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  • il y a 20 heures
Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité, analyse le résultat de l’enquête sur les Paradise Papers, nouveau scandale d'évasion fiscale, et la politique menée par Emmanuel Macron en faveur des plus riches, surprotégés, qu'il nomme les "premiers cordée".
Réalisation : Abrahim Saravaki.

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Transcription
00:01Comment est-ce possible ? Les grands groupes, les multinationales, les plus fortunés font ce qu'on appelle pudiquement de
00:08l'optimisation fiscale en entretenant des armées d'avocats pour contourner la loi, placer habilement leurs fortunes dans des paradis
00:15fiscaux, d'où cette affaire des Paradise Papers que révèle un consortium de journalistes qui travaille dans le monde entier
00:23sur ces questions.
00:23« Mon Dieu ! » s'écrit certains surpris de l'ampleur du problème, sauf que le problème on connaît
00:29depuis longtemps, même si on n'en connaissait pas exactement les détails pour un certain nombre de sociétés, par exemple,
00:35ou de têtes couronnées comme la reine d'Angleterre qui, à l'inverse de Robin Desbois, je dirais, vole les
00:42pauvres pour se donner à elle-même.
00:44Mais on découvre, sauf qu'il y a maintenant plusieurs années que les députés communistes Alain et Éric Boquet ont
00:52révélé l'ampleur de l'évasion fiscale, non seulement avec d'ailleurs le concours pendant une période d'une commission
00:59de travail de l'Assemblée en liaison avec Nicolas Dupont-Aignan,
01:02ça arrive que des gens fassent du bon travail malgré un certain nombre d'options. Et donc, ils ont révélé
01:09en gros que l'évasion fiscale pour la France se monte environ à 60 ou 80 milliards d'euros,
01:14pour l'Europe à peu près à 1000 milliards d'euros, et dans le monde entier c'est à 1800
01:17milliards d'euros. Donc il n'y a absolument pas de découverte, sauf que là, je dirais, les révélations précises
01:24des Paradise Papers,
01:25comme on dit, font un petit peu bouger les choses. Alors, au fond, l'intérêt de cette histoire, c'est
01:33que ça éclaire d'un jour un peu particulier quand même ce que font les premiers de cordée d'Emmanuel
01:38Bacon
01:39quand ils sont au sommet de l'Olympe. Ils s'autorisent, comme les dieux de Jalice, tout, n'importe quoi,
01:46les résidences somptueuses, les tchètes privées, les yachts, etc.
01:49Et puis surtout, ils s'autorisent, je dirais, certaines libertés, tout de même avec les lois, même s'ils prétendent
01:56toujours que ce qu'ils font est illégal,
01:58ce qui en effet est le cas. En même temps, il s'agit aussi un autre jour sur cette notion
02:03de jalousie envers les riches dont serait affecté le peuple français,
02:08et plus généralement la gauche, de frustrer, attraver l'air, je dirais, ayant presque une haine des riches. Bien sûr
02:15que non.
02:15La question du détournement de telle somme absolument énorme, en réalité, est une question qui touche non seulement à la
02:22morale,
02:23mais à la politique de leur monde entier, qui touche à des questions civilisationnelles. C'est une question de philosophie,
02:28c'est une question d'éthique,
02:29et c'est surtout une question de justice, ce n'est pas une question de jalousie. Cette idée de jalousie
02:34est absurde.
02:35Nous ne sommes pas dans une cour de récréation où nous envions le carambard du petit copain.
02:40Donc, tout ça n'existe pas, tout ça est absurde. En revanche, c'est l'argument d'Emmanuel Macron, les
02:46premiers de cordée, les jaloux,
02:47eh bien, ils sont un petit peu réduits à néant par cette affaire.
02:50Alors, revenons sur cette idée. On nous dit que c'est légal. Eh oui, malheureusement, c'est légal.
02:55Alors, là-dessus, il faut quand même resituer les choses. Ce qui est légal peut être changé, la loi peut
03:01être modifiée.
03:03Et Montesquieu, au XVIIIe siècle, était, je dirais, un démocrate, oui, on peut dire un démocrate,
03:10et en surtout, il pensait que la démocratie était liée au libéralisme économique.
03:14Mais ce qu'il pensait à l'époque, c'est que le libéralisme économique, c'était, je dirais, le moyen
03:18d'échanger entre les hommes.
03:20C'était le moyen de mieux se connaître, de mieux partager les richesses par l'échange.
03:24Eh bien, on voit ce que ça donne aujourd'hui, Montesquieu n'en est pas responsable.
03:27Mais au moins, il avait une idée très forte qui était derrière ça.
03:31Et à propos, justement, de cette légalité de la loi, c'est qu'une chose n'est pas juste parce
03:37qu'elle est là-haut,
03:38parce qu'elle est loi, elle doit être loi parce qu'elle est juste.
03:41Eh bien, que font, par exemple, nos députés En Marche, amateurs de nouvelles politiques, tout vertueux ?
03:48Qu'est-ce qu'ils attendent pour changer les lois et poursuivre aplacablement les fortunes dans les paradis fiscaux ?

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