00:00Guy Ranfal, comme souvent vous avez utilisé votre méthode d'investigation basée sur une danse de Salon Ringard
00:05pour nous proposer un pas de côté et partager votre révélation sur Marseille
00:09qui serait selon vous le dernier rempart de l'humanité contre l'apocalypse et le soulèvement des machines.
00:14Et s'il y a été l'outil ultime pour les parents qui vont enfin pouvoir échapper à la corvée
00:20soviétique de l'histoire avant de dormir
00:23en clonant leur voix et en générant des podcasts pour bercer leur enfant dans les bras de Morphée.
00:28Et c'est pas de moi, c'est une idée de plusieurs pontes de l'intelligence artificielle partagée sur Twitter.
00:34Parce que c'est vrai, c'est saugrenu en 2026 de se dire que les humains en sont réduits à
00:39devoir interagir encore avec des chiards
00:43qui n'ont aucune conversation, pas de pouvoir d'achat, qui sont même pas des contribuables.
00:47Cette news m'a inspiré trois choses.
00:49Je suis content de mon choix de ne pas avoir eu d'enfant, même si mes filles détestent quand je
00:55leur dis ça.
00:56En plus, on nous a vendu l'IA comme une soluce ultime.
00:59Ça va soigner tout, rationaliser le partage des richesses, annuler la pauvreté.
01:03Pour l'instant, on peut surtout générer des flyers moches et donc fuir ses responsabilités parentales
01:09alors qu'on savait déjà le faire très bien.
01:12Pourquoi vous croyez qu'on enregistre cette émission à 500 bornes de Paris ?
01:16Et puis troisième point, on a l'impression que cette emprise de la tech, qui est un peu notre mari
01:21toxique, n'a pas d'issue.
01:23Et puis là, on sort de la gare Saint-Charles, on prend le petit escalier et une lueur d'espoir.
01:29Dans ce monde du tout optimisé, tout rationalisé, toute efficacité, Marseille est l'exact contraire.
01:38On se plaint que toutes les villes du monde finissent par s'uniformiser.
01:43Pas Marseille !
01:44Pas Marseille, il n'y a rien qui ressemble à Marseille.
01:46Marseille, c'est le contraire d'un algorithme.
01:48Un robot, tueur, vient ici, il fait « Comment ça, on peut être ici sur une trottinette ? »
01:53Et là, il s'enlève la carte mère, il se jette dans le vieux port.
01:56Une ville qui fait le double de la superficie de Paris, des métros, oui, deux qui vont à la fois
02:02au même endroit et à la fois nulle part.
02:06Alors après, tu peux dire « Mais Marseille, c'est la mer ! »
02:13Alors tu te dis « C'est pas grave, je vais prendre le bateau, je vais réserver le billet sur
02:16Internet. »
02:16Non ! Tu peux pas ! Tu fais la queue, tu viens sur le bateau, tu payes en liquide !
02:21Sauf si t'as pas la monnaie.
02:23Là, la machine à cartes est le marre.
02:27Je veux dire, en fait, je me moque pas.
02:30Évidemment, on parle, on s'engueule, c'est la vie.
02:32C'est quand même vachement moins chiant que la Silicon Valley.
02:34Merci Marseille d'exister.
02:36D'ailleurs, j'ai eu peur.
02:37Au municipal, l'ERN, je me suis dit « Pas toi Marseille, pas maintenant, pas après tout ce que t
02:41'as fait. »
02:42En plus, être raciste, c'est con.
02:43Mais à Marseille, quelle perte de temps, quelle perte d'énergie !
02:48Imagine une ville du sud avec que des notables qui penchent à droite et zéro expression locale.
02:53J'ai rien contre Bordeaux, mais ça existe déjà.
02:56Alors après, il y a des gens qui vont dire « Ouais, mais la DZ mafia ! »
02:59Le problème dans la DZ mafia, je le rappelle, c'est pas le DZ, c'est le mafia.
03:04On l'a fait la mafia sans DZ, c'est pas ouf non plus.
03:07Marseille, c'est l'avenir.
03:08Et ça, c'est ce que trop de gens comprennent pas.
03:10De toute façon, cette ville est incomprise.
03:11Même sur les clichés, les gens se trompent.
03:13Les mots marseillais, pour moi, c'est pas « Marseille bébé », « Magatène », « Ni peu cher ».
03:18Pour moi, il y a un mot qui sert à tout à Marseille.
03:21Il sert à dire « C'est incroyable, magne-toi le cul, j'ai pas envie de le faire, mais
03:25j'ai pas envie de parler. »
03:26Ce mot, c'est « Allez ! »
03:31Et l'autre truc marseillais, et ça, c'est ça qui rend cette ville unique,
03:34c'est une conversation que j'ai entendue, j'y pense tous les jours depuis 15 ans.
03:37Je suis à la plaine.
03:39Il y a un café, il y a deux gars qui parlent.
03:41Le premier dit « Je savais ce qu'il m'avait dit, mais bon, je préfère Yann Gire.
03:45Parce que si je dis ce que j'ai à dire, on va dire, il sait pas ce qu'il
03:49dit. »
03:50Et l'autre, il lui répond « Mais à moi, tu peux me le dire.
03:53Je vais rien dire. »
03:55« À qui je vais le dire ? »
03:56Et là, le mec, il lui dit « Non, je peux rien dire. »
03:59Et là, le deuxième mec a répondu « Allez, fin d'interaction ! »
04:12Et c'est ce genre de trucs qui me font dire « Je sais pas si l'humanité a un
04:15avenir,
04:15mais on a Marseille. »
04:17Merci de m'avoir écouté.
04:18Merci Guéran.
04:19On vous retrouve la semaine prochaine, comme tous les vendredis.
04:22Merci.
04:22Merci.