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  • il y a 1 semaine
Dans le cadre de la journée internationale des migrants, deux collectifs ont versé un colorant naturel rouge dans la Seine aux abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris afin de sensibiliser du drame invisible que vivent les exilés.

"N'importe qui voit du rouge dans l'eau, ça créé une réaction physique" nous explique Marie Chastel, membre du collectif Mer Rouge.
Ce samedi 18 décembre, sur le petit pont, au pied de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les deux collectifs Mer Rouge et Collage Refugees s'étaient donné rendez-vous pour commémorer les dizaines de milliers de victimes qui empruntent les routes de l'exil en Méditerrannée, en Manche, en Atlantique ou même dans la capitale où des camps sont régulièrement démantelés.

Des dizaines d’activistes ont versé un colorant naturel dans la Seine pour la rendre rouge et ainsi témoigner du drame invisible que vivent les exilés. Ils ont ensuite défilé en portant les noms des personnes décédées en traversant la Manche. Cette action qu'ils ont baptisé "Saigne Seine" fait suite à la grève de la faim entreprise en novembre à Calais par un prêtre et deux activistes afin de réclamer que la France cesse la harcèlement des exilés.

Le 5 décembre, en visite sur l'île grecque de Lesbos, le pape François dénoncait un « naufrage de civilisation » face à la question migratoire et déplorait que la Méditerranée soit « en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales ».

“La violence symbolique de notre action répond à celle bien plus dure encore de l’indifférence que nous portons envers les réfugiés” raconte Lysandra, membre du collectif Mer Rouge.

“De nombreuses initiatives de voisins, de jeunes, de familles naissent et se développent pour venir en aide aux exilés, à l'opposé des clichés d’une campagne présidentielle loin des réalités. Arrêtons d’investir dans des murs et organisons-nous pour construire une politique d’accueil digne et capable de libérer la richesse incroyable que peuvent nous apporter les réfugiés” nous explique, Marie, l’une des organisatrices de l'évènement.

À 15 heures, plusieurs centaines de personnes ont commencé à manifester à Paris pour réclamer la régularisation des sans-papiers, arborant des autocollants "antiracisme et solidarité" à l'occasion de la journée internationale des migrants.
"D'où que l'on vienne, où que l'on soit né, notre pays s'appelle solidarité", affiche la banderole de tête du cortège, parti de la place Clichy à destination du quartier Stalingrad, tandis que des manifestants chantent "de l'air, de l'air, ouvrez les frontières".

"Je suis là pour soutenir les sans-papiers qui travaillent tous dans des conditions insupportables", déclare Véronique Hollebecque, 61 ans, se disant "en soutien total avec eux". "On nous fait croire qu'on est envahi alors qu'ils sont là pour travailler, contribuent à l'activité économique. Pas de raison qu'ils soient maltraités et ne bénéficient pas des droits", a-t-elle ajouté, à quelques mois de l'élection présidentielle.
Cissé L

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Transcription
00:15Cette action qui s'appelle Seigne, Seine, elle est là pour dénoncer justement et visibiliser tous les drames qui se
00:22passent en Méditerranée, dans la Manche, dans l'Atlantique.
00:27Enfin voilà, tous ces drames des routes migratoires.
00:30C'est organisé par le collectif Mère Rouge et le collectif Collage Réfugies Paris.
00:38Justement le collectif Mère Rouge c'est un collectif d'artistes, de journalistes, alors que Collage Réfugies justement colle des
00:46messages de soutien pour les exilés dans Paris et dans d'autres villes.
00:51Alors ce collectif s'est créé par justement Romain et Elisandra, une journaliste qui était à Lesbos en Grèce et
00:59se sont demandé comment visibiliser tous ces drames qui se passent un peu partout.
01:04Et ils ont eu l'idée justement de rendre la Mère Méditerranée Rouge.
01:09Donc ils ont fait des tests, ça a très bien marché.
01:11Il se trouve qu'à Paris la scène est un peu plus opaque mais le geste est là quoi.
01:17Et c'est vrai que je pense que n'importe qui qui voit du rouge en l'eau, ça crée
01:21une réaction physique qui est au-delà des opinions politiques.
01:26Et je trouve que c'est la beauté ou de moins l'esthétisme est très important quoi.
01:34Ils portent la voix, ils portent l'image.
01:37Et le second collectif donc Collage Réfugies, est-ce que vous pouvez m'en parler ?
01:43Oui donc c'est en fait un collectif de personnes dans l'Assemblée Meneur qui colle des slogans pour rendre
01:50hommage aux exilés dans toutes les rues.
01:52Donc en fait ça reprend justement l'image de MeToo, de nous toutes avec des feuilles blanches et écrits à
02:00l'encre rouge.
02:02Donc voilà, les deux actions en fait s'étaient faites parallèlement au début et on les a rassemblées parce que
02:06ça avait beaucoup de sens quoi.
02:07On pense bien évidemment aux 27 victimes qu'il y a eu il y a deux semaines.
02:12Même si voilà, c'est en fait justement cette action où on verse cette terre rouge dans l'eau, c
02:19'est aussi pour ne pas avoir besoin de ces drames pour en parler quoi.
02:21C'est créer cette émotion chez les gens sans avoir besoin finalement que des personnes meurent et remplissent le monde
02:31médiatique quoi.
02:33Vous serez à la manifestation à 15h qui partira de Place Clichy ?
02:36Bien sûr, oui. On va justement avec les pancartes qui reprennent justement le nom d'un exilé décédé et d
02:43'une circonstance de zécé.
02:45On va justement défiler silencieusement, pacifiquement avec ces pancartes pour leur rendre hommage et sensibiliser les gens sur ces drames.
02:55Et ces pancartes qui ont été brandies là à l'instant sur le pont devant Notre-Dame.
03:00Un lieu très symbolique, notamment suite aux paroles très fortes du pape ces derniers temps ?
03:06Exactement, oui. Le pape qui dit justement, je ne me souviens plus de la formule exacte,
03:13mais qui dit que la mer Méditerranée est en train de devenir un cimetière sans stèle quoi.
03:19Et ce n'est pas que la Méditerranée, il faut bien le rappeler qu'en Atlantique aussi,
03:23les exilés qui se tentent de rejoindre l'Espagne par le Maroc, il y a sans cesse des morts dans
03:27les Pyrénées, dans les Alpes, en Manches.
03:31Et c'est important de les visibiliser parce que malheureusement on n'en parle pas.
03:35Et il faut penser à eux aussi, à toutes ces victimes.
03:37Et aussi sous les ponts de Paris quoi.
03:39Là cette semaine, il y a eu de nombreuses évacuations à Paris.
03:44Je pense au moins peut-être que ce soit auprès Saint-Jervais, à Pontin ou à Bercy.
03:48Et le sang qu'on a voulu représenter dans la scène, il est déjà à Paris quoi.
03:53Il est en Méditerranée, mais il était déjà là sous les ponts par les drames qui s'y passent.
03:58Merci beaucoup.
04:01Très belle action et on continuera à suivre.
04:03Super, merci.
04:04Bonne journée.

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