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  • il y a 2 jours
L’annonce du plan désastreux pour l’emploi faite lors du CCE d’Air France ce lundi (prévoyant la suppression de près de 3000 emplois) et la diffusion d'images de violence à l'encontre de deux dirigeants de l’entreprise après cette réunion ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l’Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:12il est temps peut-être après une pause un peu longue de reprendre ce billet vidéo qu'on espère
00:18tenir toutes les semaines peut-être un peu plus si les circonstances s'y prêtent alors je voudrais
00:24commencer aujourd'hui cette rentrée avec une phrase de Bertolt Brecht qui est la suivante on
00:31parle toujours de la violence du fleuve mais on ne dit rien de la violence des rives qui l'en
00:37sert je veux parler non pas des inondations méditerranée je veux parler d'air france bien
00:43sûr les images que nous avons vu des deux dirigeants du groupe je dirais de l'esté la
00:48chemise arrachée sont profondément choquantes et cette violence ces agressions physiques sont
00:53absolument condamnables et ça c'est parfaitement clair on n'agresse pas physiquement les gens
00:57ce n'est pas comme ça qu'on peut faire avancer les choses mais mais en même temps on peut
01:01s'étonner
01:02je dirais de ce que nos commentateurs qui s'indignent de cela et qui le font peut-être sincèrement
01:08mais parfois aussi avec beaucoup d'arrière-pensée puisque derrière ça on espère un peu condamner
01:12l'activité syndicale bien entendu mais on peut s'étonner de ce que nos commentateurs ne
01:17ne s'interroge pas aussi sur cette autre violence sociale qui s'exerce sur des salariés dont les
01:24effectifs ont fondu en sept à huit ans de quinze mille personnes on annonce à nouveau trois mille
01:28postes en moins est ce que nos commentateurs nos éditorialistes bien pensant imagine ce que ça
01:34représente comme angoisse dans les familles comme incertitude pour l'avenir des enfants cette
01:38violence sociale là elle s'exerce sur des milliers de personnes et elle n'est pas prête de cesser dans
01:43la logique je dirais de la direction d'air france alors je voudrais rappeler pour éclairer ce propos
01:50quand même à propos d'alexandre de journiac qui est le suivant il faut se battre à mort à mort
01:57alors
01:58comment veut-on que des salariés qu'on invite à se battre à mort à mort pour l'entreprise certes
02:02mais aussi entre eux parce que chaque fois on se demande si son poste va être supprimé ou si ça
02:07va
02:07être celui du voisin se battre à mort finalement cette violence-là c'est aussi je dirais la conséquence de
02:13ce
02:13climat donc je le répète comme disait brecht on parle souvent de la violence du fleuve mais on ne
02:19parle jamais de la violence des rives qui l'en sert

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