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  • il y a 12 minutes
Louis Letoublon, vice-président de l'organisation Les Lycéens !, et Nathanël Combary, président du conseil d'administration de Renouveau lycéen, étaient les invités du Face à Face ce 9 octobre. 

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Transcription
00:00Il est 8h29 sur RMC et BFM TV, non pas un invité mais deux ce matin, Nathanael Combary, bonjour.
00:06Vous êtes à la tête de Renouveau Lycéen, vous avez 18 ans, Louis Lettoublon, bonjour.
00:10Vous c'est lycéen, point d'exclamation, vous avez 17 ans, presque 18 ans je crois dans deux mois.
00:15J'ai 16 ans, bientôt 17 ans.
00:16Ah, bientôt 17 ans ! Et vous êtes déjà étudiant ?
00:19Oui.
00:20Vous avez passé le bac l'été dernier, vous représentez tous les deux les lycéens.
00:23Il y a d'ailleurs, je précise, d'autres parmi les lycéens et les représentants des lycéens que j'avais
00:28invités ce matin,
00:28tous ne pouvaient pas venir mais je trouvais important de vous donner la parole.
00:31Vous étiez hier soir au ministère de l'Éducation nationale, vous avez ensuite entendu le ministre de l'Éducation nationale
00:37faire ses annonces hier.
00:38De très nombreuses questions à vous poser ce matin pour savoir si ce mouvement va continuer, si vos revendications ont
00:43été entendues.
00:44La première question c'est évidemment de savoir si les 3000 postes qu'on vous promet soudain, qui sont quasiment
00:52sortis d'un chapeau hier,
00:53le ministre de l'Éducation nationale, qui a donc annoncé que dès aujourd'hui, il y aurait 3000 enseignants remplaçants
00:58qui allaient être affectés aux lycées les plus en difficulté.
01:01Louis Letoulon.
01:02Oui, je crois que ces 3000 postes, bon déjà ils sont sortis des listes complémentaires, on ne sait pas trop
01:09comment en vérité.
01:11On verra ce que ça donne, moi je crois qu'il faut sur ce sujet là, il faut qu'on
01:15le juge sur acte, il a dit que ça prendrait place et que ça serait efficace à partir de mardi
01:20prochain à peu près.
01:22Donc je crois qu'il faut qu'on attende de voir ce que ça donne.
01:25Vous saviez vous qu'il y avait 3000 profs qui étaient dispo ?
01:28Monsieur le ministre, en tout cas, nous avait évoqué son envie, sa volonté aussi d'avoir plus de professeurs devant
01:34les élèves.
01:35Maintenant non, j'avais aucune idée du nombre de profs qui était disponible, donc en effet là pour le con,
01:38on ne peut qu'attendre de voir ce que va nous, ce que va le résultat concret.
01:43Je précise parce que c'est important, vous êtes nombreux à être devenus des figures aussi de ce mouvement.
01:49Ça fait maintenant trois semaines que le mouvement des lycéens a grandi.
01:53Il y a eu différentes phases et des mobilisations monstres.
01:57La grande mobilisation de mardi, même hier, mobilisation encore très importante, 70 000 personnes dans les rues, ne serait-ce
02:04qu'à Paris, pour se mobiliser pour les lycéens.
02:07Certains d'entre vous sont politisés, d'autres pas.
02:10Vous revendiquez d'ailleurs, je le précise, Louis Létoublon, de ne pas l'être du tout,
02:13que votre association lycéen soit l'association la moins politisée de tous, justement.
02:20Vous, de votre côté, Nathanaël Combary, vous l'assumez tout à fait, vous êtes à la tête de Renouveau Lycéen,
02:25qui est plutôt proche du parti Renaissance, d'autres sont proches de partis plutôt de gauche.
02:31Est-ce qu'il était important, et je voudrais qu'on puisse poser le décor avec vous, pour vous, Louis
02:36Létoublon, qu'il n'y ait pas de politique ?
02:39Je vais apporter une nuance.
02:40Je crois que mon organisation est apartisane, on n'est lié à aucun parti politique, aucun d'entre nous n
02:48'est encarté ou n'est militant.
02:51Dans un parti politique, par contre, nous ne sommes pas apolitiques.
02:56Nous défendons des mesures politiques, nous avons des demandes qui ont trait à la politique éducative,
03:03et l'éducation c'est quand même quelque chose qui est au cœur de la politique.
03:07donner des moyens dans l'éducation, mettre des moyens dans l'éducation, ce n'est pas neutre politiquement.
03:12Et vous ?
03:13Nous aussi, Renouveau Lycéen, on est une association qui a été fondée en 2021,
03:17on n'est rattaché à aucun parti, à aucun mouvement de jeunesse,
03:20donc on assume complètement d'avoir des jeunes qui aujourd'hui sont encartés dans telle ou telle partie,
03:25d'avoir des jeunes qui ne sont aussi pas du tout intéressés par la politique, dans le terme politique du
03:30nom.
03:30C'est très important, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on a des jeunes qui viennent de tous horizons.
03:34Et aujourd'hui, les lycéens en France, certains en effet sont plutôt à gauche, plutôt centristes,
03:39d'autres plutôt de droite, et d'autres ne s'y intéressent même pas.
03:42Mais les revendications, elles sont les mêmes, et la première d'entre elles, c'était aussi cette question de l
03:47'absence des profs.
03:47On a entendu le témoignage de très nombreux lycéens qui disaient
03:50« Mais attendez, moi j'ai le bac cette année, j'ai pas de prof de français, j'ai pas
03:53de prof de philo. »
03:55Est-ce que cette annonce, première annonce un peu concrète qui vous est faite tout de même,
03:593000 profs, on précise quand même que ce sont des TZR, moi j'en découvre, j'avoue, la réalité,
04:04je ne savais même pas que ça existait, c'est-à-dire des titulaires sur zone de remplacement.
04:07C'est-à-dire que c'est une catégorie de professeurs remplaçants qui sont salariés,
04:11mais qui ne sont pas devant élèves, comme a dit le ministre de l'Éducation.
04:14C'est une catégorie d'ailleurs qui a été beaucoup réduite ces dernières années
04:18et c'est des choix politiques qu'ont fait les ministres.
04:22Ils ont pas mal été remplacés par des contractuels, mais qui du coup ont un fort turnover, si je puis
04:27dire.
04:28Il y en a un certain nombre qui viennent et puis ça change beaucoup.
04:31C'est une sorte de vivier ?
04:32C'est exactement, c'est un vivier qui est présent, mais qui se réduit
04:35et j'ai l'impression que là, on se rend compte de l'importance de cet TZR.
04:40Nathanael Comari, est-ce que c'est la réponse que vous attendiez ?
04:42Est-ce que cette réponse, cette première réponse, vous apparaît satisfaisante ?
04:46Encore une fois, nous, on attend d'avoir le résultat concret.
04:49Sur d'autres sujets comme la démocratie scolaire, le bâti scolaire ou encore Parcoursup,
04:53on a eu certaines annonces qui faisaient partie des revendications principales des lycéens,
04:58certaines où on attend d'avoir évidemment plus de moyens, plus de concrets encore une fois.
05:05Mais voilà, nous, on attend d'avoir du concret et d'avoir des retours de lycéens qui nous disent
05:09« ça a changé sur le terrain, dans notre lycée ».
05:11Vous n'êtes pas tout à fait d'accord avec ça, Louis ?
05:12Sur la démocratie scolaire, je suis d'accord, le ministre a clairement donné un certain nombre d'avancées
05:17qui sont tout à fait satisfaisantes.
05:19Moi, j'ai parlé hier avec quelqu'un qui a été très investi dans la démocratie scolaire
05:25ces dernières années et qui m'a dit « mais c'est super ce que vous avez eu, c'est
05:28assez dingue en fait ».
05:29Donc sur la démocratie scolaire, pour le coup, on peut le dire, on est content.
05:33Sur le reste, déjà, il n'en a même pas reparlé au 20h.
05:37Du reste, des rythmes scolaires, du bâti scolaire, il n'en a pas reparlé au 20h.
05:41Et ça, moi, je trouve que c'est scandaleux parce que ça montre bien à quel point il n'est
05:48pas capable
05:48de faire d'annonce concrète aux lycéennes et aux lycéens.
05:52Sur le bâti scolaire, on aura attendu d'avoir des chiffres, des moyens précis qu'il va mettre
05:56dans la rénovation du bâti scolaire.
05:58Là-dessus, on n'est pas satisfait.
05:59Sur Parcoursup, on n'a pas eu beaucoup plus de détails.
06:02Enfin, je veux dire, on nous a annoncé qu'on aurait une plateforme qui sera plus transparente,
06:09où peut-être il n'y aurait pas l'indication du lycée d'origine.
06:13Bon, un certain nombre de choses, mais on ne revient pas sur la structure même de Parcoursup
06:17qui, intrinsèquement, est stressante et angoissante pour les élèves.
06:20Qu'est-ce qui vous angoisse en particulier avec Parcoursup ?
06:23Il y a toujours eu de la sélection, il y a toujours eu, à un moment ou à un autre,
06:26il faut bien mettre des gens, j'allais dire, il y a un nombre limité dans telle et telle fac.
06:31Il faut un système.
06:33Pourquoi celui-ci, en particulier, est plus angoissant que les précédents ?
06:37Est-ce que c'est le fait qu'ils prennent en compte les notes tout au long du lycée ?
06:40C'est ça qui crée une angoisse chez vous ?
06:42Du premier jour de la première au dernier jour du deuxième trimestre de terminale,
06:46parce que le troisième trimestre de terminale ne compte pas,
06:48toutes les notes comptent.
06:49Et c'est vraiment cette impression-là que les élèves ont.
06:50C'est-à-dire que toutes les notes...
06:51Donc, tout d'un mauvaise note, on est angoissé.
06:53On est angoissé.
06:54Et en tout cas, chaque note compte.
06:56On voit, chaque note a une incidence sur la moyenne,
06:58moyenne qui est retranscrite dans Parcoursup.
07:02Et donc, c'est ce stress permanent qui pèse sur les lycéennes et les lycéens
07:05qui est inacceptable à nos yeux.
07:07Et nous, on veut...
07:08Enfin, je veux dire, une évaluation, c'est pour progresser.
07:11Ce n'est pas pour déterminer son avenir.
07:13Et je vous pose la question, c'est...
07:15Je le constate, évidemment.
07:16Je le constate comme vous aussi en tant que maman.
07:18Je pense que d'ailleurs, les parents rajoutent à ce stress-là.
07:21Parce que nous, on a désormais des outils,
07:23les fameux pronotes et autres,
07:25qui font qu'en temps réel,
07:27on a chaque note que vous avez, la moindre.
07:30Je le précise pour ceux qui n'auraient pas des enfants de cet âge-là.
07:33C'est vrai que c'est assez sidérant.
07:34Ça n'a rien à voir avec nous.
07:35Nos parents, ils nous engueulaient quand on avait un mauvais bulletin.
07:38Mais ça arrivait trois fois dans l'année,
07:39au moment des bulletins et de la fin du trimestre.
07:42Là, c'est en continu.
07:44On a jour après jour,
07:45dès que vous avez une interro et une mauvaise note,
07:47on le reçoit sur notre téléphone portable,
07:49on a une alerte qui nous dit que vous avez eu une mauvaise note.
07:51Ça veut dire que ça crée une angoisse de manière continue.
07:54Mais à l'inverse,
07:56avant, tout reposait sur un examen, le bac.
07:59Si vous ratiez ce jour-là,
08:01c'était aussi une autre source d'angoisse.
08:03Quel est le meilleur système ?
08:05Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour ne pas tomber dans un excès ou dans l'autre ?
08:08Nathanael Comari.
08:10Vous savez, Madame de Malherbe,
08:11je l'ai dit en sortant de notre entrevue avec M. les ministres,
08:14M. les ministres,
08:15à titre personnel,
08:16j'ai été profondément blessé et choqué
08:18de la façon dont certaines organisations lycéennes
08:21ont été et ont eu un comportement
08:23que je semble absolument abject pendant cette rencontre.
08:25On nous a dit...
08:26Vous y étiez tous les deux, je précise.
08:28On y était tous les deux et on y était,
08:30c'est ça, également accompagné de l'USL.
08:33Et moi, aujourd'hui, j'ai été profondément choqué
08:35d'entendre des demandes de 10 milliards d'euros.
08:39Pourquoi ? Pour qui ? On ne sait pas.
08:41Des demandes de suppression de parcours sub
08:42sans avoir derrière une solution qui a été apportée.
08:45C'est choquant.
08:46C'est choquant parce que, moi, je vais vous dire,
08:48il y a des lycéens qui, aujourd'hui, nous contactent tous les jours,
08:50nous envoient des messages tous les jours
08:52pour savoir comment la situation évolue.
08:54Parce qu'eux, ils sont devant leur lycée
08:55depuis plusieurs jours, plusieurs semaines,
08:57à bloquer leur lycée pacifiquement, sans violence
09:00et ils attendent des résultats concrets sur leur avenir.
09:02Donc, moi, quand j'entends des responsables lycéens,
09:05des élus et des représentants lycéens
09:07proposer et dire et promettre mises et merveilles,
09:09en fait, à tour de rôle, à tour de plateau télé
09:11ou directement en rencontrant les lycéens,
09:13ça me choque.
09:14Ça me choque parce qu'on ment aux lycéens.
09:17Ça n'a aucun sens.
09:19Pourquoi faire de telles propositions
09:20de supprimer Parcoursup quand on n'a rien à apporter derrière ?
09:23Pourquoi faire de telles propositions ?
09:25Parce que le mouvement qui est né il y a trois semaines
09:27est spontané.
09:28Parce que ce mouvement né il y a trois semaines
09:30est celui des lycéennes et des lycéens
09:32et que, je crois, en tout cas, moi,
09:34ce que j'essaye de faire dans mon organisation,
09:36c'est de ne pas voler ce mouvement,
09:38de ne pas déformer les revendications,
09:41de les porter.
09:42Et si les revendications qui sont présentes sur les blocus,
09:44c'est l'abolition de Parcoursup,
09:46c'est l'ouverture de place en fac,
09:47eh bien, on se doit de porter les revendications
09:51des lycéennes et des lycéens.
09:52Tu ne les portes pas.
09:53Mais nous, c'est des revendications qu'on porte.
09:56Cependant qu'en fait, on a la finesse
09:57et on a l'intelligence collective de dire aux lycéens
09:59que non, malheureusement,
10:01il y a certaines choses qu'on ne pourra pas avoir.
10:03Il faut aussi savoir reconnaître.
10:04Donc évidemment que ce sont des choses
10:05sur lesquelles nous, on réfléchit en interne.
10:06Vous savez, ça fait quatre ans
10:07que je suis engagé pour les lycéens.
10:09Mais je le vois bien.
10:09Et ce qui est intéressant,
10:10c'est que vous êtes tous les deux engagés depuis longtemps.
10:12Vous n'avez pas attendu ce mouvement
10:14pour effectivement porter ces revendications.
10:16par exemple, vous, Louis Détoulon,
10:18la démocratie interne, vous connaissez bien.
10:20Ce que j'appelle la démocratie interne
10:22pour reprendre l'expression du Premier ministre.
10:24Parce que vous êtes,
10:25et votre organisation est élue
10:26au Conseil supérieur de l'éducation.
10:28Vous en avez d'ailleurs quatre sièges,
10:30je crois, sur quatre.
10:30C'est-à-dire que vraiment,
10:31votre formation, elle y est très présente.
10:34En même temps, vous savez
10:36qu'il n'y aura pas du jour au lendemain
10:38une suppression de parcours sup
10:39et surtout plus de place en fac.
10:41Le problème, est-ce que c'est parcours sup
10:42ou c'est le fait que derrière,
10:43il n'y ait pas suffisamment de place
10:44dans l'éducation supérieure ?
10:46Je crois que le problème, c'est les deux.
10:47Je crois qu'il faut augmenter.
10:50Alors, je ne serais peut-être pas aussi maximaliste
10:51que les propositions de l'Union syndicale lycéenne.
10:53Je précise que l'Union syndicale lycéenne
10:55a été invitée pour ce matin,
10:57qu'on a insisté jusqu'à minuit hier soir,
10:59je crois qu'ils vous l'ont dit d'ailleurs,
11:01pour leur proposer d'avoir place ce matin
11:03et de pouvoir répondre à nos questions.
11:04Mais on dit qu'ils ne pouvaient pas être là.
11:06Donc oui, je ne serais pas aussi maximaliste
11:08que, je n'ai pas de chiffres précis à demander
11:10parce que je ne crois pas que...
11:12Ben non, parce qu'en fait,
11:13c'est pas...
11:14Si tu veux, je pense qu'il faut qu'on regarde
11:16sur les...
11:17Je précise pour ceux qui nous écoutent
11:18que Louis Lettoulon s'adresse à Nathaniel Cambary
11:20qui visiblement trouvait que...
11:23Qui manifeste sa désapprobation.
11:26Exactement.
11:27Je crois qu'il faut qu'on regarde selon les besoins,
11:30qu'on regarde sur Parcoursup les chiffres
11:34et il y a un certain nombre de licences
11:36qui sont en tension.
11:37Je pense au droit, je pense à l'histoire.
11:39Il faut à tout prix éviter
11:40que des lycéennes et des lycéens
11:42se retrouvent dans des filières
11:43qu'ils n'apprécient pas.
11:44Mais évidemment, sauf qu'aujourd'hui.
11:45Par exemple, on reprend l'exemple de Parcoursup.
11:48Sur Parcoursup, moi j'ai entendu autour de la table
11:50la suppression de Parcoursup
11:51sans avoir de solutions proposées derrière.
11:54Nous, avec les revendications qu'on a apportées
11:55avec Renouveau Lycéen,
11:56on a eu trois avancées
11:57qui sont aujourd'hui, je pense, non négligeables.
11:59La suppression du lycée d'origine
12:01qui est en train d'être expertisée
12:02par le ministère de l'Intérieur.
12:03Ça veut dire quoi ?
12:04Ça veut dire qu'on ne dira pas
12:05de quel lycée
12:06parce qu'il y a une forme de ségrégation aujourd'hui ?
12:07Exactement.
12:08Il y a une ségrégation autour de Parcoursup.
12:10Il y a une attention qui est portée
12:12par les formations sur le lycée d'origine
12:15du lycéen, dans la majorité des cas,
12:16qui demandent telle ou telle formation.
12:18Il y a un cadre juridique
12:19avant de pouvoir faire telle ou telle action.
12:22Le ministre nous a dit
12:22nous allons le vérifier,
12:24je reviendrai vers vous,
12:25on le rencontre de nouveau lundi,
12:26on aura une réponse définitive.
12:28On a eu un engagement de sa part sur le sujet.
12:30Donc la suppression du lycée d'origine
12:32dans un premier temps.
12:32Dans un deuxième temps,
12:33on a eu, en tout cas,
12:35la réflexion qui était portée
12:37par Renouveau Lycéen
12:38et on l'a adaptée pendant cette réunion,
12:39de pouvoir,
12:40lorsqu'on arrive en classe de première,
12:42changer de spécialité
12:43avant les vacances de la Toussaint.
12:45Ce qui permet, en fait,
12:46si on se rend compte
12:47qu'on a pris maths physique et SVT
12:49et on se rend compte
12:50qu'on n'aime pas du tout les mathématiques,
12:51changer de spécialité.
12:52C'est un deuxième engagement
12:54qu'on a tenu auprès de M. le ministre
12:55qui se garde du temps
12:56pour échanger avec les enseignants
13:00et les directeurs scolaires.
13:00Mais vous pensez que ça,
13:01vous allez l'obtenir ?
13:02Ça fait partie aussi des revendications
13:03que vous demandez ?
13:04Non, mais ça fait partie des choses
13:05qu'on peut apprécier.
13:06Mais Nathanael,
13:07je crois vraiment que ça ne suffit pas.
13:08Tu dis quoi, en fait,
13:09aux lycéennes et aux lycéens
13:10qui n'iront pas dans les filières
13:11qu'ils désirent ?
13:12Tu dis quoi aux lycéennes et aux lycéens
13:13qui stressent tous les jours
13:14de parcours sup ?
13:15En fait...
13:15Mais je leur dis qu'on va trouver une solution.
13:17Je ne me promets pas mille et merveilles
13:18quand on sait qu'aujourd'hui,
13:19malheureusement,
13:20la moins pire des solutions...
13:22Bah non !
13:22Essaye !
13:23Je ne vais pas essayer
13:23de promettre quelque chose aux gens
13:24si je sais que je ne vais pas
13:26pouvoir l'obtenir.
13:26Est-ce qu'il faut faire tout
13:27auprès du gouvernement
13:29et des responsables politiques
13:32qui peuvent nous répondre
13:33pour peser de toutes nos forces
13:35afin d'obtenir les revendications
13:37que les lycéennes et les lycéens désirent ?
13:39Mais je sais, mais je le sais.
13:40Mais donc, du coup,
13:40on va promettre aux lycéens
13:42de supprimer parcours sup
13:43quand on sait par avance
13:44qu'on ne pourra pas ?
13:45Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas ?
13:46Parce qu'aujourd'hui,
13:47vous n'avez pas de meilleure solution,
13:48malheureusement.
13:49Mais si !
13:49Est-ce qu'on revient au système précédent ?
13:51APB, admission post-bac,
13:52qui est basé sur le terrain de sort ?
13:55Je crois qu'il faut construire
13:56un système où le stress n'est pas dilué
14:00ou peut-être on a plus de place
14:01en université.
14:02Mais concrètement, quoi ?
14:03Mais concrètement,
14:04enfin, je veux dire,
14:05c'est des réflexions
14:05qui ne peuvent pas être menées
14:06par même une association lycéenne.
14:09Des réflexions comme ça
14:10ne peuvent pas être menées.
14:11Nous, on peut porter des revendications.
14:14Et je crois que c'est tout à fait important.
14:15Et donc, on n'apporte pas
14:15de solution sur la table ?
14:16C'est aussi au ministère
14:18de travailler là-dessus.
14:18Enfin, je veux dire,
14:19nous, on dit,
14:20il faut un système nouveau
14:22où le stress n'est pas dilué
14:23sur deux années
14:24et où les lycéennes et lycéens
14:25ne supportent pas
14:26une pression insupportable.
14:28Ça vous partageait, non,
14:29quand même, Nathanael ?
14:29Évidemment.
14:30Mais aujourd'hui,
14:31je sais très bien
14:32qu'on n'a pas, en fait,
14:33la capacité de supprimer Parcoursup
14:35parce que Parcoursup reste,
14:36quoi qu'on le veuille,
14:37et c'est malheureux de le dire,
14:38la moins pire des solutions.
14:38Autre question,
14:39les spécialités,
14:40vous les évoquiez.
14:41C'est un nouveau bac.
14:42Avant, en gros,
14:43il y avait trois filières,
14:44quatre avec la technologique,
14:45S, ES, L, bac techno.
14:48Aujourd'hui,
14:49il y a donc une sorte de bac
14:51à la carte
14:51avec une multitude de spécialités,
14:54avec aussi les conséquences
14:56que ça a eues
14:57et ça fait partie
14:57des revendications
14:58et des plaintes
15:00des lycéens
15:00qui disent avoir
15:01des emplois du temps
15:02totalement farfelus
15:03avec des trous,
15:04parfois court jusqu'à 19h
15:05mais trois heures de trou
15:06au milieu de la journée
15:08parce que, justement,
15:09il est difficile
15:10avec tant de spécialités
15:11de trouver des emplois du temps
15:14cohérents.
15:14Est-ce que vous en êtes
15:15à vous dire, au fond,
15:16on a testé ce nouveau bac,
15:18c'était une erreur,
15:19on revient au système d'avant ?
15:20Louis Lettoulon.
15:21Hier, avec le ministre,
15:22nous n'avons même pas parlé
15:23des rythmes scolaires.
15:24Vous n'avez même pas parlé
15:25des rythmes scolaires ?
15:25On n'a même pas parlé
15:26des rythmes scolaires,
15:26ils n'ont pas été abordés,
15:27on les a reportés
15:28à une autre réunion.
15:31Je crois, effectivement,
15:32qu'il faudrait revenir
15:32sur la réforme du bac Blanquer
15:34sans forcément revenir
15:34à exactement ce qu'on avait avant
15:36mais, en tout cas,
15:38ce qui est sûr,
15:38c'est que la réforme
15:39des bacs Blanquer
15:41a créé des groupes
15:41de spécialités
15:43qui, alors déjà,
15:44il y a ce problème
15:44d'emploi du temps
15:44qui se pose
15:45mais il y a également
15:46des problèmes d'écart
15:47entre le nombre
15:48d'élèves par professeur
15:51selon les spécialités.
15:53On peut avoir,
15:54je ne sais pas moi,
15:5536 élèves en maths
15:56contre 15, 20 élèves
15:58en AMC ou en HLP.
16:01HLP, c'est
16:03Humanité, Littérature,
16:04Philosophie
16:04et AMC, c'est
16:06Anglais, Monde Contemporain.
16:08Donc, je crois
16:08qu'effectivement,
16:10il faut travailler
16:11sur les rythmes scolaires
16:12entre autres
16:12sur cette piste
16:14du bac Blanquer.
16:15Un mot encore là-dessus,
16:16Nathalie Cambary
16:16et ensuite,
16:16je dirais qu'on parle
16:17de la question
16:17des dégradations
16:18qui ont eu lieu hier
16:19et de la poursuite
16:20ou non du mouvement.
16:21Nathalie Cambary.
16:22Sur les temps scolaires,
16:24effectivement,
16:24on n'a pas eu le temps
16:25de l'évoquer
16:26et je le regrette
16:27très sincèrement
16:27puisque c'est une question
16:28qui préoccupe beaucoup
16:29les lycéens.
16:29Sur la réforme
16:30du bac Blanquer,
16:32moi, ce que je pense
16:33c'est que cette réforme,
16:33les lycéens nous le disent,
16:35elle permet avant tout
16:36d'avoir une liberté.
16:37Une liberté de se dire
16:38je peux avoir justement
16:41un bac qui me convient,
16:42qui me ressemble
16:44avec les spécialités
16:45que je choisis.
16:45Nous, ce qu'on a proposé
16:46encore une fois
16:47pour être force de proposition
16:48et adapter le tir
16:49si je puis le dire,
16:50si je puis le dire,
16:51ça serait par exemple
16:52de pouvoir supprimer
16:53les doublettes
16:53entre les cours
16:54qu'on a dans le tronc commun
16:55et les cours
16:56qu'on a en spécialité.
16:57Donc, un cas concret,
16:59un élève
16:59qui ferait AMC,
17:01Anglais Monde Contemporain,
17:02la spécialité anglais,
17:03n'aurait pu,
17:04comme c'est le cas déjà
17:05pour certaines matières
17:07de tronc commun
17:07et de spécialité,
17:08n'aurait pu à se rendre
17:09aux cours d'anglais
17:10en tronc commun.
17:10Est-ce que ça,
17:11ça vous paraît
17:12une bonne solution,
17:12Louis Détoulon ?
17:13Absolument pas.
17:14Je crois d'ailleurs
17:14que le tronc commun,
17:15c'est finalement encore,
17:17c'est la manifestation
17:18d'un acquis républicain.
17:20Parce que quand on a
17:21plein de spécialités,
17:22le risque,
17:23c'est d'avoir
17:23plein d'enseignements
17:24et de ne pas avoir
17:25de savoir en commun,
17:27de savoir que tous les élèves
17:29partagent à la sortie.
17:30Ça a été le problème des maths ?
17:31Ça a été le problème des maths.
17:33Les maths qui,
17:34techniquement,
17:34avaient été supprimées
17:36du tronc commun,
17:37estimant que seuls
17:38ceux qui choisissaient
17:38la spécialité maths
17:40avaient à continuer les maths,
17:41au point qu'on s'est rendu compte
17:42qu'il y avait un certain nombre
17:43de lycéens qui n'avaient plus
17:44du tout de maths.
17:45Les maths sont vecteurs
17:46d'inégalité sociale
17:47et d'inégalité genrée.
17:49Et d'inégalité genrée.
17:50Et finalement,
17:51sur ce point au moins,
17:52il y a eu marche arrière
17:54et ils ont remis des maths
17:55un peu,
17:56un petit peu,
17:57avec une épreuve anticipée,
17:59notamment à la fin de la première.
18:00Aller vers l'individualisation
18:02des enseignements,
18:03c'est tout ce qu'il ne faut pas
18:04pour l'école de la République.
18:05Avez-vous le sentiment
18:06d'être entendu ?
18:06Avez-vous le sentiment
18:07qu'enfin,
18:09vous êtes entendu ?
18:10Oui, je pense que sinon,
18:11on ne serait pas devant vous
18:12aujourd'hui,
18:12Madame de Malherbe.
18:12Je crois que médiatiquement,
18:15peut-être institutionnellement,
18:17on est écouté.
18:20Maintenant,
18:20il faut un passage à l'acte
18:22de la part des institutions.
18:23Allez-vous poursuivre
18:24les mobilisations ?
18:25Bien sûr,
18:25il le faut,
18:26dans tous les cas.
18:26Tous les deux,
18:27vous êtes d'accord là-dessus ?
18:27Il faut poursuivre les mobilisations
18:29unanimement ?
18:30Sur le gouvernement.
18:31Si demain,
18:32la mobilisation cesse,
18:33le gouvernement n'a plus de raison
18:34de répondre à nos revendications.
18:35Qu'est-ce qui pourrait
18:36vous faire retourner
18:38dans les lycées
18:38et appeler à la fin
18:39de la mobilisation ?
18:40L'ouverture de place
18:42dans les facultés,
18:43l'abrogation de parcours sup,
18:45ou ce travail
18:46sur les rythmes scolaires.
18:47Il y a également
18:48des revendications
18:48dont on ne parle pas trop,
18:49mais qui sont,
18:50si je puis dire,
18:51sous-jacentes dans les mouvements.
18:53Il y a eu l'interdiction
18:53du téléphone portable
18:54qui a été mise en place
18:57à partir de cette rentrée.
18:59Et elle est insupportable
19:00parce qu'elle infantilise
19:01des enfants,
19:02des enfants qui,
19:03des enfants, pardon,
19:04des lycéennes et des lycéens.
19:06C'est vous qui dites,
19:07moi je ne le dis.
19:07pour des enfants.
19:09Et pourtant,
19:10on leur demande
19:10d'être constamment
19:12sur leur téléphone,
19:12vous l'avez dit,
19:13avec Pronote,
19:15cette technologie qui...
19:17Oui, en fait,
19:17c'est paradoxal.
19:18C'est tout à fait paradoxal.
19:19On vous donne
19:19des injonctions contradictoires.
19:20Vous êtes d'accord
19:21avec ça, Nathalie Combarie ?
19:22Qu'est-ce qui vous,
19:22vous ferait retourner
19:24dans les lycées
19:25et dire,
19:25on arrête la mobilisation ?
19:26L'interdiction du téléphone portable,
19:27par exemple,
19:28en effet,
19:28c'est un sujet qui est indéniable.
19:29Aujourd'hui,
19:30on nous demande
19:30d'être tout le temps
19:30de plus en plus présents
19:31sur nos téléphones.
19:32l'ensemble de nos outils
19:35scolaires
19:35sont sur nos téléphones.
19:37Vous pensez que
19:37si on ne vous les interdisait pas,
19:39on pourrait,
19:40au fond,
19:40vous faire confiance
19:41en disant,
19:42voilà,
19:42vous ne les utilisez pas
19:43pendant les heures de cours
19:45et vous préféreriez
19:47qu'on vous donne à vous
19:48la responsabilité
19:49de votre propre maîtrise.
19:50Mais évidemment,
19:51on nous demande même
19:51en ce moment
19:52d'avoir moins de manuels
19:53dans nos sacs de cours
19:54pour justement
19:55avoir tout numériquement.
19:56C'est évidemment important.
19:58Après,
19:58il y a évidemment
19:59d'autres sujets
19:59sur lesquels nous,
20:00on aimerait avoir
20:00des résultats concrets.
20:01Le bâtis scolaire,
20:02par exemple.
20:02Il y a eu des dégradations hier.
20:04Je voudrais quand même un mot
20:04parce qu'on n'a pas parlé
20:05là de ces violences.
20:07Il y en a eu hier.
20:08Notamment,
20:08il y a eu des violences
20:09de la part des policiers,
20:11un coup de genou notamment
20:12avec cette vidéo
20:13qui a énormément circulé.
20:14Il y a,
20:15on le sait,
20:15plus de 20 désormais
20:18enquêtes de l'IGPN.
20:19Et puis,
20:19il y a les violences
20:20qui sont commises
20:21par les manifestants.
20:22Dégradation et pillage
20:23notamment dans un lycée
20:25près de Bordeaux.
20:26Alors que des élèves
20:28et des professeurs
20:28se trouvaient à l'intérieur,
20:30comment vous vivez
20:30ce moment-là ?
20:31Qu'est-ce que vous dites
20:32aux jeunes qui vous écoutent
20:34et vis-à-vis de qui
20:35vous avez aussi
20:35une part de responsabilité,
20:37votre parole étant très légitime ?
20:39Déjà,
20:39je crois que les lycéennes
20:40et les lycéens savent
20:41qu'il ne faut pas dégrader.
20:44Ils ne sont pas naïfs,
20:45ils savent très bien
20:46que ça ne va pas
20:48servir la cause.
20:48Mais alors pourquoi
20:49l'ont-ils fait hier ?
20:49Parce qu'il y a une colère
20:52et que les dégradations
20:54sont inacceptables.
20:55Ce que je veux dire,
20:56c'est également parler
20:57des violences policières
20:58et on l'a vu depuis quelques jours,
21:00on a des charges
21:01qui sont faites
21:03alors qu'il n'y a pas
21:03de problème.
21:05On a des cas
21:06où les policiers
21:08s'en prennent
21:08aux lycéennes
21:09et aux lycéens
21:09qui bloquent leur lycée
21:10alors qu'ils ne font rien.
21:12Enfin moi,
21:13j'ai un certain nombre
21:14d'amis qui me disent
21:16que devant leur établissement
21:18où c'était bloqué,
21:19ils y sont allés
21:20et elle n'était même pas
21:22en train de bloquer
21:23l'ami dont je parle.
21:24Elle s'est faite courser
21:26par la police,
21:27gazée
21:28et c'est vraiment
21:29des cas qui sont très concrets.
21:30Un dernier mot,
21:31Nathanael Combary,
21:32Louis Lettout Blanc,
21:33certains appellent
21:33à se manifester à fond
21:35mardi prochain
21:36jusqu'à aller à Matignon.
21:38Il y a des appels
21:38allons vers Matignon.
21:40Est-ce que vous estimez
21:41que ce sont des appels
21:41qui doivent être entendus
21:43ou pas du tout ?
21:43Ce qu'il faut faire
21:44et ce qu'il faudrait dire
21:45à tous les lycéens
21:46qui nous écoutent
21:47ou qui nous regardent,
21:48c'est d'être responsable.
21:49Vous savez,
21:49moi je pense qu'aujourd'hui
21:50il y a deux mouvements
21:50bien distincts,
21:51un mouvement lycéen,
21:52un mouvement de violence urbaine
21:53qui desserre complètement
21:54nos revendications
21:55et notre mouvement.
21:56J'appelle en fait
21:57tous les lycéens
21:58moi aujourd'hui
21:58à être responsable,
21:59à porter des revendications claires
22:00sans tomber dans une violence
22:01qui nous desserre.
22:02Sur Matignon,
22:03moi je crois que
22:04aller à Matignon
22:05dans le cadre des manifestations,
22:06bon,
22:07ça peut poser des risques.
22:09Il faut être clair là-dessus
22:10que ça nous rappelle
22:11des épisodes...
22:13Les gilets jaunes ?
22:14Oui.
22:15Et que c'est pas forcément...
22:19C'est pas la tournure
22:19que vous voulez donner
22:20à ce mouvement ?
22:21Pas forcément.
22:21Par contre,
22:22je crois effectivement
22:22que le Premier ministre,
22:24s'il veut...
22:25Doit nous recevoir.
22:26Il doit nous recevoir,
22:27s'il veut donner
22:28également une suite au mouvement
22:29parce qu'on l'a vu avant-hier,
22:31c'est le Premier ministre
22:31qui s'est exprimé.
22:33Mais c'est pas lui
22:33qui vous a reçu.
22:34C'est pas lui
22:35qui nous a reçu
22:35et il contraint
22:36le ministre de l'Éducation nationale.
22:38Merci beaucoup.
22:39Nathanael Combary,
22:40Renouveau lycéen,
22:41Louis Letoublon,
22:41lycéen,
22:42point d'exclamation.
22:42Merci à tous les deux
22:43d'avoir accepté
22:44de répondre à mes questions.
22:45Et...
22:45– Sous-titrage FR 2021

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