- il y a 1 semaine
Pour le lancement de cette huitième saison, Michaël Jeremiasz est notre invité ! Auteur d'un nouvel ouvrage aux éditions Alisio, « De la révolution à l'oubli : après la flamme, la promesse trahie », le chef de mission de la délégation paralympique de Paris 2024 dresse un constat amer sur la situation du parasport en France, ainsi que sur les conditions de vie des personnes porteuses de handicap.
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SportTranscription
00:09Générique
00:20Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, soyez les bienvenus pour ce nouveau numéro de Avomarck sur Sport en France.
00:26Je suis très heureux de vous retrouver pour cette nouvelle saison de ce rendez-vous dédié au Parasport, à tous
00:31les Parasports.
00:33Et pour cette nouvelle saison, huitième saison déjà, on avait envie de vous gâter un petit peu avec un invité.
00:38Allez, je vais vous le présenter, vous allez le nommer.
00:41Il est champion paralympique de tennis fauteuil, bien sûr, ancien numéro un mondial.
00:46Il a été porte-drapeau de la délégation paralympique à Rio 2016 et chef de mission de la délégation française
00:55aux Jeux paralympiques de Paris 2024.
00:58Il s'agit bien sûr de monsieur Michael Jeremias.
01:01Michael, bienvenue.
01:02Merci, ça va ?
01:03Merci de nous faire le plaisir d'accepter l'invitation sur le plateau.
01:08Ça nous fait super plaisir et notamment, on te reçoit à une occasion, l'occasion d'un bilan que tu
01:13dresses dans ton nouveau livre que tu as publié, c'est en septembre, c'est ça ?
01:18C'est ça, le 10 septembre dernier.
01:19Exactement, donc qui est titré, un titre assez marqué, de la révolution à l'oubli, après la flamme, la promesse
01:28trahie, le voici, on fait ça bien.
01:31C'est parfait.
01:32Voilà, qui a été donc publié aux éditions Alizio en septembre 2026.
01:40Michael, première question, comment vas-tu ?
01:42Ça va.
01:42Comment ça va après tout ça, après cette période justement qui se lance pour toi ?
01:49Une promo, ce n'est pas non plus rien à gérer, tu portes un message assez fort ?
01:54Non, non, la promo se passe bien parce que le livre parle à tout le monde, il raconte les coulisses
02:00des Jeux de Paris 2024.
02:01On a connu un été assez extraordinaire, on a réussi, je pense, et selon tous les observateurs français et étrangers,
02:09a organisé les plus grands Jeux olympiques et surtout paralympiques de l'histoire.
02:14Mais c'était important que le grand public comprenne ce que ça a coûté, pas financièrement, mais ce que ça
02:19a coûté pour arriver à un tel résultat,
02:20ce que ça a impliqué, de discussions, d'acculturation, de débats, d'opposition, et puis surtout de ce qui ne
02:26s'est plus jamais passé dès le lendemain,
02:28mais vraiment le lendemain, pas une semaine après, dès le lendemain des Jeux.
02:31Justement, on va y revenir.
02:33Quand il s'agit des Jeux, notamment des Jeux paralympiques, il y a deux mots qui reviennent très souvent, bilan
02:38et héritage.
02:39Je ne sais pas toi, moi les deux, je les ai beaucoup entendus, parfois un peu trop et parfois un
02:43peu galvaudés,
02:44si on va dans le vif du sujet.
02:47Qu'est-ce que toi, tu dresses aujourd'hui ?
02:49Alors, pareil, introduction, relativement peu de temps.
02:52Qu'est-ce que tu dresses comme sentiment, comme bilan à deux ans des Jeux, justement ?
02:58Au moment des Jeux, quand les Jeux se terminent, ce sont des Jeux qui ont été extrêmement populaires.
03:02On a eu des records d'audience, on a eu des records de fréquentation.
03:04Je pense qu'on a suscité un vrai intérêt pour le grand public, de curiosité, d'émotions partagées.
03:13Donc ça, c'est un bilan positif.
03:14On a aussi suscité des vocations, des jeunes qui ont voulu s'inscrire.
03:18Il y a eu une augmentation, comme après chaque Jeux d'ailleurs, de nombre de pratiquants.
03:22Sauf que s'il n'y a pas de politique publique forte et engagée,
03:25ce qui n'a évidemment pas le cas au lendemain des Jeux,
03:27si les médias se désengagent et ne parlent plus de ces athlètes-là et globalement de handicap et de sport
03:33dans la société,
03:34et que le monde aussi économique, les partenaires privés qu'on fait pour un certain nombre du handiwashing,
03:39se désengagent, en fait, on aura suscité une émotion.
03:42C'est super.
03:43On aura peut-être ouvert les chakras de quelques personnes,
03:45mais ça n'a aucun impact positif sur le parasport, sur les athlètes paralympiques,
03:51et plus globalement sur les personnes handicapées,
03:52puisque c'est quand même ça, moi, mon combat et la raison de mon engagement il y a huit ans
03:55au sein du cojo.
03:56C'est que j'ai la conviction profonde que ces Jeux avaient le pouvoir d'accélérer, justement,
04:02cette transformation nécessaire de l'accès aux droits des personnes handicapées,
04:05d'une citoyenneté pleine et entière qui n'existe toujours pas pour des millions de personnes.
04:07Donc, grosse vague pour toi sur le moment, et petit soufflé, quelques temps plus tard ?
04:12C'est marrant parce qu'il y a des gens qui me...
04:14C'est facile après, qui me disent au matin, ils croient quoi Jérémyaise ?
04:17Quel naïf ! Je suis naïf de rien du tout.
04:19Quand vous travaillez au quotidien avec les décideurs de ce monde,
04:22que ce soit François Hollande qui a soutenu la candidature,
04:26puis ensuite Emmanuel Macron qui ensuite...
04:28Oui, c'est de longue date, hein, les...
04:30Oui, mais c'est le point de départ.
04:31C'est le point de départ des Jeux.
04:32Bien sûr, c'est les dossiers qui remontent.
04:33La candidature, c'est en 2015.
04:34À cette époque-là, François Hollande est toujours président.
04:36C'est François Hollande qui va aux Jeux de Rio, aux Jeux olympiques en 2016,
04:39où moi je l'accompagne avec Teddy Rainer,
04:41qui lui est pour le drapeau olympique et moi par olympique,
04:43pour faire stride-looping auprès du CEO pour avoir les Jeux.
04:45Et Emmanuel Macron hérite, au moment où il devient président,
04:48des Jeux à la maison et puis ensuite va le soutenir,
04:51l'accompagner et le porter avec nous.
04:52Donc quand vous avez des présidents, quand vous avez des premiers ministres,
04:55des gouvernements, des grands patrons du CAC 40,
05:00que vous avez les patrons des plus gros groupes médias
05:03et que tout le monde, pendant ces années-là, vous écoute,
05:05vous les challengez, vous les bousculez, vous dites
05:07on a compris, on a une vision maintenant, tu vas voir, ça va changer.
05:11Ce n'est pas des promesses juste pour me faire plaisir.
05:12– C'est ce qu'on a envie d'entendre et ce qu'on a besoin d'entendre.
05:14– Alors oui, c'est sûr.
05:15– On a besoin, nous, que ça se passe.
05:17– Sauf que moi, ça fait 26 ans que je suis en feteur roulant
05:19et ça fait 26 ans, globalement, que je suis un militant de la cause.
05:23Et donc il n'y a pas de fausse naïveté.
05:24Je sais ce qui est de l'ordre d'une promesse,
05:29évidemment, et qui ne sera pas tenue.
05:30Mais je sais aussi, et j'ai voulu croire, et je l'assume complètement,
05:33qu'il était quand même en train de se passer quelque chose.
05:34Mais pas juste pour ceux qui ont débarqué à l'été 2024.
05:37Moi, j'ai été au cœur de tous ces combats et de toutes ces discussions
05:39depuis le début et bien avant même qu'on soit candidat à nouveau pour Paris 2024.
05:43Donc on a vu aussi de l'intérieur ce qui se passait.
05:46Sauf du jour au lendemain, il n'y a plus rien.
05:47– Et les Jeux de Paris qui avaient déjà leur spécificité,
05:51leur façon bien particulière de présenter même leur candidature.
05:56Il y avait quelque chose, une vraie unité en fait, dans le tour.
05:58On ne parle pas très bien dans ton livre.
05:59– Et autour de, c'était très symbolique au départ,
06:02mais sur justement le symbole, sur le narratif qu'on voulait faire
06:06et sur la manière aussi dont les équipes de Tony Estanguier
06:09ont décidé de raconter et de vendre aussi les Jeux Paralympiques.
06:13Donc de ce point de vue-là, c'est un succès.
06:15Et d'ailleurs, dans le livre, je raconte de manière critique
06:17tout ce qu'il a fallu faire, mais le résultat est génial.
06:19Et un énorme bravo à toutes les équipes qui ont délivré ces Jeux-là.
06:24Mais sauf qu'encore une fois, on parle de quoi ?
06:26On parle d'un événement qui a mobilisé pendant 8 ans
06:28plus de 40 000 bénévoles, 4 000 salariés,
06:31toutes nos institutions et X milliards plus tard.
06:34Si le résultat, c'est d'avoir passé un été formidable
06:36et que globalement, on avait envie de faire un peu plus de sport
06:38les mois qui suivaient, en fait, ça ne sert pas à grand-chose.
06:41Et donc, pour moi, la direction de l'héritage
06:43qu'avait pris Marie-Barsec depuis le début, avait cette ambition-là.
06:47Ce n'est pas de sa faute, et ce n'est pas de la faute d'ailleurs du cojo.
06:49C'est qu'encore une fois, si la société n'a pas compris
06:52à quoi servait le sport,
06:53si on n'est pas capable de donner cette noblesse au sport,
06:57c'est-à-dire créer du lien social, des enjeux de santé publique,
07:00des enjeux d'autonomie, de confiance en soi,
07:02ce sont des vies sauvées, la pratique du sport.
07:04C'est le fameux chiffre, mais qui n'est pas juste un chiffre.
07:07Un euro d'investir dans le sport, 13 euros d'économiser,
07:09notamment en termes de dépenses publiques,
07:10liés à la sédentarité, l'inactivité.
07:12Bon, bref, on sait tout ça.
07:13Donc, moi, que plus jamais on me dise qu'on est une nation de sport.
07:16Jamais.
07:17Savoir organiser des compétitions sportives, ça, on sait faire.
07:19Avoir des grands champions, parce que, comme dans tout pays
07:21qui a un peu d'argent, il y a des champions qui émergent, ça, on sait faire.
07:23Mais on fait partie de ces pays qui n'ont toujours pas compris
07:26à quoi servait le sport dans nos sociétés.
07:28Si tu enlèves le sport et la culture, il n'y a plus de société.
07:31Et donc, aujourd'hui, moi, j'en veux énormément
07:33à celles et ceux qui, justement, ne sont pas cons.
07:36Je pense qu'on est président de la République,
07:37quand on est un patron d'une grande entreprise,
07:40quand on gère des grands groupes médias.
07:42C'est des gens qui, en tout cas, intellectuellement parlant,
07:44en termes de QI, sont capables de comprendre.
07:46Donc, ce n'est pas un problème de bêtises.
07:48Donc, c'est quoi ? C'est quoi le problème de fond ?
07:50Compréhension, la vue d'ensemble, peut-être ?
07:52Un problème de vue d'ensemble, une vision très court-termiste
07:54et quand même, je pense, une gêne viscérale, culturelle, historique
07:58du rapport qu'on a à l'autre, et notamment à l'autre
08:00qui est en situation de handicap.
08:01Pour justement comprendre cette partie-là,
08:03est-ce que tu veux bien nous parler, revenir un petit peu sur toi,
08:06sur ta personne, et donner un petit peu à celles et ceux
08:09qui nous regardent aujourd'hui, une idée de ce que sont tes journées ?
08:12Une journée type de Mickaël Jérémias, c'est quoi ?
08:14Je ne sais pas si je suis le meilleur exemple, moi,
08:16pour illustrer tout ce que je raconte.
08:17Moi, je suis un privilégié au sein de cette minorité
08:20à laquelle j'appartiens et que je n'ai pas choisi.
08:22Moi, j'ai deux vies. J'ai ma vie de mari et de papa.
08:25Moi, j'habite en Angleterre depuis huit ans.
08:26Ma femme est anglaise, donc on n'a vécu neuf ans à Paris.
08:29Après la fin de marquer un sportif, elle m'a dit
08:30« Bon, c'est à ton tour de venir chez moi. »
08:32Donc, on s'est installés à Londres.
08:34Il me reste un an, ensuite, on redistribue les cartes.
08:36On verra ce que nous dit l'avenir.
08:38Quand je suis là-bas, moi, je vis 24 heures sur 24 avec eux.
08:40C'est-à-dire qu'on se réveille le matin avec les enfants,
08:42j'emmène les enfants à l'école.
08:43Je vais ensuite faire du sport, quasiment tous les jours,
08:46mais pas du sport performance, du sport santé,
08:48parce que je vieillis.
08:49On parle beaucoup du bien-vieillir pour les personnes valides
08:51à partir de 55-60 ans.
08:53Le bien-vieillir, il commence le jour de l'accident
08:55ou alors de la naissance quand on a une pathologie.
08:59Et donc, on vieillit plus vite et plus difficilement.
09:02On n'est pas fait pour passer toute une vie assis
09:03et à se déplacer à la force de ses bras.
09:05Donc, j'ai des problèmes de santé liés à ça.
09:07J'ai des problèmes de hanche depuis des années,
09:08des opérations à répétition.
09:09Que les gens ne peuvent pas imaginer au quotidien.
09:11Et c'est vrai pour toi, comme pour plusieurs profils,
09:14voire quasi tous les profils de personnes en situation de handicap.
09:17Oui, parce que pour nous, ça arrive plus tôt.
09:18Des protégeants de 45 ans,
09:19quatrième reprise de protégeants, ce n'est pas commun.
09:22Toujours des choses qu'on ne voit pas, effectivement.
09:23Je me fais opérer bientôt de l'épaule,
09:25de la coiffe des rotateurs.
09:26Donc, j'ai trois mois d'immobilisation.
09:27Donc, ma réalité, c'est qu'aujourd'hui, je fais du sport santé.
09:30Je ne pensais pas faire ça si tôt,
09:31alors qu'il y a encore deux ans,
09:32je faisais le marathon pour tous,
09:33en fauteuil de ville, sans entraînement
09:36et au la main, d'une certaine manière.
09:38Donc, j'ai toujours des capacités physiques et musculaires
09:40d'un ancien sportif qui s'entretient,
09:42mais avec cette vulnérabilité-là.
09:44Par contre, quand je viens à Paris,
09:45puisque je bosse à Paris, je vais vivre entre Londres et Paris,
09:47à chaque fois que je viens, je suis confronté,
09:49et je dis bien à chaque fois que je viens à Paris,
09:51parce que je ne vis pas du tout ça en Angleterre,
09:52à des discriminations ordinaires, quotidiennes.
09:54Des regards que je ne ressens plus
09:56et que je ne vois pas en Angleterre,
09:57mais que je comporte encore sur moi aujourd'hui
09:59les mêmes que j'avais.
10:00Ces regards remplis de compassion,
10:02de pitié excessive, des fois de gêne.
10:04J'étais à la gare l'autre fois,
10:06et quelqu'un qui passe, j'étais assis sur un siège,
10:07je vois mon fauteuil et fixe mon fauteuil,
10:10mais d'une manière où je me dis,
10:11mais en fait, qu'est-ce qui se passe, madame, à ce moment-là ?
10:13Pourquoi vous regardez mon fauteuil de cette manière-là ?
10:15Que vous regardiez le fauteuil,
10:16parce que vous n'avez pas vu peut-être 50 ces derniers temps,
10:19regardez-le, vous allez avoir jeté un petit coup d'œil,
10:21mais là, vous êtes vachement insistante.
10:22C'est quand même vachement gênant, la manière dont vous le regardez.
10:24Oui, ou à la limite, posez la question.
10:25Dites ce que vous avez, enfin, suscité les chambres.
10:28En tout cas, ça pourrait.
10:29Je vais essayer quoi ?
10:36Normal, en tout cas, que tu ne retrouves pas ailleurs, nécessairement.
10:39En tout cas, que je ne retrouve pas en Angleterre,
10:40pour comparer en tout cas, Londres et Paris.
10:42La réalité, c'est que ce sont des discriminations quasiment systématiques
10:45quand j'arrive à la Gare du Nord et que je dois prendre un taxi.
10:47Tu arrives en Angleterre, tu fais la queue comme tout le monde,
10:50mais le taxi te prend,
10:51parce que 100% des taxis ont des rampes intégrées,
10:53c'est une obligation légale.
10:54Donc, de fait, on ne te discrimine pas.
10:55Tous les taxis, pour le coup.
10:56Tous les Black Cab, les fameux taxis noirs légendaires.
10:59Quand tu arrives à la Gare du Nord, tu es prioritaire,
11:01tu ne fais pas la queue,
11:02et le taxi, il te fait bien comprendre.
11:03Tu tombes sur un taxi qui a un macaron,
11:06qui a ce truc-là.
11:07Alors, en plus, il y a...
11:08Il a un macaron, il a une rampe intégrée.
11:09Il y a tout ce qu'il faut.
11:10Il a fait du lobbying pour qu'on ait beaucoup plus de taxis adaptés.
11:13Et donc, il y a un côté en plus, genre, ne me fais pas ça à moi, frérot.
11:16C'est quand même moi, en plus, qui me suis battu pour que tu aies ce truc comme ça.
11:19Et bref, il passe devant moi, il ralentit.
11:21Donc, il a passé déjà toute la file et il ne veut pas me prendre.
11:23Donc là, moi, je dis au doigt au mec de la régulation.
11:26Non, je ne peux pas croire à une seconde qu'il ne va pas me prendre.
11:28Alors qu'en plus, il a un taxi adapté.
11:30Le mec qui me regarde me fait, non, non, je préfère prendre des groupes.
11:33Et ça arrête de m'être plus loin.
11:35Assume complètement face à moi.
11:36Donc là, on s'embrouille verbalement.
11:37Et puis, il attend de prendre des touristes pour sûrement essayer de les escroquer.
11:40Parce que je ne vois pas la différence entre prendre une ou trois personnes.
11:43Vu qu'aujourd'hui, à part, je crois, si tu as cinq passagers
11:46et à partir de la cinquième valise,
11:48il n'y a pas de majoration de prix.
11:50Donc, en plus, ça n'a aucun sens.
11:51Je suis plus rapide à rentrer dans un taxi que quatre passagers avec des valises.
11:54Oui, mais ça, il ne se le dit pas une seule seconde.
11:57Enfin, sur le coup.
11:57Non, mais donc, bref, à ce moment-là, il n'a pas de cul.
11:59C'est comme quand ça t'arrive à toi
12:00ou à des personnes qui sont plutôt connectées, identifiées.
12:03Et ça arrive, hélas.
12:04Là, ça arrive.
12:05Et donc, moi, je fais une photo, je fais une story sur Instagram,
12:08un post sur Twitter, etc.
12:09Et au-delà de ça, c'est strictement interdit.
12:11On le rappelle.
12:12C'est pour ça que je le fais.
12:13C'est pas plus moi...
12:13Tout à fait interdit de refuser.
12:15C'est un motif de discrimination.
12:17Mais refuser, enfin, un métier de service comme ça,
12:19un taxi qui refuse quelqu'un pour sa couleur de peau,
12:21son relation sexuelle, sa condition, son genre et tout.
12:23Son fauteuil ou son chien guide aussi.
12:25Ça rentre pareil.
12:26Évidemment.
12:26Chien guide, tous les lieux publics, quels qu'ils soient,
12:29on le rappelle, supermarché compris.
12:31Et donc, pour le coup, moi, je porte plainte directement.
12:35Mais sauf que pour toi, pour moi, c'est facile de porter plainte.
12:37En réalité, moi, je fais une story.
12:38Je reçois un coup de fil dans la foulée.
12:40Le préfet, commission de répression des fraudes chez les taxis et compagnie.
12:44Je porte plainte.
12:45Donc là, il est convoqué une semaine plus tard.
12:47Je crois que ça se fait en 15 jours.
12:48Il a été sanctionné 40 jours de retrait de sa licence professionnelle.
12:51Par contre, j'ai porté plainte au pénal.
12:52Oui, au pénal, par contre, malheureusement.
12:54Il y a quelques jours, je n'y suis pas allé parce que je n'ai pas obligé d'être
12:57allé.
12:58Et là, ils m'ont dit qu'il y a eu une audience
13:00et que ça n'a pas été requalifié en discrimination pour le handicap.
13:05Les transports, on l'a largement évoqué.
13:09Il y aurait beaucoup plus à dire.
13:10Il y a d'autres sujets, notamment début octobre.
13:14Je vais dire fin septembre.
13:15Non, début octobre.
13:15On a les sujets, notamment de la colère lycéenne, de l'éducation, de l'emploi.
13:20Tous ces sujets touchent très intimement la question du handicap.
13:23Il y a des choses pour toi, parce que tu l'évoques aussi dans ton livre,
13:27il y a des choses pour toi à améliorer.
13:29C'est des sujets connexes avec ce sujet de l'héritage.
13:32On avait des espoirs là-dessus.
13:33Moi, pour moi, les priorités absolues, elles sont simples.
13:34On a une loi, la loi cadre de 2005, qui devait garantir l'accessibilité universelle
13:39et globalement une participation pleine et entière à la vie citoyenne des personnes handicapées.
13:43Aujourd'hui, cette loi, elle n'est pas appliquée.
13:45Elle n'est pas appliquée parce qu'en fait, il y a des dérogations partout,
13:48parce qu'il y a des gens qui la fraudent, il y a des gens qui ne la respectent pas.
13:50Donc aujourd'hui, l'État a une obligation, c'est-à-dire morale, légale, d'appliquer cette loi.
13:55Donc ça veut dire des gens qui sont mobilisés.
13:57Donc c'est de l'investissement, pas pour aller payer ou payer et compenser ceux qui ne le rendent pas
14:02accessible.
14:03C'est pour avoir des gens qui font leur travail.
14:05Demain, si tu dis que tu ne veux plus qu'il y ait 15 000 morts sur la route, qu
14:07'est-ce que tu fais ?
14:07Tu mets des flics partout, tu mets des caméras partout.
14:10Au-delà de l'innovation technologique qui fait que maintenant, les accidents sont moins mortels.
14:15Mais tu donnes les moyens, tu ne peux pas annoncer ça.
14:17Demain, tu annonces que tu veux rendre les établissements hors centres publics accessibles.
14:20Eh bien, tu t'assures qu'une fois que la loi est votée,
14:22eh bien qu'il y ait des gens qui vérifient qu'elle soit appliquée.
14:24Donc ça, tu dois le faire de manière systématique.
14:27Et de manière extrêmement renforcée.
14:28Pas des petites amendes, des amendes de plus en plus lourdes pour un moment,
14:31faire, comme on l'a fait dans d'autres pays,
14:33faire que si on n'a pas réussi à convaincre les gens pour des bonnes raisons,
14:35c'est-à-dire idéologiques, philosophiques,
14:37eh bien qu'on se dise, en fait, si vous ne le faites pas, vous êtes dans la merde financièrement.
14:41Et la deuxième chose, c'est qu'une fois que tu as fait ça,
14:43il y a une priorité absolue sur l'éducation nationale.
14:47C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tu as plus de 80 000 gamins chaque année qui ne sont pas
14:50scolarisés.
14:50Tu as 150 000 gamins qui sont mal scolarisés.
14:53On sait très bien pourquoi.
14:54Question d'accessibilité, question de recrutement d'AESH,
14:57de monter en compétences aussi des AESH,
14:59qui n'est pas un accompagnement jusqu'au brevet ou au mieux au bac,
15:02mais aussi dans le supérieur.
15:04Et donc, un moment d'apprendre à vivre ensemble.
15:06Parce que c'est un problème d'éducation.
15:08Si on apprend à vivre ensemble, qu'on est sur les bancs de l'école ensemble,
15:12avec toutes nos différences.
15:13Et quand je parle de handicap, moi, mon combat, il est global.
15:15Il n'est pas du tout limité à la mobilité réduite et au fauteuil roulant.
15:17Et donc, une fois qu'on fait ça, une fois qu'on fait du sport ensemble,
15:21moi, président ou ministre de l'éducation nationale,
15:23je me prépare pour celle-là parce que je n'ai pas le temps.
15:26Peut-être exclu.
15:27Dans 5 ans, dans 5 ans.
15:28On regardera les images.
15:29On en reparlera dans 5 ans.
15:30Mais c'est en gros de dire, ça n'est pas génétique.
15:33Le racisme, l'handicapophobie, l'homophobie, l'antisémitisme,
15:37ça n'est pas génétique.
15:38C'est un problème de construction.
15:39Bien sûr.
15:39Plus on apprend à vivre ensemble, en mixité,
15:42avec toute la diversité telle qu'elle existe,
15:43moins ce sera un sujet.
15:44Et donc, moi, je voudrais qu'on fasse du parasport à l'école ensemble.
15:47Comment faire comprendre à la société, à tout le monde, aux décideurs,
15:51que quand on voit un mieux, on passe juste de moins 5 à moins 3 ?
15:55C'est-à-dire que là, par exemple,
15:57on a aujourd'hui 560 000 élèves scolarisés en situation de handicap.
16:03On était à 130 000 il y a 20 ans.
16:05Oui, il y a un mieux.
16:06Mais comment faire comprendre que c'est toujours loin d'être suffisant,
16:09qu'on est encore en dessous de zéro ?
16:11Parce que ça, c'est des chiffres d'un bilan d'un président.
16:14C'est des chiffres du président de la République
16:16à la Conférence nationale de handicap, début septembre,
16:19qui raconte le bilan.
16:20Oui, il y a plus d'enfants scolarisés
16:23depuis ces 9 dernières années, au début de son mandat
16:25et pour la fin de son mandat.
16:26De quel type de handicap on parle ?
16:28On n'a pas renforcé aussi un accès à l'éducation,
16:31à des handicaps qui ont été déclarés plus récemment.
16:33Notamment, je pense, à la dyslexie, à un certain nombre de handicaps
16:37qui sont beaucoup plus faciles.
16:38Je ne dis pas que ce n'est pas un handicap.
16:39Beaucoup plus faciles à intégrer que des pathologies plus lourdes
16:42sur de l'autisme, sur du handicap psychique, sur du handicap mental
16:44ou sur des polyhandicaps.
16:46Donc, c'est aussi la qualité de l'accès à l'éducation.
16:49Oui, sachant que les AESH, les assistants, pardon,
16:51pour les élèves en situation de handicap,
16:53touchent à peu près 1030 euros par mois
16:55et ne sont évidemment pas à plein temps.
16:57Donc, on est sur un vrai sujet.
16:58On n'est pas à plein temps quand on fait ce genre de métier.
17:00Mais à l'image aussi, si on élargit un peu,
17:03au métier de la santé, aux assistants, aux infirmières,
17:07qui, eux, ont un rôle presque vital d'accompagnement
17:10et de changer de vie, qui ont des salaires misérables.
17:12Et pourtant, on était nombreux à les applaudir
17:14tous les soirs pendant le Covid.
17:16Mais on a une tendance, une vacheuse tendance à oublier.
17:18Et moi, le parallèle que je fais,
17:19alors, ce n'est pas la même chose,
17:20mais c'est ça, aux Jeux Paralympiques,
17:22on était des stars partout.
17:23Les gens faisaient la queue pour nous voir.
17:25Il y avait des dizaines de mille personnes au Club France.
17:27On faisait tous les plateaux télé, tout le monde appelait.
17:29Du jour au lendemain, vous n'êtes plus un sujet,
17:30vous redevenez le sujet périphérique que vous étiez auparavant.
17:32Vous êtes d'abord des personnes handicapées,
17:34donc globalement, on se fout un peu.
17:35Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous nous faites peur.
17:37Vous représentez tout ce qu'on ne veut pas devenir.
17:39Et on a une chance aussi,
17:40c'est que vous ne nous faites pas peur d'un point de vue politique.
17:43C'est-à-dire que vous ne vous représentez
17:44ce qu'on ne veut absolument pas être,
17:46mais vous êtes beaucoup, c'est vrai.
17:47Vous nous parlez beaucoup de vos 12 millions d'handicapés,
17:4910 millions d'aidants,
17:50et puis moi, j'aime bien rajouter les aimants,
17:51donc on parle presque d'un Français sur deux.
17:53Mais par contre, quand vous faites des manifs,
17:56vous n'en faites quasiment jamais
17:57parce que vous avez du mal à vous mobiliser.
17:59Moi, j'en ai organisé une avec le collectif handicap,
18:01avec l'APF, on était, allez, 3000,
18:03avec les organisateurs à la Place de la République
18:05la veille des 20 ans de la loi de 2005,
18:07donc qui était une contre-manifestation.
18:09Pourtant, on a fait tous les plateaux télé,
18:10donc la mobilisation est un vrai sujet.
18:12Mais demain, si on est des millions de votants
18:14et que dans l'équilibre, justement,
18:16on devient un vrai...
18:17On fait bouger les choses, un vrai facteur.
18:19Ben là, voilà, et pour moi, c'est l'enjeu de ce combat-là.
18:22L'enjeu de la révolution.
18:23Ben la révolution.
18:24En fait, il n'y a aucune minorité
18:25qui a réussi à faire sa révolution
18:28uniquement en faisant des plateaux télé,
18:30en écrivant des livres,
18:31ou en s'engageant dans les jeux, dans la rue.
18:34Le sujet dont tu parles, justement,
18:35pour revenir sur Londres un petit peu,
18:36tu parles notamment dans ton livre
18:38de ta sortie de métro à Londres
18:39et où tu vois toutes ces affiches
18:41qui mettent en valeur, justement,
18:44le para, les parasports.
18:45Il y avait la formule de super-heroes, je crois,
18:49si je ne me trompe pas.
18:50Oui, c'est un truc qui a fait du mal.
18:50Les surhommes, les super-héros, etc.
18:52Il y avait une belle vague, une belle dynamique
18:56et une belle promesse pour toute la société.
18:59Et si on revient sur cette idée de promesse,
19:00justement, dans le sport,
19:02tu évoques une promesse trahie.
19:04Quelle était-elle, cette promesse ?
19:05Qu'est-ce que tu en attendais ?
19:06La promesse trahie, c'est la compréhension
19:08de ce que le sport est,
19:09de quelle manière le sport est peut-être
19:11un des outils les plus puissants
19:12pour nous changer notre quotidien,
19:15le rapport qu'on a à notre corps,
19:16le rapport qu'on a à notre autonomie,
19:18le rapport qu'on a au regard qu'on pose sur nous.
19:20Le sport, il sert à ça.
19:21Et aujourd'hui, tu enlèves ça aux personnes handicapées.
19:23Je vous conseille un documentaire
19:24qui est toujours disponible
19:26sur une chaîne, concurrent ou pas,
19:28partenaire sur MyCanal,
19:29que j'ai produit,
19:31où moi, je raconte ma petite histoire
19:32au service de la grande histoire.
19:33C'est We Are People qui raconte
19:34comment, depuis l'Antiquité,
19:35le sport a changé la vie
19:36des personnes handicapées.
19:38Pas le sport de niveau,
19:39pas les Jeux paralympiques.
19:40Le sport, l'activité physique,
19:41de quelle manière,
19:42après la Seconde Guerre mondiale,
19:44des gens qui mouraient,
19:45des blessés à la moelle épinière
19:46qui mouraient quelques semaines
19:47après l'accident,
19:48en étant mobilisés,
19:48en faisant du sport,
19:49en reprenant confiance en eux,
19:50et bien sûr avec l'évolution
19:52de la recherche médicale,
19:54eh bien,
19:54sont redevenus progressivement
19:56des taxpayers,
19:57des contribuables.
19:58C'est ce que Sir Guttman voulait
19:59pour ces blessés à la moelle épinière
20:01et rescaper de la Seconde Guerre mondiale.
20:03Donc aujourd'hui,
20:04c'est de comprendre notre histoire
20:05et de savoir pourquoi
20:06ne pas investir.
20:08Je n'en parle même pas de ça,
20:09de garder un budget.
20:13On parle d'investir
20:15pour justement,
20:16aujourd'hui,
20:16se servir de cet outil
20:17extrêmement puissant
20:18qu'est le sport,
20:19l'activité physique.
20:20Oui, y compris sur la base
20:21de la pyramide.
20:22Au-delà de toute compétition,
20:23tout résultat,
20:23toute médaille,
20:24on compte beaucoup
20:25sur la base de la pyramide.
20:27Les pratiquants,
20:27que chacun,
20:28chacune puisse aller
20:29dans son club de proximité,
20:31pratiquer, découvrir.
20:32Est-ce que tu as une visibilité
20:34sur un mieux là-dessus ?
20:35Peut-être depuis les Jeux
20:35parce qu'on en entend parler,
20:36il y a beaucoup de bilans
20:37qui sont plutôt…
20:38Extrêmement marginales.
20:39C'est ce que je disais
20:39tout à l'heure en introduction.
20:40On a suscité des vocations.
20:42Aujourd'hui, en 2026,
20:43il y a des rôles modèles.
20:44Il y en a plus qu'à mon époque.
20:45Moi, en 2000,
20:45j'ai un accident.
20:46Autant te dire,
20:47je ne sais pas du tout
20:47ce que c'est la vie
20:49d'un mec en fauteuil
20:50et encore moins d'un sportif
20:51ou un champion.
20:52Je ne savais même pas
20:52que ça existait.
20:53Donc, aujourd'hui,
20:54il y a cette évolution-là.
20:55Mais s'il faut toujours
20:55faire en moyenne 50 kilomètres
20:57pour accéder à une structure
20:59adaptée avec des locaux
21:01dans lesquels on peut accéder,
21:02avec du matériel adapté
21:03et avec des éducateurs
21:05ou des enseignants formés,
21:07bon, en fait,
21:07on a juste créé de l'espoir
21:09mais en vain.
21:10Donc, pour moi,
21:11il y a quand même un problème
21:14structurel.
21:14C'est-à-dire que créer des émotions,
21:17donner des envies,
21:17si de manière très active
21:21et de manière forte,
21:22on n'a pas transformé
21:23la société justement
21:24pour nous la rendre
21:26accessible avec un grand A,
21:27en fait, tout ça
21:28ne sert pas à grand-chose.
21:29Et c'est de là
21:30que vient pour moi
21:31cette grande frustration
21:32et cette colère-là.
21:33J'en veux énormément,
21:34moi, à celles et ceux
21:35qui avaient le pouvoir
21:36de transformer l'essai.
21:38Je parle du président,
21:39évidemment, de la République,
21:40mais de ses différents ministres.
21:42– Tu as eu l'occasion
21:43de lui dire,
21:43notamment au moment de la CNH.
21:45– Non, la CNH,
21:46il a…
21:47– Non, mais ça a été
21:47ton discours.
21:48– Ah, mon discours,
21:49oui, pas en tête.
21:50Voilà, moi, j'ai dit
21:50que le président est
21:51tout à fait, mais…
21:52– J'ai dit que ce n'était
21:52pas un bilan,
21:53je dis que c'était une honte
21:53et c'était le début
21:54de ma rentrée politique
21:55et une semaine avant
21:56la sortie de mon livre.
21:58C'était pour dire que,
21:59en fait,
22:01soyons fiers de ce qu'on a fait,
22:02mais on devrait avoir honte
22:03de ce qu'on n'a pas fait depuis.
22:04Et vous, notamment,
22:05puisque nous, on le fait.
22:07On le fait, moi,
22:08je le fais dans mon engagement
22:08associatif, professionnel,
22:10militant, citoyen, au quotidien.
22:11Et on est beaucoup à le faire.
22:12– En parlant de faire,
22:13en parlant de faire,
22:14on est à deux ans
22:15de Los Angeles, en 2028.
22:17La France s'est un peu
22:19enorgueillie d'une très belle place,
22:21notamment après une belle
22:23organisation des Jeux
22:24olympiques et paralympiques.
22:25Qu'est-ce qu'il faut faire,
22:26toi, d'après toi, maintenant ?
22:27Si c'était entre tes mains,
22:28qu'est-ce qu'il faut faire
22:29là, tout de suite,
22:29pour relancer le mouvement,
22:31pour que ça serve
22:31à quelque chose dès maintenant,
22:33pour qu'on se donne,
22:34je ne sais pas,
22:34en point d'objectif,
22:36ces Jeux de 2028 ?
22:38– Mais les Jeux,
22:38c'est presque devenu
22:41une patate chaude pour nous.
22:42Vous savez ce qui va se passer ?
22:44Les médias vont revenir.
22:45Il va bien falloir à un moment
22:47raconter un petit peu
22:47ces athlètes-là,
22:48ce qu'ils font.
22:49Donc en fait,
22:50il n'y a rien à faire de particulier.
22:51Parce qu'en 2027,
22:52on va commencer à en parler
22:53un peu plus,
22:53on va reconstituer
22:55deux, trois petites teams d'athlètes,
22:56on va aller chercher
22:57quelques égéries
22:58parce qu'il faut bien aussi
22:59raconter une histoire.
23:00Si on met juste
23:01un petit peu d'argent
23:01ou qu'on achète un peu de pub
23:03en se rattachant au jeu,
23:04ça ne sert à rien.
23:04Donc il va y avoir
23:05à nouveau une petite réaccélération
23:07de la visibilité du parasport
23:09et de valorisation
23:10des para-athlètes.
23:11Mais au lendemain des Jeux,
23:12chez nous,
23:13des athlètes médaillés d'or,
23:15olympiques et paralympiques,
23:16perdaient plus de 50%
23:17de leurs partenaires.
23:18Des entreprises
23:19qui sont parties aussi vite
23:20qu'elles sont arrivées.
23:21Ces fameuses entreprises
23:22dont moi je menaçais
23:23et que je menaçais à l'époque
23:24en disant
23:25attention de ne pas faire
23:25du handiwashing.
23:26Quand on fait,
23:28le président de la publique,
23:29il part dans quelques mois
23:30de toute façon
23:30depuis le lendemain des Jeux
23:31avec plus de majorité parlementaire,
23:33il a été mis sur la touche.
23:34Il ne va rien se passer
23:34politiquement parlant.
23:35Tu crains un retour en arrière
23:36là-dessus justement ?
23:37Tu crains que ça ralentisse
23:38ou que ça retourne en arrière ?
23:40C'est déjà le cas.
23:41C'est-à-dire que là,
23:41la situation du parasport
23:43et globalement de la place
23:44des personnes handicapées
23:45dans la société,
23:45de leur valorisation,
23:46de l'intérêt qu'ils suscitent,
23:47de cette volonté
23:48de changer nos droits,
23:49on est dans une période
23:50qui est, pour moi,
23:52en termes de qualité
23:53d'il y a quelques années,
23:54près de 2024, évidemment.
23:56C'est-à-dire qu'on n'est pas
23:57du tout bénéficié de ça.
23:58La plupart d'héritage,
23:59à Londres,
24:00un million d'emplois pourvus
24:01pour des personnes handicapées
24:02dans les six ans
24:02qui ont suivi les Jeux de Londres.
24:04Ça, c'est un héritage tangible.
24:05Il y a une transformation
24:06de beaucoup, beaucoup d'endroits
24:07à Londres.
24:08Et Londres, c'est Paris.
24:11C'est le grand Paris
24:11quand on parle de Londres.
24:12C'est trois fois Paris.
24:13Donc quand on parle de Londres,
24:14c'est vraiment...
24:14On parle de 15 millions de personnes.
24:16On parle de quelque chose
24:17de très grand.
24:18Et donc, pour le coup,
24:19ça a été un sujet.
24:20Sauf qu'aujourd'hui,
24:2114 ans plus tard,
24:22rien n'est acquis.
24:23Et on s'en rend compte.
24:24Si tu n'as pas
24:24des politiques publiques
24:26qui ne s'assurent justement
24:27pas de l'héritage des Jeux,
24:28mais qu'on ne soit pas
24:29un sujet périphérique
24:30et qu'en permanence,
24:31il y a une piqueur de rappel,
24:32ça, c'est interdit,
24:33ça, la loi prévoit
24:34telle ou telle chose,
24:35eh bien, en fait,
24:35il y a un recul même
24:36dans une société
24:36comme la société britannique
24:37qui est bien plus avancée
24:38que nous sur la question
24:40de la diversité
24:40et du handicap.
24:42Si on devait finir
24:43sur une note peut-être
24:44plus positive...
24:45Non, ce n'est pas du tout
24:45l'esprit en ce moment pour moi.
24:46Mais ce n'est pas pour la globalité,
24:48c'est peut-être plus
24:48pour les gens qui nous regardent.
24:50J'ai bien compris
24:51l'état d'esprit
24:52et c'est important aussi
24:53d'avoir ces propos-là
24:55en dehors de la vanne.
24:56Je crois que c'est vraiment
24:56très important de le faire.
24:58Qu'est-ce que tu recommandes
24:59à celles et ceux
25:00qui nous regardent ?
25:01Qu'est-ce que tu leur dis
25:02si tu as des, je ne sais pas,
25:03des pratiquants,
25:04des pratiquantes potentiels,
25:06des éventuels passionnés
25:07qui ne savent pas comment faire ?
25:09Quelle est leur porte
25:10d'entrée dans le monde du sport,
25:13justement ?
25:13Celles et ceux qui voient
25:14Mickaël Jérémias
25:15leur parler là tout de suite
25:16devant leur poste de télé.
25:16Moi, je leur dirais d'abord
25:17de lire le livre,
25:21c'est une explication de texte
25:22et c'est une mise en responsabilité.
25:24C'est-à-dire que vous n'êtes pas coupable
25:25aujourd'hui, vous, société,
25:26qu'on ne soit pas
25:27des citoyens de plein droit.
25:28Par contre, individuellement,
25:29vous avez tous la possibilité
25:30de nous rendre la vie
25:30beaucoup plus facile
25:31et que quand on nous parle
25:32d'inclusion,
25:33dont je déteste le terme,
25:35vous avez cette capacité
25:36demain qu'on soit des citoyens
25:37de plein droit,
25:38des citoyens à part entière
25:39dans vos foyers,
25:39dans vos clubs de sport,
25:40dans vos écoles,
25:41dans vos entreprises,
25:42dans vos restaurants,
25:43dans vos commerces,
25:43peu importe.
25:44Donc c'est la première chose.
25:45Ensuite, sur le reste,
25:46imposez-vous.
25:47Vous avez envie de faire du sport ?
25:49Allez faire du sport.
25:50Allez taper à la porte
25:51de l'association sportive
25:52qui est à côté de chez vous
25:53ou du club qui est chez vous.
25:54Allez rencontrer les gens
25:55qui sont en charge
25:56de l'organisation de ça.
25:58Allez les challenger,
25:59allez leur proposer.
26:00Et ensuite, indignez-vous
26:01et faites appel à nous
26:02pour justement taper dessus
26:03pour tous ceux qui vous entraveront.
26:05Mais vous avez le droit à ça,
26:06comme tout le monde,
26:06et on sera là pour vous aider.
26:08De la révolution à l'oubli,
26:09après la flamme,
26:10la promesse trahie,
26:11aux éditions Alizio
26:12par Michael Jeremias.
26:13Un livre qui a un petit truc
26:14en plus d'ailleurs.
26:15puisqu'il est très passé
26:17par Artus.
26:18Alors, ce n'est pas tout à fait
26:19une surprise.
26:19N'hésitez pas à aller voir.
26:21En tout cas,
26:21c'était une belle découverte.
26:22J'ai passé un très bon moment
26:24à lire ce livre.
26:25Voilà, je le dis
26:26très personnellement,
26:27très sincèrement.
26:28Et c'est des choses
26:29à découvrir,
26:31des belles coulisses
26:32pour ce jeu
26:33et une parole
26:34ô combien nécessaire
26:35en ce moment.
26:36Merci beaucoup, Michael,
26:38pour ce partage,
26:38pour ce moment
26:40et pour cet échange.
26:42Il me reste à vous remercier
26:43toutes et tous, bien sûr,
26:44de nous avoir suivis
26:45pour ce retour
26:47de Avomarques
26:48sur Sports en France,
26:49bien sûr.
26:50Vous êtes très nombreux
26:51et très réguliers.
26:52C'est formidable pour nous.
26:54Je remercie bien sûr
26:55les équipes de l'Ombre.
26:57Alexis et Julien
26:58à l'édition, bien sûr.
27:00Paul au son,
27:02Sandrine au maquillage.
27:04Et je vous remercie
27:04toutes et tous
27:05d'être nombreux
27:06à nous suivre chaque semaine.
27:07Je vous dis à très bientôt
27:08pour un nouveau numéro
27:09de Avomarques
27:10sur Sports en France.
27:10À bientôt.
27:11Salut.
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