00:00Musique
00:08Il était une fois une immense friche de la SNCF promise à la démolition.
00:12Il était une fois trois compères, pétris de compétences, de convictions et de courage.
00:17Et hip hop, il est cette fois certain que l'aérosol est en train de réussir son pari à Paris.
00:23Aurore Béquier, 38 ans, est gérante de Polybride Production.
00:28Voilà, donc Polybride Production, ça a fait un an que ça existe.
00:32On produit des concerts, des événements.
00:36Et là, on s'est dit, mais on va se positionner sur un lieu éphémère.
00:40Voilà, d'où le projet de l'aérosol.
00:42Ici, donc, on se trouve dans le 18e, on se trouve à côté de Porte de la Chapelle.
00:46Que c'est ici que sont nées quand même les cultures hip hop, il ne faut pas oublier ça.
00:49Donc les premières blocs parties organisées au milieu des années 80 par dynastie s'organisent ici.
00:55Tous ces gens-là sont restés et vivent encore ici dans ce quartier.
00:59Donc finalement, beaucoup d'artistes parisiens, mais je dirais même plus, beaucoup d'artistes du quartier.
01:04On a voulu élargir au maximum en proposant aussi des activités autour du sport.
01:10Donc de la glisse, autour du roller, autour du skate.
01:13Pourquoi pas du BMX ?
01:15Pourquoi pas le basket ?
01:17Le babyfoot.
01:19L'idée, c'est tout ce qui se fait dans la rue et tout ce qui vient de la rue.
01:24Ce qu'on va exposer dans le musée, c'est que des toiles qui sortent de collections privées.
01:28Donc des toiles beaucoup anciennes, années 70, New York.
01:33Et beaucoup, beaucoup de toiles qui ont vécu chez des gens qui ont un vrai vécu,
01:37qui sont passées de main en main.
01:39À l'intérieur, dans le musée, on ne demande rien aux artistes.
01:42Les artistes s'expriment à l'extérieur sur tous les kilomètres de murs qu'on a.
01:45Ce lieu appartient donc à la SNCF et qu'il s'est monté en grand partenariat avec eux.
01:52Donc ça, c'est important de le préciser.
01:53Donc c'est très drôle aussi et c'est un gros pari pour la SNCF aujourd'hui,
01:57justement, d'accueillir sur son site des graffeurs.
02:00Parce qu'on connaît l'histoire entre le graffe et la SNCF.
02:04Voilà, donc tout le monde peut venir acheter sa propre bande de peinture,
02:08ici sur place et s'accaparer les murs.
02:12Tout le monde, même moi ?
02:13Tout le monde, absolument, absolument.
02:20Comment vous avez entendu parler du lieu ici ?
02:22De bouche à oreille, comme on connaît pas mal de graffeurs dans le coin,
02:26forcément, il y a un moment où c'est venu jusqu'à nos oreilles
02:28et puis on est venu ici, du coup, visiter un peu.
02:31C'est mieux de travailler dans un lieu autorisé que dans un lieu sauvage ou pas ?
02:35Ça ne change pas des masses parce que les lieux désaffectés,
02:38c'est quand même assez tranquille.
02:39On n'est pas spécialement emmerdés par la police ou quoi que ce soit.
02:42Donc on a quand même le temps de prendre notre temps, de faire des jolies prottes.
02:47Non, c'est un peu similaire, sauf que là, les murs sont bien plus imposants
02:50et on peut quand même prendre de la place pour s'exprimer.
02:54Vous nous en parlez de ce qu'on voit là ?
02:56Là, du coup, vous avez nos deux pseudos.
02:59C'est-à-dire ?
03:00Nos pseudos dans le graffiti, du coup, on n'en met pas notre vrai nom, forcément.
03:04Donc on se trouve en pseudo, qu'après on se reconnaît les uns entre les autres.
03:08Et puis là, du coup, vous avez nos deux noms avec les persos.
03:13Et puis, voilà, mais là, ce n'est pas fini.
03:19À partir du mois de septembre, on peut venir se faire tatouer à l'aérosol.
03:23Exactement.
03:24Ça fait mal ?
03:25Bon, ça pique un petit peu, comme on dit.
03:27C'est une culture urbaine, le tatouage ?
03:29Ça fait partie, je pense que ça fait partie, oui.
03:32Un petit peu, c'est différent.
03:34C'est un petit peu pluvieux, je crois.
03:36Mais ça rentre complètement, oui, dans ce genre de culture urbaine.
03:41Quels liens on a avec les graffeurs quand on est tatoueur ?
03:44Moi, j'ai été graffeur avant d'être tatoueur, graffeur depuis pas mal de temps.
03:49J'ai gravité autour du dessin, en fait.
03:51Le lien, c'est ça.
03:52C'était le dessin.
03:53J'aimais dessiner, créer.
03:55Et en fait, c'est venu petit à petit, en fait.
03:57On me suis dit, tiens, je pourrais peut-être aussi essayer de graver des trucs sur les gens.
04:03Après avoir mis ça sur des toiles et avoir mis ça sur des murs.
04:06Petite indiscrétion, on nous a parlé du PSG.
04:08On nous a parlé d'un joueur qui a un tatoueur.
04:12Oui, c'est vrai que j'ai tatoué Verratti.
04:15Et on a fait, dans mon salon de tatouage qui est Black King Story,
04:18on a tatoué pas mal de personnalités, dont Joey Star, Tal, Amel Bent.
04:24On a eu la chance de pouvoir tatouer ces gens-là, oui.
04:36Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
04:38Je vous présente, c'est un outil de graffiti numérique.
04:42En tout cas, un mini Photoshop version graffiti, on peut dire ça.
04:45Avec lequel, justement, on peut, à travers, avec divers outils,
04:49et puis à travers diverses images et fonctions,
04:52on peut venir créer directement sur cette toile que vous voyez là.
04:55C'est made in France, un engin pareil ?
04:57C'est made in France, un engin pareil.
05:03Nous sommes dans la partie musée de l'aérosol.
05:06Musée et street art, ça sonne pas juste.
05:09On est sur des gens qui sont issus du street art.
05:13Quand on peint sur une toile, on n'est plus dans la rue déjà.
05:16Quand on peint tout ce qu'il va y avoir ici, je vais revenir au début,
05:20mais tout ce qu'il va y avoir ici, c'est pas des choses qu'on a demandé aux artistes,
05:23mais des choses qu'on a demandé à des collectionneurs.
05:25C'est-à-dire que c'est des gens qui ont déjà trouvé le travail bien,
05:28qui ont déjà acquis les œuvres,
05:30et qui, pour certaines, ont déjà été revendues plusieurs fois.
05:32Et on est revenu au début du graffiti du street art.
05:38C'est-à-dire qu'on aura beaucoup de choses ici, de New York années 80,
05:41on aura beaucoup de choses, beaucoup de dessins, dessins des années 80,
05:48parce que le graffiti démarre toujours d'un dessin.
05:50Et on a beaucoup de choses que les gens ont voulu collectionner,
05:55parce qu'ils ont aimé ce mouvement.
05:56Et comme tout ce qui est rare, ça commence à avoir un prix, en fait.
06:01On parle du lieu, donc ce lieu, l'entrée sera payante, par contre ?
06:05L'entrée sera payante, tout à fait.
06:07Elle sera à 5 euros.
06:09Entrée 5 euros, ça ouvre quand, le musée du street art à Paris ?
06:12Le 1er septembre.
06:13Le 1er septembre 2017.
06:15Je ne sais même plus quelle année on est.
06:17Qu'il pleuve ou que le soleil cogne, qu'importe,
06:20le lieu éphémère est un spot incontournable de découvertes urbaines,
06:23de jour comme de nuit.
06:25Nous y sommes entrés libres, nous en sommes ressortis, joyeux.
06:37Sous-titrage Société Radio-Canada
06:39Sous-titrage Société Radio-Canada