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Lors de l'émission Face à Michel Onfray le 10/10/2026, le philosophe est revenu sur les revendications des lycéens : «Il y a un mépris du travail». 

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Transcription
00:00Oui, alors ça ce sont des éléments de langage. Les 5 heures de trou, c'est partout dans tous les
00:03lycées de France.
00:03C'est pas possible que ça fonctionne comme ça.
00:05Et puis s'il y a 5 heures de trou, parce que moi j'étais 20 ans prof, je voyais
00:08comment les emplois du temps étaient faits.
00:10Et nous aussi, les profs, nous avions des heures de trou dans la journée parfois.
00:14Mais il n'y a pas 5 heures de trou, c'est pas possible 5 heures.
00:16Ça veut dire qu'il y a des profs absents, il y a des profs qui ne se font pas
00:19remplacer.
00:20Alors tout ça, je l'entends.
00:22Mais on n'entend pas les profs depuis des années dire ça.
00:25On n'entend pas la dénonciation de ces problèmes de crise, etc. structurels.
00:29Quand il y a le classement PISA, on ne voit aucun prof descendre dans la rue,
00:33on ne voit aucun syndicat dire mais qu'est-ce qu'on peut faire pour remonter la pente.
00:35Pas du tout.
00:36Quand on nous dit qu'il nous faut des lycées, plus ceci, plus cela,
00:39je rappelle quand même qu'ils ont mis le feu au lycée de Nantes, je crois,
00:43qui était flambant neuf, qui était éco-responsable.
00:45Pour le coup, flambant neuf, oui, la flambée.
00:47Oui, oui.
00:48Et donc là, il n'y avait rien à lui reprocher.
00:50Je présume qu'on ne peut pas incriminer les canalisations, la ventilation.
00:54Personne ne dit, par exemple, que quand ils se plaignent des températures excessives en été,
00:59mais en été, ils ne sont pas à l'école.
01:01L'été, c'est lié.
01:02Mais là, il y a eu des températures hautes en mai, juin.
01:04Oui, d'accord.
01:05Et c'était difficile.
01:06À peu près partout pour tout le monde.
01:08Je veux dire, vous savez, quand vous êtes maçon sur un chantier
01:10et que vous êtes charpentier sur un chantier
01:12et que pour le coup, c'est 8 heures par jour et qu'il n'y a pas 5 heures
01:15de trou,
01:16c'est nettement plus difficile.
01:17Il y a un moment donné où il faut aussi penser la question du travail.
01:20C'est aussi ça qui est en jeu.
01:21Si vous voulez, dans cette espèce d'embrouillamini, il y a une espèce de mépris du travail.
01:25C'est-à-dire, on travaille trop.
01:27Je ne sais pas.
01:28Vous connaissez le monde de la musique.
01:30Si vous voulez interpréter une sonate, il faut avoir travaillé derrière.
01:34Si vous voulez avoir un prix Nobel, d'ailleurs, je salue notre prix Nobel de chimie français.
01:38Le prix Nobel, qui a passé 90 ans aujourd'hui,
01:40ce n'est pas quelqu'un qui estimait qu'il travaillait trop,
01:43qu'il se levait trop tôt, qu'il rentrait trop tard,
01:45qu'il ne voyait pas le jour et qu'il n'avait pas le temps de se donner du bon
01:47temps.
01:48Donc, elles ne sont pas audibles, ces revendications, pour vous, Michel ?
01:50On va parler tout à l'heure de Bourdieu,
01:52mais c'est le travail qui rend possible le diplôme
01:56et puis surtout la compétence dans son métier.
01:58Tous ces gens que je vois parfois attabler le vendredi soir
02:03ou parfois même le jeudi soir à Caen et dans les rues
02:05où ça boit, où il y a du vin, il y a de la bière, etc.
02:08Je me suis dit, mais où sont les chirurgiens, les avocats, les notaires,
02:14les architectes de demain,
02:16les gens qui ont besoin d'une formation,
02:17qui plus est avec un cerveau qui est disponible pour la formation ?
02:20Quand on a cet âge-là, on a un cerveau très fragile, très très fragile.
02:24On n'y trouve que ce qu'on y met.
02:25Et si on n'y met rien, il n'y a rien.
02:27Si on y met des bêtises, il y a des bêtises.
02:29Tout prof qui disait, on va apprendre quelque chose,
02:31vous allez mémoriser, vous allez apprendre par cœur,
02:33était un fasciste.
02:35On n'avait pas compris, il fallait la pédagogie du plaisir,
02:37on apprenait avec joie, etc.
02:39Non, on n'apprend pas avec joie la syntaxe, la grammaire, l'orthographe.
02:42C'est dur, c'est difficile.
02:43Il faut apprendre des accords, il faut mémoriser.
02:45Jadis, on apprenait par cœur l'étape de multiplication,
02:48on apprenait des poèmes, etc.
02:49On avait un cerveau disponible.
02:50Et on voit d'ailleurs, quand vous montrez des archives,
02:53qu'on a affaire à parfois des gamins de 18 ans, 19 ans,
02:57on a l'impression qu'ils en ont 25, 30.
02:59Mais ils ont un vocabulaire châtié,
03:01ils parlent correctement le français,
03:03ils sont capables d'exprimer une idée, de la développer,
03:06avec un début, un commencement, un début, une suite, une fin, etc.
03:09On n'est plus là.
03:10Aujourd'hui, on est dans l'insulte, on est dans le doigt d'honneur,
03:14on est dans l'éructation, ça devient difficile.
03:16Alors oui, il y a des revendications légitimes.
03:18Ça me paraît normal, plus rien ne fonctionne en France.
03:20Donc un lycéen qui dirait tout est formidable,
03:23tout est bien, tout va bien,
03:24c'est quelqu'un qui n'aurait rien vu.
03:26De là à croire que la solution, c'est ça qui est le problème.
03:28C'est-à-dire que le diagnostic, c'est là où est le problème, pardon.
03:30Le diagnostic est bon, mais le pronostic est mauvais.
03:34C'est-à-dire que la solution de l'épreuve, c'est le problème.
03:37C'est-à-dire que la solution de l'épreuve, c'est le problème.

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