21:55de l'Iran
21:56que la faute
21:56de l'Ukraine
21:58l'Ukraine
21:58qui continue
21:59à frapper
22:00les installations
22:00pétrolières
22:01russes
22:02en particulier
22:02les raffineries
22:03et le président
22:04américain
22:04ne cesse
22:05de leur demander
22:05d'arrêter
22:07oui exactement
22:08pour faire bonne mesure
22:09Trump dit qu'il faut
22:10une trêve énergétique
22:12c'est à dire
22:13que les deux côtés
22:13arrêtent de taper
22:15les infrastructures
22:16énergétiques
22:16de l'autre
22:17mais effectivement
22:18il a pointé du doigt
22:20plusieurs fois
22:20à plusieurs reprises
22:21l'Ukraine
22:22et Volodymyr Zelensky
22:24alors c'est vrai
22:26que ces frappes
22:27aggravent la situation
22:28mais le coeur du problème
22:29ça reste la guerre
22:30en Iran
22:30et quand il pointe
22:31du doigt l'Ukraine
22:32Donald Trump
22:33cherche en fait
22:33devant ses électeurs
22:35à se dédouaner
22:35de ses responsabilités
22:37c'est une façon
22:38de détourner
22:38l'attention en fait
22:40du coeur du problème
22:41qui est la guerre en Iran
22:42qui l'a lui-même déclenchée
22:43et qui est à l'origine
22:45de la crise
22:46des carburants
22:48Flavio Bolsonaro
22:48beaucoup plus haut
22:50que prévu
22:50à ce premier tour
22:51à l'issue de ce premier tour
22:52des élections présidentielles
22:54au Brésil
22:55je voulais qu'on en dise un mot
22:56Corentin
22:56parce que
22:57effectivement
22:58on sent que derrière
22:58la campagne de Bolsonaro
22:59c'est évidemment
23:00pas la seule explication
23:01peut-être pas la même principale
23:02mais il y a quand même
23:03un soutien américain
23:04très fort
23:05les frères Bolsonaro
23:06les deux fils
23:07de Jair Bolsonaro
23:08qui est aujourd'hui en prison
23:08ont été reçus
23:09à la Maison-Blanche
23:10l'un d'entre eux
23:11a pris la parole
23:12au CIPAC
23:13la fameuse
23:14manifestation
23:15des conservateurs
23:16américains
23:18Donald Trump
23:19a imposé
23:19des droits de douane
23:20de 50%
23:21au Brésil
23:22qu'il a justifié
23:23par le fait
23:24que
23:25Bolsonaro
23:25était
23:27persécuté
23:27et
23:28et si on élargit
23:29un petit peu
23:30le constat
23:30on voit que
23:33Bolsonaro
23:33est en bonne voie
23:35en tout cas
23:36dans une bien meilleure
23:36situation que prévue
23:37au Brésil
23:38on a vu le résultat
23:39des élections
23:39en Colombie
23:40au Chili
23:41on a vu ce qui s'était passé
23:43évidemment plus tôt
23:44en Argentine
23:45est-ce qu'il y a une sorte
23:46de
23:47pour employer
23:48ce mauvais
23:49léologisme
23:49de
23:50magification
23:51de l'Amérique latine
23:53est-ce que
23:55c'est le
23:56résultat
23:57d'un des grands dessins
23:58de Donald Trump
23:58ou est-ce que c'est simplement
23:59en quelque sorte
24:00une évolution politique
24:01qui s'étend ?
24:03Alors je crois
24:04qu'on peut parler
24:05sinon de grands dessins
24:06en tout cas de projets
24:07clairement établis
24:08la stratégie de sécurité nationale
24:10qui a été publiée
24:10en décembre 2025
24:11écrit noir sur blanc
24:13que les Etats-Unis
24:14ne laisseront plus
24:15désormais
24:15aucun intérêt
24:17contraire
24:18au leur
24:18ni aucune idéologie
24:20contraire
24:20à celle
24:21qui est défendue
24:21par l'administration Trump
24:22s'implanter
24:23en Amérique latine
24:24ce qui veut dire
24:25concrètement
24:25éviter que la Chine
24:27continue à passer
24:27des partenariats économiques
24:28et commerciaux
24:29pour s'approprier
24:29les ressources
24:30et idéologiquement
24:31ça veut dire
24:32soutenir
24:32tout ce qui
24:33ressemble de près
24:34ou de loin
24:35du national populisme
24:36maga
24:37alors teinté
24:37en Amérique latine
24:38aussi on l'a vu
24:39avec Milley
24:39d'une forme
24:40de libertarianisme
24:43vraiment très très fort
24:44très poussé
24:46j'ajouterai juste
24:47un petit point
24:48beaucoup de journaux
24:49américains
24:49là en début de semaine
24:51font aussi un rapprochement
24:52avec la politique américaine
24:53et qui me semble
24:53assez justifié
24:54en disant que
24:55le score décevant
24:57de Lula
24:57et l'affaiblissement
24:58en fin de campagne
24:59parce qu'on avait senti
24:59quand même dans les sondages
25:00en fin de campagne
25:01Bolsonaro gagner
25:02un peu dans les sondages
25:04et ce qui s'est confirmé
25:04dans les urnes
25:05beaucoup disent
25:06Lula il ressemble
25:07quand même beaucoup
25:08à Biden de 2024
25:09c'est-à-dire
25:10vieux et fatigué
25:11voilà
25:11il faut dire les choses
25:12clairement
25:13voilà exactement
25:14et beaucoup disent
25:15est-ce que c'était
25:16vraiment le meilleur candidat
25:18surtout que
25:19encore une fois
25:20on le voit au niveau mondial
25:22dans toutes les démocraties
25:23il y a un dégagisme
25:24envers les sortants
25:25dégagisme d'ailleurs
25:26qui pourra jouer
25:26contre Trump
25:27au midterms
25:27et là
25:28qui joue à plein
25:29contre Lula
25:29et qui explique aussi
25:30en plus de ce qu'on vient
25:31de dire sur les Etats-Unis
25:33le soutien incontestable
25:34de l'administration Trump
25:34au Bolsonaro
25:35il y a aussi
25:36bon il bénéficie
25:37de la vague dégagiste
25:38ils ne sont pas au pouvoir
25:39ils reviennent
25:40Donald Trump
25:41qui s'est évidemment
25:42fait un plaisir
25:42de réagir
25:43au mouvement social
25:44qui secoue la France
25:45aujourd'hui
25:46et ses lycées
25:46en particulier
25:47il l'a attribué
25:48comme on pouvait s'y attendre
25:50à l'effet
25:51d'une migration
25:52de masse
25:53il ne s'agit pas
25:53d'école
25:54il s'agit de l'islam
25:55qui veut
25:56prendre le contrôle
25:57de ce qui était
25:58autrefois
25:58un grand pays
26:00mais là encore
26:01stratégie de sécurité nationale
26:03de décembre 2025
26:04c'est écrit noir sur blanc
26:05l'Europe
26:06n'est plus capable
26:07de défendre son identité
26:09face à une immigration
26:10incontrôlée
26:11et à ce que
26:12l'administration Trump
26:13écrit dans ses documents
26:14officiels
26:14ce ne sont pas des propos
26:16de meeting
26:16non non
26:17ce sont les documents
26:17c'est la stratégie américaine
26:19de dire
26:19il faut que l'Europe
26:20justement
26:21c'est pour ça que
26:22l'administration Trump
26:23soutient l'AFD en Allemagne
26:25le Rassemblement National
26:26en France
26:26évidemment
26:28le Reform Party
26:30Reform UK
26:31de Farage
26:32en Grande-Bretagne
26:33parce que tous ces partis
26:34ce qu'ils ont en commun
26:34c'est de défendre
26:35une identité européenne blanche
26:37qui serait
26:38attaquée
26:38par une immigration
26:39en grande partie musulmane
26:41qui
26:42j'allais dire
26:43nuirait à l'identité
26:44européenne
26:45et donc là
26:45Trump
26:46il déroule
26:46vraiment ce qui est
26:48son programme idéologique
26:49et évidemment
26:49en disant ça
26:50il envoie aussi un signal
26:51à tous les partis
26:52qu'il soutient
26:53en Europe
26:54à la veille de scrutins
26:55électoraux
26:55en 2027
26:56et comme promis
26:58pour terminer
26:58on en vient
26:58à ce panorama rapide
27:00de là où on en est
27:00dans la campagne
27:01aujourd'hui
27:01et de ce à quoi
27:02on peut s'attendre
27:03comme résultat
27:04le 3 novembre
27:05on a
27:06je pense assez bien
27:07planté le décor
27:07avec d'un côté
27:08des sondages
27:09qui sont absolument
27:10désastreux
27:10pour Donald Trump
27:11la colère de l'opinion
27:12évidemment très concentrée
27:14sur les sujets relatifs
27:15à l'économie
27:16ou au pouvoir d'achat
27:18l'inquiétude
27:19qui monte
27:19chez les républicains
27:21à côté de ça
27:23des démocrates
27:24dont on sent
27:25qu'ils ne sont pas
27:25complètement sereins
27:26quand même
27:26qui effectivement
27:28se méfient
27:30de ce qui
27:31les attend
27:31le jour du vote
27:33des états
27:34parfois
27:35dans lesquels
27:36ils se prennent
27:36un petit peu
27:36les pieds
27:37dans le tapis
27:37je pense au Minnesota
27:38par exemple
27:38mais il y en a d'autres
27:41de tout cela
27:43qu'est-ce que tu
27:45oserais
27:46faire émerger
27:46comme pronostic
27:47Corentin ?
27:48Alors sans faire
27:48de pronostic
27:49je pense que
27:50ce qu'il faut regarder
27:52l'élection
27:52qu'il faut regarder
27:53c'est quand même
27:54le Sénat
27:55pour deux raisons
27:56parce que
27:57la chambre
27:58il apparaît quand même
28:00difficilement concevable
28:01qu'il n'y ait pas une bascule
28:02à la chambre
28:03parce que la majorité
28:03y est tellement ténue
28:04que depuis des années
28:05en plus ça change
28:06tous les deux ans
28:06ça bascule sans arrêt
28:08ça passe d'un parti
28:08à l'autre
28:09avec des majorités
28:09extrêmement fines
28:11avec en général
28:12une vingtaine de sièges
28:13de bascule
28:13entre 20 et 30
28:14et ça ça fait
28:15une majorité démocrate
28:16je rappelle simplement
28:17avant de te laisser continuer
28:18là où on en est au Sénat
28:19aujourd'hui
28:1953 républicains
28:2047 démocrates
28:22donc les démocrates
28:23ont besoin d'un gain net
28:24de 4 sièges
28:25pour prendre le contraire
28:25et même un peu plus
28:27puisqu'on sait
28:27qu'on a le sénateur
28:28de Pennsylvanie
28:29qui peut mettre un peu
28:31le bazar
28:32qui est sur le point
28:33de devenir républicain
28:34s'il ne l'est déjà
28:36mais donc
28:37c'est vraiment
28:39cette bataille du Sénat
28:40qui sera décisive
28:41aussi parce que le Sénat
28:42a beaucoup plus de pouvoir
28:44que la chambre
28:45si Trump se retrouve
28:47après le 3 novembre
28:48avec une chambre démocrate
28:50c'est gérable
28:51si le Sénat reste avec lui
28:53en revanche
28:53il a un Sénat
28:54ce qui voudra dire
28:55que le Sénat
28:55aura vraiment nettement basculé
28:57on sera donc
28:58imaginons un Sénat
28:59à 54-46 démocrates
29:00ça devrait dire
29:01que ça a bougé
29:02ce sera presque une
29:03c'est clair
29:03voilà
29:03et donc là
29:05le Sénat
29:05a des pouvoirs
29:07beaucoup plus larges
29:08en matière de politique étrangère
29:09par rapport à tout ce qui est
29:10sur les traités
29:12les traités diplomatiques
29:13etc
29:14et là
29:15avec les deux chambres
29:16contre lui
29:16là
29:17on entre vraiment
29:18dans une période de difficulté
29:19parce qu'il y aura
29:19une tentation
29:20pour les républicains
29:21si jamais
29:22c'est le scénario
29:22qui s'impose
29:23il y aura une tentation
29:24pour les républicains
29:24de passer à autre chose
29:25parce que Trump
29:26il sera en fin de mandat
29:27canard boiteux
29:28il aura une grosse
29:30c'est l'après Trump
29:30qui commence le 4 novembre au matin
29:31exactement
29:32si les deux chambres
29:33se sont retournées
29:33donc c'est vraiment
29:35le Sénat
29:35qu'il faut observer
29:36et avec quand même
29:37prudence
29:38parce que
29:38on voit que
29:39sur toutes les élections
29:40pour l'instant
29:41c'est vrai que ça s'aligne en bleu
29:42dans tous les sondages
29:43mais les écarts
29:44sont souvent infimes
29:46y compris dans les sondages
29:47donc ça peut bouger
29:48et il suffira
29:49de 2-3 courses
29:50pour qu'on tire des bilans
29:51au Sénat
29:51pour qu'on tire des bilans
29:52complètement différents
29:53donc
29:54restons très prudents
29:55ceux qui ont la chance
29:56de nous voir sur Youtube
29:58Antoine
29:58t'aperçoivent
29:59juste devant l'entrée
30:00de la fameuse
30:01West Wing
30:02de la présidence
30:04des Etats-Unis
30:04de la Maison Blanche
30:05où se trouvent
30:05tous les bureaux
30:06des plus proches
30:07collaborateurs
30:08et évidemment
30:08le bureau val
30:09du président américain
30:10qu'est-ce que tu dirais
30:12de l'ambiance
30:13derrière toi
30:14et de l'état
30:15de nervosité
30:17ou pas
30:19de Donald Trump
30:20de son entourage
30:20à moins d'un mois
30:21maintenant
30:21de ces élections
30:22à mi-mandat
30:24Le week-end dernier
30:25j'étais à une soirée
30:26à laquelle participait
30:27un très proche conseiller
30:28de Donald Trump
30:29on a pu échanger
30:31un peu avec lui
30:32et il nous a fait comprendre
30:34qu'à la Maison Blanche
30:36en dehors des discours
30:37de Donald Trump
30:38on avait acté
30:39le fait
30:40qu'on allait perdre
30:42la majorité
30:43au Congrès
30:43on s'apprêtait
30:44donc à une défaite
30:45et ce à quoi s'emploient
30:47aujourd'hui
30:47les conseillers
30:47de la Maison Blanche
30:48c'est de préparer
30:48ce qui va se passer
30:49ensuite
30:49c'est-à-dire
30:50les possibles enquêtes
30:52du Congrès
30:53sur Donald Trump
30:54ou sur ses proches
30:55possibles procès
30:56en impeachment
30:57en destitution
30:58et que c'est ça
30:59actuellement
31:00qui occupe
31:00les conseillers
31:01de la Maison Blanche
31:01se préparer
31:02à cette bataille
31:03qui s'annonce
31:06entre
31:06une majorité démocrate
31:08au Congrès
31:08et le président américain
31:10ou certains de ses ministres
31:10certains de ses proches
31:12donc c'est vrai
31:13qu'il y a le discours
31:13de Donald Trump
31:14qui dit
31:16qui est de ce mot de confiant
31:18qui dit
31:18que les sondages
31:18se trompent
31:19qui dit qu'on va gagner
31:20et puis finalement
31:22ce qui se passe
31:22en coulisses
31:23où on se prépare
31:24à la défaite
31:25et à ce qui va se passer
31:26par la suite
31:27La question à temps de savoir
31:28Corentin
31:29c'est dans l'hypothèse
31:30de cette défaite
31:31est-ce que Donald Trump
31:32l'accepte ?
31:34On sait
31:34que le président américain
31:36a une lecture assez
31:37claire
31:38de ce genre de situation
31:39ou bien il a gagné
31:40ou bien les autres
31:41ont triché
31:42et on imagine
31:43que cette grille de lecture
31:44elle s'appliquera
31:45dans l'hypothèse
31:46où les résultats
31:46ne lui sont pas favorables
31:47le 3 novembre
31:49au soir
31:49alors peut-être
31:50que ça dépendra
31:51de l'ampleur
31:51de la défaite
31:52c'est-à-dire que
31:52si c'est très serré
31:54il aura vocation
31:55à les contester
31:55si c'est un rat de marée
31:56contre lui
31:56ça sera plus compliqué
31:57C'est-à-dire que
31:58c'est aussi pour ça
31:59qu'on voit
32:00les républicains
32:01et Trump
32:02mettre le paquet
32:03dans les états
32:04traditionnellement républicains
32:05parce que
32:05s'ils perdent
32:07des sièges
32:07par exemple
32:07de sénateurs
32:09importants
32:09dans des états
32:10traditionnellement républicains
32:11qui sont gouvernés
32:12par des républicains
32:12qui ont des secrétaires d'état
32:13c'est-à-dire
32:17ou alors c'est vraiment
32:18un très très grand complot
32:19on va se faire du complot
32:20très haut de gamme
32:21mais donc
32:22c'est pour ça que
32:23peut-être
32:24on cherche
32:25à limiter
32:26les dégâts
32:26sur des états
32:28pivots
32:28qui sont parfois
32:29gouvernés par les démocrates
32:30et où on pourra
32:31faire jouer
32:32l'argument du soupçon
32:33de la triche
32:34etc
32:35mais
32:36effectivement
32:37ça dépendra
32:37complètement
32:38de l'ampleur
32:38de la défaite
32:39si l'élection
32:40est plus serrée
32:40que ce que laissent
32:42envisager les sondages
32:42là on peut s'attendre
32:44vraiment
32:44à une contestation
32:45il faut voir
32:45que les républicains
32:46et Donald Trump
32:47ont tout préparé
32:48pour une contestation
32:51judiciaire
32:52éventuelle
32:52de tous les scrutins
32:53qui seront serrés
32:54et ils sont beaucoup plus
32:55et beaucoup mieux préparés
32:56qu'ils ne l'étaient là-dessus
32:57en 2020
32:58et en 2022
32:59donc
32:59tout dépendra
33:01de l'ampleur
33:02des résultats
33:03et surtout
33:03de la localisation
33:04des résultats
33:04s'il y a des défaites
33:06républicaines
33:07aujourd'hui on parle même
33:08d'éventuelles défaites
33:09républicaines
33:09sur le siège
33:10on en parlait tout à l'heure
33:11de la sœur
33:12de Lindsey Graham
33:13lui a succédé
33:14en Caravine du Sud
33:14en Caravine du Sud
33:15si jamais
33:16sa sœur
33:17et les sondages
33:18le montent vraiment
33:20là en ce moment
33:20c'est extrêmement serré
33:21et si jamais
33:21il venait à perdre
33:22le siège de sénateur
33:23de Caroline du Sud
33:24ce serait quand même
33:25très difficile à contester
33:26voilà
33:27merci Corentin
33:28ça s'annonce passionnante
33:29en tout cas
33:29cette fin de campagne
33:30ces dernières semaines
33:31avant ces élections
33:32à mi-mandat du 3 novembre
33:32merci beaucoup Corentin Célin
33:34d'avoir été notre invité
33:35aujourd'hui
33:35merci à toi également
33:37Antoine Nelard
33:37depuis Washington
33:38merci à Gade Van Oute
33:40et à Alexandre Foucault
33:41pour la préparation
33:42pour la réalisation
33:43de cet épisode
33:44du Monde selon Trump
33:45podcast à écouter
33:46sur toutes vos plateformes
33:48d'écoute
33:48sur l'application BFM
33:49à retrouver aussi
33:50sur Youtube bien sûr
33:51abonnez-vous
33:52pour ne rater
33:53aucun épisode
33:54salut à tous
33:55à toutes
33:55et à très bientôt

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