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  • il y a 16 minutes
Avec Ariane Daguin, Entrepreneuse et jurée de "Qui veut être mon associé?"

Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.

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##C_EST_CA_LA_FRANCE-2026-10-11##

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News
Transcription
00:00Le réseau des chambres de métier de l'artisanat, artisans de la nouvelle économie, présente
00:06Sud Radio Cé-Salle à France, Nathalie Schrengerman
00:10Bonjour à tous et bienvenue dans Cé-Salle à France, l'émission du savoir-faire français.
00:13Et aujourd'hui je vous emmène entre le Gers et New York à la rencontre d'une femme qui a
00:17fait de ses racines françaises une incroyable aventure entrepreneuriale.
00:22Ariane Daguin, la fille d'André Daguin, immense figure de la gastronomie Gascogne, inventeur et promoteur du magret.
00:27J'ai appris ça effectivement, pourtant reprendre l'affaire familiale n'était pas vraiment dans les plans, puisqu'à l
00:33'époque la succession devait plutôt revenir aux garçons de la famille.
00:37Alors Ariane est partie aux Etats-Unis et en 85 elle se lance avec une idée un petit peu folle,
00:41faire découvrir aux Américains le foie gras frais,
00:44puis les produits et savoir-faire gastronomique avec lesquels elle a grandi.
00:48Elle crée D'Artagnan, près de 40 ans plus tard l'entreprise compte plusieurs centaines de salariés, sera revendue en
00:542022 pour près de 100 millions de dollars.
00:56Une aventure faite de culots, de travail, de rencontres, mais aussi d'échecs, de rebondissements qu'elle raconte à travers
01:02son livre D'Artagnan à New York.
01:04L'histoire continue aujourd'hui puisque Ariane revient à ses racines.
01:08Elle vient de reprendre avec des associés une maison historique du Gers, Comtesse Dubarry.
01:12On en parle avec elle, elle est au micro de Sud Radio.
01:15Sud Radio, c'est ça la France.
01:17Bonjour Ariane Daguin.
01:18Bonjour, bonjour, ravie d'être ici.
01:20Oui, ravie de vous avoir.
01:21Alors vous êtes née, on l'a dit, dans une grande famille de restaurateurs avec un père, André Daguin, une
01:26figure de la gastronomie Gascogne.
01:28Alors ce qui est intéressant, c'est finalement très rapidement, vous vouliez dans un premier temps plutôt vous diriger vers
01:35le journalisme.
01:36Donc ce n'était vraiment pas du tout la restauration, l'univers gastronomique.
01:41C'était vraiment changer complètement de secteur.
01:44Mais il faut comprendre à Hoche, capitale de la Gascogne, avec cette génération de restaurateurs,
01:50enfin de gens dans l'agroalimentaire derrière moi, et tous les copains, les voisins, la famille, tout le monde était
02:01dans la gastronomie.
02:02Donc il fallait bien aller voir ailleurs.
02:04Qu'est-ce qu'il y avait ? Est-ce qu'il y avait un monde à part la gastronomie
02:07?
02:07En fait, je me suis aperçu que non.
02:09Dans la vie, il n'y a que la gastronomie.
02:11Pourquoi le choix des Etats-Unis ?
02:14J'adorais le cheval, les grands espaces, la liberté, les libertés individuelles, les cow-boys.
02:23Je me suis un peu trompé, j'ai atterri à New York, j'y suis resté.
02:27Mais là, je me suis un peu rattrapé depuis, puisque j'ai une ferme avec ma fille à une heure
02:32de New York.
02:32Et là, j'ai quelques chevaux, j'ai deux ânes, on a des poules, on a des moutons, des abeilles,
02:38on a tout ce qu'il faut.
02:40Alors, ce qui est assez incroyable dans votre aventure, je le disais, l'entreprise d'Artagnan a été vendue récemment
02:44pour 100 millions de dollars.
02:48Et vous avez pourtant commencé dans votre cuisine, dans la cuisine de votre associé.
02:52C'est-à-dire que souvent, on n'imagine pas toujours, mais des grandes success stories commencent dans un garage,
02:56dans une chambre.
02:56Là, c'était dans une cuisine.
02:57À l'époque, il n'y avait pas de co-funding, il n'y avait pas Internet, on n'avait
03:05pas de sous.
03:06Et on a démarré, on avait 7500 dollars chacun dans le compte en banque.
03:12Après avoir payé les trois premiers mois de loyer, trois premiers mois du téléphone, trois premiers mois du leasing du
03:20camion,
03:20il restait 35 dollars le premier jour.
03:23Donc, il faut se débrouiller comme on peut.
03:26Et oui, pendant bien six mois, je cuisinais dans nos cuisines, la sienne ou la mienne.
03:32Et d'ailleurs, j'ai failli foutre le feu à la sienne.
03:35Mais oui, dans votre livre, vous racontez l'arrivée des pompiers.
03:37Notamment dans sa cuisine à lui, il n'était pas très content, le Georges, l'associé de l'époque.
03:41Il était surpris, surtout, lui, il faisait son jogging, puis il rentre et il voit une dizaine de camions de
03:47pompiers en bas du building.
03:49En fait, ce qui s'était passé, j'étais en train de fumer des magrets.
03:52Et pour fumer des magrets, j'avais cette petite contraption norvégienne.
03:59C'est une boîte, en fait, avec de la sciure de hêtre dessous, une grille et un couvercle.
04:07Et donc, j'ai mis ça sur la gazinière et ça fumait beaucoup.
04:11C'est normal, c'est un fumoir.
04:14Et j'en faisais quatre à la fois comme ça.
04:15Donc, pour en faire 180, il allait falloir pas mal de temps.
04:19Donc, j'ai fermé la porte de la cuisine, j'ai ouvert toutes les fenêtres à la cuisine qui donnaient
04:24sur la cour intérieure.
04:26Les voisins ont pris peur, ont appelé les pompiers.
04:29Et ils ont tapé à la porte et j'ai ouvert au moment où il y avait un pompier énorme
04:34avec une hache dans la main.
04:36Il allait péter la porte.
04:38Ils ont goûté, ils ont adoré.
04:40Oui, parce qu'évidemment, ils arrivent et ils me disent, je ne sais pas ce que vous essayez de faire,
04:45mais c'est tout brûlé.
04:47Non, pas du tout.
04:50Et voilà, il a fallu en faire une vingtaine de plus pour les pompiers.
04:54Mais ce que je trouve incroyable, c'est ça, c'est de se dire que finalement, c'était des débuts
04:58pas très organisés, pas très glamour.
05:00On commence dans la cuisine, pas beaucoup d'argent, des banques qui ne suivent pas toujours.
05:03Mais alors, qu'est-ce qui fait qu'on garde le moral ?
05:06Ce qui m'a beaucoup aidé, c'est qu'on était deux.
05:08Et qu'il ne se passait pas un jour sans qu'un des deux dise, bon, allez, tiens, voilà mes
05:14parts, j'en peux plus, je m'en vais, c'est fini.
05:16Et l'autre disait, attends, attends un jour de plus, reviens demain matin, on en repart demain matin.
05:21Et le lendemain, c'était l'autre qui voulait partir.
05:25Non, ça a été très très dur au début.
05:27Mais on a eu beaucoup de chance, il y avait la vague des nouveaux cuisiniers qui arrivaient et d'une
05:37nouvelle façon.
05:38Les américains, moi quand je suis arrivé aux Etats-Unis, c'était terrible, l'alimentation était terrible.
05:44Le poulet avait goût de poisson, le café avait goût de cannelle, c'était vraiment à faire demi-tour, entrer
05:50à la maison tellement.
05:52Mais d'un autre côté, il y avait, et toujours aujourd'hui, cette curiosité pour les nouveautés gastronomiques, qui est
06:00vraiment extraordinaire.
06:02Et notamment, une ignorance totale sur la cuisine de Gascogne et tous les produits, toutes les richesses que nous avons.
06:10Et donc, de fil en aiguille, il s'est passé plein de trucs qui ont fait que ça me faisait
06:17vraiment plaisir d'arriver à convaincre les américains
06:21que la Gascogne, c'est le plus beau pays du monde, où il y a les meilleurs produits du monde.
06:30Mais vous avez été courageux, parce qu'avec votre associé d'époque, Georges, puisque vous aviez quand même tous les
06:34deux un poste bien payé,
06:36dans une entreprise qui prospérait, les trois petits cochons.
06:40Donc là, il fallait repartir à zéro.
06:43Et surtout, l'idée géniale que vous avez eue, parce que c'est vous qui avez été vraiment la force
06:46motrice dans cette histoire-là, dans ce binôme-là,
06:49c'est de croire au foie gras made in America.
06:53C'était historique.
06:54Deux gars sont arrivés, ils arrivaient d'Israël.
06:57Ils étaient en train de monter la première ferme, le premier élevage de Canargras aux Etats-Unis.
07:02Il n'y en avait pas. Il n'y avait que des conserves qui arrivaient avec un barème de stérilisation
07:07plus 60 par rapport à la paire.
07:10Et donc, pour moi, c'était historique.
07:13Je suis tombé dans la marmite quand j'étais bébé.
07:16Donc, il ne fallait pas laisser échapper.
07:20Je devais faire partie de ça. C'était obligatoire.
07:24Et puis, vous étiez parfaite pour juger du produit.
07:26Vous connaissiez parfaitement le foie gras.
07:28Ce qui n'est pas assez simple comme choix, c'est qu'on est dans un pays où on accède
07:36peut-être plus facilement à des nouveautés culinaires.
07:38Et en même temps, il y a des lobbies aussi qui sont forts, qui sont très présents.
07:42Et là, il y avait effectivement les lobbies anti-gavage, les lobbies plutôt pour la nourriture végétarienne.
07:51C'est un pays de contraste.
07:54C'est par vague. Ça ne l'était pas au début.
07:58Puis, ça s'est tout d'un coup réveillé en Californie.
08:01Nous, on n'était pas prêts.
08:03Donc, la Californie, effectivement, a empêché la production.
08:08Ils ont empêché la commercialisation, mais ils ne pouvaient pas empêcher la commercialisation fédérale.
08:13C'est-à-dire que nous, étant basés dans le New Jersey,
08:17on a parfaitement, et encore aujourd'hui, parfaitement le droit d'envoyer du foie gras en Californie aux consommateurs.
08:24Pas à quelqu'un qui allait le revendre.
08:27Par exemple, un restaurateur ou une épicerie fine.
08:31Mais bon, à ce jour, il y a des consommateurs qui nous commandent jusqu'à 60 lobes par semaine.
08:39Non, non, non. C'est des grands mangeurs.
08:42Alors, ce qui est aussi assez étonnant dans votre parcours, finalement, c'est...
08:46Donc, vous avez une relation particulière avec votre père.
08:48C'est vraiment... C'est pas toujours simple.
08:50Dans la Genève, c'était un petit peu... C'était assez conflictuel.
08:52Et pourtant, en fait, l'héritage, il est là.
08:55Il est là. Finalement, les enseignements de votre père vous accompagnent.
08:59Et vous racontez dans votre livre que vous vous souvenez de ce qu'il disait, notamment,
09:03voilà, qu'un bon cuisinier doit savoir valoriser toutes les parties d'un animal.
09:07Et donc, c'est à partir de là que vous imaginez aussi toutes les recettes du futur d'Artagnan,
09:12de ce que vous allez pouvoir vendre, justement, à vos différents clients.
09:16Mais il m'a donné un héritage...
09:20Enfin, c'est sans contexte.
09:21Sans contexte qu'il a énormément influencé ma vie.
09:26Et que peut-être, s'il n'y avait pas eu cette histoire de...
09:29C'est mon frère qui va reprendre et pas moi.
09:31Je ne serais jamais parti si loin.
09:34Je n'aurais jamais fait ce que j'ai fait.
09:37Mais oui, donc, je lui en suis très reconnaissante pour ça.
09:41Et c'est vrai qu'avant l'heure, il disait qu'on a sacrifié un animal.
09:46C'est pour une bonne raison.
09:47Il faut y aller à fond.
09:49Il faut utiliser toutes les parties.
09:51Et c'est ce que j'ai prôné à l'époque à mes patrons des Trois Petits Cochons,
09:57où je travaillais.
09:58On va acheter le foie gras, mais aussi le reste du canard.
10:02Et on va faire des rillettes, des pâtés, des terrines de foie gras,
10:05du confit, des magrets fumés.
10:06Vous avez vraiment une vision de ce qu'on pouvait faire avec tout ça ?
10:09Oui, oui, oui.
10:09Bon, eux, ils n'ont pas voulu.
10:11Heureusement.
10:12Tant mieux.
10:12Et c'est comme ça que j'ai démarré.
10:14On va se quitter un court instant, puis on se retrouve juste après,
10:17toujours avec Ariane Daguin pour parler de son parcours
10:20et comment elle a réussi justement à créer et lancer cette entreprise d'Artagnan
10:25et comment elle a réussi justement à développer
10:27toute cette gastronomie Gascogne aux Etats-Unis.
10:31On se retrouve dans quelques secondes.
10:32A tout de suite.
10:33Sud Radio, c'est ça la France.
10:35Et nous, à de retour dans ces salles à France, l'émission du savoir-faire français.
10:39Nous sommes avec Ariane Daguin et on parle justement de son parcours du Gers à New York.
10:45Et notamment, tout un portrait qui se raconte dans le livre d'Artagnan à New York.
10:49Un livre qui est sorti en quelle année, Ariane ?
10:52Il y a bien dix ans.
10:53Oui, il y a bien dix ans.
10:54Qui raconte un petit peu justement comment vous avez réussi à vous imposer aux Etats-Unis.
10:59Ce n'était pas simple.
11:00Il y a eu effectivement pas mal d'embûches.
11:02Et ce que je trouve assez...
11:04Je pense que...
11:05Il y a bien une chose que j'ai retenue en lisant votre livre, c'est l'audace.
11:07Vraiment, vous y allez au culot.
11:10Et notamment, racontez un peu cette rencontre étonnante
11:14quand vous vous retrouvez face au président George Bush à Paris.
11:18Oui.
11:19Lors d'un dîner au Louvre.
11:20Et vous lui présentez, vous parlez carrément de son foie gras qu'il vient de manger.
11:23Foie gras américain.
11:24Oui, mais vous parlez de courage ou de...
11:29En fait, j'ai appelé ma compagnie d'Artagnan.
11:34Et notre héros à tous en Gascogne.
11:38On pense tous qu'on est descendant de d'Artagnan,
11:40qui était quelqu'un de très actif.
11:42Donc peut-être on l'est, tous, les descendants.
11:47Et jusqu'à aujourd'hui, j'essaye de garder les qualités
11:52que le vrai d'Artagnan, mais aussi celui d'Alexandre Dumas,
11:56font transpirer dans les films, dans les livres, etc.
12:01Et donc, une des qualités, c'est le panache.
12:04C'est, bon, il faut y aller.
12:06Il faut y aller avec courage, avec panache.
12:09Et il ne faut pas avoir peur.
12:11Et après, il faut pouvoir le raconter et même l'exagérer un peu.
12:15Voilà, c'est ça l'idée.
12:16Les Gascogne, c'est ça.
12:18On aime faire bien et après raconter un peu grande gueule.
12:23Et donc, mon père me dit, voilà, je vais être le chef d'un repas du G7.
12:30À l'époque, c'était 7.
12:31Là, maintenant, ils sont beaucoup plus.
12:33C'est sous la pyramide du Louvre.
12:35Donc, sous une des plus petites pyramides, là, au Louvre.
12:39Et c'est lui qui faisait le repas.
12:41Et il me dit, est-ce que tu veux être mon sous-chef ?
12:43Alors, je n'ai pas hésité une seconde.
12:46Je prends le billet d'avion.
12:47Je prends un peu de foie gras, quelques terrines de foie gras.
12:51J'ai un peu peur à la douane parce que d'amener du foie gras américain en France, je ne
12:56suis pas sûr que ça soit un truc complètement légit.
13:01Et finalement, ça passe sans problème.
13:03Alors que la boîte disait foie gras, magret, des trucs comme ça, keep refrigerated.
13:10Et j'arrive donc dans les...
13:12En fait, ce n'est pas une cuisine.
13:14C'était une pièce qu'il y avait à côté ou qu'on avait équipée avec des cuisinières à roulettes,
13:18etc.
13:20Et là, le gars du protocole me dit, il n'est pas question de mettre du foie gras américain dans
13:25cette assiette.
13:27C'était à l'époque, c'était sous le président Mitterrand.
13:31Donc, c'est mon père qui devait faire les foie gras, point barre.
13:34Et mon père a bien vu que j'étais venu que pour ça.
13:37Et on démarrait la boîte, c'était en 89.
13:39C'était une belle opportunité aussi pour vous, pour ce...
13:42Complètement, on n'avait que 4 ans.
13:44Et ça faisait sens, on recevait le président américain.
13:47Oui, et puis bon, j'avais averti, il y avait CNN, il y avait les télé américaines qui étaient là.
13:52Donc, je les avais avertis qu'il allait se passer un truc.
13:55Et mon père m'a laissé dans l'assiette, il m'a laissé la place à 6 heures.
13:59À 18 heures, on est en bas de l'assiette.
14:01Et donc, j'ai mis ma terrine de foie gras au naturel, là.
14:04Et lui, il en avait 3 autres.
14:06Il y en avait une au Jurançon, une à l'ail et une au pruneau, je pense.
14:14Et donc, les assiettes reviennent.
14:16Celle de bouche est parfaitement nettoyée.
14:18Il a bien tout mangé.
14:19Et à la fin du repas, le gars du protocole dit à mon père, vous venez tout seul.
14:25Vous venez saluer le président Mitterrand.
14:28Et avant que les gardes du corps puissent faire quoi que ce soit, je me suis faufilé derrière.
14:32Et moi, j'ai fait ligne droite pour le président Bush.
14:36Oui, Bush s'ignore, c'était.
14:40J'avais fait connaissance de son goûteur.
14:44Son goûteur était là quand même dans les cuisines.
14:47D'ailleurs, il y avait le goûteur de Mulvoney qui était le canadien qui est passé.
14:51Et le goûteur du président Bush qui lui a dit, ça va, je suis là.
14:57Et donc, l'autre est parti, il a trouvé que ça va, il y avait un goûteur, ça suffisait,
15:02qu'on a bien nourri pendant tout le repas.
15:04Et on a fait, on a lié d'amitié.
15:07Et je lui ai filé un petit appareil photo.
15:11Et il m'a prise en photo, donc, en train de saluer le président Bush,
15:15de lui montrer la terrine de foie gras qui me restait dans les mains,
15:18de lui donner une liste des prix, un catalogue.
15:21Et c'est comme ça que vous vous êtes retrouvé à la Maison Blanche.
15:23Et voilà, oui, oui. Et depuis, on est fournisseur de la Maison Blanche.
15:27Alors, non, mais votre parcours est incroyable.
15:29Je crois que j'ai répété, je ne sais combien incroyable depuis le début de cette émission.
15:32Vous faites partie aussi du jury qui va être mon associé.
15:35Enfin, vous avez fait partie de ce jury-là.
15:36Qu'avez-vous envie de dire aux jeunes entrepreneurs, justement,
15:38qui parfois sont découragés, parfois manquent de vision ?
15:42Enfin, quelles sont pour vous les principales qualités pour se lancer dans l'entrepreneuriat ?
15:47Manquer de vision, c'est un problème.
15:49Quand on veut se lancer, c'est parce que, justement, on a une vision.
15:53C'est relativement claire, pas dans tous les détails encore, bien sûr,
15:57mais il faut avoir, un, le culot, et deux, l'obstination pour aller jusqu'au bout,
16:04et donc la vision.
16:05Et ça, c'est le... Voilà, c'est tout.
16:07Après, le reste viendra.
16:08Si vous pensez que vous avez un bon produit, une bonne idée, un bon service,
16:13il faut aller jusqu'au bout, il faut...
16:16Il ne faut pas lâcher, il ne faut persévérer.
16:18Il ne faut pas lâcher, il ne faut pas lâcher.
16:19De toute façon, pour ceux qui hésitent, il suffit de lire votre livre,
16:21et on verra que vous allez traverser le 11 septembre,
16:26la gare du Golfe, le Covid, enfin tout, quoi.
16:28Tout, et à chaque fois, il y a eu des moments très difficiles,
16:30et puis on revoit sa stratégie, on se relève.
16:32Alors, votre nouveau défi, c'est la Comtesse du Barry.
16:35Oui.
16:35Alors, pourquoi avoir vendu d'Artagnan,
16:38et avoir décidé, finalement, de vous lancer maintenant
16:40avec une autre très belle entreprise,
16:43l'igerçoise, la Comtesse du Barry ?
16:45Mais quand j'ai vendu d'Artagnan, c'était vraiment dans l'idée
16:48de me consacrer à la ferme, en permaculture.
16:51Avec votre fille.
16:52Avec Alix.
16:53Une ferme qui a une heure de New York, au nord de New York,
16:56et qui est ouverte pour le public du vendredi au dimanche,
16:59et pas l'hiver.
17:00Donc je me suis dit, voilà, c'est une demi-retraite.
17:03Alix m'a dit, tu t'occupes de la distillerie,
17:06et de faire les liqueurs et du bar,
17:08et puis tu me fais aussi un peu les soupes,
17:11les confits, les batchs, quoi.
17:16Et avec grand plaisir.
17:18Et c'est quand même un bonheur de pouvoir travailler avec sa fille.
17:23Bien sûr, c'est pas sans crise, mais c'est des petites crises.
17:26Et donc, j'étais tranquille comme ça,
17:28et ce sont des copains qui sont venus me voir en me disant,
17:30tu sais, la Comtesse, ça va très mal.
17:34Ça va s'arrêter.
17:36D'ailleurs, c'est à vendre.
17:39Quand même, ça serait bien.
17:40Et puis moi, je disais, mais il n'en est pas question.
17:42C'est à 5000 kilomètres de chez moi.
17:45Il n'en est pas question.
17:46Et puis, c'était en décembre dernier.
17:49On a dîné tous ensemble chez Gérard,
17:52chez Michel Gérard, à Génie-les-Bains.
17:55Et ils m'ont eu un coup d'armagnac.
17:59Mais avec grand plaisir en plus,
18:01parce que pour moi, Comtesse du Barry,
18:03c'est vraiment l'entreprise historique
18:06qui représente tout ce que j'aime,
18:09qui représente la qualité des produits Gascon,
18:11qui représente une histoire qui a démarré avec une femme.
18:16En 1908, ce n'était pas rien quand même.
18:19Quand on pense que moi, je n'allais pas reprendre l'entreprise
18:22parce que j'étais une femme à l'hôtel.
18:25Et elle, en 1908, elle était charcutière,
18:30épouse d'un ferblantier à Gimont,
18:32vraiment au milieu de nulle part dans le Gers.
18:35Et elle a réussi à conquérir tous les gourmands de Paris
18:39avec son foie gras,
18:41à inventer la vente par coïnsponnance du foie gras
18:44et à développer ça bien comme il faut.
18:47Et sa fille a fait le bloc.
18:49Puis après, ses petits-enfants, les frères Lacroix,
18:52moi, je les ai connus.
18:53Je les ai vus à l'hôtel.
18:54C'était des dignitaires.
18:59Les gens les attendaient dans le hall de l'hôtel
19:01pour les saluer, pour leur donner un petit mot.
19:04Le maire de Gimont, qui est venu,
19:06on a fait une porte ouverte récemment à Gimont,
19:09m'a dit que ses prédécesseurs ne faisaient rien
19:11sans l'accord de la comtesse du mari.
19:15Donc, vous êtes lise, ça ne pouvait pas disparaître.
19:17Et non, et non.
19:18Mais c'est un sacré défi,
19:19parce que vous aviez plutôt un rythme tranquille avec votre fille
19:22et là, vous vous relancez.
19:23Ben oui.
19:24Oui, mais bon, c'est une belle endormie.
19:26Il faut la réveiller.
19:28Et puis, elle mérite vraiment.
19:30Il ne faut pas laisser...
19:31Ça, c'est le genre d'entreprise qu'il ne faut pas laisser mourir.
19:34C'est ça qui fait la France.
19:35Et vraiment, l'unicité, ça se dit ça.
19:41L'unicité, l'union...
19:43En tout cas, on comprend l'idée.
19:44La façon unique que la France a de travailler.
19:48Ça n'existe pas ailleurs, ça.
19:50On l'a bien compris.
19:51Donc, ça, c'est le nouveau défi que vous vous lancez,
19:53et le rachat vient de se faire.
19:54Là, c'est en 2026.
19:56Donc, on aura, j'espère, l'occasion de vous recevoir à nouveau à ce micro
19:58pour justement faire une sorte d'état des lieux.
20:01Et on espère justement que vous allez réussir à bien réveiller cette belle endormie.
20:05Merci.
20:06Merci beaucoup, Ariane Daguin,
20:08d'avoir pris le temps de nous parler de votre parcours au micro de Sud Radio.
20:11Merci.
20:12Allez, on va se quitter.
20:13On ne va même pas se quitter.
20:14On va surtout retrouver Thibaut, notre French Trotter.
20:17Sud Radio, c'est ça la France, avec Thibaut, le French Trotter.
20:21Et Thibaut, qui nous emmène, je crois, du côté du phare de Cordouan ?
20:26Oui, exactement, à l'entrée de l'estphère de la Gironde,
20:28où on avait commencé une visite la semaine dernière.
20:31Et savez-vous que ce phare mesure 68 mètres de haut ?
20:34Il fait partie des dix plus hauts du monde.
20:36Mais ce qui le rend vraiment unique, c'est sa construction monumentale,
20:39qui en fait un véritable Versailles de la mer.
20:42Et il est toujours en activité.
20:43Et Pierre, notre guide, nous explique son rôle pour les marins.
20:46Écoutez.
20:47Ça permet aux marins de repérer dans quel secteur ils se trouvent.
20:50C'est-à-dire que les vitres de la lanterne, d'un côté sont colorées en rouge,
20:53de l'autre en vert.
20:54Et si les marins voient la lumière rouge du phare du Cordouan,
20:56ils savent qu'ils sont en train de rentrer dans la passe Sud, par exemple.
21:00Alors du GPS, est-ce que c'est important d'avoir un phare comme celui-ci ?
21:03Oui, je crois que c'est important.
21:04Il faudrait demander aux marins, c'est leur avis qui compte.
21:06Mais disons que le phare, c'est quand même une sécurité.
21:10Le GPS, l'AIS, on peut avoir une panne technique, une avarie sur le bateau,
21:14une panne d'électricité.
21:15Il faut savoir encore se fier au phare et puis savoir tracer sa route sur une carte.
21:20Est-ce qu'on peut parler un peu du côté technique aussi ?
21:23Comment il fonctionne ? Je crois que le secret réside dans la lentille.
21:26Oui, on a une ampoule qui s'allume tous les soirs,
21:29mais qui n'est pas extrêmement puissante.
21:31C'est surtout la lentille de Fresnel qui est autour,
21:33qui permet de concentrer les rayons de lumière.
21:35Et grâce à elle, on a une lumière qui est visible jusqu'à 35 km par temps clair.
21:40Ça va leur faire français aussi.
21:41Fresnel qui a été un peu oublié, mais l'inventeur de la lentille.
21:45Oui, plus que français même de Cordouan.
21:48Augustin Fresnel est normand, mais quand il invente sa lentille,
21:51le premier endroit où il va l'installer pour se rendre compte qu'elle fonctionne effectivement,
21:56c'est le phare de Cordouan.
21:57On a fêté il n'y a pas très longtemps les 200 ans de la lentille de Fresnel.
22:00La toute première, c'était à Cordouan.
22:02Et 200 ans après, tous les grands phares du monde ont des lentilles de Fresnel.
22:06Alors concrètement, comment il fonctionne ?
22:07Je crois que c'est une lumière qui tourne ?
22:10Oui, on a une particularité à Cordouan, c'est qu'on a une lumière qui est fixe,
22:13on a une lentille autour qui est fixe,
22:15mais entre les deux, il y a un cache noir qui tourne,
22:19et dans ce cache, il y a trois ouvertures,
22:21ce qui fait que si vous regardez de nuit le phare de Cordouan,
22:23vous verrez trois éclats toutes les 12 secondes.
22:26Et votre rôle aussi, en tant que gardien de phare, c'est de surveiller ce bon fonctionnement ?
22:31Plus ou moins. La lumière est automatisée.
22:33Alors il arrive qu'il y ait des pannes, il arrive qu'il y ait une alarme qui sonne en
22:36la nuit,
22:36mais ça fonctionne à peu près bien.
22:38Nous, on est surtout là pour l'entretien du bâtiment.
22:41C'est un bâtiment qui est très grand,
22:43il y a beaucoup de choses qui tombent en panne,
22:44il y a beaucoup de choses à nettoyer,
22:46et nous, on est un peu les concierges de ce grand bâtiment royal.
22:50Alors qu'à écouter Pierre, j'ai l'impression que le métier de gardien de phare a beaucoup changé, Thibaut.
22:54Oui, absolument, il ne s'agit plus d'allumer et d'éteindre la lanterne.
22:57Comme l'a dit Pierre, tous les phares sont automatisés.
23:00D'ailleurs, il n'y a quasiment plus de gardien de phare, en fait.
23:02Et Cordouan fait vraiment exception.
23:04Alors comment s'organisent leur vie dans le phare ?
23:06Eh bien, on écoute Pierre.
23:07Aujourd'hui, on est six gardiens à se relayer sur Cordouan,
23:10et je pense qu'aucun n'avait pensé avant de venir un jour au gardien de phare,
23:13mais ça nous plaît tous énormément.
23:14Je crois que vous vous relayez, il y a deux gardiens ici en permanence ?
23:18Oui, c'est ça, toujours deux présents sur le phare,
23:21et on est une équipe de six à tourner pour que, été comme hiver,
23:25jour et nuit, il y ait toujours deux personnes présentes sur le phare.
23:28Et vous venez avec vos vies pour 15 jours, c'est ça ?
23:30Oui, c'est ça, pour deux semaines, on vient avec nos vêtements, nos vivres,
23:34et puis sur place, on a l'électricité parce qu'on a des groupes électrogènes,
23:38on a l'eau douce parce qu'on récupère l'eau de pluie qui tombe sur le phare.
23:41On essaye d'être le plus autonome possible.
23:43Et pour vous chauffer l'hiver ?
23:44Et on a chauffage, mais seulement dans nos pièces de vie,
23:47en bas, dans la cuisine et dans les chambres, la tour n'est pas chauffée.
23:50Est-ce que vous vous émerveillez tous les jours ?
23:52Oui, je crois, et si on oublie de s'émerveiller,
23:55les gens qui viennent nous visiter nous le rappellent,
23:57on a de la chance d'être ici.
23:59Moi, j'aime beaucoup l'architecture, j'aime beaucoup l'histoire,
24:01et j'aime beaucoup la transmission.
24:02C'est historien ?
24:03Oui, j'ai une formation géographe, historien,
24:06et j'ai un vrai plaisir vraiment à transmettre ça
24:10avec les gens qui viennent nous voir.
24:12C'est un bâtiment qui est un peu isolé,
24:14si on le conserve juste pour le mettre sous cloche,
24:16ça n'a pas un grand intérêt.
24:17L'idée, c'est de partager ça avec les gens
24:19qui viennent découvrir ou redécouvrir leur patrimoine.
24:23On va préciser que le phare de Corbon est inscrit
24:26au patrimoine de l'UNESCO ?
24:27Oui, on est au monument historique déjà depuis le XIXe siècle,
24:30et depuis trois ou quatre ans,
24:31on est au patrimoine mondial de l'UNESCO.
24:34Et c'est un phare qui se visite, pour ceux qui le souhaiteraient ?
24:36Absolument, il y a des croisières,
24:38notamment des parts du Verdun-sur-Mer,
24:40et pour tous les renseignements,
24:41allez sur www.phare-de-cordouan.fr
24:47Merci beaucoup Thibault,
24:48on vous retrouve la semaine prochaine
24:49pour de nouvelles découvertes.
24:51Merci à vous chers auditeurs,
24:52rendez-vous la semaine prochaine,
24:53même jour, même heure et même radio,
24:56et surtout d'ici là, portez-vous bien !
24:58Sud Radio, c'est ça la France,
25:00Nathalie Schrengerma.
25:01Avec le réseau des chambres de métier et de l'artisanat,
25:04artisans de la nouvelle économie.

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