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  • il y a 1 semaine
L'ouverture par le parquet de Brest d'une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant le ministre français de la Cohésion des territoires, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, les sondages qui présagent une majorité absolue des députés pour La République en Marche, l'envie de cohabitation de F. Baroin, chef de file des Républicains, ou d'un covoiturage avec Emmanuel Macron ont donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité.
Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Alors voilà que ce qu'on appelle maintenant l'affaire Ferrand, ou disons le cas Ferrand,
00:05ressemble quand même un petit peu maintenant à ce que l'affaire Fillon qui a pollué l'irée
00:10de l'élection présidentielle. Alors les deux affaires ne sont pas les mêmes, on en est bien
00:14d'accord. Mais les systèmes de défense, curieusement, se ressemblent. Non, non, mon
00:21intégrité n'est pas en cause, etc. Bon, on connaît, on entend ça. Le fait est qu'aujourd'hui,
00:27l'ouverture par le parquet d'une enquête, le parquet de presse d'une enquête, tend
00:33un petit peu, un petit peu plus les choses. On ne sait pas du tout où ça va déboucher.
00:37Alors ce qui est un peu étonnant quand même là-dedans, c'est de voir que Emmanuel Macron
00:41qui voulait une présidence jupitérienne, qui semblait installée sur les sommets olympiens
00:46et internationaux, a été un petit peu contraint, mais est-ce que c'est une bonne chose de descendre
00:51au ras du sol, au ras des pâquerettes, pour en appeler, en conseil des ministres, à la
00:56solidarité. C'est un petit peu problématique et on peut penser qu'au fond, cette affaire
01:01Ferrand, où serait une sorte de, presque de péché originel du quinquennat à partir
01:07du moment où les principes rentrent en contradiction avec les faits. Donc voilà, l'affaire Ferrand
01:13est un problème et surtout, elle masque au fond les véritables enjeux de la campagne,
01:19parce que bien sûr, dans ces enjeux, il y a la moralisation de la vie politique, chacun
01:23la souhaite, d'ailleurs les Français sont très majoritairement attachés, mais il
01:27y a aussi la question de la politique qui va être menée. Et là, on assiste quand même
01:32à une chose assez étonnante, c'est qu'en réalité, ces derniers jours, François Baroin,
01:38le chef de file de la droite, s'est déclaré prêt à un co-voturage avec Emmanuel Macron.
01:44On sait que le MEDEF approuve sa politique à partir de la mise en cause du compte pénibilité,
01:51approuve la flexibilité, approuve la remise en cause des acquis sociaux, approuve le
01:55référendum d'entreprise pour passer outre les accords de branche et donc casser le
01:59code du travail. Et curieusement, voilà qu'un certain nombre d'électeurs semblent
02:05prêts à monter dans la même voiture, co-voturer donc avec Emmanuel Macron, François Baroin
02:12et le MEDEF dans les bagages, et on y va et on roule comme ça. Mais c'est quand même
02:17extraordinaire parce que les électeurs qui sont prêts à voter pour Emmanuel Macron,
02:21il n'y a pas mal d'électeurs de gauche. Ces électeurs de gauche qui sont prêts,
02:26dit-on d'après les sondages, à donner une majorité absolue à Emmanuel Macron,
02:31avec, on parle de 320, 350 députés, évidemment ce serait très dommageable pour la démocratie.
02:37Bien sûr, il serait mieux qu'à l'Assemblée, il y aurait une opposition solide et valable.
02:42Mais ces électeurs, où croient-ils aller dans ce co-voiturage ? Où croient-ils que la
02:47voiture les emmène ? Elle les emmène à l'évidence vers plus de flexibilité, vers une mise en cause
02:52des acquis sociaux, vers une hausse de la CSG, etc. Or, ça c'est dit, mais personne au fond
02:57ne le voit. Et on a l'impression un peu pour, disons-le, pour s'amuser, mais un petit
03:02peu pour élargir les choses, qu'on se trouve devant ce que Arthur Schopenhauer, le philosophe,
03:08appelait le voile de Maya, c'est-à-dire le voile de l'illusion qui fait prendre le phénomène
03:13pour les choses. Alors le phénomène, on peut dire, c'est Macron, c'est-à-dire le côté
03:17un petit peu apparition dans le paysage comme une étoile filante et le côté qui est apparu
03:22dans les semaines internationaux, sûrs de lui, etc. Mais la chose, c'est la politique
03:27qui va être menée. Et on a l'impression, comme le disait Schopenhauer, que c'est le
03:33voile de l'illusion qui recouvre les yeux des mortels, dont on ne peut dire s'il est
03:38ou s'il n'est pas, c'est un monde qui ressemble aux rêves, au rayonnement du soleil sur le
03:41sable, où de loin le voyageur croit apercevoir une nappe d'eau. Et bien là, le voile de l'illusion
03:47fait que les électeurs ont sans doute l'impression de voir les phares de la modernité,
03:51là où sont les vieilles lunes du capitalisme.

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