00:03Faut-il fermer les fraternités étudiantes ?
00:06C'est la question que relance une affaire de viol en réunion
00:08à l'université Cornell, l'une des plus prestigieuses des Etats-Unis.
00:12En octobre 2024, une jeune femme accuse sept étudiants,
00:16tous membres de la fraternité K-Fi, de l'avoir violée lors d'une soirée.
00:19Elle avait alerté les autorités du campus au moment des faits,
00:22mais faute de sanctions contre ces agresseurs présumés,
00:24la victime a finalement porté plainte au civil le 16 septembre dernier.
00:28Depuis, l'affaire fait la une de la presse américaine
00:30et ravive les inquiétudes sur la culture même des fraternités,
00:33ces organisations étudiantes réservées aux jeunes hommes.
00:38Culture du viol, trafic de drogue ou encore bisutage ultra-violent,
00:42les fraternités américaines multiplient les scandales depuis des décennies
00:46et pour certains chercheurs, ces dérives sont liées à leur fonctionnement même.
00:49Interrogé par le magazine Time, Nick Sirrett,
00:52universitaire et auteur d'un ouvrage sur l'histoire des fraternités,
00:55explique ainsi que les hommes qui les rejoignent
00:57sont souvent à la recherche d'un cadre
00:59qui leur permette d'exprimer leur masculinité d'une certaine manière.
01:02Selon lui, la pression du groupe les pousse ensuite
01:04à multiplier les expériences sexuelles et à les raconter aux autres.
01:08Une manière, disent-ils, de renforcer leur virilité.
01:11Résultat, depuis au moins les années 1970 et 1980,
01:16des cas de viols collectifs de femmes en état d'ébriété
01:18et incapables de se défendre ont été recensés
01:21dans les maisons de fraternité, explique Nick Sirrett.
01:23Et en 2007, déjà, une étude rapportait que les membres de fraternité
01:27sont trois fois plus susceptibles de commettre un viol
01:30que les autres étudiants rapports de vogue.
01:32Face à tous ces abus, certains en appellent donc
01:34à la suppression pure et simple des fraternités,
01:36mais cette solution pourrait s'avérer contre-productive,
01:39car même si elles étaient officiellement désavouées,
01:41les fraternités pourraient aussi fonctionner
01:43comme des organisations privées,
01:45indépendantes des universités, soulignent les Conversations.
01:48Une université peut retirer sa reconnaissance à une fraternité
01:51et lui interdire d'organiser des événements sur le campus,
01:55mais cela ne l'empêche pas nécessairement d'exister
01:57et d'organiser des rassemblements en dehors du campus.
02:00C'est notamment ce qui se passe à l'université du Wisconsin
02:03avec la fraternité Alpha Epsilon Pi.
02:05Alors qu'elle n'est plus reconnue depuis 2015,
02:08la fraternité continue d'organiser des événements
02:10à proximité du campus.
02:12En septembre dernier, deux de ses membres ont été arrêtés
02:15pour bisutage brutal après la découverte de jeunes hommes
02:18maltraités dans le sous-sol d'un de leurs bâtiments.
02:20Dans tout le pays, des voix s'élèvent donc
02:22pour critiquer l'inaction des universités face à ces dérives,
02:26parmi elles, la célèbre actrice britannique Florence Pugh.
02:29Reste à savoir si les grandes universités aux États-Unis
02:32entendront ces appels et agiront
02:34pour endiguer les violences sexistes et sexuelles
02:36subies par leurs étudiantes.
02:38Pour l'heure, seule l'université d'Arizona
02:40a annoncé la suspension temporaire des activités des fraternités
02:43sur son campus, le temps d'enquêter sur des abus signalés.
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