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  • il y a 1 semaine
Auteur, compositeur, interprète, Thomas Pitiot était à Paris samedi 30 janvier, au Divan du Monde pour présenter son spectacle de reprises de chansons de Pierre Vassiliu (disparu en 2014).
Les deux hommes ont un parcours commun fait de voyages en particulier en Afrique de l'Ouest. Ce spectacle chaloupé est irrigué d'inspirations autant musicales qu'humaines.
Il ne devrait pas naître d'album autour de ces chansons. C'est en live que l'interprétation est à apprécier.
Retrouvez ici, Thomas Pitiot dans sa loge et des extraits du récital qui laisse apparaître son talent de conteur-chanteur et celui de ses musiciens eux-mêmes férus de rythmes afro.
Réalisation Laurence Mauriaucourt

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Transcription
00:00Massilu est un être bien plus complexe qu'on a voulu nous l'expliquer dans les médias.
00:14Il y a des temps communs musicaux, évident à mon avis c'est la recherche des musiques d'ailleurs,
00:26cette curiosité pour les rythmes chaloupés.
00:39Cette envie d'aller chercher dans la chanson française, dans l'écriture, dans les textes,
00:44des choses qui dansent et qui cassent un petit peu les habitudes classiques d'écriture et de composition de chansons.
00:54Puis je me suis déshabillé, j'étais tout nu à ses côtés, me voyons-la comme un idiot, elle a
01:02compris que j'étais pudique.
01:26Je dirais voilà ce goût pour l'ailleurs, pour la rencontre et essayer de se retrouver dans des gens qui
01:33nous ressemblent.
01:34Ce qui est un défi quand même pas simple, on a a priori coutume pour se sentir bien d'aller
01:43vers les choses ou les gens qui nous ressemblent dans la vie.
01:45Et je pense que Vassilu, comme moi, on a eu envie de spontanément d'aller en découdre un petit peu
01:52avec la différence, de façon évidemment pacifique.
01:59C'est un défi quand même, c'est un défi quand même, c'est un défi quand même.
02:21C'est un défi quand même, c'est un défi quand même, c'est un défi quand même.
03:07Et puis ce goût du voyage notamment de l'Afrique de l'Ouest où il a passé aussi beaucoup de
03:13temps, moi aussi.
03:15Je pense que quand on a mis le pied sur ce continent, on est gagné par quelque chose de mystique,
03:21de magique, de profond qui vous accompagne toute la vie.
03:26Je sais que mes voyages en Afrique m'ont évidemment changé, ils ont changé mon regard sur le monde, ils
03:32ont changé mon rapport à l'autre.
03:35Et puis ma façon aussi de travailler, de composer, c'est une nourriture assez importante.
03:45C'est un miracle pour moi.
03:48C'était un miracle pour moi.
03:51C'est un miracle pour moi.
04:24C'est incroyable que le voyage, on a cette chance-là, il faut évidemment la saisir,
04:30mais aussi essayer de voyager avec une conscience politique et essayer en permanence de créer
04:37des rapports équilibrés entre soi-même et les gens, ce qui n'est pas simple.
04:52Nous vîmes, nous vîmes un dauphin bleu passer avec une jolie jeune fille blonde sur la queue.
05:01À la saison des pluies, nous défréchions les autochtones et les mangions d'ennuquelles.
05:06Des trombes d'or, des trombes d'or, qui donnaient la salle de bain, ça tomberait bien.
05:23Quand on voyage dans des pays du Sud, on demeure un blanc, avec cette référence d'un pays
05:31développé, supposé riche.
05:34On l'aide de toute façon plus que les gens qui vivent, en tout cas la plupart des gens
05:39qui vivent dans les pays du Sud, mais il faut garder ça évidemment à l'esprit, parce
05:44que de toute façon, débarquer en Afrique, on peut très vite être perçu uniquement
05:50comme un billet de banque ou comme un descendant de colons.
06:18Qui que vous soyez, gouverneur, bavard de bois, malade du pouvoir, marchand d'armes,
06:24même aux pays amis, je vous ai compris.
06:32Vous avez peur des chômeurs, de vous leur montrer l'heure, tout espoir du fer du neuf
06:36et déjà noyé dans l'œuf, la plus petite entreprise tombe alors sur votre emprise.
06:41Je t'envoie des milliards ici, et puis des missiles là, je t'en enverrai d'autres demain.
06:45Ça fait rien, je fais des offreurs, un pays de liberté ici c'est vraiment une escroquerie.
06:49On est stressé, on s'ennuie, ridicule et à vie, et on reste moins chez soi,
06:53à tout le monde quand on en a, la cédic pour les branleurs,
06:56pour les pourri, il n'y en a pas, c'est souvent bien.
07:00Dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux, dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux.
07:08Dangereux, ces gens-là sont dangereux, dangereux, dangereux.
07:22Je ne cherche pas la même chose.
07:24Donc c'était facile d'entrer dans l'univers de Vassilu ?
07:26Alors, par rapport au répertoire de Vassilu, moi c'est quelque chose que j'ai en moi depuis l'enfance,
07:31parce que j'ai toujours écouté du Vassilu depuis petit.
07:35C'était une référence musicale de toute ma famille.
07:38Donc quand j'étais gamin, j'allais voir du Vassilu sur scène.
07:40Ça a été mes premiers concerts flamboyants, quoi,
07:44avec plein de musiciens de couleurs différentes, des danseuses, des percussions.
07:49C'était de toute façon un encouragement au voyage musical.
08:09Quand j'aurai cinquante ans, et oui, si on me laisse le temps,
08:13et que je suis toujours dans ma maison d'amour,
08:16j'aimerais que mes enfants, s'ils n'ont pas foutu le corps,
08:21connaissent les vieux chacals, les requins, les loups de mer,
08:25avec qui je suis tombé dans toutes les galères,
08:28toutes les embuscades de Saint-Germain-des-Prés.
08:31Et quand j'écoute du Vassilu, ça invite, ça convoque forcément en moi des émotions très enfouies,
08:42des émotions d'enfant, des...
08:45Et pour ça, il fallait le reprendre.
08:47Ça ne pouvait pas être des écritures de Thomas qui traduisent...
08:52De toute façon, je pense que Vassilu est présent déjà dans mon répertoire, dans mes chansons.
08:56À plein d'égards, il y a des clins d'œil,
08:58il y a des choses inconscientes aussi qui sont présentes dans mon écriture et dans ma musique, ça c'est
09:03sûr.
09:04Après, je pense qu'on a emprunté un chemin assez comparable.
09:07C'est-à-dire que quand tu es blanc et quand tu ne maîtrises pas ces musiques traditionnelles,
09:11forcément, tu as des émerveillements, des curiosités communes.
09:15Et pas qu'avec Vassilu, tous les Toubabs que j'ai rencontrés, avec qui j'ai partagé des choses,
09:22contraignées en Afrique, contraignées des musiciens là-bas,
09:24on s'en reconnaît un petit peu dans notre naïveté, dans notre curiosité,
09:29dans notre tentative de comprendre les rimes, parce que c'est très complexe.
09:34Quand tu essaies de comprendre la musique traditionnelle sénégalaise, le sabbat, etc.,
09:37c'est des percussions, c'est des codes percussifs qui sont vraiment très loin de ce qu'on peut avoir
09:43en nous, rythmiquement.
09:45Il est probable qu'ils tapent tous les rythmes comme ça sur le premier temps.
09:50Déjà, les Africains, ils les tapent en l'air, ça donne déjà une pulse super différente,
09:56et ça engage beaucoup plus à danser.
10:03Les vieux, les pépés, les grands-pères, les vieillards, les ancêtres,
10:08ceux qui t'ont pris sur leurs genoux quand tu étais enfant,
10:11pour te raconter des histoires terribles, qui donnent des cauchemars, qu'il faut planer.
10:18Les vieilles, les grands-mères, les mémés, les mamas, les doutous,
10:23celles qui ne s'inquiètent plus de voir la vie filée,
10:26celles qui te rassurent dans le regard,
10:29parce qu'elles portent dans les bras l'amour, le sommeil et le rêve.
10:33Alors pour les vieux, chante ma vie, chante, chante.
10:39Si la marque collante donne des ailes, si la marque m'a fonds plus d'aile.
10:46Si la marque collante donne des ailes, si la marque m'a fonds plus d'aile.
10:51Avec Vassilu, je pense qu'on a emprunté,
10:54sur des générations différentes, des chemins communs.
10:58Il y a beaucoup de choses qui ont changé entre le moment où lui est allé en Afrique
11:02et où moi je suis allé en Afrique.
11:04Les années 80, le Sénégal, ça n'a rien à voir avec aujourd'hui.
11:07Déjà en 10 ans, j'ai vu comment le Sénégal avait changé entre 2002 et 2015.
11:14Ce n'est plus le même pays.
11:15Dakar, c'est une ville qui est en expansion, qui est en reconstruction,
11:17qui est en train d'intégrer tellement de façons de faire européennes.
11:22C'est angoissant même quand on voit à quelle vitesse ça se transforme.
11:28Et souvent, dans la négation aussi du patrimoine culturel, des habitudes des gens,
11:35on essaie de calquer un modèle de consommation, l'occidental,
11:40que nous, on a mis il y a déjà un siècle à construire,
11:43et on a trouvé ça déjà assez brutal.
11:45Imagine en 40 ans ce que ça peut donner dans un pays du Sud.
11:48On a quitté le Brésilèvre !
11:50Oui, c'est parti, Tonton !
11:55Allez, ça va, on a dit qu'on faisait la fête, c'est ça, on oublie tout,
11:58on se fait tourner la tête, on s'arrange un peu, on se fait beau.
12:03Je me recoiffe, je me fais digne, je suis un vrai gringo,
12:06on dirait un champignon sous un sombrero.
12:08Quand la vie n'est pas jojo, vaut mieux la danser,
12:11bien me faire n'importe quoi, mais surtout danser.
12:14Moi, ça me plaît, c'est comme ça, faut pas me briser les noirs.
12:17Quand j'ai ma petite idée, c'est pas de la pure poire,
12:19depuis que je suis sur la terre, pas très grand, déjà tout petit.
12:25Je planquais déjà mes arrières, tu crois ça ?
12:27Car il faut ce métier dans ce beau métier-là.
12:30La vie, ça va, la vie, ça va, la vie, ça va, oh oh !
12:33La vie, ça va, oh oh !
12:35La vie, ça va, la vie, ça va, la vie, ça va, oh oh !
12:38La vie, ça va, oh oh !
12:41Ah, ce serait bien, ce serait beau de pas...
12:42Il ira en Afrique, ce spectacle ?
12:45C'est pas prévu, c'est pas prévu, parce que c'est cher
12:48de voyager à autant de personnes.
12:50Vous êtes combien sur scène ?
12:51On est 8 sur scène, on est au moins 10 facilement sur la route.
12:56Voilà, et puis c'est pas évident d'aller jouer en Afrique,
12:59parce que moi, je me suis toujours refusé jusqu'à présent
13:01d'aller jouer dans les centres culturels français.
13:03Parce que jouer dans les CCF, c'est accepter de jouer
13:07chez M. le Consul, chez le colon.
13:09En fait, c'est celui qui passe son temps à refuser les visas
13:12pour nos frères africains.
13:13Donc, à un moment donné, aller là-bas et cracher dans la soupe,
13:17je ne me sens pas tout à fait...
13:19Je ne suis pas capable d'assumer un truc comme ça.
13:22Donc, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui vont jouer dans les CCF,
13:25qui vont les tourner et qui nous expliquent
13:26qu'ils sont allés jouer en Afrique.
13:28Pour moi, les CCF, c'est quand même des enclaves
13:32européennes, françaises en Afrique.
13:33Souvent, on joue beaucoup devant des Toubabs
13:35ou alors devant des riches africains.
13:38Ce n'est pas ce que j'ai envie de faire.
13:40Donc, moi, quand je suis allé jouer en Afrique,
13:41j'ai joué dans des conditions à route très précaires.
13:44Mais à chaque fois, j'ai eu la chance de jouer pour les gens,
13:47soit en extérieur, soit dans des petits clubs.
13:52Elle me demande de l'embrasser, je ne sais plus si c'est déplacé
13:56Et je suis bien embarrassé, même juste comme ça, un baiser
14:04Amour, amitié, je ne sais pas si par dépit ou par pitié
14:10Je franchirai cet océan qui va de la mille à la mort
14:16Une ville en tête où on peut le voir après Paris ?
14:19On va le jouer à Gien, en 1945, je crois.
14:22On va le jouer à Saint-Chermont, côté de Saint-Etienne, au mois de juin.
14:26On devrait le jouer à Lyon en octobre.
14:29Et il y a des choses qui sont en train de se construire.
14:32Mais c'est un spectacle qui va peut-être un petit peu tourner.
14:35J'aimerais bien qu'il joue en Bretagne l'année prochaine,
14:38mais ce n'est pas évident non plus.
14:40Peut-être à Avignon.
14:42On l'a joué déjà à Arras, à Aubin-Billiers.
14:46Et on a joué surtout, un concert qui était très émouvant aussi à Mèze,
14:52à côté de Sept, pour le festival de Thau,
14:54festival dont Rassilu était parrain.
14:56Et leur mari dit de moi, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a,
14:59qui c'est celui-là ?
15:02Complètement toquer, ça m'a là.
15:05Complètement gagal.
15:07Il a un grand doteur, ce type-là.
15:10C'est la tonne, c'est qui est les guirler.
15:13Et пусть a baignard, oh言 take-la.
15:15Et j' defensive.
15:17Au vendres, au vendres, on va être les quères.
15:18C'est ce qu'il an peut-être à sauvage,
15:19est sur-cas-casuri primary de jo� est incroyable.
15:21Et on peut-être, c'est ce que tu trouva l' Houipouf.

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