00:01La France qui se lève tôt s'était donné rendez-vous à Amiens ce mercredi 19 octobre.
00:07Syndicalistes, représentants politiques, artistes ou simples citoyens ont apporté leur soutien aux 8 anciens salariés de Goudière,
00:16rejugés en appel après leur condamnation en janvier de cette année à 24 mois de prison, dont 9 fermes.
00:23Dès 8h, au parc Saint-Pierre, l'ancien représentant CGT de Goudière, Mickaël Ouamène, a pris la parole ainsi que
00:30son avocat,
00:31avant de se rendre escorté par la foule au palais de justice.
00:35On est partis hier soir à 22h15. On a roulé toute la nuit, on est arrivés ici vers 7h30 du
00:42matin.
00:43Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour soutenir des camarades quand même ?
00:46C'est normal, c'est la vie qu'il faut soutenir, parce que ça aurait pu nous arriver.
00:51Moi, je suis à la retraite, j'ai une toute petite retraite, j'ai fait des merveilles avec, vous voyez
00:56ce que je veux dire.
00:57Donc, on est en train de nous manger, on est dévorés par tous ces gens qui ont beaucoup d'argent,
01:06qui trafiquent beaucoup.
01:08Et eux, il en faut toujours plus, mais nous, si on en demande un peu plus, on se fait cadrer
01:15et on n'aboutit à rien.
01:17Aujourd'hui, on nous écoute, mais on ne nous entend pas, donc il n'y a rien au bout du
01:21bout.
01:22Aujourd'hui, on est là, moi je suis retraité, mais je suis là pour mes enfants, mes petits-enfants,
01:26et puis pour tous ceux qui travaillent encore aujourd'hui, parce qu'on ne peut pas continuer, on ne peut
01:29pas laisser faire, ce n'est pas possible.
01:31Pour vous, les Goudières, c'est vraiment l'affaire de trop ?
01:34Oui, c'est tous les jours, même moi, pendant 40 ans de syndicalisme, on a subi aussi des pressions, on
01:40a voulu nous acheter pour nous faire taire,
01:42on a voulu plein de choses comme ça, mais ça, on ne lâchera pas, non.
01:45Et ça, c'est un exemple, il y en a d'autres, mais là, c'est le moment où jamais
01:48de montrer que ça suffit.
01:50Il n'y avait absolument aucune raison pour qu'ils franchissent cette grille, ce n'est pas des voyous, évidemment,
01:56c'est des salariés, c'est des militants qui ont tout fait pour sauver leur emploi, pour sauver leur salaire,
02:01qui se sont battus pendant 7 ans, contre un grand groupe richissime.
02:06Donc, voilà, là, on est confrontés vraiment à une justice de classe, parce qu'il n'y a absolument pas
02:13d'autre mot.
02:13Et puis, alors, bon, le pire, c'est que les prétendues victimes ont retiré leur plainte,
02:19et ils se retrouvent finalement condamnés à 24 mois de prison, dont 9 mois fermes,
02:25simplement parce que le parquet a poursuivi, c'est-à-dire, là, on est confrontés à une justice de classe,
02:31une condamnation politique. Voilà, c'est clairement un message d'avertissement de la part du gouvernement.
02:38En gros, qu'est-ce qu'il nous explique ? Si vous vous battez, si vous défendez votre emploi,
02:43si vous combattez une fermeture d'usine, eh bien, voilà ce qui peut vous arriver.
02:47J'ai envie de dire à la jeunesse de se mobiliser, de tous s'unir sous la même bannière,
02:51d'aller revendiquer nos droits, de se rendre compte qu'on n'est pas tout seul,
02:55le paumé, dans notre petit lycée, dans notre fac, ou dans notre stage, ou dans notre boîte.
03:01En réalité, on a tous une volonté commune d'émancipation contre le patronat,
03:06et en réalité, si on s'unit tous sous la même bannière, on est capables de faire plier le patronat,
03:12et la preuve en est aujourd'hui, on verra bien le résultat à la fin,
03:15mais je ne pense pas que les goudières se fassent réprimer, en tout cas,
03:19à une répression et une peine de prison.
03:21L'obligation d'aujourd'hui est assez grande, et du coup, ça donne confiance à l'avenir,
03:24et je dis aux jeunes d'avoir confiance à l'avenir et de se mobiliser.
03:26On était en Grèce aussi pour aider les syndicalistes à bas,
03:30donc voilà, on est partout sur le terrain, partout où je veux dire,
03:35on est mis au mur par les gouvernements,
03:41gouvernés eux par des décisions des employeurs, des multinationales.
03:45Si vous vous souvenez bien, les goudières, ça a un peu commencé tout le cycle de répression
03:50qui a suivi après avec Air France, avec la mobilisation de la loi El Khomri,
03:54c'est-à-dire une répression syndicale, une répression sociale,
03:57et je crois que ce n'est pas quelque chose de marginal pour le gouvernement.
03:59C'est-à-dire que, de la même manière qu'il utilise le 49.3 pour ne pas passer des
04:03lois illégitimes,
04:04il utilise la criminalisation du mouvement social pour essayer justement de faire taire
04:09tous ceux qui s'opposent à sa politique.
04:11Donc voilà, je pense que c'était donc symbolique d'être ici.
04:14Il est inentendable que des salariés qui défendent leur emploi prennent des peines de prison
04:20pendant que les patrons qui délocalisent, eux, sont tranquilles en train de réouvrir des entreprises en Russie
04:25comme M. Taylor ou en train de faire je ne sais quel profit.
04:29Donc voilà, c'est normal qu'on soit tous ici, il faut les arrêter ici, je dirais.
04:32Ça fait quand même 60 ans que ça n'a pas eu lieu, donc c'est lamentable.
04:37Quand on pense qu'en plus la direction avait levé complètement leur plainte
04:43et qu'à côté de ça, le parquet a fait appel, c'est quand même lamentable.
04:47Ça veut dire que l'État a envie vraiment de marquer un coup très fort par rapport aux syndicalistes,
04:52et je précise, et surtout par rapport aux gens de la CGT.
04:56Il y a un moment où il faut mettre un stop, il faut dire non.
04:58Ça c'est une frontière qu'on ne peut pas franchir.
05:02Alors on sait qu'il n'y a pas que les syndicalistes qui sont poursuivis,
05:06on sait que tout ça s'inscrit dans une politique répressive complètement inscrite aussi dans l'état d'urgence,
05:12qui est une politique de répression, en gros de tout ce qui bouge et de tout ce qui résiste.
05:17C'est l'autre face du néolibéralisme, c'est-à-dire la dureté sur le terrain social,
05:22mais aussi la dureté sur le terrain des libertés, sur les terrains démocratiques.
05:26Donc ce procès des Goudieur, c'est évidemment le procès des Goudieur,
05:30et il faut obtenir la relax, parce que ça doit devenir le procès de cette société policière et répressive.
05:38Mais c'est aussi quelque chose qui doit être un signe pour l'ensemble de celles et ceux
05:43qui se battent d'une solidarité indéfectible contre la répression.
05:48Bah oui, effectivement, des délinquants du Havre viennent soutenir les délinquants de Goudieur.
05:51C'est comme ça que le gouvernement nous nomme.
05:54Nous, on est là aujourd'hui pour une justice sociale, des camarades qui luttent contre les licenciements
06:01qui sont maintenant au palais de justice.
06:04Au Havre, on est très attentifs à ça aussi, puisqu'il faut savoir qu'on a eu ce qu'on
06:08a appelé les 4 du Havre aussi,
06:10nous, qu'on a défendus.
06:13Et effectivement, ce mot de délinquant, même de terroriste, de la part du MEDEF,
06:18donc ça c'est inacceptable pour nous.
06:20Sachant qu'on a des hautes autorités au gouvernement, les histoires qu'ils ont,
06:26il n'y a pas de justice, quand on a de l'argent, on peut faire ce qu'on veut.
06:30Nous, on est des simples ouvriers, effectivement, c'est plus dur, mais on se bat,
06:34et les goûts durs, il faut qu'ils soient relaxés aujourd'hui.
06:36Défendre son emploi, c'est aujourd'hui un élément extrêmement important.
06:41Condamner les salariés parce qu'ils défendent leur emploi, c'est épouvantable.
06:45Mais en plus, les jeter en prison, c'est une atteinte grave aux droits de l'homme, c'est un
06:49procès politique.
06:50Et je pense que tous les travailleurs de France et de Navarre doivent se mobiliser contre ça.
06:55C'est une atteinte extrêmement grave contre les droits de l'homme.
06:58Ça peut arriver à tout le monde, dans toute la France.
07:01C'est vraiment, comment dire, on sent bien que de toute manière, il n'y a pas que les huit
07:05de Goudieur,
07:05il y a eu Air France, nous au Havre, on a eu aussi les quatre du Havre.
07:09On sent qu'il y a un mouvement en ce moment de répression syndicale très fort en France.
07:14On est passé par exactement les mêmes événements que les copains de Goudieur.
07:19Nous aussi, on a été confrontés à la violence patronale.
07:21La vraie violence, elle est de ce côté-là.
07:24On est passé devant tous les tribunaux et on a bien fait de le faire.
07:28Alors, ce n'est pas glorieux de dire qu'aujourd'hui, en France, on est obligé de se mettre dans
07:31l'illégalité
07:32pour faire respecter ses droits.
07:32Mais si on ne l'avait pas fait, aujourd'hui, on ne serait pas dans l'usine à pouvoir faire
07:37vivre ce coup-ci
07:38et avoir recréé 42 emplois parce que la loi en France permet à des entreprises de fermer des usines
07:44alors qu'il n'y a aucun motif économique.
07:46C'est le cas des copains de Goudieur.
07:47Et si on ne se met pas dans une certaine illégalité pour faire respecter nos droits, on ne peut pas
07:51se faire entendre.
07:52Mais de toute façon, il n'y a pas d'autre solution que la relax.
07:54S'il n'y a pas de relax, on continuera à se battre.
07:56Et j'ai même envie de dire que l'ensemble des candidats aux futures élections présidentielles
08:03doivent justement s'engager sur une amnistie de tous les syndicalistes qui ont été condamnés
08:08et qu'il y ait une loi et de nouveaux droits pour ces syndicalistes
08:11puisqu'on puisse enfin défendre les salariés
08:14puisque notre seul but, nous, c'est la lutte au travail, la lutte pour le travail,
08:17la lutte contre les discriminations, la lutte pour l'amélioration des conditions de travail des salariés et rien de plus.
08:22Donc, qu'on nous laisse faire notre travail contre un patronat qui est avant tout lié à la finance
08:26et qui a comme seul objectif la finance, nous, on a comme objectif l'humain.
08:29Et on est là pour défendre l'humain, le social et rien de plus.
08:32Alors, laissons-nous travailler et qu'on nous protège enfin.
08:35Juste un mot, comment ça s'est passé ce matin ?
08:37Ça s'est relativement pas trop mal passé dans le sens où on a énormément d'arguments
08:42et qu'aujourd'hui, ils n'ont rien à nous opposer.
08:43Si ce n'est, ils supposent peut-être que...
08:47Donc, vous êtes confiant ?
08:48Très confiant.
08:49C'est quoi la suite des événements ?
08:51Le lendemain midi, on redémarre à 14h30 avec encore deux camarades qui sont à auditionner.
08:56Et puis ensuite, je serai les témoins et puis après, on verra.
08:59Et demain ?
09:00Demain, peut-être en fonction de ce qui sera dit aujourd'hui, ça redémarrera.
09:03On va voir, on attend.
09:04Merci beaucoup.
09:05Merci.
09:05À tout à l'heure.
09:09Ah ouais, effectivement, il y a peu de monde.
09:16Bravo !
09:18Bravo !
09:19Bravo !
09:19Bravo !
09:19Bravo !
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09:20Bravo !
09:20Bravo !
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09:25Bravo !
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