00:00Les Français sont quasiment à 100% avec leurs agriculteurs.
00:04Vous entendez les camions klaxonner, les voitures klaxonner,
00:07des appels de phare, des gestes de sympathie par rapport au mouvement,
00:10alors que malheureusement, je dis bien malheureusement parce que c'est pas le but,
00:14on les emmerde.
00:15Et nous, on aimerait ne pas être ici, mais on nous a poussé à être ici.
00:29On a vraiment l'impression d'être fliqués tout le temps.
00:32On n'est plus libres.
00:33Pendant longtemps, agriculteurs, on disait qu'on avait une certaine liberté.
00:36Et aujourd'hui, on ne l'est plus, concrètement.
00:39Il faut savoir que maintenant, on est même surveillés par satellite.
00:41Et ça, c'est vraiment une frustration parce que c'est vraiment l'impression.
00:44Aujourd'hui, on ne nous fait pas confiance.
00:46Je me suis installé en tant que jeune agriculteur.
00:49C'était pour travailler les champs, prendre mon tracteur, aller labourer, semer.
00:53Et aujourd'hui, c'est 50% de mon temps.
00:56Les autres 50%, c'est au bureau, à essayer de tout faire pour être dans les normes.
01:01Les gens qui pondent ces lois ne prennent même pas en considération la nature.
01:04Je vous donne un exemple.
01:06On doit mettre des cultures intermédiaires entre une culture d'hiver et de printemps
01:11pour ne pas laisser le sol nu.
01:13Mais on ne regarde même pas si on peut les semer, si les conditions sont bonnes.
01:17Il y a des moments où on sait que ça ne sert à rien de semer.
01:20Il fait trop sec.
01:20Et on sait qu'on sème pour rien.
01:22Mais on est obligé de semer.
01:31On travaille, c'est de cultiver du blé.
01:34Et quand on arrive à des impasses et qu'on ne peut quasiment plus cultiver les choses
01:40parce qu'on n'a plus de solution, c'est dramatique.
01:43On a également aussi des problèmes économiques.
01:45C'est-à-dire qu'on a encore des charges qui étaient élevées et des prix du blé qui s
01:48'effondrent.
01:49Et donc, que fait l'Europe ?
01:51Est-ce que l'Europe nous protège encore assez bien ?
01:53C'est une excellente question.
01:54Ce que j'aimerais, c'est que M. Attal, enfin, prenne les bonnes paroles
01:59et indique enfin ce qu'il souhaite faire pour débloquer la situation.
02:03Parce que la dernière fois, je n'ai pas très bien compris ce qu'il a voulu dire.
02:07Alors au départ, ça commençait très bien.
02:09Il nous aime bien.
02:10Mais la suite, c'était flou.
02:12Et donc, il faut être précis dans les choses.
02:23Aujourd'hui, j'en suis arrivé à la colère.
02:24La lassitude, elle est bien derrière moi.
02:26Ce n'est pas la première fois qu'on bouge en Ile-de-France.
02:28J'en suis à la colère et j'espère ne pas en arriver au désespoir.
02:31On entend sur bon nombre d'antennes les gros céréaliers du bassin parisien.
02:34Aujourd'hui, avec 200 hectares, je suis loin du compte d'une ferme brésilienne
02:38ou d'une ferme ukrainienne qui en cultive des centaines de milliers,
02:40qui sont gérés par des agro-business.
02:42Moi, mon chiffre d'affaires, il est à peine à la hauteur d'un commerce.
02:45Donc, remettons les choses à plat et puis reprenons un peu de bon sens.
02:49Continuons, je l'espère, à être soutenus comme ça par la population
02:51et faisons entendre à ce gouvernement ce que les autres gouvernements avant n'ont pas entendu.
02:56C'est de ramener du bon sens dans ce pays.