00:01Putain Manuel, ils t'ont eu les salauds, un petit ange parti trop tôt, tu nous manqueras.
00:08Champagne !
00:08Ouais carrément, deux coupes s'il te plaît.
00:10Une chose est sûre, c'est qu'avec la régulation soviétique proposée par Jean-Luc Mélenchon...
00:15Bon, puisque la Macronie a bien rodé ses éléments de langage, il nous parle de l'URSS ou de guillotine
00:19fiscale
00:20ou tout simplement de la ruine promise à la France si jamais la gauche gagnait,
00:23eh bien on s'est dit que pour cette dernière chronique, avant le premier tour, dimanche,
00:26on allait comparer les programmes, notamment sur le sujet qui intéresse tout particulièrement les français, le pouvoir d'achat.
00:32Nups contre Macronie, Macronie contre Nups, le choc des projets, c'est maintenant.
00:36Pour rappel, la France a désormais 10% de pauvres et un taux d'inflation à plus de 5%, en
00:41bref, un cocktail molotov social.
00:43Pour répondre à la demande de hausse de pouvoir d'achat, sans surprise, ce sont deux écoles qui s'affrontent.
00:47La Nups propose en urgence de bloquer les prix sur les produits de première nécessité,
00:51puis d'augmenter le SMIC aujourd'hui de 1302 euros net à 1500 euros.
00:55Elle promet d'organiser une conférence sociale générale pour que la grille des salaires suive ensuite.
01:00Augmenter les salaires tout de suite et le SMIC tout de suite comme les retraites.
01:05Hormis les salaires, l'Union de la gauche s'engage à créer aussi un revenu de dignité ou d'autonomie
01:08pour les seniors,
01:09comme pour les 18-25 ans, juste au-dessus du seuil de pauvreté, c'est-à-dire 1100 euros.
01:13Ils seraient financés grâce à la nouvelle taxation sur les grosses entreprises et sur les plus grands héritages.
01:17Vous l'aurez compris, la Nups veut mettre à contribution le capital.
01:20Si les salaires augmentent, ce sont les patrons qui doivent payer.
01:23En Macronie, c'est tout l'inverse.
01:25On souhaite apporter une réponse aux Français les plus modestes avec un chèque alimentation
01:32qui sera là aussi mis en place dans le cadre du projet de loi d'urgence pour le pouvoir d
01:38'achat.
01:38C'est une politique de chèque et de prime pour surtout, surtout ne pas augmenter les salaires.
01:43Il y a d'abord la prime Macron, que la majorité veut tripler jusqu'à 6000 euros.
01:47Bon, déjà, ça c'est de la flûte.
01:49Selon les chiffres même du gouvernement, les entreprises versent en moyenne 506 euros de prime Macron
01:53et à peine 4 millions de salariés y ont eu le droit.
01:55On est très loin des 6000 euros du plafond annoncé.
01:58Cette prime, elle est versée par les entreprises, mais elle est ensuite exonérée sur les cotisations salariales.
02:02Donc en fait, ce sont les contribuables dans leur ensemble qui payent.
02:05On a ensuite les mesures d'urgence comme l'aide exceptionnelle pour les familles modestes,
02:08le chèque inflation ou la remise à la pompe.
02:10Évidemment, ces mesures font bon genre, surtout quand certaines sont annoncées à quelques jours du scrutin.
02:14Mais qui paye ?
02:15Eh bien, c'est encore vous.
02:16L'État paye à la place du capital et donc c'est le contribuable, vous, qui payez en définitive.
02:21Il disait quoi déjà le président ?
02:23La politique sociale, regardez.
02:25On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens ils sont quand même pauvres.
02:29On n'en sort pas.
02:30Les gens qui restent pauvres, ils restent pauvres.
02:32Ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres.
02:34En réalité, on dépenserait moins de pognon si on tapait un peu plus sur les revenus du capital
02:38et qu'on avait une meilleure distribution.
02:39Mais là, si on commence à donner des leçons de rationalité budgétaire aux libéraux,
02:42ils vont faire un AVC et on n'a pas le temps.
02:44Premier objectif pour travailler plus, c'est le plein emploi.
02:47Cet objectif est atteignable.
02:48Il consiste à faire, dans les cinq ans qui viennent,
02:51ce que nous avons fait dans les cinq ans qui viennent de s'écouler.
02:53Le plein emploi.
02:54Alors voilà un bel objectif, mais comment Macron compte-il s'y prendre ?
02:57Eh bien d'abord en arrosant les entreprises.
02:5930 milliards sont prévus pour les secteurs innovants assortis de réductions d'impôts.
03:03En contrepartie, la Macronie espère des créations d'emplois.
03:06Sauf que ça, on l'a déjà essayé.
03:07Ça s'appelait le CICE, ça a coûté 100 milliards de cadeaux d'entreprise entre 2013 et 2019.
03:12Et ça n'a créé qu'entre 150 000 et 240 000 emplois au lieu des 1 million promis.
03:16Mais si, souvenez-vous là du pins du MEDEF.
03:20Tu peux m'enlever ça, s'il te plaît ?
03:21Merci.
03:22Ça, c'est la caresse pour les entrepreneurs.
03:24Pour les travailleurs, c'est le bâton.
03:26Surtout s'ils sont au chômage ou au RSA.
03:29Ainsi, Macron prévoit 15 à 20 heures de travail obligatoire pour débloquer le RSA.
03:33Mais du travail où, lorsqu'on manque d'emploi ?
03:35On n'en sait pas plus.
03:35Vous faites une rue, vous allez à Montparnasse, vous faites la rue avec tous les cafés et les restaurants.
03:40Franchement, c'est sûr qu'il y en a un sur deux qui recrute en ce moment.
03:45Ah ouais, c'est vrai que c'est aussi facile que de traverser la rue.
03:48Ou plutôt de traverser le périph à l'heure de pointe.
03:49À cela s'ajoute sa réforme de l'assurance chômage, déjà adoptée,
03:52qui priverait à terme 41% des allocataires d'un cinquième de leur revenu
03:56et qui est censé inciter plus fortement à retourner au turbin.
03:59Une nouvelle réforme avec plus de flicage des chômeurs et d'ailleurs dans les cartons.
04:03Chez l'ANUPS, on propose quoi pour le travail ?
04:05Eh bien déjà d'abroger toutes les réformes qui ont conduit à moins de protection des salariés.
04:09Loi El Khomri, Ordenance Macron, Réforme Borne.
04:12Surtout, en plus des créations d'emplois dans le cadre de politiques de grands travaux
04:15induites par la planification écologique,
04:17la gauche propose de passer aux 32 heures pour les métiers pénibles
04:20et d'instaurer une sixième semaine de congés payés.
04:22Bon, c'est pas uniquement pour se la couler douce,
04:24mais c'est parce que le temps de travail individuel serait ainsi réduit
04:27et le temps de travail global mécaniquement mieux partagé avec de nouveaux emplois à la clé.
04:30Il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps
04:34en tenant compte des spécificités des métiers.
04:36C'est LA réforme de Macron que tous les Français ont en tête,
04:39le recul de l'âge légal de départ en retraite à 65 ans,
04:43avec en contrepartie une hausse des pensions dès cet été à 1100 euros minimum.
04:46Ce qui est amusant, c'est que dans son programme que je vous invite à consulter,
04:49on passe du chapitre départ à la retraite au chapitre grand âge, dépendance et deuil.
04:53Vous l'aurez compris, en Macronie, on passe direct du travail à l'EHPAD,
04:57voire à la tombe, surtout si vous atterrissez chez Europea.
04:59Côté NUPS, c'est l'inverse.
05:01Retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités, minimum vieillesse à 1100 euros
05:05et au minimum 1500 euros pour une pension avec carrière complète.
05:08Y'a pas d'argent magique.
05:10C'est vrai, mais y'a celui des riches.
05:11La NUPS compte notamment soumettre à cotisation patronale
05:13les dividendes, participation, épargne salariale, rachat d'action, heures supplémentaires
05:18en augmentant de 0,25 points par an le taux de cotisation vieillesse
05:21et en créant une surcotisation sur les hauts salaires.
05:23De plus, l'augmentation générale des salaires rehausserait, de fait,
05:26le niveau des cotisations de tout le monde,
05:28tout comme l'égalité salariale homme-femme promise par la NUPS
05:30et qui ferait entrer plus d'argent dans les caisses.
05:32Voilà, on s'arrête ici pour aujourd'hui.
05:34On aurait pu parler de plein de choses, d'écologie, de culture ou de politique européenne,
05:37mais vous inquiétez pas, pour ça, y'a un deuxième tour.
05:39Si vous avez aimé cette vidéo, n'hésitez pas à liker la vidéo,
05:42à vous abonner à la chaîne ou au journal.
05:43En attendant, n'oubliez pas de voter dimanche 12 juin
05:46et nous on se retrouve vendredi prochain pour une nouvelle chronique.
05:48Allez, salut et bon vote !