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  • il y a 1 semaine
Daniel Bertone, secrétaire général CGT d’Aéroports de Paris nous détaille 4 raisons qui justifient de s’opposer à la privatisation du groupe ADP. La question n’est pas de savoir si on est pour ou contre mais bien d’ouvrir le débat sur le service public aéroportuaire aux citoyens, souligne-t-il.

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Transcription
00:00On veut qu'il y ait un débat sur le service public aéroportuaire.
00:11L'aéroport de Paris, c'est un bien commun qui appartient à tous les Français,
00:14qui a été construit après 1946.
00:17Il a fallu bâtir nos aéroports pour que la France garde sa souveraineté au niveau international,
00:21mais aussi qu'elle puisse avoir des échanges à la fois commerciaux et touristiques,
00:25pour oublier que la France est le premier pays touristique du monde.
00:27C'est pour ça que cette entreprise est unique en France, mais dans le monde pratiquement.
00:31On est à la fois concepteur, bâtisseur, mainteneur et exploiteur d'aéroports.
00:34Le premier enjeu est de préserver ce bien commun et les compétences de cette entreprise,
00:40qui sont alliées à la fois de son histoire, mais surtout de son personnel,
00:43qui maîtrise l'ensemble des activités que je viens de citer.
00:49On a déjà perdu 1700 emplois depuis 2006.
00:52Le risque, c'est que demain, un repreneur privé va vouloir exiger encore plus de productivité,
00:57encore plus de rentabilité et s'attaquera au personnel.
01:00Je n'ai pas un exemple où une entreprise publique qui a été privatisée a vu ses effectifs augmenter.
01:05D'ailleurs, l'exemple des autoroutes est assez créant,
01:07puisque 25% du personnel des autoroutes a été supprimé depuis 2007, au moment des privatisations.
01:12Donc je ne vois pas pourquoi on ne subirait pas les mêmes coupes dans les effectifs.
01:16Mais les coupes, elles ne sont pas que chez nous,
01:18elles sont chez les sous-traitants qui risquent de subir encore plus de mauvaises conditions de travail,
01:21qui ne sont déjà pas parfaites.
01:22Et le risque sur la compagnie nationale,
01:24puisque l'exploitation des aéroports par ADP et par Air France est intimement liée.
01:29Si l'une ou l'autre avait des stratégies différentes,
01:32c'est un risque pour la compagnie nationale aussi de voir son exploitation remise en cause,
01:36perdre des parts de trafic.
01:39Et derrière, c'est plusieurs milliers d'emplois qui sont menacés.
01:41On voit déjà cette situation qui est quand même fragile chez Air France.
01:43Il ne s'agirait pas de l'accentuer.
01:49La troisième raison, moi je dirais, elle est environnementale.
01:51Demain, on aura peut-être à choisir entre développement de l'aérien ou pas,
01:55limiter tel trafic ou telle destination.
01:58En tous les cas, il y aura certainement des choix à faire.
02:00Et si on perd la puissance publique qui reste maître de ce destin,
02:05on perd peut-être la possibilité de pouvoir réglementer,
02:10et en tous les cas, choisir une évolution possible en ce aéroport.
02:12Si demain, même si le trafic devait être réduit ou diminué ou stagné,
02:16et que ça devait remettre en cause peut-être des emplois,
02:18on aurait la possibilité d'en discuter et de voir comment on pourrait faire évoluer ces emplois.
02:22C'est-à-dire que ce n'est pas des suppressions et des plans sociaux,
02:24non, c'est le contraire, c'est accompagner cette évolution
02:26et les emplois les transformer et les développer vers d'autres besoins qui sont très importants.
02:35J'ai envie de rajouter une quatrième importance,
02:36c'est les revenus que rapporte la DEP aujourd'hui.
02:39En 2018, il ne faut pas oublier que la DEP, c'est 610 millions d'euros de bénéfices,
02:43le double de 2013, en 5 ans, on a doublé nos bénéfices.
02:48Pour 2025, c'est 1,2 milliard de bénéfices qui sont annoncés.
02:51Donc on a une croissance du trafic comme ça qui va doubler d'ici une vingtaine d'années,
02:56qui va profiter aux aéroports parisiens, bien entendu.
03:00Et donc la richesse qui est produite, elle doit être à la disposition des citoyens,
03:04pour justement les enjeux écologiques, mais aussi pour l'État.
03:07C'est des ressources importantes. Si demain on perd cette ressource,
03:10ce sont tous les citoyens et ceux qui ne prennent pas les ventes qui le payeront par l'impôt.
03:14Parce que cet argent-là, il ne sera plus dans les caisses de l'État.
03:16Et ce n'est pas les quelques 10 milliards d'euros que pourrait rapporter la vente d'aéroports de Paris
03:20qui compenseront cette perte. Je rappelle juste que la concession est de 70 ans.
03:24Quand je vous ai donné les chiffres, vous évaluez,
03:27donc là, 610 millions d'euros de bénéfices en 2018,
03:301 milliard d'euros même pendant un peu plus de 5 ans.
03:33Imaginons dans 70 ans ce que ça pourrait nous rapporter.
03:38C'est la première fois dans l'histoire des privatisations,
03:41les citoyens peuvent se saisir de cette question.
03:43Il faut absolument qu'on ait les 4 717 000 signatures avant le 13 mars.
03:48La question qui est posée d'ailleurs, ce n'est pas de savoir si on est pour ou contre.
03:51Pour le moment, c'est juste de dire,
03:52on veut qu'il y ait un débat sur le service public aéroportuaire.
03:55On veut que ce débat soit engagé.
03:57Donc c'est ça qui est posé aux citoyens, comme vous pouvez le voir derrière moi.
04:00Et donc maintenant, la parole est à tous les Français pour y répondre.

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