00:02Gérard Filoche, bonjour.
00:03Bonjour.
00:03Alors, vous êtes présent aujourd'hui au congrès du Parti communiste français.
00:07Quel est le sens de votre présence ici ?
00:08C'est un plaisir de répondre à l'invitation qui m'a été lancée.
00:11Et moi, je suis pour l'unité de la gauche.
00:14Je suis pour qu'il y ait un large front de toute la gauche,
00:18comme il y en a un contre la loi El Khomri.
00:20On est largement majoritaire.
00:22On est 80 ou 85% de la gauche contre la loi El Khomri.
00:25Je suis pour qu'on se batte et qu'ensuite, d'ailleurs,
00:27on trouve un candidat commun pour la politique après.
00:32Un candidat commun, pour moi, je vous le dis tout de suite, c'est les primaires.
00:36Parce que je pense que sinon, la gauche va connaître un désastre.
00:41S'il y a plusieurs candidats, même deux candidats, c'est foutu.
00:45On est derrière et on choisit entre LR et le FN au deuxième tour de la présidentielle.
00:49Oui, mais en même temps, on a quelqu'un de gauche au pouvoir actuellement
00:52qui nous propose la loi El Khomri.
00:53Donc, est-ce qu'on veut élire à nouveau quelqu'un qui va nous proposer des lois libérales ?
00:56On va élire quelqu'un qui est contre la loi El Khomri.
00:58Ça fait clivage.
01:00L'an représente 14 ou 15% des voix.
01:02Nous, 80, 85%.
01:04Il nous faut quelqu'un qui représente ces 80 ou 85%.
01:06Vous avez une idée ? De qui ?
01:08Il y en a trop plein.
01:09Il y en a au moins 10 ou 12 qui sont compétents pour pouvoir le faire.
01:12Et ce qui est intéressant, c'est que ça se fasse par des primaires.
01:15Parce que si vous dites que c'est un tel ou un tel ou un tel,
01:17les gens vont dire, non, pour lui, plutôt lui, plutôt machin, plutôt que ça.
01:20C'est ce qu'il s'y passe par des primaires.
01:21Il aura toute la légitimité et tout le charisme nécessaire pour gagner ensuite.
01:25Et donc, cette bataille des primaires est une bataille démocratique
01:29de mobilisation du peuple de gauche pour obtenir un choix de candidat
01:33ou d'une candidate qui ait la légitimité pour affronter ensuite l'élection.
01:37Si c'est, comment dirais-je, chaque, entre guillemets,
01:41pareil de chaque parti qui désigne,
01:43on aura 3, 4, 5 candidats avec la légitimité de chaque candidat.
01:47Et on en aura 1 à 1%, 1 à 3% et même 1 à 12%.
01:51J'en entends un qui dit qu'il va être devant Hollande.
01:54S'il est devant Hollande, s'il pense être devant Hollande,
01:56pourquoi il ne se présente pas aux primaires ?
01:58Il n'a rien à craindre.
01:59Il serait validé, il l'emporterait même, de ce point de vue.
02:03Et donc, ce que je suis en train de dire,
02:04c'est que le jeu qui consiste à dire on va avoir 12, 12, 13%,
02:08ou qui va avoir le plus, c'est un jeu mortifère, mortifère, désastreux.
02:12Parce qu'avoir 12%, on n'a aucun intérêt si en mois de juin,
02:16on sort avec 25 députés de gauche,
02:19zéro du fond de gauche et zéro vert.
02:20Parce que c'est ça qu'on a mis quand Badéli se dit qu'il va se produire.
02:23Il restera 25 députés socialistes en juin.
02:26Il ne sera pas forcément les meilleurs.
02:27Alors justement, parlons du fond.
02:29Admettons que se dégage des primaires un candidat
02:33qui a apporté, qui a soutenu la loi El Khomri,
02:35qui a soutenu la casse du Code du Travail.
02:37Est-ce que vous voteriez pour lui ?
02:39Excusez-moi, ça n'arrivera pas.
02:41Ça ne peut pas arriver, bon sang.
02:43Qu'est-ce que c'est l'hypothèse ?
02:44Quand on est 85% de gauche mobilisé,
02:46de nous dire c'est celui qui a 15% qui va gagner ?
02:49Comment ça peut arriver ?
02:50Il va venir 12.
02:51Imaginez un candidat.
02:52Même si Hollande se prêtait à ce jeu,
02:56il y aurait 3 millions de personnes pour venir voter contre lui.
02:59Tout le monde dirait on n'en veut pas.
03:01Il n'y a aucune chance dans des primaires
03:03qu'un candidat qui est pour la loi El Khomri passe.
03:05Aucune.
03:06Et je suis stupéfait qu'à chaque fois on me dise
03:08de façon frileuse.
03:10Mais si ça arrivait !
03:12Parce que ça n'arrivera pas !
03:14On retient vos propos.
03:15On reviendra vous voir au moment où...
03:17Oui mais je voudrais vous dire un mot quand même sur le fond
03:19parce que c'était la suite.
03:20Mais tout ça commence quand même par une plateforme.
03:22C'est-à-dire que moi, je pense qu'on peut trouver
03:24entre toutes les forces de gauche,
03:26tout le front anti-El Khomri,
03:27les 80 ou 85%.
03:29On peut trouver une plateforme assez aisément.
03:32Ce n'est pas si difficile que ça.
03:33Une réforme fiscale, une réforme bancaire,
03:35la retraite à 60 ans, le SMIC à 1800 euros,
03:38les 32 heures, un salaire maxima à 20 fois le SMIC
03:42et même pas plus de 5% de précaire par entreprise.
03:45En 5 chiffres, je vous fais le programme.
03:471 800...
03:48Présentez-vous Gérard Filoche !
03:51Ce n'est pas impossible.
03:53Mais ça n'a aucun sens de le dire aujourd'hui.
03:55Pourquoi ? Parce que d'abord, la question de l'actualité,
03:57c'est la bataille contre la loi El Khomri.
03:58Et deuxième chose, parce qu'il faut attendre
04:01que le dispositif soit en place.
04:02Et après, on verra entre guillemets
04:04qui prend la lumière.
04:05C'est-à-dire de qui les gens ont-ils envie.
04:07Si on dit aujourd'hui, attendez, c'est moi, c'est moi...
04:09Ça n'a pas de sens.
04:10Mais à un moment donné, ça peut en avoir.
04:12Alors, arrêtons de parler politique-politicienne.
04:15Parlons du politique
04:16et notamment du combat syndical.
04:18Aujourd'hui, on voit qu'on focalise,
04:21on polarise sur un seul syndicat,
04:23qu'on accuse de tous les maux, de radicalisation.
04:26Je parle de la CGT, bien évidemment.
04:28Qu'est-ce que vous pensez du combat de la CGT ?
04:30Est-ce que vous le soutenez ?
04:32Et quel regard vous portez sur les attaques
04:34qui lui sont faites régulièrement ?
04:35Évidemment, je soutiens.
04:36Je suis à la CGT depuis 1963.
04:39Ça doit faire 53 ans.
04:41Mais justement, si la CGT est au cœur de cette bataille,
04:45elle n'est pas toute seule.
04:45Et elle est très importante de le dire.
04:47Quand j'étais au Havre avant, hier soir, au meeting,
04:49il y avait eu 30 000 manifestants au Havre.
04:51Le soir, il y avait 700 personnes dans le meeting.
04:54Mais il y avait tout le monde.
04:55Il y avait Force Ouvrière, il y avait la CGT,
04:57il y avait la FSU, il y avait Solidaire,
04:59il y avait l'UNEF.
05:01Et c'était visiblement quelque chose
05:03qui enthousiasmait la salle que de cette unité-là.
05:06Et donc, il faut regarder que partout où ça marche bien,
05:09c'est quand il y a des inter-syndicales.
05:11Partout où le mouvement est plus fort,
05:13c'est quand il y a une unité syndicale.
05:15Et donc, il faut le souligner, même aujourd'hui,
05:17d'autant que la CGT, elle-même,
05:19vient de tourner à son congrès
05:21et de rejoindre le camp anti-El Khomri.
05:23Encore plus nettement que Carole Couvert,
05:25sa dirigeante précédente.
05:27Et puis, vous avez vu le communiqué
05:28de la Fédération Métallurgie de la CFDT.
05:31Vous avez vu les manifestants de la CFDT
05:33à Lyon et à Paris.
05:34Vous les avez vus en Alsace.
05:37Et la Fédération Culture, la CFDT aussi.
05:39Puis vous avez vu l'UNSA,
05:40qui est un petit syndicat,
05:41mais où il y a trois, quand même,
05:43fédérations importantes
05:44de la construction des assurances
05:45qui, elles aussi, sont contre le projet.
05:48Quand je dis 80-85% du mouvement syndical,
05:51c'est très net.
05:52Puis ça correspond à l'opinion.
05:54Là, le syndicat est en phase avec l'opinion.
05:57Alors qu'ils nous disent que c'est, je ne sais pas,
05:58des voyous, terroristes, Daesh, etc.
06:00En fait, on représente 70-75%
06:03dans tous les sondages.
06:05Parce qu'ils ont essayé 5 sondages différents,
06:06un par jour.
06:07Ils n'arrivent pas à faire retourner les choses.
06:10Ils ont dit, on va faire un sondage
06:11chez les jeunes pour voir.
06:1378% des jeunes sont contre la loi El Combré.
06:15Donc, non seulement l'intersyndical,
06:18l'intersyndicalisme, le syndicalisme
06:19est mobilisé avec la CGT
06:21dans tout le pays.
06:23Mais en plus, c'est la majorité.
06:24On est la majorité.
06:26Mais néanmoins, 49-3 oblige.
06:28On n'a pas le dernier mot.
06:30Donc, quel est votre regard là-dessus ?
06:32Est-ce que vous pensez qu'on va gagner ?
06:33On va gagner, bien sûr.
06:34On va gagner.
06:35D'abord, on va réussir le 14 juin.
06:36Et ils ne tiendront pas jusqu'en juillet
06:39avec le retour au Parlement.
06:41Pour plein de raisons.
06:42D'abord, parce que le pays fonctionne au ralenti partout.
06:46Deuxièmement, parce qu'il y a des divisions chez eux
06:48au sommet.
06:50On est quand même stupéfaits que le bunker de l'Elysée
06:52résiste plus longtemps que ce que résista
06:55Baladur en 94 ou Chirac en 2006.
06:59Ils avaient des mouvements plus faibles quasiment
07:01à cette époque-là, moins longs, plus faibles.
07:03Et Chirac a fini par dire, bon, je retire la loi.
07:06Et puis ensuite, Baladur, il faut remonter au CIP de 94.
07:09C'était dans les mêmes conditions.
07:10Parce que je me rappelle, les lycéens avaient dit,
07:12on veut, ils avaient dit, on amende.
07:14Les lycéens, on veut le retrait.
07:16Je gêne le projet.
07:17Ils étaient rentrés dans son bureau.
07:19On veut le retrait.
07:20Ils étaient ressortis.
07:21Et Baladur avait retiré.
07:23Pourquoi Hollande serait-il plus imbécile que Baladur ?
07:26En quoi Hollande, Valls, serait-il provocateur que Chirac ?
07:29C'est nous, leurs électeurs.
07:31C'est nous qui les avons portés là où ils sont.
07:34Et jamais devant l'histoire de la gauche,
07:36ils pourront justifier leur comportement actuel.
07:39Une case d'un code du travail,
07:41de cent ans d'histoire du code du travail,
07:43qui n'étaient même pas dans leur programme,
07:44qui ne font que pour le MEDEF et pour les libéraux européens,
07:48et ils vont s'entêter contre la majorité.
07:50Non, c'est une question de jour.
07:51Il faut le dire aux gens.
07:53Ayez la conviction.
07:54Ayez confiance.
07:55Ayez confiance.
07:56On va gagner.