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Ils rêvaient de travailler librement et les voici esclaves d’un système qui les exploite. Malgré des pressions de la part d’Uber, plusieurs dizaines de chauffeurs VTC manifestaient ce lundi 16 janvier place de la Bastille à Paris. Bien décidés à obtenir justice de la part du géant américain, ils ont fondé un syndicat et avec le soutien de leurs avocats, ils mobilisent collègues, bien conscients que seule une action collective fera plier Uber. Avec l’appui d’élus de gauche, ils en appellent à l’Etat pour réglementer le secteur et assurer des droits équitables pour tous.

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00:07Ils rêvaient de travailler librement et les voici esclaves d'un système qui les exploite.
00:11Aujourd'hui, tous ces jeunes qui veulent travailler se retrouvent complètement piégés.
00:17Les conditions dans lesquelles ils ont commencé chez Uber ne sont plus les mêmes aujourd'hui.
00:22Le rapport n'est pas un rapport de contrat, encore moins un rapport de travailleurs indépendants,
00:27mais ils sont pieds et mains liés avec Uber qui décide de la rémunération, qui décide de la nature du
00:33contrat,
00:34sans qu'eux ne peuvent absolument rien dire.
00:36Donc aujourd'hui, ils en sont à faire des semaines de 60, 70, voire davantage d'heures de travail
00:42pour un salaire horaire de 3,50 euros, 3,15 euros même pour certains,
00:49ce qui est absolument hors loi, hors cadre du point de vue du droit français.
00:56Malgré des pressions de la part d'Uber, plusieurs dizaines de chauffeurs VTC manifestaient ce lundi 16 janvier, place de
01:03la Bastille à Paris.
01:04J'ai été désactivé un jour avant le jour de l'an par rapport aux manifestations,
01:07car je manifeste à visage découvert, ce qui est tout à fait normal.
01:11La problématique, c'est qu'il y a une terreur qui s'est installée au niveau des chauffeurs,
01:14qui fait qu'ils ne peuvent pas venir.
01:15Il y a des mesures disciplinaires et répressives de la part des plateformes,
01:18et ça c'est compliqué, surtout d'Uber.
01:19Bien décidés à obtenir justice de la part du géant américain,
01:23ils ont fondé un syndicat, et avec le soutien de leurs avocats,
01:26ils mobilisent leurs collègues, bien conscients que seule leur action collective fera plier Uber.
01:31Notre volonté aujourd'hui, c'est de mener une action collective,
01:36c'est-à-dire de réunir tous les dossiers,
01:38et qu'on aille en masse devant le Conseil du Prud'homme,
01:41dans des salles d'audience qui soient pleines,
01:43où puissent s'exprimer tous les manquements commis,
01:47et toutes les infractions commises par Uber.
01:50Mais notre deuxième idée, c'est de porter plainte au pénal,
01:53parce qu'il y a un délit qui existe en droit français,
01:57ça s'appelle le travail dissimulé,
01:59et le fait d'employer comme travailleur indépendant,
02:01celui qui en réalité est un salarié,
02:03puisqu'on lui donne des consignes,
02:05on contrôle ses consignes,
02:06et on sanctionne en cas de non-respect,
02:09ça s'appelle du travail dissimulé.
02:10Et notre objectif est donc de traduire les dirigeants Uber
02:13devant le banc du tribunal correctionnel,
02:17pour qu'ils aient à répondre de cette dissimulation, de cette fraude.
02:21Alors, ça ne s'appelle pas escroquerie,
02:23on n'en est pas loin,
02:24mais c'est en tout cas une qualification pénale.
02:26Avec l'appui d'élus de gauche,
02:28ils en appellent aussi à l'État,
02:29pour réglementer le secteur,
02:31et assurer des droits équitables pour tous.
02:33Ça suffit, on ne peut rien faire,
02:35on ne peut rien faire,
02:36l'autorité de la concurrence, l'Europe, machin, etc.
02:38Il faut trouver des solutions.
02:39Aujourd'hui, il y a environ 25 chauffeurs qui sont venus me voir,
02:41qui sont en train de préparer une application chacun de son côté.
02:44Donc chacun dépense 50, 100, 200 000 euros pour une plateforme,
02:47et ce ne sera pas viable derrière,
02:49ce sera compliqué.
02:50Mieux vaut une structure nationale officielle en open source,
02:53qui permettra à tout le monde de travailler.
02:55Et ça, c'est un projet qu'on porte depuis, on va dire, un mois,
02:58et on va essayer de faire en sorte que tout le monde se greffe sur le projet,
03:02pour qu'on puisse avancer.
03:03En se mobilisant, comme ils le font depuis plusieurs semaines,
03:06ils ne font que répéter ce qu'a été l'histoire des luttes en France,
03:09c'est-à-dire qu'on part d'une situation difficile, extrêmement précarisée,
03:14et en se mobilisant, en faisant adhérer l'opinion publique à son mouvement,
03:20comme c'est le cas aujourd'hui des chauffeurs Uber,
03:22on arrive à faire bouger les lignes.
03:24Moi, ce que j'attends du gouvernement,
03:26il vient de nommer un médiateur,
03:27ça veut dire qu'il a quand même pris conscience
03:29qu'il y avait une situation absolument inacceptable,
03:33que des pays qui sont beaucoup moins encadrés
03:36du point de vue du droit du travail,
03:37comme la Californie ou l'Angleterre,
03:42ont vu les chauffeurs gagner devant les tribunaux anglais
03:46ou devant les tribunaux américains
03:47pour remettre Uber ou pas et faire respecter les règles.
03:50Alors, ce serait quand même un paradoxe
03:51que dans un pays comme la France,
03:52on regarde de ce qu'est son droit du travail
03:54et de ce qu'est son histoire,
03:55qu'il n'en soit pas ainsi.

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