00:00David Listin, on voulait aussi recueillir votre réaction sur ce qui s'est passé ces derniers jours à Paris.
00:05Hélène Lecomte, c'est-à-dire cette image qui a fait le tour des réseaux sociaux de ce policier qui
00:09donne un coup de genou dans la tête d'un manifestant.
00:13Il y a une enquête qui a été confiée à la police des polices. Est-ce qu'on y voit
00:17un peu plus clair, Hélène, sur ce qui s'est passé précisément ?
00:19Alors il y a plusieurs choses. Il y a en effet cette enquête qui a été confiée à l'IGPN.
00:22Et puis ce jeune homme, il a aussi été placé en garde à vue pour participation à un attroupement et
00:27il sera jugé ultérieurement.
00:29Donc il y a plusieurs enquêtes en parallèle et par ailleurs, il a lui-même porté plainte.
00:33Ce qu'il dit, on sait ce qu'il dit, lui, dans sa plainte.
00:36Il dit qu'il a reçu plusieurs coups de matraque, notamment sur le crâne, et ensuite, effectivement, ce coup de
00:42genou.
00:42Il a été examiné par un médecin et il porte deux plaies au cuir chevelu, des plaies de 4 cm.
00:47Il a vu un médecin précisément dans le cadre de cette garde à vue.
00:50Il a eu des douleurs au tibia et au genou droit.
00:53Ce que l'on a, c'est qu'on a cette image.
00:55Il y a une enquête qui est ouverte.
00:57Hier, le préfet de police de Paris a dit, attention, il faudra regarder au-delà de cette image le contexte
01:06dans lequel ces faits se sont déroulés.
01:08Ce qui est intéressant, c'est que tout à l'heure, Marc, l'ancienne patronne des polices de l'IGPN,
01:13était avec nous.
01:14Et elle, ce qu'elle dit, c'est quand même très intéressant.
01:16Elle dit, ce coup de genou, ce n'est pas un geste technique.
01:19Ça ne s'apprend pas à l'école de police.
01:21Et ce n'est pas ce qu'on apprend à l'école de police.
01:23Elle dit, le contexte est important, mais le contexte, ça ne change pas non plus ce qui s'est passé.
01:28Cette image, David Lissnard, que beaucoup de manifestants ont vue et relaie en ce moment sur les réseaux sociaux,
01:34est-ce que vous diriez, ce coup de genou dans la tête, est-ce que vous diriez que c'est
01:37une image qui fait mal à la police ?
01:41Bien sûr que ça fait mal, évidemment, à tous les sens du terme, d'ailleurs.
01:45Mais ce qu'il faut quand même regarder aussi, c'est ce qui s'est passé avant.
01:49Ça n'excuse pas si le geste n'est pas un geste, j'allais dire, académique, et c'est ce
01:53qui semble être le cas.
01:54Mais moi, je ne vais pas rendre jugement comme cela.
01:57Vous comprenez ? Juste deux ou trois choses qui me paraissent être du bon sens.
02:01D'abord, quand la police intervient, ce n'est pas en primo-intervention, c'est qu'elle est en réaction
02:05à des phénomènes de violence.
02:07Premier élément.
02:08Deuxième élément, on est dans un état droit, il doit y avoir de la proportionnalité.
02:13Donc il faut qu'une enquête interne, qu'on ne puisse pas se laisser aller à ses instincts lorsqu'on
02:19est dépositaire de l'autorité publique.
02:20C'est une évidence.
02:21Et il faut penser à ces centaines et ces milliers de policiers et de gendarmes qui ont été blessés ces
02:25dernières semaines et qui ne se sont pas laissés aller.
02:28Troisième élément, quand on s'attaque à un policier, parce que j'ai vu d'autres images où on voyait
02:32les fins d'intervention,
02:33et qui étaient violentes, effectivement, contre les manifestants, qui sont des casseurs.
02:37Ils ne sont pas des lycéens, ils sont là en tant que casseurs, manifestement, qu'ils soient lycéens, étudiants ou
02:42qu'ils fassent autre chose dans la vie.
02:43Et en l'occurrence, pareil, je veux dire, il ne faut pas excuser la bavure, on est heureusement une démocratie
02:49et un état de droit.
02:50Mais quand vous vous attaquez à un policier, quand vous vous attaquez à un policier, vous devez vous attendre à
02:55avoir mal au tibia ou au genou.
02:57C'est quand même des choses qui me paraissent là aussi évidentes.
03:01Donc il ne s'agit pas d'excuser d'éventuelles déviances si elles sont confirmées de policiers.
03:05Il s'agit de rappeler effectivement le contexte et de dire qu'on ne s'attaque jamais à un représentant
03:11des forces de l'ordre.