00:02Arthur Thiers, bonjour. Bonjour. Et Nicolas Guillemin, bonjour. Bonjour.
00:06Vous êtes tous les deux co-organisateurs, avec une autre qui n'est pas là aujourd'hui.
00:10Élise Vandeval. Voilà, Élise, du Cabaret Courant Faible qui va se produire toute une longue
00:18après-midi à la Fête de l'Humanité dans l'espace Art Vivant. Donc c'est un peu une première
00:23d'avoir
00:23de l'art contemporain à la Fête de l'Humanité et de l'art vraiment en train de se faire.
00:28J'imagine
00:28qu'il y aura de la performance. Donc on est très content déjà que vous inauguriez cet
00:34espace avec nous. Et alors justement, Courant Faible, pourquoi ce nom ? Quelle est votre démarche ?
00:39Je crois que vous êtes un collectif d'artistes. Expliquez-nous un peu qui vous êtes et ce
00:43que vous faites. En fait, le 6 février 2016, donc là il y a quelques mois, on a eu l
00:49'occasion
00:49de faire une prestation collective dans un espace. Et c'est à ce moment-là qu'avec Élise
00:54et Nicolas, on a décidé d'orienter ça plutôt vers la scène que vers l'exposition traditionnelle.
00:58C'est-à-dire de déplacer le travail des artistes, qui sont des artistes visuels
01:04pour la plupart, et non pas un rapport au public sur le mur directement comme ça, mais
01:12plutôt sur la scène, ce qui va changer le temps, la temporalité d'appréciation potentielle
01:16par rapport au public. Et du coup, ce que ça implique dans la médiation qu'il peut y
01:24avoir entre une œuvre et son public, justement. Qui est quelque chose d'un petit peu plus
01:29direct en fait. Un changement dans le rapport aux œuvres, dans le rapport à l'œuvre, dans
01:33le rapport à l'activité.
01:35D'autant que vous serez là. Tous les artistes seront présents physiquement, même ceux
01:39qui ne font pas de performance, mais qui exposent des photos, des sculptures et que sais-je
01:43encore. Ils seront là et directement interpellables par les gens qui verront leurs œuvres.
01:47Exactement. En fait, c'est-à-dire que pendant... Chacun est libre, chaque artiste qu'on invite
01:51ou qui s'est invité, en fait ça se passe de plein de manières différentes, est présent
01:56sur scène pendant un temps donné. 5, 10, 15, 20 minutes selon ce qu'il a à présenter.
02:00Et il présente entre guillemets ce qu'il a envie. C'est lui qui décide la manière
02:03dont il va exister sur scène. Et on tient absolument à ce que ces gens qui viennent sur scène
02:08ne sont pas nécessairement des performeurs, donc qui sont plus liés au rapport direct justement
02:13avec le public, au présent et à ces choses-là. Mais des artistes plasticiens, comme on dit,
02:19des photographes, des peintres, des sculpteurs, des choses comme ça. Il y a un peu de tout
02:23en fait. C'est difficile de parler de son travail ? Comme ça, à des gens qui vont peut-être
02:27vous poser des questions, vous interroger ? Déjà, c'est un petit peu le jeu, mais ça
02:32ne consiste pas nécessairement à parler de son travail, parce que si l'artiste qui est présent
02:37ne veut pas parler de son travail, il n'en parlera pas. Par contre, il sera quand même
02:39sur scène, il sera là et il sera face à un public. Donc ça, c'est la place à les
02:44laisser après à chacun. Le seul exemple qu'on a, c'est celui qu'on a fait à Houdoudouville.
02:51Il y a eu peu d'interpellations, sauf quand elles étaient provoquées par l'artiste, du
02:56public. Mais il y a eu un spectacle qui s'est fait, assez singulier, peut-être assez original.
03:02C'est quand même un cabaret, dans le sens que ça mélange aussi bien des interventions
03:06parlées, des gens qui peuvent un peu présenter un travail, mais c'est moins formel que, je
03:10sais pas, l'artiste avec son oeuvre, machin comme ça. Il y a aussi de la musique. On garde
03:16la référence au cabaret, avec la scène avec un fond noir, des gens qui peuvent dire
03:23des textes plus poétiques.
03:25D'autant que vous serez sous un chapiteau.
03:27Et on a la chance d'être sous un chapiteau et on est très contents. Donc ça ajoute
03:31aussi, on apprécie beaucoup cette ambiance, en fait. C'était quelque chose d'important
03:34pour nous, comme Arthur parlait de ce déplacement. La salle blanche de l'exposition, ça fait
03:39partie aussi du côté un peu impressionnant, voire élitiste. Et le cabaret, c'est un endroit
03:43intéressant, parce que c'est un endroit qui est entre les milieux, qui a un côté
03:47populaire, mais en même temps c'est aussi un spectacle qui peut se connecter à la culture
03:51plus institutionnelle. Et donc j'enchaîne sur courant faible. L'idée, en fait, c'était
03:59qu'on avait envie de créer une alternative, parce qu'on a l'impression que l'art contemporain
04:05c'est devenu une industrie culturelle. C'est-à-dire que depuis un moment, mais en quelques années,
04:09nous on l'a vu, ça s'est mondialisé, marchandisé à un stade incroyable, et aussi surtout standardisé.
04:17Il y a le phénomène des commissaires d'exposition, mais pas seulement.
04:20Et ça fait que maintenant, il y a un standard, un format, quoi. C'est-à-dire l'expo de
04:24groupe,
04:24c'est 5-10 artistes, le commissaire, et chacun à sa place. Et donc c'est un petit peu comme
04:30les 2 minutes 30 pour l'industrie culturelle de la musique, quoi. Le morceau qui doit durer
04:342 minutes 30, et ça fait un format. Et donc l'idée du courant faible, c'est de dire
04:39est-ce que dans ce nouveau format, il y a des artistes qui pourraient créer quelque chose
04:43d'alternatif, par leur démarche, par leur envie simplement de participer au cabaret,
04:48de représenter ce courant faible. C'est-à-dire, maintenant que l'art contemporain est devenu
04:52une industrie culturelle et qui fait bloc, en fait, il peut peut-être y avoir des gens
04:55qui se séparent de ce bloc pour faire d'autres choses, comme les labels indépendants.
04:59Ou on cite aussi le DIY pour l'industrie des biens de consommation,
05:03où le DIY, c'est des gens qui se décident à faire eux-mêmes, je ne sais pas, des tables,
05:08n'importe quoi, les objets dont ils ont besoin, la cuisine. Et cabaret, ça fait partie aussi de ça.
05:14Les gens qui nous regardent, on s'en dit, t'as envie de savoir un peu ce qu'ils vont
05:18voir,
05:19les différents types de créations qu'ils vont pouvoir voir. Vous nous en dites un mot, Arthur ?
05:24Théo Bétain, par exemple, il va probablement présenter une sculpture sur scène.
05:28Est-ce qu'il la fera en direct ? Est-ce qu'il la montrera, tout simplement ?
05:31Je ne peux pas encore le dire. Nicolas Guimain, il y a une performance qui accompagne son jeu de cartes
05:39avec le public directement. Lucas Henao, il va nous parler de son livre qu'il a fait avec Récit Édition.
05:45Il y aura une vidéo qui va présenter des choses. Lui, il va être sur scène,
05:49et je ne sais pas encore la nature exacte de son intervention. Nous, c'est aussi,
05:52on ne cherche pas à organiser un spectacle tenu, minuté, précisément, on cherche à faire,
05:59à réunir des artistes et à créer quelque chose avec le public. On n'est pas des metteurs en scène,
06:05en fait.
06:05Et vous, qu'est-ce que vous allez présenter, Arthur ?
06:07Le cabaret, Récit Édition également. Et il y aura une vidéo qui tournera de temps en temps,
06:14tout au long du spectacle. Et je ne serai pas sur scène, forcément, à ce moment-là.
06:20Il y a des gens qui vont produire des spectacles musicaux, danses ?
06:23Oui, tout à fait. Il y a un groupe de musique, Shrouded on the Dinner, qui va être là.
06:27Donc, à un intervalle plus ou moins régulier pendant les 4 heures.
06:33Élise Vandeval, qui est une artiste plasticienne, qui organise avec nous le cabaret,
06:37et J.E. Jung, qui est une danseuse, vont travailler ensemble des chorégraphies, de la danse.
06:44Donc, c'est assez expérimental, mais ça sera vraiment de la danse sur scène.
06:48Valentin Lewandowski, c'est littéralement un performeur.
06:52Enfin, c'est comme ça qu'on dit.
06:54Donc, là, il y aura une performance sur scène directement.
06:58Laurent Proulx, c'est un peintre.
07:00Je ne sais pas exactement de quelle nature sera son intervention,
07:03mais c'est un peintre qu'on pourrait qualifier de loin figuratif, en plus.
07:07Donc, ça, c'est assez intéressant de voir ça sur scène, je pense.
07:10Ce n'est pas tout à fait anodin d'être invité, en tant qu'artiste contemporain,
07:14en tant que jeune artiste, à la fête de l'Huma.
07:16Voilà. Alors, est-ce que, déjà, vous y êtes déjà allé, à la fête de l'Humanité ?
07:20Et qu'est-ce que ça représente pour vous, déjà, la fête de l'Humanité ?
07:24Et puis, comment vous allez interagir avec ce lieu ?
07:27Le fait que la fête de l'Huma s'intéresse à ce qu'on fait,
07:31parce que c'est un petit peu ce qui s'est passé, ça les a intéressés, on va dire,
07:36c'était pour nous porteur de beaucoup de sens,
07:37parce que c'est vrai que, effectivement, c'est un endroit de rencontre
07:41où il se passe énormément de choses, c'est énormément vivant, et voilà.
07:46Merci beaucoup.
07:47Merci à vous.