00:02C'est votre première participation à un congrès du Parti Communiste, on est en 2016, c'est ça ?
00:07Oui, c'est la première fois, moi j'ai 35 ans, donc je n'aurais pas pu venir au premier,
00:12mais c'est la première fois que je viens à un congrès du Parti Communiste français.
00:15Vous êtes là en tant qu'invité, qu'est-ce qui motive votre réponse positive ?
00:19Je trouve qu'en ce moment, un peu partout à gauche, il y a des gens qui se posent des
00:22questions
00:23sur comment est-ce qu'on va faire en sorte de renverser ce système
00:26pour faire en sorte qu'on puisse exercer le pouvoir à gauche
00:29et transformer pour de vrai la vie des gens, et notamment au Parti Communiste,
00:32il y a plein de gens qui se posent ces questions-là, donc ça m'intéresse.
00:34Et vous avez une réponse ?
00:36Non, sinon je ne serais pas là, je serais en train de faire la réponse.
00:40Non.
00:43En fait, ce que j'observe, c'est que la Ve République,
00:45elle nous pousse à trouver une réponse dans une candidature,
00:47ce qui est normal, parce que si on veut à un moment exercer le pouvoir
00:50pour changer la vie des gens, il faut être à l'Elysée et à Matignon.
00:53Donc moi, je considère que prendre le pouvoir, c'est une des manières de changer la vie des gens,
00:57et c'est sans doute la plus efficace, parce que si on veut faire la VIème République,
01:00la transition énergétique, c'est un vaste plan d'éducation contre le sexisme
01:04et contre le racisme dans les écoles, il faut à un moment être à Matignon,
01:07être à l'Elysée, être majoritaire à l'Assemblée nationale et au Sénat.
01:10Donc la prise du pouvoir, c'est un élément déterminant.
01:11Le paradoxe qu'on a aujourd'hui, c'est qu'il y a d'un côté une volonté de prise
01:15du pouvoir,
01:16moi je le ressens très fortement dans la mobilisation sociale,
01:18c'est-à-dire que contrairement à ce qui se passait il y a peut-être 5 ans,
01:22où dans les mouvements sociaux, on était très, le pouvoir, non,
01:24on ne veut pas prendre le pouvoir, on va changer les choses de l'extérieur.
01:27Moi je ressens très fortement aujourd'hui cette volonté,
01:30enfin en tout cas on est nombreuses et nombreux,
01:31à plus forcément être adhérents dans les partis politiques,
01:33mais à dire, nous on veut quand même à un moment prendre le pouvoir.
01:36Donc il y a cette volonté dans les mouvements sociaux,
01:38enfin moi en tout cas je la ressens très fortement,
01:39et en même temps il y a un paradoxe, c'est qu'on n'en peut plus de cette 5ème
01:42République,
01:43et on ne veut pas jouer le jeu de la 5ème République.
01:45Or la présidentielle, c'est jouer à fond le jeu de la 5ème République,
01:48l'hyperprésidentialisation, la personnalisation,
01:51l'autorité, le fait de prendre des décisions en petits groupes,
01:54et là on a un paradoxe que moi je n'arrive encore pas à résoudre.
01:57L'utilisation des réseaux sociaux, en politique,
02:00vous avez fait la démonstration qu'elle peut avoir un poids.
02:03Est-ce que c'est un leurre, ou est-ce que c'est un vrai outil à utiliser ?
02:08Alors pour moi c'est une caisse d'amplification, qui est déterminante.
02:12Par exemple la pétition, quand on fait la différence entre le CPE et la loi travail,
02:15dans les deux cas il y a eu une pétition.
02:17Le CPE, personne ne s'en souvient,
02:18parce que c'était des pétitions papier sur les FAC,
02:19mais si on n'avait pas fait des pétitions pendant un mois et demi sur les FAC,
02:23il n'y aurait pas eu de mouvement lancé contre le contrat première embauche.
02:25Donc la pétition numérique ou papier, c'est un outil d'information, de mobilisation.
02:29La différence avec les réseaux sociaux et avec Internet,
02:31c'est que le CPE on a dû avoir peut-être 10 000 signatures en un mois et demi à
02:37la main.
02:37Des mails par ailleurs qu'on ne pouvait pas recopier,
02:39enfin qui étaient compliqués, c'était beaucoup de boulot.
02:41Donc on n'utilisait pas.
02:43Là on a en trois semaines un million de signataires,
02:45de gens qu'on peut recontacter pour leur proposer de se réengager.
02:48Donc c'est une caisse d'amplification.
02:50C'est-à-dire que ça permet d'aller plus vite, plus loin, d'une manière plus efficace.
02:53Mais ça ne change à mon avis rien au fait que si un jour on veut prendre le pouvoir,
02:56si on veut transformer la société,
02:58il faut un mouvement qui soit structuré partout en France,
03:00avec de toute façon derrière leurs ordinateurs,
03:02des vrais gens qui ne vont pas faire que cliquer,
03:05mais qui vont aussi faire des réunions, s'engager, convaincre,
03:07aller distribuer des tracts, organiser des meetings, peu importe.
03:10Et donc pour moi cette question,
03:12on ne va pas remplacer les gens par des réseaux sociaux.
03:15Parce que de toute façon il faudra toujours des gens derrière pour cliquer.
03:17Ce qu'on peut faire, c'est utiliser les réseaux sociaux
03:19comme une caisse d'amplification du militantisme humain.
03:22au fond de l'hémé.