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  • il y a 13 heures
Les artistes Arthur Tiar et Nicolas Guillemin nous présentent le Cabaret Courant Faible qui investira le chapiteau de l’espace dédié aux arts vivants à la Fête de l'Humanité vendredi 9 septembre, de 16h30 à 20h30. Par le choix, pour présenter leurs œuvres, de la forme atypique d’un cabaret, en totale rupture avec les murs aseptisés d’un musée ou d’une galerie, les jeunes artistes de ce collectif affichent une volonté de rompre avec l’industrie culturelle à la fois élitiste et standardisée qu’est devenu l’art contemporain. Le temps d’une après-midi, sculpteurs, dessinateurs, photographes, vont tenter l’expérience d’une transmission de leur travail en direct avec le public tandis que des musiciens et des danseurs viendront rythmer le tout !

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Transcription
00:02Arthur Thiers, bonjour. Bonjour. Et Nicolas Guillemin, bonjour. Bonjour.
00:06Vous êtes tous les deux co-organisateurs, avec une autre qui n'est pas là aujourd'hui.
00:10Élise Vandeval. Voilà, Élise, du Cabaret Courant Faible qui va se produire toute une longue
00:18après-midi à la Fête de l'Humanité dans l'espace Art Vivant. Donc c'est un peu une première
00:23d'avoir
00:23de l'art contemporain à la Fête de l'Humanité et de l'art vraiment en train de se faire.
00:28J'imagine
00:28qu'il y aura de la performance. Donc on est très content déjà que vous inauguriez cet
00:34espace avec nous. Et alors justement, Courant Faible, pourquoi ce nom ? Quelle est votre démarche ?
00:39Je crois que vous êtes un collectif d'artistes. Expliquez-nous un peu qui vous êtes et ce
00:43que vous faites. En fait, le 6 février 2016, donc là il y a quelques mois, on a eu l
00:49'occasion
00:49de faire une prestation collective dans un espace. Et c'est à ce moment-là qu'avec Élise
00:54et Nicolas, on a décidé d'orienter ça plutôt vers la scène que vers l'exposition traditionnelle.
00:58C'est-à-dire de déplacer le travail des artistes, qui sont des artistes visuels
01:04pour la plupart, et non pas un rapport au public sur le mur directement comme ça, mais
01:12plutôt sur la scène, ce qui va changer le temps, la temporalité d'appréciation potentielle
01:16par rapport au public. Et du coup, ce que ça implique dans la médiation qu'il peut y
01:24avoir entre une œuvre et son public, justement. Qui est quelque chose d'un petit peu plus
01:29direct en fait. Un changement dans le rapport aux œuvres, dans le rapport à l'œuvre, dans
01:33le rapport à l'activité.
01:35D'autant que vous serez là. Tous les artistes seront présents physiquement, même ceux
01:39qui ne font pas de performance, mais qui exposent des photos, des sculptures et que sais-je
01:43encore. Ils seront là et directement interpellables par les gens qui verront leurs œuvres.
01:47Exactement. En fait, c'est-à-dire que pendant... Chacun est libre, chaque artiste qu'on invite
01:51ou qui s'est invité, en fait ça se passe de plein de manières différentes, est présent
01:56sur scène pendant un temps donné. 5, 10, 15, 20 minutes selon ce qu'il a à présenter.
02:00Et il présente entre guillemets ce qu'il a envie. C'est lui qui décide la manière
02:03dont il va exister sur scène. Et on tient absolument à ce que ces gens qui viennent sur scène
02:08ne sont pas nécessairement des performeurs, donc qui sont plus liés au rapport direct justement
02:13avec le public, au présent et à ces choses-là. Mais des artistes plasticiens, comme on dit,
02:19des photographes, des peintres, des sculpteurs, des choses comme ça. Il y a un peu de tout
02:23en fait. C'est difficile de parler de son travail ? Comme ça, à des gens qui vont peut-être
02:27vous poser des questions, vous interroger ? Déjà, c'est un petit peu le jeu, mais ça
02:32ne consiste pas nécessairement à parler de son travail, parce que si l'artiste qui est présent
02:37ne veut pas parler de son travail, il n'en parlera pas. Par contre, il sera quand même
02:39sur scène, il sera là et il sera face à un public. Donc ça, c'est la place à les
02:44laisser après à chacun. Le seul exemple qu'on a, c'est celui qu'on a fait à Houdoudouville.
02:51Il y a eu peu d'interpellations, sauf quand elles étaient provoquées par l'artiste, du
02:56public. Mais il y a eu un spectacle qui s'est fait, assez singulier, peut-être assez original.
03:02C'est quand même un cabaret, dans le sens que ça mélange aussi bien des interventions
03:06parlées, des gens qui peuvent un peu présenter un travail, mais c'est moins formel que, je
03:10sais pas, l'artiste avec son oeuvre, machin comme ça. Il y a aussi de la musique. On garde
03:16la référence au cabaret, avec la scène avec un fond noir, des gens qui peuvent dire
03:23des textes plus poétiques.
03:25D'autant que vous serez sous un chapiteau.
03:27Et on a la chance d'être sous un chapiteau et on est très contents. Donc ça ajoute
03:31aussi, on apprécie beaucoup cette ambiance, en fait. C'était quelque chose d'important
03:34pour nous, comme Arthur parlait de ce déplacement. La salle blanche de l'exposition, ça fait
03:39partie aussi du côté un peu impressionnant, voire élitiste. Et le cabaret, c'est un endroit
03:43intéressant, parce que c'est un endroit qui est entre les milieux, qui a un côté
03:47populaire, mais en même temps c'est aussi un spectacle qui peut se connecter à la culture
03:51plus institutionnelle. Et donc j'enchaîne sur courant faible. L'idée, en fait, c'était
03:59qu'on avait envie de créer une alternative, parce qu'on a l'impression que l'art contemporain
04:05c'est devenu une industrie culturelle. C'est-à-dire que depuis un moment, mais en quelques années,
04:09nous on l'a vu, ça s'est mondialisé, marchandisé à un stade incroyable, et aussi surtout standardisé.
04:17Il y a le phénomène des commissaires d'exposition, mais pas seulement.
04:20Et ça fait que maintenant, il y a un standard, un format, quoi. C'est-à-dire l'expo de
04:24groupe,
04:24c'est 5-10 artistes, le commissaire, et chacun à sa place. Et donc c'est un petit peu comme
04:30les 2 minutes 30 pour l'industrie culturelle de la musique, quoi. Le morceau qui doit durer
04:342 minutes 30, et ça fait un format. Et donc l'idée du courant faible, c'est de dire
04:39est-ce que dans ce nouveau format, il y a des artistes qui pourraient créer quelque chose
04:43d'alternatif, par leur démarche, par leur envie simplement de participer au cabaret,
04:48de représenter ce courant faible. C'est-à-dire, maintenant que l'art contemporain est devenu
04:52une industrie culturelle et qui fait bloc, en fait, il peut peut-être y avoir des gens
04:55qui se séparent de ce bloc pour faire d'autres choses, comme les labels indépendants.
04:59Ou on cite aussi le DIY pour l'industrie des biens de consommation,
05:03où le DIY, c'est des gens qui se décident à faire eux-mêmes, je ne sais pas, des tables,
05:08n'importe quoi, les objets dont ils ont besoin, la cuisine. Et cabaret, ça fait partie aussi de ça.
05:14Les gens qui nous regardent, on s'en dit, t'as envie de savoir un peu ce qu'ils vont
05:18voir,
05:19les différents types de créations qu'ils vont pouvoir voir. Vous nous en dites un mot, Arthur ?
05:24Théo Bétain, par exemple, il va probablement présenter une sculpture sur scène.
05:28Est-ce qu'il la fera en direct ? Est-ce qu'il la montrera, tout simplement ?
05:31Je ne peux pas encore le dire. Nicolas Guimain, il y a une performance qui accompagne son jeu de cartes
05:39avec le public directement. Lucas Henao, il va nous parler de son livre qu'il a fait avec Récit Édition.
05:45Il y aura une vidéo qui va présenter des choses. Lui, il va être sur scène,
05:49et je ne sais pas encore la nature exacte de son intervention. Nous, c'est aussi,
05:52on ne cherche pas à organiser un spectacle tenu, minuté, précisément, on cherche à faire,
05:59à réunir des artistes et à créer quelque chose avec le public. On n'est pas des metteurs en scène,
06:05en fait.
06:05Et vous, qu'est-ce que vous allez présenter, Arthur ?
06:07Le cabaret, Récit Édition également. Et il y aura une vidéo qui tournera de temps en temps,
06:14tout au long du spectacle. Et je ne serai pas sur scène, forcément, à ce moment-là.
06:20Il y a des gens qui vont produire des spectacles musicaux, danses ?
06:23Oui, tout à fait. Il y a un groupe de musique, Shrouded on the Dinner, qui va être là.
06:27Donc, à un intervalle plus ou moins régulier pendant les 4 heures.
06:33Élise Vandeval, qui est une artiste plasticienne, qui organise avec nous le cabaret,
06:37et J.E. Jung, qui est une danseuse, vont travailler ensemble des chorégraphies, de la danse.
06:44Donc, c'est assez expérimental, mais ça sera vraiment de la danse sur scène.
06:48Valentin Lewandowski, c'est littéralement un performeur.
06:52Enfin, c'est comme ça qu'on dit.
06:54Donc, là, il y aura une performance sur scène directement.
06:58Laurent Proulx, c'est un peintre.
07:00Je ne sais pas exactement de quelle nature sera son intervention,
07:03mais c'est un peintre qu'on pourrait qualifier de loin figuratif, en plus.
07:07Donc, ça, c'est assez intéressant de voir ça sur scène, je pense.
07:10Ce n'est pas tout à fait anodin d'être invité, en tant qu'artiste contemporain,
07:14en tant que jeune artiste, à la fête de l'Huma.
07:16Voilà. Alors, est-ce que, déjà, vous y êtes déjà allé, à la fête de l'Humanité ?
07:20Et qu'est-ce que ça représente pour vous, déjà, la fête de l'Humanité ?
07:24Et puis, comment vous allez interagir avec ce lieu ?
07:27Le fait que la fête de l'Huma s'intéresse à ce qu'on fait,
07:31parce que c'est un petit peu ce qui s'est passé, ça les a intéressés, on va dire,
07:36c'était pour nous porteur de beaucoup de sens,
07:37parce que c'est vrai que, effectivement, c'est un endroit de rencontre
07:41où il se passe énormément de choses, c'est énormément vivant, et voilà.
07:46Merci beaucoup.
07:47Merci à vous.

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