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  • il y a 1 semaine
Laurence Ndong est l’auteure de « Gabon, pourquoi j’accuse » (L’Harmattan, 2016). Cette opposante dénonce les méthodes du clan Bongo pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir, après l’élection présidentielle du 27 août. Pour elle, le départ d’Ali Bongo est la seule issue possible à la crise qui secoue le pays. Interview.

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Transcription
00:00— Laurence Ndong, bonjour. Merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:05Vous êtes chercheuse. Vous êtes aussi l'auteur d'un livre qui est paru cette année chez l'Armatan,
00:10dont le titre est « Gabon, pourquoi j'accuse ».
00:14Vous êtes ici, en France, très impliquée dans les rangs de l'opposition à Ali Bongo.
00:19Est-ce que vous pouvez d'abord nous expliquer les raisons pour lesquelles vous contestez
00:23les résultats officiels de l'élection présidentielle du 27 août,
00:29par laquelle Ali Bongo est reconduit dans son mandat présidentiel ?
00:34— Pourquoi nous contestons les résultats ?
00:37Nous les contestons parce qu'au Gabon, et je crois que c'est partout comme ça, en France aussi,
00:42lors d'une élection, dans les bureaux de vote, il y a des commissions électorales.
00:46Et dans chaque commission, il y a des représentants de tous les candidats qui concourent à cette élection,
00:51avec chez nous, malheureusement, des observateurs nationaux et internationaux
00:57à cause des nombreuses fraudes que l'on a souvent observées lors de divers scrutins.
01:02Et donc, dans cette élection, ça n'a pas manqué, il y avait dans chaque bureau de vote
01:06un représentant de l'opposition.
01:09Alors, après la fermeture des votes, le dépouillement est public.
01:13Donc, il y a des citoyens qui peuvent y assister.
01:16Donc, ils ont les résultats, bureau de vote par bureau de vote.
01:19À la fin du décompte, ces résultats sont consignés dans un procès verbal.
01:24Ce dernier est photocopié et remis aux représentants de chaque candidat
01:30qui était au bureau de vote.
01:33Donc, ce qui fait que nous avons donc des procès verbaux, bureau de vote par bureau de vote.
01:39Le parti d'Ali Bongo les détient.
01:41Et en même temps, les observateurs de l'Union Européenne,
01:45qui avaient des observateurs dans un grand nombre de bureaux de vote,
01:49aussi détiennent une copie de ces procès verbaux.
01:52Et donc, le total de toutes ces voix que vous avez, vous, de votre côté centralisé,
01:57donnerait à Ali Bongo perdant ?
01:59Énormément.
02:00Ça veut dire que les Gabonais ont effectué un vote sanction.
02:04Ils pensaient qu'en ayant modifié notre constitution depuis son père,
02:08en ayant fait une élection présidentielle à un taux,
02:10que c'était à leur avantage.
02:12Mais là, les Gabonais ont manifesté leur halbol
02:14des 50 ans du régime Bongo PDG,
02:16qui a ruiné le pays.
02:18Et M. Jean Ping a obtenu, au bas mot, 77% des voix, normalement.
02:24Alors, vous parlez d'un vote sanction.
02:26Qu'est-ce que les Gabonais reprochent à Ali Bongo et à son entourage ?
02:30Qu'est-ce qu'on reproche à Ali Bongo et à son entourage ?
02:33On reproche à Ali Bongo la gabégie, le clientélisme,
02:38le népotisme, la démagogie, le déni de la loi.
02:42Ali Bongo, c'est un individu qui n'a jamais respecté la loi gabonaise.
02:46Déjà en 2009, nous l'avons su bien plus tard,
02:50dans son dossier de candidature à l'élection présidentielle,
02:52il a présenté un faux acte de naissance.
02:55Aujourd'hui, il est avéré qu'il en a présenté 5 différents.
02:58Et pour le dossier de candidature de la présente élection,
03:02il a encore présenté un acte de naissance différent de celui de 2009.
03:06Et comme la Cour constitutionnelle est inféodée au pouvoir,
03:09elle a validé ses dossiers avec de faux documents.
03:12Ça, ce n'est que pour l'acte de naissance.
03:14Par rapport à l'acte de naissance, il dit qu'il est né à l'étranger.
03:17Il est né à Brazzaville.
03:18Mais notre Code civil dit, notamment l'article 120,
03:22que lorsqu'on est né à l'étranger,
03:23on fait transcrire son acte de naissance à la mairie du premier arrondissement de Libreville.
03:28Même ça, il n'a pas pu le faire respecter.
03:30Il est venu avec un acte de naissance du troisième arrondissement de Libreville,
03:34comme s'il était né à Libreville alors qu'il était né à Brazzaville.
03:37Bref, sans compter qu'en 2009, dans le même acte de naissance,
03:40le nom du père, c'était Albert Bernard Bongo.
03:43En 2016, le nom du père, c'est El Adjomar Bongo.
03:46Et on sait que son père est devenu El Adjomar après 1973,
03:49il s'est converti à l'islam.
03:50Donc, on a tellement de preuves que cet acte de naissance est faux,
03:54mais ça a été validé.
03:56Il n'a pas respecté l'article 14 de notre Constitution,
03:59qui dit que la fonction du président de la République est incompatible
04:02avec toute autre fonction privée ou à but lucratif.
04:06Il crée une agence nationale des grands travaux en 2010,
04:09donc à peine arrivée au pouvoir.
04:10Cette agence nationale des grands travaux est chargée
04:13d'octroyer les marchés de l'État à des entreprises
04:17pour évidemment leur réalisation.
04:20Il distribue 70% des marchés.
04:24Donc, il se nomme lui-même président du conseil d'administration
04:27de l'agence des grands travaux,
04:28tout en étant président de la République,
04:30donc il emporte à foi avec l'article 14 de la Constitution.
04:33Il va plus loin.
04:34Il signe 70% des marchés de l'agence nationale des grands travaux
04:38gré à gré, sans appel d'offres,
04:41avec des entreprises dont lui-même ou sa famille sont actionnaires majoritaires
04:45ou propriétaires.
04:46Et tout ça, ce sont des faits avérés.
04:48Lorsque le scandale a éclaté,
04:50tout ce qu'il a trouvé à faire,
04:51c'est dissoudre l'agence nationale des grands travaux.
04:54Donc, on a en face de nous quelqu'un
04:56qui a organisé le pillage de l'État,
04:59mais aujourd'hui, les sociétés, les PME,
05:02sont en train de fermer les unes après les autres.
05:05Elles sont censées puisqu'elles n'avaient pas de marché.
05:06Je vais prendre un exemple simple pour bien éclairer ce que je dis.
05:09On nous dit qu'Ali Bongo a fait des hôpitaux.
05:11Pourquoi il fait des hôpitaux ?
05:13Il en a fait.
05:13Il est même allé jusqu'à détruire un hôpital emblématique
05:17construit par Omar Bongo Ndimba,
05:19auquel il avait donné le nom de sa mère,
05:21parce que ça se passe comme ça chez nous.
05:22Il a détruit cet hôpital sous prétexte qu'il avait de l'amiante.
05:25Mais un bâtiment, on peut le désamiante.
05:26Parce qu'il fallait le reconstruire.
05:28Pourquoi il le reconstruit ?
05:30La seule entreprise qui a reçu l'exclusivité
05:33pour construire les hôpitaux au Gabon,
05:35c'est l'entreprise Vamed.
05:36Elle est dirigée par M. Tomassini,
05:38qui est lui, conseiller spécial du président de la République
05:41avec bureau à la présidence,
05:43qui est gérante de l'entreprise
05:44dans laquelle Ali Bongo est actionnaire majoritaire.
05:47Vous voyez le genre de choses dans lesquelles il est allé.
05:50Et les Gabonais aujourd'hui le savent.
05:52Mais pendant ce temps,
05:55la misère des Gabonais s'est accrue.
05:56Parce que les services sociaux de base ont été mis de côté.
06:00Alors justement, on va revenir là-dessus,
06:02mais vous évoquez la corruption,
06:04les marchés de gré à gré.
06:05Le Gabon, c'est un petit pays d'Afrique centrale
06:08qui donne sur le golfe de Guinée.
06:09C'est un petit pays,
06:10mais qui est extrêmement riche en ressources naturelles.
06:14Ces ressources naturelles,
06:16pourquoi est-ce qu'elles n'ont pas profité aux Gabonais ?
06:19On pense évidemment d'abord au pétrole.
06:22C'est le grand paradoxe du Gabon.
06:24Et c'est ce paradoxe-là
06:25qui nous emmène aujourd'hui à nous battre corps et âme.
06:29Parce qu'au moment des indépendances,
06:31le Gabon n'avait que 400 000 habitants en 1960.
06:35Lorsqu'il y a eu le boom pétrolier de 1973,
06:38le Gabon aurait pu être entièrement construit.
06:40Les Gabonais auraient pu être mis à l'abri du besoin,
06:43à l'abri de la peur.
06:44Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
06:45Nous assistons à 60 ans d'enrichissement illicite
06:50d'une oligarchie au détriment de l'ensemble du peuple.
06:54Nous avons un pays immensement riche
06:56avec la grande majorité de la population
06:58qui est immensément pauvre.
07:00Et c'est cela que nous ne voulons plus supporter aujourd'hui.
07:02Et c'est pour cela que moi, personnellement,
07:05je pense qu'Ali Bongo,
07:07il est dans la démence, il est mythomane.
07:10Et avec ça, il se présente comme le candidat du changement.
07:13Il dit qu'il incarne le changement.
07:15Mais il incarne quel changement ?
07:17Puisqu'il est dans la continuité
07:19de ce que son père a commencé.
07:21Et même, ce qu'on lui reproche,
07:23c'est qu'en 7 ans,
07:24il a pillé plus que son père en 42 ans.
07:27Et ça, les Gabonais ne sauraient l'admettre,
07:29ne sauraient l'accepter.
07:30Et c'est faire injure aux Gabonais
07:32que de penser qu'un gouvernement,
07:34qu'un système qui les a autant approuvés,
07:36autant avilés,
07:39privés de liberté,
07:40liberté d'expression,
07:41liberté de manifester.
07:42Parce que sous Ali Bongo,
07:43on est revenu à un régime hyper stalinien.
07:46Les manifestants sont arrêtés,
07:47les leaders syndicaux sont arrêtés,
07:49les leaders de la société civile sont arrêtés.
07:51Nous avons actuellement
07:53Jean-Yama qui est en prison,
07:55Olo qui est en prison,
07:57nous avons Landry Amion qui est en prison,
08:00Bertrand Zibi,
08:01ancien député,
08:02parce qu'il a eu le malheur de démissionner
08:04en plein meeting
08:06pour faire comprendre à Ali Bongo
08:07que sa région n'avait toujours pas d'électricité.
08:10Il a été arrêté de façon arbitraire.
08:13Aujourd'hui, il est torturé,
08:14nous ne savons pas où il est.
08:15Alors là, vous décrivez un régime autoritaire,
08:18corrompu.
08:19Est-ce que ce régime aurait pu avoir
08:20une telle longévité
08:22sans la complicité
08:23de l'ancienne puissance coloniale,
08:25de la France,
08:26de ces grandes entreprises
08:27qui, pour certaines,
08:29exploite une partie
08:30de ces ressources naturelles ?
08:32Cette question va de soi.
08:34Je pense qu'il y a eu
08:34des journalistes français
08:35qui ont fait des reportages.
08:37Là-dessus,
08:38M. François-Xavier Verschave
08:40à qui je rends hommage
08:41a écrit de très belles choses
08:43sur la France-Afrique.
08:44Il nous a révélé
08:45les dessous de ce système
08:46de comment ça fonctionne.
08:47Pour revenir à M. Ali Bongo Ndimba,
08:51à Bongo Ndimba Ali,
08:52donc un apogé Boa
08:53parce que c'est comme ça
08:53que les Gabonens
08:54préfèrent l'appeler.
08:56Donc, pour revenir à lui,
08:57M. Nicolas Sarkozy
08:58ne s'était pas caché en 2009
09:00des soutiens apportés
09:01à Ali Bongo.
09:02Il a orchestré
09:03son passage en force
09:04avec le soutien patent
09:06de M. Nicolas Sarkozy
09:07qui a d'ailleurs été
09:08le premier à le féliciter.
09:10Aujourd'hui,
09:10je pense que la donne
09:11change un tout petit peu
09:12parce que ça fait une semaine
09:14que M. Ali Bongo
09:15s'est proclamé vainqueur
09:16mais n'a reçu
09:17les félicitations
09:18d'aucun chef d'État.
09:19Même si en coulisses,
09:20on dit que Nicolas Sarkozy
09:21l'aurait encore félicité,
09:23je le classe
09:23sous le coup de la rumeur
09:25parce que je n'ai pas vu,
09:26je n'ai pas entendu
09:27la fameuse déclaration
09:29mais c'est clair
09:30que le système
09:31Bongo PDG
09:32s'est maintenu
09:32avec le soutien
09:33et l'appui de la France Afrique.
09:35Nous avons d'ailleurs
09:35une base militaire française
09:36au Gabon
09:37qui à chaque fois
09:38que le pouvoir
09:39a vacillé
09:40sous la pression
09:41de la population
09:43s'est toujours arrangé
09:44à le ramener au pouvoir.
09:45Et c'est pour cela
09:46que nous disons
09:46que les Français,
09:48les politiques français,
09:50quand il faut nous imposer
09:51des chefs d'État,
09:51ils ne parlent pas
09:52d'ingérences
09:52mais quand il faut
09:53les enlever
09:53parce que là,
09:55la fraude à Libongondimba
09:56est prouvée,
09:57on a basculé
09:58dans des massacres
09:58parce qu'il a engagé
09:59des milices.
10:00Parce qu'en France,
10:01ici, on est sur le coup
10:02de Vigipirac.
10:03On voit des militaires
10:03partout,
10:04ils ne sont pas cagoulés.
10:05Ceux qui circulent au Gabon
10:06depuis des mois
10:06sont cagoulés.
10:08Alors, on va revenir après
10:09sur les violences
10:10post-électorales
10:11et sur le bilan
10:12de ces violences
10:14mais vous,
10:16vous soutenez
10:17Jean Ping
10:19qui a réussi
10:20à incarner
10:20finalement l'alternance
10:22mais Jean Ping,
10:23il a eu aussi
10:23un parcours
10:24au sein de ce pouvoir,
10:27de ce système.
10:28Il a été
10:28un des classiques
10:29du régime.
10:30En quoi est-ce
10:31qu'il peut incarner
10:32aujourd'hui une rupture
10:32finalement
10:33puisqu'il a participé
10:34à ce régime ?
10:36Il était très proche,
10:37on sait,
10:37d'Omar Bongo.
10:38Il a eu plusieurs fonctions
10:39ministérielles.
10:42Cette question
10:43est récurrente.
10:44elle revient souvent.
10:45Je voudrais vous prendre
10:46l'exemple du Sénégal.
10:47Makissal,
10:48il a travaillé
10:48avec Abdoulayeouad.
10:49Le président du Burkina,
10:51Kaboré,
10:51Rock Kaboré,
10:52il a travaillé
10:53avec Ompaoré.
10:54Parfois,
10:55ceux qui ont été
10:55dans la machine,
10:56qui l'ont vu fonctionner
10:57de l'intérieur
10:57se révoltent encore plus
10:59que ceux qui sont
11:00à l'extérieur
11:00et qui n'ont pas accès
11:01à certaines informations.
11:03Je vous prendrais
11:04pour exemple
11:04le deuxième vice-premier ministre
11:06du dernier gouvernement
11:07d'Ali Bongo
11:08qui a démissionné
11:09il y a deux jours.
11:10Ministre de la justice,
11:12garde des Sceaux,
11:12qui démissionne
11:14à cause des massacres
11:15et qui invite
11:17Ali Bongo
11:18à reconnaître
11:19la victoire de Jean Ping.
11:20Donc,
11:21les êtres humains
11:22ont des consciences.
11:23N'oubliez pas que
11:23nous étions dans un régime
11:25de parti unique.
11:26Lorsque M. Jean Ping
11:27termine sa caisse de doctorat
11:29à l'université
11:30Panthéon-sur-Bonne,
11:31il est engagé
11:31à l'UNESCO
11:33de par ses compétences.
11:35C'est en étant
11:35fonctionnaire international
11:37à l'UNESCO
11:37qu'Omar Bongondimba
11:39entend parler de lui
11:40et vient le chercher
11:42à l'UNESCO.
11:42Il en fait d'abord
11:43le délégué permanent
11:45du Gabon à l'UNESCO,
11:46ensuite il lui demande
11:47de rentrer
11:47pour travailler
11:48dans son cabinet.
11:49Donc, Jean Ping
11:50a toujours été quelqu'un
11:51dont on reconnaît
11:51les compétences,
11:53qui a travaillé
11:53dans un système
11:54parce que c'était
11:55le système
11:56en vigueur.
11:57Certains étaient
11:58à l'intérieur
11:59avec l'espoir
12:00de le changer
12:00de l'intérieur.
12:01Ils n'y sont pas parvenus.
12:02À un moment donné,
12:03ils décident
12:04d'affronter
12:05le système
12:05en face
12:06parce qu'on ne peut
12:07pas le changer
12:08de l'intérieur.
12:09Ça a d'ailleurs
12:09été mon cas.
12:10J'ai voulu m'impliquer
12:11pendant trois ans
12:12dans le parti.
12:13Je me suis rendu compte
12:13que c'était impossible.
12:15La seule chose
12:15qu'on a à faire
12:16aujourd'hui,
12:16c'est tourner la page
12:17de ses 50 ans
12:18de Bongo PDG.
12:19Je pense que M. Ping
12:20a dit qu'il a été
12:21une partie du problème.
12:22Il en sera la solution
12:23parce qu'il a tiré
12:24les leçons
12:25de la façon
12:25dont le pays
12:26a été géré
12:26pendant 50 ans.
12:28Nous croyons
12:28que pour combattre
12:30la mastodonte
12:31que sont les Bongo,
12:32il nous fallait
12:32un poids lourd
12:33suffisamment outillé
12:34et M. Jean Ping
12:36l'incarne suffisamment
12:37de par sa formation
12:38et de par son parcours
12:39professionnel.
12:40Alors,
12:40la répression,
12:41elle a commencé
12:42pendant la campagne électorale.
12:44Des opposants
12:45ont été violentés,
12:47arrêtés déjà
12:47durant la campagne.
12:48Mais ça s'est évidemment
12:49accéléré
12:50avec la contestation
12:51de la victoire
12:53d'Ali Bongo
12:54avec l'assaut
12:55du quartier général
12:56de Jean Ping
12:57mais aussi
12:57une répression
12:59extrêmement violente
13:00sur les manifestants.
13:01Le gouvernement gabonais
13:03parle aujourd'hui
13:04d'un bilan
13:05de trois morts
13:06et d'un millier
13:07d'arrestations.
13:08Est-ce que vous partagez
13:09ce bilan ?
13:11Si le bilan...
13:12Vous savez,
13:13c'est comme
13:13les manifestations
13:13en France.
13:14Selon que vous êtes
13:15de l'organisation
13:17ou de la police,
13:17on n'a jamais
13:18le même nombre
13:19de participants
13:21à la manifestation.
13:22Donc le gouvernement
13:23d'Ali Bongo
13:24a commencé la répression
13:25bien avant la campagne.
13:27Bien avant la campagne
13:28parce que
13:29toute manifestation
13:30était interdite.
13:31même des élèves
13:32qui font une grève
13:34pour réclamer
13:35de meilleures conditions
13:36d'apprentissage
13:37parce qu'il faut dire
13:38qu'au Gabon,
13:39nous avons des salles
13:40de classe
13:40avec 200 élèves
13:42au collège,
13:43100 élèves
13:44en primaire
13:46qui n'ont pas
13:48de laboratoire,
13:49il y a des lycées,
13:50des collèges
13:50qui n'ont pas
13:51de table banc.
13:51Les enfants apprennent
13:52à s'y par terre.
13:53Ces enfants font des grèves
13:55pour réclamer
13:55de meilleures conditions
13:56d'apprentissage,
13:57de meilleures conditions
13:58d'enseignement.
13:59Ali Bongo
13:59le renvoie à l'armée,
14:00il le renvoie à la police
14:01qui viole les franchises scolaires,
14:03qui rentrent jusque
14:04dans l'établissement scolaire
14:06pour aller arrêter
14:07les élèves
14:08et leurs enseignants.
14:09On a vécu ça.
14:10Ali Bongo
14:10a fait pareil
14:11à l'université.
14:12Les étudiants grèvent,
14:13on envoie les militaires
14:14établir une base
14:15à l'intérieur
14:15de l'université.
14:16Ali Bongo
14:17est venu
14:18avec,
14:19voilà,
14:19c'est un dictateur
14:20qui pour sa seule
14:22forme d'expression,
14:23c'est de mater
14:24tout le monde.
14:24On doit se taire,
14:25on ne doit rien dire.
14:28sur son ancien ministre,
14:30M. Serafin Moudunga,
14:31il a démissionné avant-hier.
14:32Entre avant-hier
14:33et aujourd'hui,
14:33il a échappé
14:34à trois tentatives
14:35d'assassinat.
14:36Ils ont débarqué chez lui,
14:37ils ont tout cassé,
14:38ils ont tout filipendé
14:39dans sa maison.
14:40Alors que ce monsieur
14:42avait les ministères
14:44avec le plus de portefeuille
14:45qu'on n'a jamais vu.
14:46S'il y avait un proche
14:47d'Ali Bongo,
14:48c'était bien Serafin Moudunga.
14:49Mais il a suffi
14:50qu'il lui dise
14:50« Là, tu vas trop loin,
14:52cher ami,
14:53pour que tout de suite
14:53il soit la personne à abattre. »
14:55Et c'est ça Ali Bongo.
14:56Il a été comme ça
14:57pendant tout son septennat.
14:59Et aujourd'hui,
15:00Ali Bongo,
15:01ce qui est encore plus grave,
15:02c'est qu'il n'a même pas
15:03l'intention de limiter les mandats.
15:04Parce qu'en 1991,
15:06nous avons adopté
15:07une constitution
15:07qui établissait
15:08le multipartisme,
15:10réduisait le nombre
15:10de mandats présidentiels
15:11à deux mandats successifs,
15:12qui ramenait le septennat
15:13au quinquennat
15:14et qui établait
15:15une élection présidentielle
15:16à deux tours.
15:17Au fil des années,
15:18Omar Bongo,
15:18avec la complicité
15:19de la Cour constitutionnelle,
15:21a retiré
15:22de la constitution
15:23l'élection à deux tours,
15:24elle est devenue à un tour,
15:25le quinquennat
15:26est redevenu septennat
15:27et le nombre de mandats
15:28est redevenu illimité.
15:30Ali Bongo ne parle pas
15:31de revenir à cela.
15:32Or,
15:33avec une telle constitution,
15:34on ne peut pas dire
15:35qu'on est en démocratie.
15:36M. Jean Ping s'engage déjà
15:38à ne faire qu'un seul mandat
15:39et il s'est engagé
15:41automatiquement
15:41à mettre en œuvre
15:42cette réforme constitutionnelle
15:44qui va nous placer
15:44à nouveau
15:45sur le chemin
15:45de la démocratie.
15:47Donc,
15:47lorsque M. Ali Bongo
15:48se présente comme un démocrate,
15:49ce n'est pas vrai.
15:50Il ne l'est pas.
15:51parce que cette réforme constitutionnelle,
15:52il l'aurait engagée
15:53pendant son septennat.
15:54Parce qu'on l'a appelée
15:55de tous nos voeux.
15:56Il a même refusé
15:58un dialogue national inclusif
15:59auquel la société civile
16:01et l'opposition
16:02l'ont appelée
16:03pendant sept ans.
16:04Donc,
16:04il a toujours été
16:05dans la répression,
16:06sauf que cette répression
16:07est de plus en plus grandissante
16:08et de plus en plus violente
16:10parce qu'il sait
16:11qu'il n'est pas aimé
16:12et donc il compte sur la terreur.
16:14C'est un terroriste d'État.
16:15Il compte vraiment
16:16sur la terreur
16:16pour que les Gabonais
16:17se tassent,
16:18se tairent comme des taupes
16:19et le laissent faire du Gabon
16:21ce qu'il veut.
16:22Alors,
16:22Jean-Pin parle de 50 à 100 morts.
16:25Est-ce que vous avez établi
16:25une liste des personnes disparues ?
16:28Nous avons établi
16:29une liste des personnes disparues
16:30en effet.
16:31Alors,
16:31le cynisme
16:32et le sadisme
16:33de la milice d'Ali Bongo
16:34c'est que lorsqu'ils tuent,
16:35ils emportent les corps.
16:37Donc,
16:38bientôt,
16:38nous découvrirons des charniers.
16:39Nous avons déjà des adresses.
16:41Nous avons des endroits
16:41où on nous a déclaré
16:43qu'il y avait des fausses communes.
16:45Donc,
16:45Ali Bongo
16:46vit pour le paraître.
16:48Lorsque ce monsieur vient dans la presse
16:50et peut tenir des mensonges
16:51de façon éhontée
16:52à la face du monde,
16:54il est convaincu
16:55que ce qu'il dit
16:56va passer.
16:56C'est un enfant gâté
16:57qui a été levé
16:58qui pense que tout est à ses pieds
17:00et qu'il suffit
17:00qu'il claque des doigts
17:01et tout le monde à court.
17:02Il suffit qu'il dise
17:04que votre chaise est blanche
17:05et que même si vous la voyez noire,
17:07vous direz qu'elle est blanche.
17:08Ce n'est pas possible.
17:10Et donc,
17:10Ali Bongo
17:11est dans ce déni
17:11et pour mentir une fois de plus
17:13à la communauté internationale,
17:14il cache les morts,
17:16il tue,
17:16ils emportent les cadavres
17:17donc ça nous empêche
17:18nous de faire véritablement
17:20le décompte.
17:20Aujourd'hui,
17:21il y a des maisons
17:22de pompes funèbres
17:22comme Kasebga,
17:24la gabonaise de sépulture
17:25qui est fermée
17:26et où on a interdiction d'accès.
17:29On soupçonne
17:29des morts entreposées là-bas.
17:31TV5 Monde
17:32est allé
17:33avec son envoyé spécial
17:34est allé à Kasebga
17:35rien que quand ils ont vu la caméra
17:36ils l'ont violenté.
17:38Ils ont repoussé
17:39violemment la caméra
17:40ils ont fermé.
17:40S'ils n'ont rien à cacher
17:42pourquoi empêcher
17:42les journalistes d'entrer ?
17:44Donc nous avons un bilan
17:45qui est partiel
17:45parce que le régime
17:47enlève les morts
17:48les entasse
17:49les enterre
17:50dans des fosses communes
17:51donc nous aurons
17:51beaucoup de disparus
17:52nous avons des portées disparues
17:54qu'on ne retrouvera
17:55peut-être jamais
17:57donc les quelques chiffres
17:58que nous avons
17:59c'est ceux
17:59dont nous avons vu les corps
18:01c'est ceux que les familles
18:02ont déclarés
18:03mais les autres
18:03sont simplement portées disparues
18:05et on n'oublie pas
18:06qu'il y a quand même
18:06eu près de 1998 blessés
18:09qui ont pu être recensés
18:11parce que les blessés
18:12eux ils ne les tuent pas
18:12qui ont pu être recensés
18:14et dont certains ont été brûlés
18:15à l'acide
18:16donc ils ont quand même
18:17versé l'acide
18:18sur des populations
18:19c'est un vrai massacre
18:21qui est en train de se faire
18:22et cette milice
18:23parce que
18:24si ce sont des opérations
18:25de maintien de l'ordre
18:26ça se passe dans la rue
18:27mais ils poursuivent les jeunes
18:28jusque dans leur maison
18:29ils vont les tuer
18:30dans leur maison
18:31ils entrent
18:32ils violent les femmes
18:33ils violent les filles
18:34ils violent les mères
18:34et tout ça
18:35ils pensent que la communauté internationale
18:37ne le saura jamais
18:38parce qu'ils ont coupé Internet
18:39parce qu'ils ont coupé
18:40les réseaux sociaux
18:41parce qu'ils ont brûlé
18:42les télévisions
18:44de la société civile
18:45et de l'opposition
18:46c'est bien beau de dire
18:47que c'est Jean Pink
18:47qui a organisé les pillages
18:48mais pourquoi Jean Pink
18:49irait faire brûler
18:50les seules radios
18:51par lesquelles
18:52il peut s'adresser
18:53au peuple
18:54parce que là
18:55la radio télé Nazareth
18:56est brûlée
18:56TV5, TV+,
18:58ils ont saccagé
18:59donc on voit bien
19:00que c'est une action
19:01du gouvernement
19:01d'Ali Bongo
19:02et de Sesbir
19:03dans le but de museler
19:04l'opposition
19:05et de la faire
19:06terre à jamais
19:06Alors quelle peut être
19:07aujourd'hui l'issue
19:09de cette crise
19:10est-ce que vous allez
19:13vous saisir
19:14des recours légaux
19:15qui sont à votre disposition
19:17Alors se saisir
19:18des recours légaux
19:19c'est comme si
19:20le Gabon
19:20était un état de droit
19:22Le Gabon n'est pas
19:23un état de droit
19:25Ali Bongo
19:26viole la constitution
19:27ce sont des marchands
19:28de tapis
19:29qui évoquent la loi
19:30quand ils pensent
19:30qu'elle est à leur avantage
19:32Si on revient
19:33sur l'élection présidentielle
19:34que dit le code électoral ?
19:36Le code électoral
19:37dit que les résultats
19:38sont publiés
19:39au plus tard
19:4072 heures après
19:41la fermeture
19:42des bureaux de vote
19:43mais ils ont proclamé
19:4496 heures après
19:45même ce délai
19:46de 72 heures
19:47ils ne l'ont pas respecté
19:48et donc les mêmes
19:50qui ne respectent pas la loi
19:51parce que M. Ali Bongo
19:53sait que la Cour constitutionnelle
19:54est dirigée par la maîtresse
19:55de son père
19:56qui a eu trois enfants
19:57avec son père
19:58donc qui a des intérêts
20:00avec la famille Bongo
20:01et qui est à la tête
20:03de cette institution
20:04depuis 25 ans
20:05depuis 1991
20:06ils ont modifié
20:08le texte organique
20:08de la Cour constitutionnelle
20:09à chaque fois
20:10pour permettre
20:11qu'elle soit toujours en poste
20:12ils ont introduit
20:13une disposition
20:14qui fait qu'elle ne peut
20:15être récusée
20:17parce que
20:17le droit voulant
20:19elle ne peut pas être jugée
20:20partie compte tenu
20:21de ses liens familiers
20:21avec Ali Bongo
20:22mais il y a une disposition
20:23qui dit qu'elle ne peut
20:24être récusée
20:25donc elle est tenue
20:26d'être là
20:27mais
20:27si la Cour constitutionnelle
20:29est à la main
20:30d'Ali Bongo
20:30quelle voie de contestation
20:33légale
20:33il vous reste ?
20:34nous n'avons quasiment pas
20:35de voie de contestation
20:36légale
20:37la seule chose
20:38qu'il faut aujourd'hui
20:38c'est que les résultats
20:39les vrais soient proclamés
20:41et en même temps
20:42avant d'aller à la Cour constitutionnelle
20:43le contentieux
20:44doit être vidé
20:45au niveau de la Commission
20:46nationale électorale
20:47or là
20:47il n'y a pas eu d'accord
20:48parce que les résultats
20:49qui ont été proclamés
20:50les représentants
20:52de l'opposition
20:53dans la Commission
20:53ne les ont pas signés
20:55donc il y a un contentieux
20:56à vider
20:57au niveau
20:57d'abord
20:58de la Sénat
20:59avant de faire recours
21:00à la Cour constitutionnelle
21:01or ils ont déjà
21:01transmis les résultats
21:02là-bas
21:03et ils veulent nous y emmener
21:04forcément parce qu'ils savent
21:05que la décision
21:06sera en leur faveur
21:07Pour bien comprendre
21:08vous, vous demandez
21:09la publication des résultats
21:10bureau de vote
21:11par bureau de vote
21:12bureau de vote
21:13par bureau de vote
21:14procès verbal
21:14par procès verbal
21:15parce que nous
21:16les avons les procès verbaux
21:17mais ils savent
21:18que sur les procès verbaux
21:19ils n'ont pas pu tricher
21:20ils ont triché
21:21au moment de la centralisation
21:22des résultats
21:22au niveau du ministère
21:24de l'Intérieur
21:24donc si on fait simplement
21:25une publication des résultats
21:27bureau de vote
21:28par bureau de vote
21:29comme la loi gabonaise
21:30ne l'interdit nullement
21:31comme ils le disent
21:32par contre
21:33ils ont signé
21:34un contrat
21:35avec la mission
21:36d'observation
21:37de l'Union Européenne
21:37et dans ce contrat
21:38il est clairement stipulé
21:40que les résultats
21:40seront publiés
21:41bureau de vote
21:42par bureau de vote
21:44procès verbal
21:45par procès verbal
21:45mais ils ne veulent pas
21:46parce qu'ils savent
21:47qu'ils sont coincés
21:47lorsqu'on est sûr
21:48de sa victoire
21:49on refait le décompte
21:51ils ne veulent pas
21:51le décompte
21:52parce qu'ils savent
21:53qu'ils ont fraudé
21:54mais la fraude
21:54est tellement flagrante
21:55que le monde entier
21:57sait aujourd'hui
21:57qu'Ali Bongo
21:58est un tricheur
21:59c'est un mauvais tricheur
22:01alors Jean Ping
22:02appelle aussi
22:04au blocage économique
22:05du pays
22:05avec des grèves
22:07est-ce que cet appel
22:08a été suivi ?
22:10est-ce que M. Jean Ping
22:11avait besoin
22:11d'appeler à la grève
22:13pour que la grève
22:14soit suivie ?
22:14la grève va de soi
22:16vous ne pouvez pas
22:17demander à une population
22:18que vous venez
22:18de massacrer
22:19il y a des femmes
22:20qui cherchent leurs enfants
22:21on a suivi le reportage
22:23en Corse
22:23que je vais citer
22:24ils ont accompagné
22:25une mère
22:26qui cherchait son fils
22:27depuis le 31
22:27elle est allée
22:28jusqu'à faire le tour
22:29des morgues
22:30et dans certains
22:31on n'a même pas voulu
22:32qu'elle entre
22:32elle va aller travailler
22:33la semaine suivante
22:34on est mercredi
22:36on a massacré
22:37une population
22:39de mercredi à dimanche
22:40et on leur dit
22:41lundi matin
22:41aller travailler
22:42alors qu'il y a
22:43un millier de personnes
22:44en prison
22:45ça n'a absolument
22:46aucun sens
22:47et monsieur Ali Bongo
22:49va soi-disant
22:50visiter des militaires
22:51qui eux auraient été
22:52agressés par la foule
22:54mais comme ce sont
22:55des piètres comédiens
22:56sous la blouse
22:58on voit le col de la chemise
23:00qui est bien repassé
23:01donc on n'a pas affaire
23:02à un blessé
23:02on a bien affaire
23:03là encore
23:04à de la manipulation
23:05parce que
23:06c'est tout ce qu'ils savent faire
23:07aujourd'hui
23:08Ali Bongo est prêt
23:09il a tué des Gabonais
23:10parce qu'il veut rester au pouvoir
23:12tant qu'à faire
23:12qu'on lui offre
23:13un Gabon mort
23:15on reste chez nous
23:16il n'a pas besoin de nous
23:18il n'a pas besoin de nous
23:19s'il avait besoin de nous
23:21il nous considérerait
23:22il respecterait nos droits
23:23il respecterait le droit
23:25de vote de la population
23:26ce qui n'a pas été le cas
23:27donc il va de soi
23:29que nous ne pouvons pas
23:30continuer à faire fonctionner
23:31une économie
23:32qui sert à remplir
23:33les caisses des Bongo
23:34qui sert à leur faire acheter
23:35des villas dans le monde entier
23:36qui sert à leur faire acheter
23:38des voitures de luxe
23:38l'épouse de monsieur Ali Bongo
23:40est la seule épouse
23:41de chef d'état
23:42au monde
23:42qui a son propre avion privé
23:45et donc
23:46monsieur Ping déjà
23:47n'a jamais appelé
23:48à ce blocage
23:49parce que
23:50où l'aurait-il fait ?
23:51il n'avait plus de moyens
23:53d'expression
23:54puisqu'il n'a pas accès
23:55à la télévision d'état
23:56télé Nazareth
23:57où il aurait pu s'exprimer
23:58était saccagé
24:00TV plus saccagé
24:01les réseaux sociaux bloqués
24:03donc il faut comprendre
24:04Ali Bongo veut faire croire
24:06que le soulèvement du peuple
24:08c'est un soulèvement
24:09manipulé par Jean Ping
24:10mais ce n'est pas la vérité
24:11il dit
24:12que comment un peuple
24:13peut se lever
24:14de façon simultanée
24:15dans toutes les villes du pays
24:17ça veut dire
24:18que c'est coordonné
24:18ben non
24:19c'est un ras-le-bol
24:21généralisé
24:21qui s'exprime
24:23et ça monsieur Bongo
24:24ne veut pas le comprendre
24:25les Gabonais
24:26en ont marre
24:27et aujourd'hui
24:28les Gabonais manifestent
24:29dans le monde entier
24:30donc si monsieur Jean Ping
24:32l'a manipulé au Gabon
24:33je ne pense pas
24:33qu'il a eu le temps
24:34d'appeler à Ottawa
24:35d'appeler à Washington
24:36où les compatriotes
24:38étaient hier au Congrès américain
24:39d'appeler toutes les villes de France
24:40où il y a des Gabonais
24:41c'est la manipulation
24:42la manifestation
24:44qui a lieu aujourd'hui
24:45les manifestations des Gabonais
24:47sont un ras-le-bol
24:48il ne s'agit plus d'un combat
24:49entre Jean Ping
24:50et Ali Bongo
24:51c'est un combat
24:52entre Ali Bongo
24:53et le peuple gabonais
24:54qui a élu Jean Ping
24:55et ce peuple gabonais
24:57dont il nie les droits
24:58ce peuple gabonais
24:59qu'ils ont opprimé
25:00pendant 50 ans
25:01et qui maintenant
25:01dit non
25:02et donc il ne faut pas
25:04continuer de présenter
25:05ce combat
25:06comme deux partisans
25:07deux candidats
25:09qui se chamaillent
25:09non
25:09c'est vraiment le peuple gabonais
25:11qui est derrière Jean Ping
25:12parce que
25:12où sont les partisans
25:14d'Ali Bongo ?
25:14on ne les a jamais vus
25:15on ne les a pas entendus
25:16parce qu'ils n'existent pas
25:18c'est juste une petite oligarchie
25:19qui profite des biens du pays
25:21et qui veut se maintenir
25:22par la force
25:23pour opprimer tout un peuple
25:24mais cette fois-ci
25:25nous leur disons
25:272016
25:27n'est pas
25:292009
25:31ce qui s'est passé en 2009
25:32ne se reproduira pas
25:33en 2016
25:34donc nous continuons
25:35nos manifestations
25:37samedi à Paris
25:38encore il y aura une manifestation
25:39des gabonais de France
25:40qui viendront de partout
25:41pour dire que nous ne sommes pas d'accord
25:43et pour exiger aussi
25:44une intervention franche
25:46de la France
25:47qui a contribué
25:47à ce qu'Ali Bongo soit au pouvoir
25:49maintenant qu'elle contribue
25:50à le démettre
25:51en l'amenant à accepter
25:52qu'il a perdu l'élection
25:53et qu'il s'en aille
25:54je vous remercie Laurens
25:56merci à vous
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
26:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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