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  • il y a 1 semaine
Lors de la présentation de son rapport annuel sur le Mal logement en France, la fondation abbé pierre met en lumière l’une des conséquences méconnues de la précarité croissante : le surpeuplement des logements, qui se traduit par l’entassement de familles entières dans quelques mètres carrés. L’occasion pour Christophe Robert des pointer les contradictions entre les objectifs affichés du gouvernement et sa politique économique et fiscale qui pénalise les plus fragiles.

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00:00Lors de la présentation de son rapport annuel sur le mal-logement en France,
00:04la fondation Abbé Pierre met en lumière l'une des conséquences méconnues de la précarité croissante,
00:09le surpeuplement des logements qui se traduit par l'entassement de familles entières dans quelques mètres carrés.
00:15Ça met en difficulté les familles, la simple possibilité de vivre en famille, de manger ensemble,
00:21de se laver tranquillement, de ranger, de faire des stocks.
00:25C'est vraiment une atteinte à la vie quotidienne.
00:27On a du mal à dormir quand on est en surpeuplement.
00:29Et quand on a du mal à dormir, ça a des répercussions en cascade sur la capacité à se concentrer,
00:33à être en bonne santé, à ne pas être trop stressé.
00:36Et en plus, c'est un phénomène qui est en aggravation.
00:38Alors que ça avait décliné pendant des décennies, pour la première fois, entre 2006 et 2013,
00:43les personnes en surpeuplement accentuées, là où c'est le plus grave, leur nombre a augmenté de 17%.
00:48Donc on a aujourd'hui 934 000 personnes qui vivent en surpeuplement accentuées, dont 300 000 enfants.
00:54Pour qui, parfois, ça peut être une cicatrice à vie.
00:56Parce qu'à vie, ils auront des lacunes scolaires, d'apprentissage, simplement à identifier les couleurs, etc.
01:02Mais il faut que les gens en surpeuplement accentuées se voient attribuer des logements sociaux en urgence.
01:08Autre solution assez simple à mettre en œuvre, plus facile,
01:11c'est qu'il y a aussi des personnes en sous-peuplement dans le parc social.
01:14Il y a 117 000 ménages qui ont 3 pièces ou plus par rapport à la norme d'habitation normale.
01:22Et parmi ces personnes-là, il y a des gens qui veulent déménager, qui veulent un logement plus petit.
01:26C'est des personnes âgées dont les enfants sont partis en général.
01:28Et à qui on ne répond pas favorablement la plupart du temps.
01:31Le taux de réponse favorable pour les gens qui veulent un logement plus petit, c'est 20% seulement par
01:35an.
01:36Donc ça veut dire que la moyenne, c'est 5 ans d'attente.
01:38Pendant 5 ans, les gens restent dans un grand logement qu'ils veulent quitter.
01:41Là, c'est absurde.
01:42Il faut donner la priorité absolue aux gens qui veulent quitter leur grand logement
01:45pour que ce grand logement soit attribué à des familles nombreuses qui sont aujourd'hui en surpeuplement.
01:49Même si le droit au logement opposable est de plus en plus connu
01:53et qu'il a permis de reloger à peu près 100 000 personnes, 100 000 ménages,
01:59depuis son vote en 2007 et son application en 2008,
02:03il y a beaucoup de personnes qui sont aujourd'hui à la rue,
02:06qui sont aujourd'hui menacées d'expulsion sans solution,
02:08qui sont aujourd'hui dans des logements totalement indignes
02:11et parfois même le fait de marchands de sommeil qui profitent de la pauvreté
02:14pour louer cher des logements pourris,
02:17qui pourraient bénéficier de ce droit au logement opposable.
02:19Donc il y a un enjeu très fort, bien sûr, de communication, d'information,
02:23mais aussi d'accompagnement au droit.
02:25À la Fondation Abbé Pierre, on développe des permanences d'accès au droit
02:28pour justement faire connaître ce droit et accompagner les ménages
02:30pour le faire valoir, ce droit.
02:32Mais il y a un gros travail.
02:34Mais le gros sujet d'inquiétude sur le droit au logement opposable à ce jour,
02:38c'est qu'on voit qu'il y a un certain nombre de territoires
02:42où, parce qu'ils n'ont pas finalement les logements à proposer au bout, aux personnes,
02:48ils finissent par dire, on va essayer d'être un peu restrictifs
02:50dans la manière dont on reconnaît la priorité à tel ou tel ménage.
02:53Et ça, ce n'est pas acceptable.
02:55Le droit, c'est le droit.
02:56Les catégories qui peuvent en bénéficier, c'est une lecture juridique qu'il faut avoir.
03:00Donc là, il y a un énorme enjeu à travailler aussi pour le quinquennat.
03:03L'occasion pour Christophe Robert de pointer les contradictions
03:06entre les objectifs affichés du gouvernement
03:09et sa politique économique et fiscale qui pénalise les plus fragiles.
03:13Le gouvernement dit, on va faire plus de pensions de famille,
03:16des logements adaptés pour ces personnes,
03:18plus de mobilisation du parc privé pour apporter des réponses aux mal logés.
03:23Ça, c'est plutôt dans un changement de stratégie qui est positif.
03:26Mais en fait, simultanément, quelques mois après,
03:29alors qu'on est à 8 mois du quinquennat,
03:33on voit des coupes sur les APL très importantes.
03:36On voit des coupes sur les bailleurs sociaux
03:39qui produisent du logement pour les personnes en difficulté très importantes.
03:43Et on se dit, si d'un côté, on fait une politique du logement d'abord
03:46qui peut permettre à certains de sortir du mal le logement,
03:48et de l'autre, la politique du logement,
03:51pas mal pilotée quand même par Bercy pour des raisons d'économie budgétaire,
03:54conduit à davantage de fragilité,
03:57on n'aura pas forcément gagné grand-chose au bout de l'histoire.
04:01Il y a deux poids, deux mesures qui nous préoccupent profondément.
04:05Et c'est là aussi où cette remise du rapport de la Fondation Abbé Pierre
04:10se veut un électrochoc pour dire au gouvernement,
04:13il est encore temps de faire autrement.
04:16On a la responsabilité collective d'apporter des réponses dignes
04:19à chacun des personnes qui s'ouvrent dans notre pays.
04:24Sous-titrage Société Radio-Canada

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