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  • il y a 1 semaine
Vif-argent, de Stéphane Batut, France, 1 h 46.
Lauréat du Prix Jean Vigo 2019
Avec Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue…

Avant de quitter ce monde, les personnages de Vif-argent doivent livrer un souvenir à Juste qui se fait collecteur et passeur de récits – comme un cinéaste...

Entretien avec le réalisateur Stéphane Batut, que nous avons rencontré au dernier Festival de Cannes, à l'occasion de la projection de son premier film, en sélection Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).

Sortie en salle le 28 août 2019

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Transcription
00:14C'est moi que vous cherchez ?
00:15Pardon ?
00:16Oui, enfin, vous n'êtes pas Guillaume ?
00:18Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre, enfin quelqu'un que...
00:21que j'ai pas vu depuis très longtemps, qui s'est envolé.
00:25Je suis désolée de vous avoir suivi.
00:28C'est au sujet du jeune auquel tu ressembles.
00:32Le point de départ du film, c'était que les personnes m'ont raconté des souvenirs.
00:36Ces souvenirs étaient restés gravés en moi, dans ma mémoire.
00:39Je les ai retrouvés, j'ai retrouvés les vidéos, et j'ai commencé à retranscrire les textes.
00:44C'était tout d'abord l'idée de faire un portrait de l'époque, de Paris, à travers ces personnes.
00:49Et puis, petit à petit, l'aspect fantastique est venu du fait que,
00:52dès l'instant où elle m'avait raconté une histoire,
00:53je voyais déjà un peu comme une sorte de disparition de la personne.
00:58C'était un peu étrange, mais c'est ce que je ressens assez souvent dans ces situations.
01:04Mais voilà, l'idée du personnage fantastique est venue de là.
01:07Donc, le personnage est devenu un fantôme,
01:10qui devait lui aussi vivre une histoire.
01:13Et cette histoire, évidemment, entre un fantôme et une vivante,
01:18avait un caractère qui m'intéressait,
01:21une sorte d'utopie amoureuse
01:24qui pourrait transcender les barrières de la mort.
01:35Si tu étais passé à côté d'une chose dans le passé,
01:37que tu puisses remonter dans le temps,
01:38qu'est-ce que tu ferais ?
01:43Agathe ?
01:44T'as vu personne dans la maison ?
01:45Non, personne.
01:48Tu crois que le sexe est contre-indiqué ?
01:49Après, je le sais.
01:50J'ai compris pourquoi vous m'avez fait revenir parmi les vivants.
01:54Je vois bien que tout ça n'est pas réel,
01:56que ce qu'on vit n'existe pas vraiment.
01:58C'est comme une parenthèse, un secret.
02:04La forme très lyrique, elle arrive en cours du film.
02:09C'est-à-dire que j'ai l'impression, en fait,
02:11on a pu faire se conjuguer le registre documentaire
02:15et la fiction plus assumée un peu dès le départ,
02:19mais j'ai l'impression qu'on a travaillé sur une progression.
02:22Pour moi, les effets spéciaux un peu artisanaux
02:25pondent en ce sens de faire apparaître la dimension assez factice,
02:31je dirais, de la fiction.
02:33De même que la musique, très romantique.
02:38C'est une manière de dire, vous voyez,
02:40c'est une fiction qui est en train de vivre le héros.
02:43et on joue avec le désir d'adhérer,
02:47le désir de croire à l'impossible du spectateur,
02:51qui est aussi mon désir à moi.
02:53Et donc, il y a à la fois une très grande envie
02:56de faire qu'on s'abandonne à cette histoire
03:00et en même temps de donner à voir ses coutures,
03:04d'une certaine manière,
03:06ou sa forme fictionnelle.
03:08J'ai eu la chance d'avoir avec moi
03:11une équipe vraiment très très investie
03:13où chacun a rêvé le film à sa manière
03:16et je trouve qu'effectivement,
03:19même si j'ai dû arbitrer constamment les choses,
03:24sentir un petit peu ce qui était le plus juste pour le film,
03:28chacun y a mis du sien
03:30et je trouve que c'est vraiment un travail collectif,
03:33une œuvre collective.
03:34Le fait que chacun ait pu y mettre autant de cœur,
03:38c'est aussi de dire que le lieu du cinéma,
03:40comme le lieu de l'amour,
03:41est peut-être un lieu d'utopie
03:43où on peut à un moment croire qu'on est sur le même chemin.
03:49Je ne suis plus du même monde que toi, Agathe.
03:51Mais je suis revenu.
03:53Tu es la première fille,
03:55la première de ma vie.
03:57Même si ça me paraît fou,
03:58je veux que ça continue.
04:00Rapparais-moi encore mon beau rêve.
04:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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