00:00Massilu est un être bien plus complexe qu'on a voulu nous l'expliquer dans les médias.
00:14Il y a des temps communs musicaux, évident à mon avis c'est la recherche des musiques d'ailleurs,
00:26cette curiosité pour les rythmes chaloupés.
00:39Cette envie d'aller chercher dans la chanson française, dans l'écriture, dans les textes,
00:44des choses qui dansent et qui cassent un petit peu les habitudes classiques d'écriture et de composition de chansons.
00:54Puis je me suis déshabillé, j'étais tout nu à ses côtés, me voyons-la comme un idiot, elle a
01:02compris que j'étais pudique.
01:26Je dirais voilà ce goût pour l'ailleurs, pour la rencontre et essayer de se retrouver dans des gens qui
01:33nous ressemblent.
01:34Ce qui est un défi quand même pas simple, on a a priori coutume pour se sentir bien d'aller
01:43vers les choses ou les gens qui nous ressemblent dans la vie.
01:45Et je pense que Vassilu, comme moi, on a eu envie de spontanément d'aller en découdre un petit peu
01:52avec la différence, de façon évidemment pacifique.
01:59C'est un défi quand même, c'est un défi quand même, c'est un défi quand même.
02:21C'est un défi quand même, c'est un défi quand même, c'est un défi quand même.
03:07Et puis ce goût du voyage notamment de l'Afrique de l'Ouest où il a passé aussi beaucoup de
03:13temps, moi aussi.
03:15Je pense que quand on a mis le pied sur ce continent, on est gagné par quelque chose de mystique,
03:21de magique, de profond qui vous accompagne toute la vie.
03:26Je sais que mes voyages en Afrique m'ont évidemment changé, ils ont changé mon regard sur le monde, ils
03:32ont changé mon rapport à l'autre.
03:35Et puis ma façon aussi de travailler, de composer, c'est une nourriture assez importante.
03:45C'est un miracle pour moi.
03:48C'était un miracle pour moi.
03:51C'est un miracle pour moi.
04:24C'est incroyable que le voyage, on a cette chance-là, il faut évidemment la saisir,
04:30mais aussi essayer de voyager avec une conscience politique et essayer en permanence de créer
04:37des rapports équilibrés entre soi-même et les gens, ce qui n'est pas simple.
04:52Nous vîmes, nous vîmes un dauphin bleu passer avec une jolie jeune fille blonde sur la queue.
05:01À la saison des pluies, nous défréchions les autochtones et les mangions d'ennuquelles.
05:06Des trombes d'or, des trombes d'or, qui donnaient la salle de bain, ça tomberait bien.
05:23Quand on voyage dans des pays du Sud, on demeure un blanc, avec cette référence d'un pays
05:31développé, supposé riche.
05:34On l'aide de toute façon plus que les gens qui vivent, en tout cas la plupart des gens
05:39qui vivent dans les pays du Sud, mais il faut garder ça évidemment à l'esprit, parce
05:44que de toute façon, débarquer en Afrique, on peut très vite être perçu uniquement
05:50comme un billet de banque ou comme un descendant de colons.
06:18Qui que vous soyez, gouverneur, bavard de bois, malade du pouvoir, marchand d'armes,
06:24même aux pays amis, je vous ai compris.
06:32Vous avez peur des chômeurs, de vous leur montrer l'heure, tout espoir du fer du neuf
06:36et déjà noyé dans l'œuf, la plus petite entreprise tombe alors sur votre emprise.
06:41Je t'envoie des milliards ici, et puis des missiles là, je t'en enverrai d'autres demain.
06:45Ça fait rien, je fais des offreurs, un pays de liberté ici c'est vraiment une escroquerie.
06:49On est stressé, on s'ennuie, ridicule et à vie, et on reste moins chez soi,
06:53à tout le monde quand on en a, la cédic pour les branleurs,
06:56pour les pourri, il n'y en a pas, c'est souvent bien.
07:00Dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux, dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux.
07:08Dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux, dangereux.
07:22Je ne cherche pas la même chose.
07:24Donc c'était facile d'entrer dans l'univers de Vassilu ?
07:26Alors, par rapport au répertoire de Vassilu, moi c'est quelque chose que j'ai en moi depuis l'enfance,
07:31parce que j'ai toujours écouté du Vassilu depuis petit.
07:35C'était une référence musicale de toute ma famille.
07:38Donc quand j'étais gamin, j'allais voir du Vassilu sur scène.
07:40Ça a été mes premiers concerts flamboyants, quoi,
07:44avec plein de musiciens de couleurs différentes, des danseuses, des percussions.
07:49C'était de toute façon un encouragement au voyage musical.
08:09Quand j'aurai cinquante ans, et oui, si on me laisse le temps,
08:13et que je suis toujours dans ma maison d'amour,
08:16j'aimerais que mes enfants, s'ils n'ont pas foutu le corps,
08:21connaissent les vieux chacals, les requins, les loups de mer,
08:25avec qui je suis tombé dans toutes les galères,
08:28toutes les embuscades de Saint-Germain-des-Prés.
08:31Et quand j'écoute du Vassilu, ça invite, ça convoque forcément en moi des émotions très enfouies,
08:42des émotions d'enfant, des...
08:45Et pour ça, il fallait le reprendre.
08:47Ça ne pouvait pas être des écritures de Thomas qui traduisent...
08:52De toute façon, je pense que Vassilu est présent déjà dans mon répertoire, dans mes chansons.
08:56À plein d'égards, il y a des clins d'œil,
08:58il y a des choses inconscientes aussi qui sont présentes dans mon écriture et dans ma musique, ça c'est
09:03sûr.
09:04Après, je pense qu'on a emprunté un chemin assez comparable.
09:07C'est-à-dire que quand tu es blanc et quand tu ne maîtrises pas ces musiques traditionnelles,
09:11forcément, tu as des émerveillements, des curiosités communes.
09:15Et pas qu'avec Vassilu, tous les Toubabs que j'ai rencontrés, avec qui j'ai partagé des choses,
09:22contraignées en Afrique, contraignées des musiciens là-bas,
09:24on s'en reconnaît un petit peu dans notre naïveté, dans notre curiosité,
09:29dans notre tentative de comprendre les rimes, parce que c'est très complexe.
09:34Quand tu essaies de comprendre la musique traditionnelle sénégalaise, le sabbat, etc.,
09:37c'est des percussions, c'est des codes percussifs qui sont vraiment très loin de ce qu'on peut avoir
09:43en nous, rythmiquement.
09:45Il est probable qu'ils tapent tous les rythmes comme ça sur le premier temps.
09:50Déjà, les Africains, ils les tapent en l'air, ça donne déjà une pulse super différente,
09:56et ça engage beaucoup plus à danser.
10:03Les vieux, les pépés, les grands-pères, les vieillards, les ancêtres,
10:08ceux qui t'ont pris sur leurs genoux quand tu étais enfant,
10:11pour te raconter des histoires terribles, qui donnent des cauchemars, qu'il faut planer.
10:18Les vieilles, les grands-mères, les mémés, les mamas, les doutous,
10:23celles qui ne s'inquiètent plus de voir la vie filée,
10:26celles qui te rassurent dans le regard,
10:29parce qu'elles portent dans les bras l'amour, le sommeil et le rêve.
10:33Alors pour les vieux, chante ma vie, chante, chante.
10:39Si la marque collante donne des ailes, si la marque m'a fonds plus d'aile.
10:46Si la marque collante donne des ailes, si la marque m'a fonds plus d'aile.
10:51Avec Vassilu, je pense qu'on a emprunté,
10:54sur des générations différentes, des chemins communs.
10:58Il y a beaucoup de choses qui ont changé entre le moment où lui est allé en Afrique
11:02et où moi je suis allé en Afrique.
11:04Les années 80, le Sénégal, ça n'a rien à voir avec aujourd'hui.
11:07Déjà en 10 ans, j'ai vu comment le Sénégal avait changé entre 2002 et 2015.
11:14Ce n'est plus le même pays.
11:15Dakar, c'est une ville qui est en expansion, qui est en reconstruction,
11:17qui est en train d'intégrer tellement de façons de faire européennes.
11:22C'est angoissant même quand on voit à quelle vitesse ça se transforme.
11:28Et souvent, dans la négation aussi du patrimoine culturel, des habitudes des gens,
11:35on essaie de calquer un modèle de consommation, l'occidental,
11:40que nous, on a mis il y a déjà un siècle à construire,
11:43et on a trouvé ça déjà assez brutal.
11:45Imagine en 40 ans ce que ça peut donner dans un pays du Sud.
11:48On a quitté le Brésilèvre !
11:50Oui, c'est parti, Tonton !
11:55Allez, ça va, on a dit qu'on faisait la fête, c'est ça, on oublie tout,
11:58on se fait tourner la tête, on s'arrange un peu, on se fait beau.
12:03Je me recoiffe, je me fais digne, je suis un vrai gringo,
12:06on dirait un champignon sous un sombrero.
12:08Quand la vie n'est pas jojo, vaut mieux la danser,
12:11bien me faire n'importe quoi, mais surtout danser.
12:14Moi, ça me plaît, c'est comme ça, faut pas me briser les noirs.
12:17Quand j'ai ma petite idée, c'est pas de la pure poire,
12:19depuis que je suis sur la terre, pas très grand, déjà tout petit.
12:25Je planquais déjà mes arrières, tu crois ça ?
12:27Car il faut ce métier dans ce beau métier-là.
12:30La vie, ça va, la vie, ça va, la vie, ça va, oh oh !
12:33La vie, ça va, oh oh !
12:35La vie, ça va, la vie, ça va, la vie, ça va, oh oh !
12:38La vie, ça va, oh oh !
12:41Ah, ce serait bien, ce serait beau de pas...
12:42Il ira en Afrique, ce spectacle ?
12:45C'est pas prévu, c'est pas prévu, parce que c'est cher
12:48de voyager à autant de personnes.
12:50Vous êtes combien sur scène ?
12:51On est 8 sur scène, on est au moins 10 facilement sur la route.
12:56Voilà, et puis c'est pas évident d'aller jouer en Afrique,
12:59parce que moi, je me suis toujours refusé jusqu'à présent
13:01d'aller jouer dans les centres culturels français.
13:03Parce que jouer dans les CCF, c'est accepter de jouer
13:07chez M. le Consul, chez le colon.
13:09En fait, c'est celui qui passe son temps à refuser les visas
13:12pour nos frères africains.
13:13Donc, à un moment donné, aller là-bas et cracher dans la soupe,
13:17je ne me sens pas tout à fait...
13:19Je ne suis pas capable d'assumer un truc comme ça.
13:22Donc, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui vont jouer dans les CCF,
13:25qui vont les tourner et qui nous expliquent
13:26qu'ils sont allés jouer en Afrique.
13:28Pour moi, les CCF, c'est quand même des enclaves
13:32européennes, françaises en Afrique.
13:33Souvent, on joue beaucoup devant des Toubabs
13:35ou alors devant des riches africains.
13:38Ce n'est pas ce que j'ai envie de faire.
13:40Donc, moi, quand je suis allé jouer en Afrique,
13:41j'ai joué dans des conditions à route très précaires.
13:44Mais à chaque fois, j'ai eu la chance de jouer pour les gens,
13:47soit en extérieur, soit dans des petits clubs.
13:52Elle me demande de l'embrasser, je ne sais plus si c'est déplacé
13:56Et je suis bien embarrassé, même juste comme ça, un baiser
14:04Amour, amitié, je ne sais pas si par dépit ou par pitié
14:10Je franchirai cet océan qui va de la mille à la mort
14:16Une ville en tête où on peut le voir après Paris ?
14:19On va le jouer à Gien, en 1945, je crois.
14:22On va le jouer à Saint-Chermont, côté de Saint-Etienne, au mois de juin.
14:26On devrait le jouer à Lyon en octobre.
14:29Et il y a des choses qui sont en train de se construire.
14:32Mais c'est un spectacle qui va peut-être un petit peu tourner.
14:35J'aimerais bien qu'il joue en Bretagne l'année prochaine,
14:38mais ce n'est pas évident non plus.
14:40Peut-être à Avignon.
14:42On l'a joué déjà à Arras, à Aubin-Billiers.
14:46Et on a joué surtout, un concert qui était très émouvant aussi à Mèze,
14:52à côté de Sept, pour le festival de Thau,
14:54festival dont Rassilu était parrain.
14:56Et leur mari dit de moi, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a,
14:59qui c'est celui-là ?
15:02Complètement toquer, ça m'a là.
15:05Complètement gagal.
15:07Il a un grand doteur, ce type-là.
15:10C'est la tonne, c'est qui est les guirler.
15:13Et пусть a baignard, oh言 take-la.
15:15Et j' defensive.
15:17Au vendres, au vendres, on va être les quères.
15:18C'est ce qu'il an peut-être à sauvage,
15:19est sur-cas-casuri primary de jo� est incroyable.
15:21Et on peut-être, c'est ce que tu trouva l' Houipouf.