00:01Le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière
00:09de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire,
00:12mais il va se poursuivre ce débat parlementaire d'une manière ou d'une autre, d'abord au Sénat et
00:17ensuite par des procédures que nous utiliserons jusqu'au bout.
00:20Le Conseil des ministres qui s'est réuni aujourd'hui sous la présidence du chef de l'Etat à 14h30
00:29m'a autorisé à engager la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi Croissance et Activité conformément à l
00:38'article 49 alinéa 3 de la Constitution.
00:42Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage,
00:52pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature.
00:59Il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance.
01:08Est-ce que M. Hollande, dans son programme de candidat à la présidence de la République, avait indiqué aux citoyens
01:13qu'il allait casser le code du travail ?
01:15Si je me rappelle bien, il avait dit je vais m'attaquer à la finance. Donc qu'il s'attaque
01:19à la finance, aux paradis fiscaux, au Panama's paper, mais qu'il ne s'attaque pas au code du travail.
01:24Car ceux qui sont en colère aujourd'hui, me semble-t-il, c'est ceux qui l'ont élu président
01:29de la République, en tout cas une grande partie.
01:31Présider la République, c'est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris.
01:44Moi, je ne suis pas comme d'autres, vous allez le reconnaître assez facilement, qui viennent devant les travailleurs dans
01:50leur usine et qui leur promet ce qu'ils n'est pas capable de tenir après.
01:53Donc, ce que je dois dire doit être aussi ce que je tiendrai.
01:59Il faut que face à ces situations où il y a des plans sociaux, des licenciements, dont la seule justification
02:07est le rendement d'un cours boursier,
02:09il faut que la jurisprudence qui maintenant s'est établie puisse être traduite en forme de loi pour que vous
02:17puissiez, là, non pas empêcher des licenciements.
02:20Nous ne les empêcherons jamais dans les entreprises qui connaissent des pertes ou qui connaissent, hélas, des diminutions de charges
02:29ou d'activités.
02:29Mais là où il y a la recherche d'un licenciement pour un seul but boursier, il faut qu'il
02:35y ait la saisine d'un tribunal qui puisse suspendre ce plan
02:38et obliger l'entreprise, obliger le groupe à revenir dans la négociation et dans la discussion avec les salariés.
02:45L'État peut fixer les règles.
02:47Il n'y a rien de pire que de promettre ce qu'on n'est pas capable de tenir.
02:50Et vous m'en voudriez demain si je vous avais fait, là aussi, des illusions et des incantations.
02:58Et en même temps, il faut que nous puissions vous donner des garanties que si ça change, et ça doit
03:04changer,
03:05au mois de mai prochain, vous puissiez être dans un rapport de force différent pour défendre votre emploi et votre
03:11activité.
03:11Le 31 octobre 2011, on a eu la visite sur le parking de Goudjuraniens de quelqu'un qui, depuis, est
03:16devenu président de la République.
03:17Vous savez, le « moi, je, quand je serai président ».
03:19Aujourd'hui, il fait pire que ce qui avait été fait avant, alors que quand on a voté pour lui,
03:23on s'est dit qu'on va en face débarrasser de ce qui s'était passé avant pour essayer d
03:25'avoir mieux.
03:26Non seulement notre usine est fermée, et en plus, maintenant, on va aller en tol.
03:29On va aller en tol parce qu'on a tenu tête à une multinationale puissante,
03:32et qu'aujourd'hui, moi, je continue avec d'autres camarades de la CGT de dire
03:35que ce que le gouvernement est en train de faire, c'est une catastrophe sans nom.
03:38Je viens donc devant vous prendre des engagements.
03:42Je ne veux pas, moi, me retrouver élu un jour sur une promesse,
03:46et ensuite ne pas revenir, parce qu'elle n'aurait pas été tenue.
03:51Je viens donc devant vous prendre des engagements.
03:59Dans un pays qui est en crise économique, sociale, mais aussi politique et civique,
04:03le fait qu'il reste ces amertumes, malgré une attitude, disons-le,
04:07et tout le monde le reconnaît, extrêmement responsable de la part des syndicats,
04:11est tout à fait une catastrophe.
04:13La CGT ne fait pas la loi dans ce pays.
04:17La dérive de la CGT, en tout cas d'une partie d'entre elles,
04:22qui, en se radicalisant, en ayant une attitude jusqu'au boutiste,
04:28ne sert pas le pays.
04:30On ne nous écoute pas.
04:31Il y a un gouvernement qui est autoritaire,
04:34qui refuse tout débat, la démocratie sociale, la démocratie politique.
04:37C'est tout le dialogue social qui est brisé jusqu'à la fin du quinquennat.
04:42Vous êtes de ceux qui pensent que ça se réglera dans les urnes ?
04:45Mais forcément, je ne peux pas voir d'autres solutions,
04:49même si on sent une grande colère,
04:51et qui d'ailleurs ne porte pas uniquement sur le sujet des retraites,
04:54qui d'une manière générale est l'expression d'une opposition dure,
04:58d'une forme de révolte, d'amertume, de rancœur à l'égard de Nicolas Sarkozy.
05:02S'il n'y a pas une alternative crédible,
05:05l'amertume, elle conduit à l'abstention,
05:07au vote des extrêmes, au rejet de la politique.
05:09Moi, je me suis fixé comme objectif, comme obligation.
05:13Ce sera la preuve que le pays a pu sortir de la situation
05:18dans laquelle je l'avais trouvée, la baisse du chômage.
05:22Monsieur Hollande, elles sont où les promesses ?
05:25Ah, allez, elles sont où ?
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