00:00Et alors là, permettez-moi à cet instant de vous faire part d'une expérience que j'ai faite ce
00:04week-end.
00:05Je suis justement allé voir sur internet Gibraltar Paradis Fiscal, pour chercher en quoi c'était un paradis fiscal.
00:13Et la première annonce qui tombe sur Google, c'est
00:18Gibraltar, fiscalité idéale pour société et particuliers.
00:22Je vous invite à faire l'expérience.
00:24Et en dessous, tout de suite, une entreprise, sfm-offshore.com.
00:31Et là, on peut créer, commander une entreprise en deux minutes, c'est écrit.
00:36Eh bien, vous savez quoi, monsieur le ministre ?
00:38J'ai créé mon entreprise offshore ce week-end.
00:41J'ai fait l'expérience en deux minutes.
00:43Avec une précision importante, il était écrit, il était écrit,
00:48« Toutes informations saisies dans ce formulaire seront conservées de façon strictement confidentielle
00:55et votre transaction sera sécurisées grâce au cryptage SSL. »
01:02J'ai compris, un cryptage XXL.
01:05J'ai donc créé mon entreprise via ce site en deux minutes et quelques clics.
01:11D'abord, il a été précisé qu'en fonction d'où venaient les profits,
01:18le taux d'imposition serait de 10% ou de 0%.
01:23Ensuite, j'ai eu le choix d'enregistrer ma société
01:26dans un des 23 paradis fiscaux que me propose cette entreprise.
01:32Si l'Europe cherche où sont les paradis fiscaux,
01:34il suffit d'aller chercher sur ce site.
01:36Au choix, c'est écrit la Suisse, les Bahamas, Hong Kong, Singapour, Gibraltar, le Delaware, etc.
01:45Et après, j'ai créé mon entreprise.
01:47J'ai choisi Gibraltar et j'ai créé mon entreprise.
01:51Il a fallu donner un nom.
01:53J'ai créé le nom, l'entreprise, ministère des comptes publics.
01:56Il a fallu trouver un directeur et un actionnaire principal.
02:02Et là, il vous offre deux options.
02:04Ou il vous nomme l'actionnaire et le directeur, mais ça vous coûte plus cher.
02:08Ou vous le nommez vous-même.
02:10Alors, j'ai nommé comme directeur M. Gérald Darmanin.
02:14Comme actionnaire principal, Mme Amélie de Montchalin à 51% de l'entreprise.
02:20Deux personnalités tout à fait respectables
02:23et dont le parcours justifie qu'ils peuvent prendre ses responsabilités.
02:27C'est un gage de confiance.
02:29Et cette société, avec ses responsables, a été créée en quelques clics.
02:36Il m'a suffi à la fin, bon je n'ai pas payé, je ne l'ai pas créé,
02:40mais à la fin, en option, il suffisait de choisir une carte bancaire.
02:45Et sur cette carte bancaire, l'option, je précise,
02:49le nom du titulaire n'apparaît pas sur la carte
02:52et n'est ni enregistré sur la bande magnétique, ni sur la puce.
02:56On peut tirer avec cette carte bancaire 720 000 dollars par an
03:00et 30 000 dollars en une transaction.
03:03Voilà la réalité de ce type de scandale fiscal accessible à tous
03:09en un clic sur Internet pour toute entreprise,
03:12pour tout contribuable français.
03:14Il peut le faire, le rapporteur général, il est en train de le faire maintenant,
03:17il va retrouver mon entreprise.
03:18Exactement.
03:19Quand est-ce que l'on va s'attaquer véritablement à cette délinquance en col blanc,
03:26cette délinquance fiscale qui provoque des trous dans nos comptes publics ?
03:30On s'attaque à la couche d'ozone qui fait des trous dans l'atmosphère,
03:34attaquons-nous à l'évasion fiscale qui fait des trous dans nos finances publiques.
03:38C'est un véritable scandale dans un pays civilisé.
03:41Et d'ailleurs, M. Darmanach, je vais vous proposer cette citation, vous qui les aimez.
03:45C'était le ministre des Finances de Roosevelt en 1937, Henri Morganto,
03:51qui avait dit que les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée.
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