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  • il y a 15 minutes
Rendez-vous incontournable des petits Parisiens qui viennent à la rencontre des animaux de la ferme, le salon de l’agriculture tient à Paris jusqu’au 5 Mars. Mais bien au delà des vaches, cochons, chevaux, lapins et en l’absence cette année d’animaux à plumes, pour cause de grippe aviaire, il s’agit aussi de découvrir une agriculture en pleine mutation. En témoignent les tracteurs, trayeuses et autres moissonneuses batteuses truffées de technologie. les paysans sont désormais connectés ! De quoi donner un sacré coup de jeune à l’image du métier et le rendre plus attractif pour ceux que Jéremy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, espère convaincre de se lancer !

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Transcription
00:02Rendez-vous incontournable des petits parisiens qui viennent y découvrir les animaux de la ferme,
00:07le salon de l'agriculture se tient à Paris jusqu'au 5 mars.
00:10Mais bien au-delà des vaches, cochons, chevaux, lapins,
00:14et en l'absence cette année d'animaux à plumes, pour cause de grippe aviaire,
00:18il s'agit aussi de découvrir une agriculture en pleine mutation.
00:21En témoignent les tracteurs, treilleuses et autres moissonneuses-batteuses truffées de technologies.
00:27Les paysans sont désormais connectés.
00:29De quoi donner un sacré coup de jeûne à l'image du métier,
00:32et le rendre plus attractif pour ceux que Jérémy De Serles, le président des jeunes agriculteurs, espère convaincre de se
00:39lancer.
00:39Jérémy De Serles, bonjour.
00:41Bonjour.
00:41Donc vous êtes le président des jeunes agriculteurs.
00:44La première question va concerner justement le rajeunissement de cette profession qui a tendance à vieillir.
00:49Alors le métier d'agriculteur est réputé un métier de grande solitude,
00:53où les gens sont endettés, où les gens travaillent énormément,
00:57comment attirer des jeunes avec une telle réputation ?
01:00En essayant d'être malgré tout le plus optimiste, tout en restant réaliste bien entendu,
01:05mais en montrant aussi à la société, aux politiques, à tous les acteurs aussi économiques de ce pays,
01:11l'importance de maintenir une agriculture forte de ces hommes.
01:15Et si on veut maintenir des hommes et des femmes dans le métier, il faut les renouveler.
01:18Donc voilà, on a besoin de montrer les atouts et l'aspect positif de l'agriculture,
01:22et c'est ce qui permettra aussi de continuer d'attirer des jeunes.
01:25Mais malgré tout, il y a encore beaucoup de jeunes qui sont attirés par le métier.
01:28Les écoles d'agriculture montrent un niveau encore, en tout cas un potentiel de jeunes qui souhaitent rentrer dans l
01:35'agriculture.
01:36Alors vous, comment vous l'avez choisi ce métier ?
01:38Bon écoutez, c'est sans doute un peu par filiation.
01:40Mes parents étaient agriculteurs, enfin mon père était agriculteur.
01:43J'ai toujours vécu un petit peu auprès des animaux, auprès de la terre.
01:48Et c'est vrai que du coup, voilà, c'est sans doute un peu de la filiation,
01:51mais c'est aussi de la passion de travailler avec le vivant, d'être son propre patron.
01:55C'est toujours gratifiant ou attirant en tout cas.
01:59Et alors, sur le salon de l'agriculture où on est là aujourd'hui, d'ailleurs, on recrute.
02:03Il y a des métiers qui recrutent.
02:06Quels sont les secteurs de l'agriculture qui recrutent le plus ?
02:08Tout un tas de secteurs aujourd'hui recrutent.
02:11Je ne sais pas s'il y a forcément un secteur qui est plus en voie que d'autres.
02:15On voit des choses nouvelles arriver par contre,
02:17où du coup, on peut considérer, enfin comme les start-up qui viennent aussi,
02:21du coup apporter une valeur ajoutée aussi à l'agriculture.
02:24Donc dans ce domaine-là aussi, on voit qu'il y a une recrudescence aussi
02:28et que ça peut aussi servir l'agriculture.
02:30L'agriculture est riche de tout l'environnement qui l'entoure,
02:33l'environnement économique, les acteurs aussi, voilà, en termes de filières et tout ça.
02:38Donc ça, on sent qu'il y a encore du potentiel pour recruter et créer de l'emploi.
02:44Alors on en revient à la passion d'agriculture.
02:47Vous, vous êtes éleveur.
02:48Quels sont les instants de votre journée, de votre métier qui vous plaisent le plus ?
02:53Travailler avec les animaux, le soin aux animaux, bien entendu.
02:56Puis après, de temps en temps, faire un peu de tracteur aussi, ça fait toujours du bien.
03:00Donc voilà, c'est un peu ça qui rythme nos journées.
03:04Voilà.
03:05Alors on parle beaucoup des fermes-usines.
03:07On a beaucoup parlé des millevaches, mais il y a aussi les millevaux, etc.
03:11Vous, ce n'est pas votre type d'agriculture, ce n'est pas cette agriculture-là que vous défendez ?
03:16On vend, on défend et on vend une agriculture diversifiée, diverse.
03:20On essaye tout simplement de ne pas opposer les modèles.
03:24Effectivement, que la ferme des millevaches n'est pas forcément le modèle économique qu'on souhaite mettre en avant, qu
03:28'on souhaite défendre.
03:29Mais néanmoins, on ne passera pas notre temps non plus à le décrier, à le déglinguer, par exemple.
03:33Et nous, ce qu'on veut, c'est plutôt mettre en avant le modèle de type familial.
03:38C'est encore le plus...
03:41Celui qui est encore le plus imposant aujourd'hui en France.
03:45Et en tout cas, c'est celui qui est le plus présent.
03:47C'est celui qu'on veut mettre en avant, où les hommes et les femmes sont vraiment au cœur des
03:51exploitations.
03:53Et encore, la maîtrise globale de l'exploitation.
03:56Et vous avez quand même évoqué la ferme des Milvaux.
03:58La ferme des Milvaux, c'est un concept où il y a une quarantaine d'agriculteurs,
04:02qui sont une quarantaine d'exploitations agricoles, qui se sont réunis pour faire des choses,
04:07notamment l'engraissement, quelque chose qui ne s'est encore pas développé en France.
04:10Alors ça, pour le coup, ce n'est pas un modèle économique auquel on s'oppose.
04:14C'est des agriculteurs qui se sont organisés pour faire quelque chose de nouveau,
04:17et apporter aussi une certaine attractivité économique à un territoire,
04:20et aussi rendre rentable leur système d'exploitation.
04:24Donc pour le coup, ça, c'est plutôt des choses qu'on a aussi envie de pousser,
04:27l'organisation des hommes, afin de dégager une valeur ajoutée aussi sur un territoire.
04:32Justement, c'était ma question.
04:33Comment vous vous inscrivez dans des filières où il y a beaucoup de transformations,
04:36où il y a aussi des rapports avec la grande distribution qui ne sont pas simples ?
04:40Écoutez, là, on est en pleine négociation en ce moment sur les prix du lait,
04:44entre la distribution, la transformation.
04:47On attend aussi beaucoup, là, pour le coup, des pouvoirs publics,
04:50pour qu'ils, justement, en légiférant, prennent bien en compte aussi l'équilibre nécessaire
04:55entre la production, la transformation, la distribution,
04:59mais aussi la consommation et donc le consommateur.
05:02Et donc là, dans le rapport de force, nous, aujourd'hui,
05:04si la loi Sapin, notamment, et ses décrets n'agissent pas très rapidement,
05:09on aura encore du mal à s'en sortir dans ce jeu de ping-pong
05:13entre la transformation et la distribution qui pèsent quand même sur les prix agricoles.
05:17Alors, qu'est-ce que vous attendez des pouvoirs publics,
05:19qu'ils soient français ou européens,
05:21et qu'est-ce que vous attendez aussi des consommateurs ?
05:24Je pense que les consommateurs, si on leur apporte, voilà, une certaine vérité,
05:30une certaine importance aussi derrière l'agriculture,
05:34ils suivront.
05:35Et donc, on attend des politiques qui nous accompagnent aussi dans ces démarches-là,
05:39en termes de communication, toujours,
05:41pour positiver encore un peu plus sur le métier.
05:44Et les pouvoirs publics, après, doivent aussi,
05:46quand la profession sera assez claire et aura redéfinie les objectifs
05:52qui sont ceux qu'on doit redéfinir maintenant,
05:54les politiques devront, bien sûr, être là pour mettre les mécanismes en place
05:57et les politiques publiques, du coup, en place,
06:00politiques financières, bien entendu, aussi,
06:03pour accompagner un maximum les agriculteurs.
06:05Alors, vous avez évoqué des mesures, quelles sont-elles, les principales ?
06:08Nous, voilà, là, on pense que l'important dans ce pays,
06:12c'est qu'on a un objectif pour ne plus perdre de paysans.
06:16On a perdu plus de 20% des agriculteurs,
06:1920 à 30% des agriculteurs ces dix dernières années,
06:21et on voit bien qu'au vu de la situation agricole aujourd'hui,
06:26perdre des agriculteurs, c'est pas non plus une solution.
06:28Et nous, on compte et on croit beaucoup en la richesse humaine,
06:32donc aux hommes et aux femmes qui travaillent la terre et qui soignent leurs animaux.
06:37Et donc, nous, on demande aux pouvoirs publics
06:40qu'ils remettent le paquet sur le renouvellement des générations
06:42et qu'on fasse en sorte qu'on ne perde plus un paysan dans ce pays
06:45dans les années à venir.
06:46Et ça nécessite aussi que l'Europe, alors ça, au niveau national,
06:50on doit être tous d'accord là-dessus,
06:51et ça nécessite que l'Europe, après, mette des politiques publiques aussi,
06:54qui défendent un peu plus l'actif agricole,
06:57donc le professionnel, finalement, et peut-être un peu moins les hectares.
07:01Voilà, nous, on part sur quelque chose de sensiblement plus humain.
07:06Est-ce que ça va aussi dans le sens des modes de distribution différents,
07:10c'est-à-dire la vente directe, les coopératives de petite taille, etc. ?
07:14Exactement, quand on parle de diversification,
07:17c'est justement là aussi où on peut trouver une certaine valeur ajoutée.
07:21Mais encore une fois, pour que ça marche pour tout le monde,
07:24il ne faut pas qu'on oppose.
07:26Bien sûr, les circuits courts, c'est bien.
07:27Bien sûr, le bio, c'est bien.
07:28Mais le conventionnel, ce n'est pas nul non plus.
07:31Et puis, ça répond aussi à une demande.
07:33Et il ne faut pas qu'on parte tous dans le même système
07:35ou qu'on défende tous le même système
07:38en disant que tout le reste est dégueulasse.
07:40Et donc, voilà, on doit réussir à faire coexister
07:44les différents systèmes d'exploitation
07:45parce qu'il y a une demande en face aussi.
07:48Et alors, les questions d'actualité aussi concernant l'élevage,
07:51c'est aussi concernant ensuite le traitement des animaux.
07:53Il y a beaucoup de choses qui sont sorties sur les abattoirs, etc.,
07:56qui rejaillissent, qu'on le veuille ou non, sur les paysans.
07:59On a l'impression que les paysans traitent mal leurs animaux.
08:01Qu'est-ce que vous pouvez répondre à ça ?
08:03C'est pareil.
08:04Je pense qu'il faut aussi se rendre compte.
08:06Et nous, c'est ce qu'on a essayé de faire
08:08autour d'une campagne de communication,
08:10c'est de montrer aussi tout ce que ça apporte.
08:12Le bien-être animal, c'est comme l'environnement
08:14et l'écologie sur nos sols.
08:16Voilà, c'est nos moyens de production.
08:19Donc, aucunement les paysans ont envie de maltraiter les animaux.
08:24Donc, voilà, on met souvent en avant les abattoirs aujourd'hui.
08:30Mettons aussi en avant ce que les agriculteurs, éleveurs font de bien
08:33et les cultivateurs aussi font de bien.
08:35En un mot, qu'est-ce que vous diriez à un jeune
08:37qui n'est pas du tout issu d'une famille d'agriculteurs
08:40et qui voudrait se lancer ?
08:41Je lui dirais, il y a encore de l'avenir dans le métier.
08:44Il y a surtout beaucoup d'organisations qui sont prêtes à t'accompagner
08:46pour que tu puisses rentrer dans des conditions favorables dans le métier,
08:50même si c'est dur, même si on peut imaginer que ça manque d'attractivité.
08:54Il y a moyen d'en trouver de l'attractivité
08:55en se faisant accompagner, en se faisant aider, en se faisant soutenir,
08:59malgré tout en restant maître de son outil de production.
09:02Alors, moi, j'habite à la campagne.
09:03Je sais qu'il y a beaucoup de solidarité entre les paysans,
09:05en tout cas, il y avait.
09:06C'est toujours le cas, on n'en parle pas beaucoup.
09:09C'est un peu peut-être moins vrai qu'à une époque,
09:13mais parce que, pareil, le métier perdant un peu d'attractivité,
09:17les revenus n'étant pas là,
09:19il y a une crise aussi morale qui s'installe
09:21et qui, du coup, n'aide pas à cette solidarité.
09:28On a tendance peut-être à se recroquiller un petit peu sur soi-même.
09:32Ce n'est pas la solution, mais on est aussi à nous les jeunes
09:35pour justement ramener cet élan de solidarité.
09:37On a la responsabilité en tant qu'organisation de défense professionnelle
09:42de ramener justement tous ces agriculteurs autour de la table
09:46pour trouver des solutions assez rapidement
09:49et trouver des solutions pour le long terme.
09:51Merci beaucoup.
09:52Merci beaucoup.

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