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  • il y a 14 minutes
A Paris, 4000 à 5000 personnes se sont rassemblées sur la place de la République à l'appel d'associations antiracistes et de syndicats, pour protester contre les violences policières. Une manifestation pacifique à laquelle participaient beaucoup de parisiens à qui le viol de Théo lors de son interpellation a ouvert les yeux sur les discriminations récurrentes que subissent les habitants des quartiers populaires. Reportage.

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Transcription
00:04Pourquoi vous êtes venue aujourd'hui ici ?
00:06Parce que je pense que si on ne peut plus faire confiance à l'autorité qui est en place,
00:10on laisse vraiment la démocratie déraper, que c'est grave.
00:15Et que je pense que si on arrive à mettre Fillon en examen,
00:19certainement à juste titre, en 24 heures,
00:21on doit pouvoir aussi traiter un crime aussi grave, rapidement,
00:28et ne pas laisser les gens tergiverser pour nous expliquer que c'est un viol accidentel
00:32ou que c'est une arrestation virile.
00:35Et que là, je pense qu'on a besoin que les politiques et que les policiers aussi
00:40s'engagent pour faire le ménage chez eux
00:43et montrer que ce n'est pas ça la police et que ce n'est pas ça l'autorité.
00:48On y va ici parce qu'on pense que le cas d'Adama,
00:50ça montre un peu la société dans laquelle on vit aujourd'hui,
00:53une société qui est une justice à deux vitesses.
00:55Pour Fillon et ses enfants, sa famille qui est entraînée dans des cas de corruption,
01:00rien. Pour les flics qui tabassent les jeunes, rien.
01:02Mais pourtant, pour les jeunes qui s'émeutent, qui se révoltent,
01:05on les accuse de casseurs, on les accuse de violenter les quartiers.
01:08Maintenant, il y a le policier qui porte plainte sur Théo,
01:11alors que c'est lui qui a 10 cm de déchirure.
01:13Donc on pense que ça, ça nous énerve, ça nous donne la rage.
01:16Et on vient ici dénoncer cette société injuste, capitaliste, de classe.
01:19Moi, je suis venu d'abord pour Théo et sa famille,
01:22pour soutenir ce jeune qui a vécu des moments terribles
01:28et qui a vécu un viol, à mon avis.
01:30Parce que franchement, c'est scandaleux de ne pas dénoncer
01:33les vraies violences policières quand elles se présentent.
01:38Il faut absolument que la justice soit la même pour tous.
01:41Ce n'est pas le cas en France en ce moment.
01:43Et puis au niveau des banlieues, tout ce qui se passe, c'est absolument scandaleux.
01:47La crise a mis les banlieues dans un état déplorable.
01:50Les jeunes sont au chômage pour plus de la moitié d'entre eux.
01:53Ils vivent des humiliations quotidiennement.
01:58Les contrôles d'identité au faciès, tout le monde le sait,
02:01tout le monde le reconnaît, ce n'est même plus une question.
02:04On sait que c'est un fait.
02:05Je suis Sylvie Tricot-de-Vert, adjointe à l'intervention citoyenne
02:09Mérite-Fonte-des-Sous-Bois dans le Val-de-Marne.
02:11D'accord, alors quel est le sens de votre présence ?
02:13La sens de ma présence aujourd'hui, c'est d'abord évidemment d'être solidaire
02:17avec ce qui s'est passé avec Théo, mais plus généralement,
02:21de considérer que cette question du contrôle au faciès est complètement inadmissible
02:26et qu'il y a aussi besoin de rappeler aux hommes politiques,
02:30quand ils prennent des engagements, qu'il faut qu'ils les tiennent.
02:33Et vous avez été déjà victime de contrôle comme ça ?
02:36Oui, j'ai déjà eu la cicatrice que j'ai là, je me suis déjà, c'était en plus à
02:41200 mètres.
02:43J'ai déjà eu des problèmes avec la police osier, pareil, il n'y a pas eu de suite.
02:45Ils ont dit que je m'étais pris un arbre alors que j'avais des encasés, c'est toujours la
02:48même chose.
02:49Elle a mis des personnes qui sont censées représenter les racisés,
02:55je dis bien racisés, parce que c'est le racisme qui crée la race,
03:01et pas la race qui crée le racisme, il faut bien garder ça en tête.
03:04Donc en faisant ces changements-là, elle a permis à des personnes racisées
03:11d'appliquer la même politique qu'elle a toujours appliquée.
03:16On n'arrivera pas à se faire entendre, et donc c'est important en effet
03:20qu'un rassemblement puisse être de toutes les couleurs, y compris blanche.
03:25Parce que trop souvent, ils ne connaissent pas la réalité dans nos banlieues.
03:30Moi je viens d'Argenteuil, une ville où ça a encore brûlé la semaine dernière,
03:35où nos enfants, nos fils se font contrôler sans arrêt,
03:39dans une cité où il ne se passe pas une fois, enfin une année,
03:44sans qu'il y ait un phénomène de violence.
03:47Et à chaque fois...
03:48C'est la ville d'Aleziri ?
03:50C'est la ville où l'année dernière, un jeune, le 14 juillet,
03:53s'est fait tirer dessus par un flashball.
03:55Il a été opéré parce qu'il a eu une testicule qui a été touchée.
03:59Et jusqu'à aujourd'hui, les responsables de ce geste, de cette violence,
04:04sont toujours soit en poste,
04:06s'ils n'ont pas été en poste, ils ont été déplacés,
04:08mais ils n'ont pas été punis, il n'y a pas eu de condamnation.
04:11Partout, il y a tout le temps de la relaxe.
04:13Qu'est-ce que vous retenez de ce que vous avez vécu là, tout de suite ?
04:16C'était une première manifestation, et sûrement pas la dernière,
04:19parce que rien que d'être ici tous ensemble,
04:22je trouve que c'est déjà ce qui fait avancer les choses.
04:24Et c'est bien, j'aime beaucoup.
04:25Il parlait même justement de la discrimination qu'ils ont eu par rapport à Théo,
04:29Théo et les autres.
04:30Et après, on a d'autres problèmes aussi, mais par rapport à la police,
04:33je trouve vraiment...
04:34Ce que le jeune homme, le monsieur disait à un moment,
04:38c'est très vrai, parce qu'au final,
04:40on ne doit pas être énervé contre la police,
04:41mais contre le gouvernement, parce que c'est à cause d'eux,
04:43justement, qu'il y a tout ça,
04:44et que la police est sous les ordres du gouvernement.
04:46Donc c'est là aussi qu'il y a un problème.
04:48C'est le gouvernement qui veut tout ça,
04:49ce n'est pas les policiers, ils font que leur job.
04:52Aujourd'hui, il y a vraiment une telle impunité
04:56que la police se croit tout permis.
04:58Et elle a l'impression d'avoir tellement le pouvoir
05:00qu'on ne lui dira rien,
05:02eh bien, elle peut se permettre ce qu'elle veut.
05:04Elle a le permis de tuer, aujourd'hui.
05:08C'est une réalité.
05:10Et on utilise l'état d'urgence
05:11et la lutte contre le terrorisme comme prétexte.
05:14Alors, vous portez une pancarte blanche,
05:16privilégiée, très triste.
05:17Je suis retraité, donc c'est un grand privilège.
05:19Je touche une pension, j'ai travaillé toute ma vie.
05:22Blanche, donc je ne subis pas ses contrôles aux faciès,
05:26je ne subis pas la violence policière,
05:28sauf quand, bon, si je me révolte un peu trop,
05:30j'imagine que je la subirais.
05:32Et triste, parce que j'ai honte
05:34de ce qui se passe.
05:35Et qu'est-ce qu'il faudrait faire, à votre avis ?
05:37Ce qu'il faudrait faire, c'est un changement radical
05:40de société, de toute façon.

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