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  • il y a 6 jours

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:22Versailles est une bulle, sourde et aveugle aux transformations de la société et aux
00:26difficultés du peuple. Que rien ne bouge, que rien ne change, semble être la seule préoccupation
00:33des courtisans. Et c'est au bord d'un volcan, secoué de grondements sourds, que danse cette
00:38société coupée du pays réel.
00:47Des efforts ont été faits pour réduire les dépenses de votre maison, Sire, mais il faut
00:52encore retrancher. Que puis-je dire que je n'ai déjà dit ? Retrancher, Malserbe, retrancher.
00:59Il faut réduire le nombre de pensions accordées à vos courtisans et limiter les exemptions
01:06d'impôts. Il y a encore trop d'abus.
01:08Vous aurez contre vous toute la noblesse.
01:10Et les parlements, je sais. Mais si les parlements refusent d'enregistrer ces nouvelles lois,
01:15nous les ferons enregistrer par la force.
01:19Vous croyez donc invincible, M. Turgot ?
01:22Ce n'est pas tout, Sire. Si nous voulons développer notre économie, nous devons aussi
01:25supprimer tout ce qui s'oppose au libre exercice des métiers. Chacun doit devenir libre d'apprendre
01:31et d'exercer le métier de son choix et libre de créer un commerce ou une entreprise.
01:35Vous n'avez plus que le mot « liberté » à la bouche. On croirait entendre un de ces
01:38philosophes dont vous êtes si proches.
01:40Parions que vous nous préparez là encore de nouvelles difficultés.
01:43Il s'agit là, Sire, d'un projet de réforme de l'impôt. Il s'agit de le rendre
01:49applicable à tous, sans exemption, à proportion des revenus.
01:54Mais vous voulez dire au clergé aussi ?
01:56Le clergé dissimule derrière des dons gratuits à l'État l'étendue de ses richesses.
02:02Ces dons gratuits sont bien loin d'atteindre les sommes que leur imposition rapporterait.
02:07Vous allez trop loin, messieurs. Nous ne pouvons nous mettre à dos tout à la fois
02:09la noblesse et le clergé.
02:11C'est assez. Je lirai et vous ferai connaître mon sentiment.
02:24Le roi !
02:45Puisse ce jour être béni entre tous.
02:52Réforme des impôts, suppression des corvées, suppression des entraves au libre exercice
02:57des métiers. Dans son désir de soulager les plus humbles de ses sujets et dans sa volonté
03:01de renouveau pour la France, excepté l'imposition des biens de l'Église, Louis XVI signe tout
03:07et déclenche la tempête.
03:13Louis, mieux que tout autre, devrait se souvenir que notre société est fondée sur la distinction
03:18et la hiérarchie des trois ordres. Le clergé doit au roi ses prières et rien d'autre
03:23que ses prières. La noblesse lui doit son sang quand le pays est en guerre et uniquement
03:28son sang. Le tiers-État, lui, le commun, lui doit son travail et son argent. Il n'est
03:34pas dans l'ordre naturel des choses que cette hiérarchie puisse être bouleversée.
03:37Le premier président du Parlement de Paris m'a donné l'assurance que le Parlement
03:41combattra avec la plus extrême fermeté tout projet de loi visant à établir entre
03:47tous les hommes une égalité de devoir. L'égalité absolue, a-t-il exposé, amènerait bientôt
03:53au désordre et à la destruction de la société dont l'harmonie ne se maintient que si chacun
03:58reste à sa place. Ce sont là ses mots exacts.
04:01Si nous ne voulons pas voir une nouvelle réforme venir remplacer celle qui échouera,
04:04devons faire comprendre à Louis que nous n'accepterons jamais que ce soit traité sur
04:27que Louis XVI a rappelé à ses fonctions, a refusé d'enregistrer les nouvelles lois.
04:31Louis XVI l'a imposé par un coup de force avant de reculer.
04:35On ne peut faire la politique d'aujourd'hui, Sire, sans avoir de perspective à dix ans.
04:40Il ne faut pas laisser les vents dérouter le navire mais tenir le cap avec rigueur si
04:44l'on veut parvenir au port.
04:45Vous, monsieur Turgot, ne savez aller que vent debout.
04:49Quand les vents sont contraires, il est parfois nécessaire de tirer des bords.
04:53Malheureusement, Sire, le temps perdu pour les réformes se rattrape en révolution.
04:59Puissiez-vous ne jamais oublier que c'est sa faiblesse qui a mis la tête du roi d'Angleterre,
05:03Charles Ier, sur le billot.
05:16Comme Louis XVI l'espérait, ce sont les Anglais qui vont ouvrir les hostilités
05:20en attaquant le navire français, la Belle Poule.
05:24Le seul moyen pour restaurer les finances publiques serait de rendre l'impôt obligatoire
05:31pour tous, mais vraiment pour tous.
05:34C'est intolérable que Necker ait la prétention de vouloir détruire tout ce qui a été fait
05:38par nos grands rois.
05:39À ce moment-là, nous aurions le clergé et la noblesse contre nous.
05:42Impôts ! Égalité devant l'impôt ! De Turgot & Necker, nos ministres en charge
05:46des finances n'ont plus que ces mots à la bouche !
05:47Et le Parlement n'enregistrerait pas notre loi.
05:50Il n'y en a plus que pour lui peuple, comme si ce n'était pas nous qui avons fait
05:53la grandeur de la France.
05:54Je n'admettrai pas une nouvelle opposition comme au temps de Monsieur Turgot.
05:59Ceux qui y trouveront à redire, je les casserai comme verre !
06:18de Turgot & Necker !
06:18de Turgot & Necker !
06:19de Turgot & Necker !
06:19de Turgot & Necker !