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Paul Maréchal, délégué national ATD Quart Monde, nous rappelle le besoin essentiel de maintenir ce lien fragile de la solidarité avec les plus pauvres, premières victimes du coronavirus, alors que la majorité de la population française reste confinée.
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00:00Paul Maréchal, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02Vous êtes délégué national d'ATD CarMonde,
00:06ce mouvement qui lutte contre l'extrême pauvreté en France.
00:09Alors que la majorité de la population française est confinée,
00:12les pauvres, premières victimes du coronavirus,
00:15ont vu leur situation empirer.
00:17Pouvez-vous nous décrire la situation ?
00:21Effectivement, la situation est souvent très dure
00:23pour les familles et les personnes qui sont en pauvreté.
00:27Si on prend l'exemple du confinement,
00:30en fait, il y a plein de répercussions dans la vie des gens.
00:32Il y a d'abord, souvent, les gens logent dans des logements petits,
00:35parfois insalubres,
00:36où c'est déjà pas très simple de vivre tous les jours.
00:39Et donc ça, ça a des répercussions fortes,
00:42d'abord sur la santé,
00:44parce que l'air qu'on respire,
00:45si on ne peut pas sortir pour s'oxygéner,
00:47si on ne peut pas aérer aussi facilement que d'habitude,
00:50si on est dans un appartement humide, etc.,
00:53on y est en fait 24 heures sur 24.
00:55Donc ça a des répercussions fortes sur la santé,
00:57y compris dans le fait, pour certaines personnes,
00:59ne pas pouvoir suivre un traitement
01:00ou des traitements de long terme
01:02qui ne peuvent pas être suivis
01:04parce que le médecin peut plus se déplacer d'homicide.
01:07Il y a aussi l'aspect, bien sûr, pour les enfants,
01:09où c'est très difficile,
01:10avec toute la question de la scolarisation,
01:12on y reviendra peut-être tout à l'heure,
01:14mais quand il n'y a pas d'équipement à la maison,
01:17quand il n'y a pas de...
01:17qu'il y a un seul écran, parfois, pour tout le monde,
01:20et que ce n'est pas un ordinateur,
01:21mais un simple téléphone,
01:22ou rien du tout,
01:24ou pas de connexion,
01:25c'est très compliqué.
01:27Il y a des aspects aussi, bien sûr,
01:28sur le fait simplement d'être confiné
01:30dans un appartement trop petit
01:31avec des enfants, des adolescents,
01:33qui ont besoin de bouger,
01:34qui ont besoin de s'exprimer,
01:36où on est témoin de famille,
01:37pour qui c'est très difficile, par exemple,
01:40que les adolescents puissent tenir en place
01:41et qui sont dans une tension permanente
01:45de rester dans l'appartement
01:47ou d'en sortir au risque
01:49de ne pas respecter le confinement.
01:52Et puis, il y a des difficultés aussi très fortes
01:54au niveau de l'accès au travail,
01:57parce que tous les emplois précaires,
02:01saisonniers, parfois dans l'économie informelle,
02:03il n'y a aucun chômage partiel,
02:05il n'y a rien du tout,
02:06et donc les gens se retrouvent sans rien.
02:08Ils avaient une forte inquiétude au début
02:10de la rupture des droits,
02:11donc là, heureusement,
02:12les droits qui existaient en tout cas
02:14sont maintenus, comme le RSA, etc.
02:17Mais il y a certaines personnes
02:18qui se retrouvent précaritées
02:19parce qu'elles n'ont aucune source
02:21de revenu classique,
02:23avec l'inquiétude des dettes
02:24qui s'accumulent, etc.
02:26On a aussi témoin des questions
02:28d'accès à l'alimentation,
02:30parce qu'en fait, les commerces moins chers
02:32où on pouvait aller, en fait,
02:33deviennent inaccessibles à cause du confinement,
02:36et les commerces de proximité
02:37sont parfois beaucoup plus chers,
02:39où les gens accédaient
02:40à des distributions
02:42ou à des systèmes de soutien alimentaire
02:45qui sont parfois fermés,
02:47qui ne sont parfois pas organisés
02:49de la même façon,
02:50et donc on est face
02:51à des difficultés évidemment très dures,
02:54finalement, dans une globalité.
02:55La vie, elle était déjà compliquée,
02:56elle le devient encore plus.
02:58On est aussi témoin de familles
03:00dont les enfants étaient placés,
03:01mais tous les droits de visite,
03:03de voir les enfants,
03:04ont été coupés d'un seul coup.
03:07Donc, effectivement,
03:09les gens nous témoignent
03:10de situations
03:11qui viennent très dures,
03:12avec beaucoup aussi de stress,
03:14d'inquiétude,
03:15et de ne pas comprendre,
03:16ne serait-ce que pour faire
03:17une autorisation de sortie.
03:18Les gens ne sachant pas
03:20ou ne pouvant pas imprimer,
03:22en fait,
03:22ne profitent même pas
03:23de la possibilité
03:24de sortir,
03:24faire un tour parfois,
03:25parce qu'en fait,
03:27ils ne sont pas en capacité
03:29soit de comprendre,
03:30soit d'avoir les éléments
03:31pour être en règle.
03:33Et ils sont trop inquiets
03:34soit de la maladie,
03:35soit d'un contrôle, etc.
03:37Alors, cette situation
03:38va-t-elle accroître,
03:40même si vous venez
03:41de m'en parler évidemment,
03:42encore plus les inégalités
03:43pour les plus pauvres ?
03:46C'est sûr que c'est vraiment le risque,
03:47parce que déjà,
03:48vivre dans la très grande pauvreté,
03:49ce n'est pas vivre,
03:50c'est survivre.
03:51Et là,
03:52les gens très pauvres
03:53n'ont pas les moyens
03:54entre guillemets
03:55de se protéger
03:55ou de faire avec
03:57et évidemment,
03:59pas de jardin,
03:59pas de choses comme ça.
04:00Et en fait,
04:02on a une vraie crainte
04:03sur l'après,
04:05sur l'après-confinement,
04:06avec notamment la question
04:08des dettes
04:09qu'on puisse accumuler,
04:10de la difficulté
04:11à retrouver un travail
04:12et puis bien sûr,
04:13les enfants.
04:14Les enfants qui,
04:15pendant tout ce temps-là,
04:16ont quand même
04:16beaucoup plus de difficulté
04:18à avoir un suivi scolaire,
04:20à avoir finalement
04:21cette continuité éducative
04:23et qui vont se retrouver
04:24deux mois plus tard,
04:26peut-être même
04:27à la rentrée prochaine,
04:28avec un vrai retard.
04:30Et ça,
04:31c'est une source
04:32d'accroissement
04:32d'inégalités très fortes.
04:33On sait que l'éducation,
04:35c'est un levier incroyable
04:36pour les personnes
04:38et on coupe ce levier-là
04:41pendant plusieurs mois.
04:42Avec un risque
04:43d'augmenter les inégalités,
04:44bien sûr.
04:45Alors,
04:46la trêve hivernale
04:47a été prolongée
04:48de deux mois
04:48et 2000 places
04:49d'hôtels supplémentaires
04:50ont été promises
04:51pour les sans-abri.
04:53Mais on est très loin
04:54du compte
04:54pour les SDF
04:55puisque selon
04:56le dernier rapport
04:57de la Fondation
04:58Ave Pierre
04:58sur le mal-logement,
04:59publié en janvier 2020,
05:01ce sont près de 4 millions
05:02de personnes
05:02qui sont mal-logées.
05:04Que réclamez-vous ?
05:06En fait,
05:07on va dire,
05:08il y a le court terme
05:09et le long terme.
05:10Sur le court terme,
05:11c'est sûr qu'il faut absolument
05:12que les personnes
05:13puissent être mises à l'abri
05:14et dans des conditions
05:15où elles ne soient pas
05:16les unes sur les autres,
05:17etc.
05:18On est témoin
05:19de certaines situations
05:20où des hôtels,
05:21par exemple,
05:22ont libéré des places
05:22et où les gens
05:23peuvent être bien
05:24et ça se passe bien.
05:26Et pour des gens
05:27qui prêtent une chambre,
05:29etc.
05:30Donc,
05:30sur le court terme,
05:31c'est vraiment permettre
05:32que les gens soient mis à l'abri.
05:34Et puis,
05:35on dit beaucoup
05:36que les très pauvres,
05:37aujourd'hui,
05:38étaient un peu invisibles
05:39et les personnes
05:40qui vivaient à la rue,
05:41les personnes migrantes,
05:42les personnes qui vivent
05:43dans les mobiles,
05:43tout d'un coup,
05:44deviennent visibles
05:46et on ne veut surtout pas
05:47que ça se retourne contre elles.
05:49Ça,
05:49c'est très important
05:50et qu'elles puissent accéder
05:51quand elles en ont besoin
05:52à de l'eau,
05:53à l'électricité
05:55pour charger les téléphones,
05:56etc.
05:57Donc,
05:57sur le court terme,
05:58ça,
05:58mais sur le long terme,
06:00il y a plusieurs choses
06:01qui sont très importantes.
06:01d'abord,
06:03c'est que la loi soit respectée,
06:04notamment le droit
06:04au logement imposable
06:05dans la capacité
06:06de loger les gens,
06:08qu'on parle beaucoup
06:09du prolongement
06:10de la trêve hivernale
06:11et donc,
06:12y compris dans la vie
06:13de tous les jours,
06:14avec ou sans trêve,
06:15il n'y a aucune expulsion
06:17sans proposition
06:18au relogement.
06:19C'est tellement dramatique
06:20de se retrouver sans toit.
06:22Et sur le long terme,
06:23on pense qu'il faut vraiment
06:24un plan marchal
06:25sur le logement social
06:26et très social,
06:27notamment dans les zones tendues,
06:28donc surtout les grandes villes,
06:29et avec une vraie réflexion
06:32sur la capacité
06:33de fixer le loyer
06:34en fonction des revenus des gens.
06:36Parce qu'en fait,
06:36même avec le droit
06:37au logement opposable,
06:39il est encore opposé aux gens
06:40leurs revenus
06:41pour qu'ils puissent
06:42être logés décemment.
06:43Et ça,
06:44on pense qu'il y a
06:44un vrai effort national
06:45à faire
06:46pour augmenter
06:47le parc des logements sociaux
06:48et très sociaux
06:49et faire que le loyer
06:51soit accessible
06:52à des personnes
06:52en grande pauvreté.
06:54Alors,
06:55on parle peu des SDF,
06:57des migrants,
06:58ceux qui vivent dehors,
06:59dans des foyers
07:00ou dans des bidonvilles.
07:02Que vivent
07:03ces personnes
07:03au quotidien ?
07:06Donc là,
07:07aujourd'hui,
07:08je l'évoquais rapidement,
07:10elles sont face
07:10à de nombreuses difficultés.
07:13Alors,
07:13certaines ont pu
07:14y être hébergées,
07:15mais beaucoup
07:15sont dans des conditions
07:16très précaires.
07:18Donc,
07:18il y a des choses
07:18très du quotidien,
07:20en fait.
07:20La question d'accéder même
07:21à l'eau,
07:22il y a une personne
07:23à la rue
07:23avec qui on était en lien
07:24qui disait,
07:25mais au moins
07:26qu'il y ait des bouteilles d'eau
07:27près des commerces,
07:29etc.,
07:30aussi au sanitaire,
07:31bien sûr,
07:31à la capacité
07:32de se laver
07:34et d'être bien.
07:35Il y a aussi,
07:36avec la fermeture
07:37des marchés,
07:38un vrai souci
07:40d'accéder
07:40à l'alimentation
07:41et notamment
07:42à ce qu'il restait
07:42des surplus
07:43des marchés
07:44qui permettaient
07:45aux gens,
07:45y compris de manger
07:46des fruits et des légumes
07:47et des choses de qualité,
07:48en tout cas,
07:50des choses
07:51qui ne soient pas
07:51que des concerts,
07:52etc.
07:54Et puis,
07:54il y a tout le problème,
07:55effectivement,
07:55comme je parlais tout à l'heure,
07:56des circuits d'aide alimentaire
07:58dont certains se sont arrêtés,
07:59pas tous,
08:00mais dont certains
08:01se sont arrêtés.
08:03Et sur les bidonvilles,
08:04on est témoin
08:05de certaines personnes
08:06d'origine,
08:07par exemple,
08:08de l'Europe de l'Est
08:08qui ont eu très peur
08:09et qui sont reparties
08:10et d'autres
08:11qui restent très,
08:12très enfermés
08:13et n'osant pas sortir
08:15et étant notamment
08:15privés complètement
08:16de revenus.
08:17Les personnes à la rue,
08:18les personnes
08:18qui vivent dans des bidonvilles
08:20ont souvent des revenus
08:22soit liés
08:22à des petits boulots,
08:23soit liés
08:24à l'amendicité,
08:25etc.
08:26Et qui se retrouvent
08:27en fait sans rien
08:27et sans le petit plus
08:30qui permet en fait
08:30de vivre,
08:32de survivre
08:33à peu près.
08:34Donc,
08:35les conditions
08:35sont particulièrement dramatiques
08:37pour ces personnes-là.
08:39Alors là,
08:39vous le disiez
08:40à l'instant
08:41la fermeture
08:42de certaines distributions
08:43alimentaires,
08:44l'arrêt d'activité
08:45d'associations
08:46ou du moins
08:47le ralentissement
08:47et de certains services
08:49publics
08:49viennent s'ajouter
08:50à la perte de revenus
08:51de foyers
08:52et plongent des familles
08:53dans des situations
08:53dramatiques.
08:55Vous avez lancé
08:56un appel à témoignage
08:57sur le confinement
08:58sur votre site internet
08:59vécu par les plus pauvres.
09:01Alors,
09:01avez-vous recueilli
09:02des messages
09:03et quels sont-ils ?
09:05Oui,
09:05on a reçu
09:06des messages
09:07à la fois
09:08par le site internet
09:09et aussi
09:09par nos propres membres
09:10à travers la France.
09:12Dans nos membres,
09:13il y a aussi d'ailleurs
09:13des personnes
09:14en très grande pauvreté
09:14qui sont membres
09:15de la télécarmon
09:16et qui sont actives
09:16au sein de nos membres.
09:18On a beaucoup
09:19de témoignages
09:19de gens
09:19qui sont
09:21notamment
09:21en très grande souffrance
09:23d'être enfermés.
09:24il y a un homme
09:25qui nous disait
09:26« Moi,
09:27je vis des tensions
09:29psychologiques,
09:29etc.
09:29et mon médecin
09:30me conseille toujours
09:31de sortir.
09:31Et là,
09:32je ne peux plus sortir. »
09:33Et donc,
09:34un stress
09:35et un impact
09:35sur la santé
09:36ou sur l'équilibre
09:38psychique
09:38qui est fort
09:39pour les gens
09:39d'être enfermés.
09:40C'est vrai
09:40pour tout le monde,
09:41mais c'est particulièrement
09:42vrai pour des personnes
09:43qui arrêtent.
09:45Et puis,
09:45on a aussi
09:46des témoignages
09:46de gens
09:48qui posent
09:48des gestes.
09:49C'est très impressionnant.
09:50Il y a une femme
09:51qui vit dans une cité
09:52dans une condition
09:53très difficile
09:54qui met tous les jours
09:55sur son balcon
09:55des poèmes
09:57écrits en grand
09:58sur des panneaux
09:59pour que des gens
10:00qui passent
10:00ou pour des voisins
10:03engager une conversation
10:04à travers les balcons,
10:05etc.
10:06Et puis,
10:07des gens
10:07qui sont très attentifs
10:08aussi les uns aux autres,
10:10y compris
10:10parce qu'ils connaissent
10:12d'autres personnes
10:12en situation de précarité
10:14et ils font attention
10:15à ce que personne
10:16ne soit oublié.
10:17Ou ils aiguillent
10:19des personnes
10:19vers des soutiens,
10:22vers un accès
10:22aux droits,
10:22etc.
10:24Quand eux-mêmes
10:24sont pauvres.
10:26Donc,
10:27beaucoup de témoignages
10:28où il y a à la fois
10:28de personnes
10:29qui s'engagent
10:30aux côtés
10:30les plus pauvres
10:30mais aussi de personnes
10:31en situation
10:32de pauvreté
10:32elles-mêmes.
10:34Alors,
10:34on sait aussi
10:35que la scolarité
10:37est une véritable difficulté
10:39pour les plus pauvres.
10:40Alors,
10:41comment faire
10:42pour la scolarisation
10:43à distance
10:43pour les familles
10:44qui n'ont pas
10:44d'accès à Internet ?
10:47C'est sûr
10:48que c'est un vrai défi.
10:50Dès le début,
10:51on a été témoin
10:51vraiment de familles
10:52qui étaient
10:52en grande difficulté
10:53parce qu'elles ne pouvaient
10:54pas imprimer
10:56ou même se connecter
10:57à Internet
10:57pour avoir des mails
10:58ou même aux boucles
11:00WhatsApp
11:00qui étaient mises en place.
11:01Donc,
11:02il y a plusieurs leviers
11:03en fait.
11:03D'abord,
11:04il y a eu
11:04un vrai effort
11:05des professeurs
11:07qui ont vraiment
11:08cherché
11:08dans beaucoup de lieux
11:10à contacter
11:11tous les parents
11:11et à contacter
11:13finalement
11:13tous les enfants.
11:15Souvent,
11:15les parents
11:16ont été un levier aussi.
11:17C'est-à-dire qu'on a vu
11:18des boucles WhatsApp
11:20par exemple
11:21où les parents
11:22se sont mis ensemble
11:23et y compris
11:24pour aller chercher
11:25les enfants
11:25dont on n'avait pas
11:26de nouvelles.
11:26Il y a eu
11:27des très beaux gestes
11:28aussi d'enfants
11:28qui s'envoient eux-mêmes
11:29hors devoir
11:30et qui disent
11:31tiens,
11:31voilà,
11:31j'ai fait ça,
11:32etc.
11:33Mais ça reste fragile
11:35et on est aussi témoin
11:36de gens
11:37qui n'ont rien,
11:38même pas un téléphone
11:39avec une connexion Internet
11:40et l'ont beaucoup
11:41de difficultés.
11:42Donc,
11:42il y a plusieurs leviers.
11:44Le premier,
11:44c'est la mobilisation
11:45des enseignants,
11:46la mobilisation
11:47des parents,
11:48la mobilisation
11:49des voisins
11:49et aussi la mobilisation
11:51de bénévoles
11:51qui s'engagent
11:53pour prendre
11:53une heure par jour
11:54avec un enfant
11:55et le soutenir
11:56dans ses devoirs scolaires,
11:57dans ses devoirs.
11:58Et au fond de tout ça,
12:00il y a une vraie question
12:01d'accès à l'outil
12:02donc on se mobilise
12:03aussi beaucoup
12:04pour que les gens
12:05puissent accéder
12:06à des téléphones
12:07et on a lancé
12:08notamment nous
12:09une campagne
12:10confinée
12:11mais pas déconnectée
12:12ou confinée
12:12mais connectée
12:13auprès des opérateurs
12:15pour qu'ils puissent
12:16débloquer les forfaits
12:17en fait,
12:17que les gens
12:18qui croient
12:18qu'à deux heures d'appel
12:19puissent avoir
12:20des appels illimités,
12:21que les gens
12:21auraient au moins
12:22entre 5 et 10 gigas
12:24de connexion Internet
12:26et pour qu'en fait
12:27cette ultime connexion
12:28pour les enfants
12:29soit possible
12:31et quand elle reste
12:32impossible on est aussi
12:33beaucoup de gens
12:33témoins de gens
12:34qui font des photocopies
12:35par exemple
12:35pour toute la classe
12:36et qui l'envoient
12:38qu'ils mettent
12:39dans les boîtes aux lettres
12:40par exemple
12:40avec des conditions
12:41d'hygiène respectées
12:44mais c'est vrai
12:45que la question
12:45de la connexion
12:46est importante
12:47et on a lancé
12:48cet appel
12:48à tous les opérateurs
12:49en disant
12:50mobilisez-vous
12:52faites que personne
12:53ne soit laissé de côté
12:54et en particulier
12:54aucun enfant
12:55à cause de ce confinement
12:57alors aujourd'hui
12:58comment les militants
13:00d'ATD Carmond
13:01continuent à venir
13:02en aide
13:03aux plus démunis
13:06donc j'ai cité
13:07un petit peu
13:07pour l'exemple
13:07de l'école
13:08donc ça c'est
13:09vraiment très fort
13:10au niveau de l'école
13:11beaucoup de membres
13:12d'ATD Carmond
13:13s'engagent
13:14autour des enfants
13:15alors ce qu'il faut
13:16comprendre
13:16c'est qu'en fait
13:17on se rend compte
13:18que le lien
13:18on arrive à le maintenir
13:20quand il existait
13:21d'où l'importance
13:22de la qualité
13:23d'un lien
13:23que nos membres
13:25ont au quotidien
13:26avec des familles
13:27en grande exclusion
13:28et je le répète
13:29dans nos membres
13:30d'ATD Carmond
13:30il y a aussi
13:31des personnes elles-mêmes
13:31en situation d'exclusion
13:32et en fait
13:33ce monde a été témoin
13:35c'est que nos membres
13:36qui sont porteurs
13:37d'une action
13:37en fait
13:38se sont mobilisés
13:39autour de cette action
13:40par exemple
13:40toutes les semaines
13:42on a 60 bibliothèques
13:43de rue en France
13:44où des gens
13:45viennent lire des livres
13:46à des enfants
13:47dans des quartiers
13:48et se sont organisés
13:49de manière très différente
13:50il y en a qui ont organisé
13:51des boucles de téléphone
13:53il y en a qui ont
13:54photocopié
13:54des activités pédagogiques
13:57qui sont allés
13:58les mettre
13:58dans les boîtes aux lettres
13:59il y en a qui ont fait
13:59une petite chaîne YouTube
14:02donc on est dans
14:04un effort
14:04de ne laisser aucun enfant
14:05de côté
14:06parmi tous ces enfants
14:07qu'on connaît
14:07ou les amis d'amis
14:08d'enfants
14:09ça est vrai aussi
14:10pour les universités populaires
14:11qui sont des groupes
14:12de personnes adultes
14:14jeunes ou adultes
14:14qui réfléchissent
14:15sur des thèmes de société
14:16et qui finalement
14:17portent une parole
14:18liée à leur expérience
14:19de vie
14:20et là
14:21des groupes
14:22d'universités populaires
14:23qui ne peuvent plus
14:23se réunir
14:24finalement se sont organisés
14:26par réunion téléphonique
14:27comme dans l'entreprise
14:28ou comme dans
14:29des conflots
14:30on va dire
14:31mais pour continuer
14:32de réfléchir
14:33et de travailler
14:33notamment sur la situation
14:35donc on passe
14:36beaucoup par le lien
14:37et quand c'est nécessaire
14:38par une visite
14:39avec toutes les précautions
14:41bien sûr
14:41les gens nous disaient
14:42vraiment
14:43le lien est possible
14:44par téléphone
14:45et par visio
14:46et de temps en temps
14:47on a besoin
14:48de surmonter le moral
14:49en se voyant
14:49et donc quand c'est nécessaire
14:51on essaye de le faire
14:52en respectant
14:53des conditions de sécurité
14:55nécessaires
14:56d'accord
14:57et alors quel message
14:59adressez-vous
15:00à des personnes
15:01qui souhaiteraient apporter
15:02elles aussi
15:03leur soutien
15:04aux plus pauvres
15:05de quelle manière
15:09le premier
15:10qu'on a envie de dire
15:10c'est finalement
15:11d'aller sur la réserve citoyenne
15:13qui est un site
15:13qui a été lancé par l'État
15:14qui essaie de croiser
15:15des besoins
15:16d'associations
15:17d'institutions
15:18et du bénévolat
15:21et on peut se rendre utile
15:22notamment grâce aux associations
15:25il y a par exemple
15:25le salut social
15:27qui a lancé
15:27un système
15:28de collecte
15:28de tickets restaurants
15:30pour permettre aux gens
15:31d'aller faire leurs courses
15:32il y a des systèmes
15:33de récupération
15:34de tickets de services
15:36donc il y a
15:37ce qui existe autour de nous
15:38il y a aussi des passerelles
15:41de genre
15:42entourage
15:42ou des sites
15:43qui permettent
15:44de s'engager
15:45à proximité de chez soi
15:46et puis il y a aussi
15:47ce qu'on peut faire soi-même
15:48pour éviter
15:49que dans nos cercles
15:50personne ne soit laissé de côté
15:51nous on invite beaucoup
15:53les gens à dire
15:53je prends 10 minutes
15:54et je réfléchis
15:55quelles sont les personnes
15:56les plus exclues
15:57que je connaisse
15:59et à qui je vais
16:01passer un coup de fil
16:02tous les deux jours
16:02dont je vais me soucier
16:04et qui vont peut-être
16:05m'aiguiller vers d'autres
16:06personnes aussi
16:07et puis bien sûr
16:08j'en parlais tout à l'heure
16:09il y a le fait
16:09qu'en fait
16:10on se rend compte
16:10qu'on peut bâtir
16:11du lien aujourd'hui
16:12avec des gens
16:13en très grande exclusion
16:15ou isolement
16:16parce qu'on a déjà
16:17ce lien
16:17donc on invite
16:18beaucoup les gens
16:19à dire
16:19mais réfléchir
16:21à l'après
16:21l'après crise
16:22ou comment
16:23je vais bâtir
16:24des liens
16:24par exemple
16:25comment je vais
16:25rentrer dans une association
16:27qui va me permettre
16:27de bâtir
16:28cette solidarité
16:29au quotidien
16:30qui fait que
16:31dans des situations
16:31de crise
16:32le lien existe
16:33la solidarité
16:34elle existe
16:34et ça devient très naturel
16:36de soutenir l'autre
16:37etc
16:38et puis bien sûr
16:39les gens peuvent aussi
16:40faire un don
16:40à des associations
16:41qui maintiennent ce lien
16:43ils peuvent aussi
16:44relayer cette campagne
16:45qu'on a lancé
16:46sur les réseaux sociaux
16:50confinés
16:50mais pas connectés
16:51mais connectés
16:53confinés
16:53mais connectés
16:54auprès des opérateurs
16:55donc il y a
16:56ces leviers là
16:57qui sont possibles
16:58mais vraiment
16:58l'idée de se dire
17:00comment je réfléchis
17:01aujourd'hui
17:01à quel engagement
17:02dans la durée
17:02je vais prendre après
17:04parce qu'aujourd'hui
17:04certains gens nous disent
17:05mais je connais personne
17:06comment je peux aider
17:07mais justement
17:07c'est un appel à demain
17:08comment bâtir
17:10une société
17:10où les liens
17:10ils existent
17:11pas seulement en temps de crise
17:12mais ils existent
17:13tous les jours
17:14alors on sait que
17:16le lien
17:17le lien est très fragile
17:18notamment pour
17:19pour maintenir
17:20une solidarité
17:21avec les plus faibles
17:22dans cette période
17:23de confinement
17:24vous personnellement
17:25est-ce que vous avez
17:26été sensible
17:27à des actions
17:30voilà
17:30qui vous ont
17:31qui vous ont ému
17:32j'ai été témoin
17:33d'une boucle
17:34d'élèves
17:35qui s'était mis ensemble
17:36avec les parents
17:37pour qu'aucun enfant
17:38soit mis de côté
17:39et il y a un enfant
17:40qui ne donnait pas
17:41de nouvelles
17:41qui n'était pas
17:42dans la boucle
17:42on n'avait pas son téléphone
17:43portable
17:44et complètement par hasard
17:45il y a une maman
17:46qui en allant à la pharmacie
17:48parce qu'elle avait besoin
17:49d'aller à la pharmacie
17:50a vu la maman
17:51de cet enfant là
17:52et a pu la voir
17:53en gardant ses distances
17:54et lui demander son téléphone
17:55et cet enfant
17:56il a été remis dans la boucle
17:57et maintenant
17:58il fait partie
17:58de l'ensemble des enfants
18:00de toute la classe
18:00donc tous les enfants
18:01de la classe
18:01maintenant
18:03et ça
18:03c'était aussi possible
18:04parce que les mamans
18:05se connaissaient
18:06cette histoire du lien
18:07qui existe
18:07et qui permet
18:08en situation de crise
18:09de refaire ce lien là
18:10j'ai trouvé ça
18:11très symbolique
18:12de ce qu'on cherche
18:13à bâtir au quotidien
18:14à la télécarbonde
18:15et ailleurs
18:16dans la lutte
18:17de la grande pauvreté
18:18alors une dernière question
18:20enfin
18:21ce virus est-il aussi
18:24une opportunité
18:25de repenser
18:26nos modes de relations
18:27et s'ouvrir
18:28à un avenir
18:29plus solidaire
18:30plus fraternel
18:33oui ça vraiment
18:35on pense vraiment
18:36finalement
18:37au jour d'après
18:38à qu'est-ce qu'on va
18:39bâtir comme société
18:40qu'est-ce qu'on va
18:41apprendre de cette crise
18:42je pense qu'on a
18:43beaucoup à apprendre
18:44en termes d'accès
18:45aux droits fondamentaux
18:47si les droits fondamentaux
18:48on arrive à les maintenir
18:49au quotidien
18:50en fait on résistera
18:51en cas de crise comme ça
18:52donc il y a une vraie question
18:54de droit à la santé
18:55droit au logement
18:56des droits fondamentaux
18:57qui font qu'une société
18:58est solide
18:59et que les plus pauvres
19:00sont aussi protégés
19:01en cas de crise
19:02et puis l'autre volet
19:04par rapport à ça
19:05c'est la question du lien
19:06comme on est dans une société
19:07qui maintient des liens
19:08entre les personnes
19:10et finalement
19:11on est dans un état
19:12de solidarité
19:13qui fait que
19:14personne ne les laisse de côté
19:15mais aussi tous les jours
19:16et que
19:18et ça je pense que
19:19j'espère que ça va nous rester
19:21comme un grand enseignement
19:21de cette crise
19:23battons-nous tous les jours
19:24pour un accès aux droits
19:25de tous
19:25et battons-nous tous les jours
19:26pour que personne
19:27ne soit laissé de côté
19:28et on espère
19:29qu'on prendra le temps
19:30de ça
19:30après la crise
19:32pour une société juste
19:33tout simplement
19:35plus digne
19:35et plus respectueuse
19:36de chacun
19:37et puis aussi
19:37où chacun
19:38puisse contribuer
19:39chacun puisse donner son avis
19:41y compris dans la gestion
19:42d'une crise comme ça
19:43comment les plus pauvres
19:44eux-mêmes sont acteurs
19:45et peuvent donner leur avis
19:46pour ne pas se voir imposer
19:48des choses
19:48qui ne les concernent pas
19:51Ok
19:52merci Paul Maréchal
19:53et puis merci
19:54de nous avoir accordé
19:55quelques minutes
19:56de votre temps
19:57et bon courage
19:58pour votre combat
20:00Merci beaucoup
20:01et bon courage
20:02à vous aussi
20:02et merci de relayer
20:03ces informations
20:04sur ce que vivent les gens
20:06Merci
20:07au revoir
20:07Au revoir