Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Edith nous appelle depuis la Gironde. Bonjour Edith.
00:03Bonjour.
00:04Merci de nous appeler.
00:06Vous avez un mari qui travaille dans un établissement scolaire, professionnel.
00:10Alors je vais essayer d'être le plus fidèle possible du récit qu'il m'a fait de sa journée
00:16d'hier.
00:16Il est enseignant au lycée des Iris de Lormand où hier il y a eu énormément de violence
00:22qui lorsqu'on zappe sur toutes les chaînes a l'air de transparaître mais beaucoup moins que la réalité.
00:29Donc en fait pour expliquer la mécanique, et je l'ai beaucoup écouté, c'est un homme fiable, c'est
00:33un homme discret,
00:34c'est pour ça qu'il ne vous appellera pas, le matin la police était là.
00:39Le matin la police est là pour s'assurer que la rentrée se passe bien et ça s'est bien
00:42passé.
00:43Hier était une journée de grève, il y avait peu d'enseignants et peu d'élèves dans l'établissement.
00:48Et heureusement, un peu après 9h30, autour de 10h, lui était en cours avec les quelques élèves qu'il avait
00:54ainsi que trois autres de ses collègues et monsieur le proviseur qui était sur place.
00:59Et ils ont commencé à entendre des grands coups violents portés contre les portes.
01:03Donc ils sont sortis et là ils ont compris, il y avait environ 25 casseurs, cagoulés, masqués.
01:13On ne peut pas dire s'il y avait ou pas des élèves au milieu d'eux.
01:15Moi je vous répète fidèlement, parce que je vais aux nouvelles régulièrement,
01:19parce que je suis très inquiète quand mon mari rentre tard ou rentre très tôt parce qu'il n'a
01:24pas pu faire cours.
01:25Et donc ils ont été d'une très grande violence.
01:29Ils agissaient surtout sur les vitres, sur les bureaux.
01:32Ils ont commencé à mettre le feu dans deux salles.
01:36Donc mon mari et ses trois collègues ont réussi à les mettre en fuite.
01:42Après vraiment, ça a été très très très dangereux pour eux, parce qu'ils avaient des grandes barres de fer.
01:48Ils avaient des poteaux indicateurs sur lesquels on fixe les plaques d'indication des rues.
01:54Voilà, il y avait des poteaux de cette taille-là.
01:56Et donc vraiment, ils ont eu peur.
01:58Ils ont d'abord fait partir leurs élèves.
02:00Il y a des élèves qui sont partis sans leur sac, en pleurs, des jeunes filles.
02:05Il faut savoir que c'est un établissement vraiment qui est à la disposition,
02:10qui est vraiment dévoué aux enfants.
02:13C'est un établissement professionnel.
02:15Donc les professeurs sont très dévoués.
02:17Ils font beaucoup pour leurs élèves.
02:18Il ne manque pas de grand-chose, à part peut-être la climatisation,
02:22qui sera un grand débat par la suite, parce que beaucoup n'en veulent pas.
02:25Mais c'est vrai que l'été, c'est extrêmement difficile, comme dans tous les établissements.
02:29Mais ce sont des professeurs dévoués qui aident beaucoup leurs élèves,
02:33qui les tirent vers le haut.
02:34Et d'ailleurs, comment dire, vraiment hier, la peur a été d'abord pour les élèves qui étaient là.
02:41Et ensuite, oui, voir le matériel, matériel précieux.
02:46Ils ont cassé la moitié des ordinateurs, c'est pas la vérité.
02:50Ils en ont emporté la moitié, parce que tout n'a pas été perdu.
02:54Ils ont cassé des vélos.
02:56Et ce matin, comment va votre mari ?
02:59Alors, il n'a pas cours le vendredi.
03:01C'est le seul jour où il n'a pas cours.
03:02Il n'a pas dormi cette nuit.
03:04C'est un homme solide.
03:05C'est un homme vraiment solide.
03:07Et vraiment dévoué son établissement, dévoué son proviseur qui était là,
03:11qui les a soutenus.
03:12Mais il n'y avait plus que 4 renseignants face à ces 25 casseurs d'une violence extrême.
03:19C'est la première fois, et ça fait 20 ans qu'il est dans cet établissement,
03:22que je le vois rentrer dans cet état-là.
03:25Et vraiment.
03:26Et pourtant, je vous dis, c'est quelqu'un de solide.
03:28Et le chef de cet établissement, il était où ?
03:31Il était avec eux.
03:33C'est un monsieur extraordinaire aussi.
03:36Moi, je voudrais peut-être les dires de mon époux,
03:38qui a beaucoup d'admiration et de respect pour lui.
03:40C'est un homme efficace.
03:43Et vraiment, d'ailleurs, il est passé sur les ondes.
03:47Mais après, 4, 5, face à une horde de 25 à 30 types de cette violence.
03:53C'est insupportable.
03:54C'était vraiment...
03:56Vous voyez, rien que de vous en parler,
03:58j'ai à nouveau l'attention qui monte.
03:59J'imagine.
04:01Voilà.
04:01Et on se demande, qu'est-ce qui va se passer la semaine prochaine ?
04:05Moi, j'ai peur pour les élèves.
04:06Et on ne peut pas dire que ces garçons-là ont voulu se défendre des policiers.
04:11Les policiers étaient partis.
04:13Ils ont été rappelés.
04:14Ils ont mis 30 minutes à revenir.
04:16Et bien évidemment, les casseurs étaient en fuite.
04:19Et si mon mari et ses collègues n'avaient pas commencé à éteindre les incendies dans les salles,
04:25eh bien, ce matin, il n'y aurait plus de lycée des Iris.
04:28Les pompiers sont arrivés.
04:29Mais il y avait un moment que eux avaient commencé à se battre.
04:32Et M. le proviseur leur a dit, non, là, maintenant, vous ne pouvez plus rien faire.
04:36Et les pompiers sont arrivés.
04:37Mais on est passé vraiment près d'un grand drame hier.
04:40Voilà.
04:41Et heureusement que c'était un jour de grève,
04:43parce qu'il y aurait eu beaucoup plus d'élèves.
04:45Écoutez, Edith, merci déjà de nous avoir appelés au 01 80 20 39 21.
04:50Merci d'avoir porté la parole de votre mari,
04:53qui certes est discret et qui ne souhaite pas s'exprimer.
04:56Mais en revanche, s'il souhaite avoir un échange avec nous,
04:59et si pour nous donner sa version des faits,
05:03le studio et le standard européen lui sera toujours ouvert.
05:07Et qu'il n'hésite pas une seule seconde, s'il le souhaite, un peu plus tard.
05:11Peut-être, parce que là, c'est...
05:12Un homme, ça fait combien de temps qu'il est dans ce lycée, chère Edith ?
05:15Dans ce lycée, ça fait exactement 20 ans.
05:1820 ans.
05:18Et c'est la première fois que ça arrive ?
05:21Même au moment des tensions après la loi CPE,
05:24il n'y avait jamais eu de dégradation dans son lycée ?
05:27Non, il n'y a jamais eu ça.
05:29La semaine dernière, il y a eu, comme a dit Mme Broca,
05:32des départs de feu à l'entrée de l'établissement.
05:35La police était là, les pompiers sont arrivés,
05:37et c'est rentré dans l'ordre.
05:38Là, ils sont rentrés dans l'établissement pendant les cours.
05:42C'est terrifiant.
05:43Et les lycéens devaient être là aussi traumatisés.
05:49Parce qu'on est face à des professionnels de la casse,
05:52là, on est face à des délinquants, des criminels.
05:54Voilà.
05:54Ce sont des gens qui viennent que pour ça.
05:57Ils ne viennent rien demander.
05:58Et d'ailleurs, dans cet établissement, j'ai questionné mon mari,
06:00ils n'ont pas de problème de remplacement d'enseignants.
06:03Ils ne manquent pas d'enseignants.
06:05Ils avaient du très beau matériel,
06:08production graphique, production imprimée.
06:10Là, vous avez vu les images, il n'y a plus rien.
06:12La semaine prochaine, je ne sais pas comment ils vont travailler.
06:14J'espère qu'il y a la vidéosurveillance
06:17qui va permettre de retrouver très rapidement
06:20ces sauvages qui ont saccagé l'établissement.
06:24Ils ont eux-mêmes, vous le savez, pardon, je vous coupe,
06:26ils ont eux-mêmes, dans les premières minutes,
06:28publié leurs propres vidéos.
06:29Je sais, je sais, bien sûr.
06:31Donc, il y en a beaucoup qui sont avisagés.
06:33Eh bien, écoutez, qu'ils payent.
06:34Qu'ils payent très cher.
06:35Qu'ils payent très cher.
06:36Et s'ils doivent payer toute leur vie les dégradations,
06:38qu'ils payent toute leur vie les dégâts causés par...
06:41et qui s'en sont pris à cet établissement.

Recommandations