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  • il y a 2 semaines
Débat avec Daniel Cueff, maire de Langouët, en Bretagne et auteur de l’arrêté interdisant dans sa commune, l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations.
Un entretien animé par Éric Serres, journaliste à l'Humanité, durant la Fête de l'Humanité 2019.

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Transcription
00:00Nous recevons Daniel Cuef, vous êtes le maire de Langouette en Bretagne.
00:04Vous êtes devenu en 2019 l'un des symboles du combat contre les produits phytosanitaires
00:10en voulant interdire leur épandage à proximité des habitations.
00:14Depuis 20 ans, vous menez dans votre village des projets écologiques,
00:18souvent en avance sur la réglementation.
00:20Dernier en date, et donc le plus médiatique, c'est arrêter restreignant l'utilisation de pesticides dans votre commune
00:26qui a été suspendu par le tribunal administratif de Rennes
00:29il n'y a pas longtemps, le mardi 27 août 2019.
00:33Est-ce que pouvez-vous nous revenir sur la jeunesse de toute cette histoire ?
00:39Oui, merci pour votre invitation.
00:43Je suis maire d'une petite commune rurale de 602 habitants
00:48qui se trouve aux portes de Rennes, entre Rennes et Saint-Malo.
00:53Et je me suis trouvé dans une situation suivante,
00:59c'est que la commune est très engagée depuis plus de 20 ans dans le développement durable.
01:06Nous avons une cantine 100% bio, nous avons fait du logement social très écologique,
01:11nous produisons notre énergie électrique.
01:15et tout à coup, les habitants de la commune font une analyse des urines,
01:23notamment de leurs enfants,
01:24et s'aperçoivent qu'il y a des taux 30 fois supérieurs à la normale.
01:30Les habitants viennent me voir et me disent
01:32« Monsieur le maire, nous sommes soi-disant une commune écologique,
01:36mais là, nous sommes en train de respirer des pesticides de synthèse malgré nous,
01:41et qu'est-ce que vous pouvez faire ? »
01:44De l'autre côté, j'avais des agriculteurs qui,
01:48pour une grande partie d'entre eux,
01:50suivaient le chemin du village
01:53et se convertissaient à l'agriculture bio.
01:56Ils ont d'ailleurs un des gros succès économiques,
01:59ça marche bien pour eux,
02:00ce sont les stars du village.
02:03Mais d'autres agriculteurs, malheureusement,
02:05influencés par la FNSEA,
02:09ont continué, ont poursuivi une agriculture intensive,
02:14très chimique.
02:16Et j'ai été voir ces agriculteurs que je connais bien,
02:19je les ai connus tout petits,
02:21et je leur ai dit « Mais est-ce que vous ne pourriez pas renoncer à ces pesticides ? »
02:26Et ils m'ont dit « Non, ce n'est pas possible,
02:29car nous avons fait des investissements,
02:31la banque nous a prêté de l'argent,
02:32et nous devons rentabiliser ces investissements,
02:35donc nous devons faire de plus en plus d'agriculture avec la chimie
02:39sur de plus en plus de terrains. »
02:43Donc je me suis retrouvé devant cette situation,
02:45et j'ai décidé de prendre un arrêté de police générale du maire,
02:50qui essaye de créer la paix dans la commune,
02:54c'est-à-dire, j'ai créé dans la commune
02:58une distance d'éloignement des pesticides de 150 mètres des habitations.
03:05Ça me permettait deux choses.
03:07La première, c'est de rassurer les parents,
03:10notamment les parents qui avaient des enfants,
03:12pour leur dire « Bon, ben, en éloignant les pesticides,
03:14vous avez quand même beaucoup moins de chances d'en respirer,
03:17en les éloignant de 150 mètres de vos maisons. »
03:21Et pour les agriculteurs, ça me paraissait dire
03:23« 150 mètres, c'est quand même pas mal, c'est beaucoup.
03:25Est-ce que nous pourrions ensemble explorer une autre agriculture
03:29dans ces 150 mètres qui soit sans pesticides ? »
03:32Je ne parlais pas de bio, hein, Yad.
03:34Et je n'aurais pas pris cette arrêté municipale
03:36si je n'avais pas vérifié avant qu'il y avait bien des cultures possibles,
03:40des formes d'agriculture possibles,
03:42sur cette fameuse bande des 150 mètres.
03:44Mais voilà.
03:46Tout aurait dû se passer normalement entre nous
03:49à discuter de cette chose-là.
03:52Mais Madame la préfète de la République
03:55m'a demandé de retirer mon arrêté
03:58au motif qui serait illégal.
04:02À ce moment-là, j'ai pris contact avec des juristes
04:07qui m'ont dit « Écoutez, M. le maire,
04:11il y a un problème.
04:13Nous pouvons vous certifier que l'État est en situation de carence,
04:19c'est-à-dire ne protège pas la population des pesticides de synthèse,
04:23que l'État est en infraction depuis 1990,
04:27puisque depuis 1990, la France n'a pas mis dans son droit national
04:32des protections suffisantes pour la population.
04:36Et la cerise sur le gâteau,
04:38c'est que le Conseil d'État,
04:40donc la plus haute juridiction en France,
04:46en tout cas,
04:47dit que l'État est en infraction
04:50et on lui donne 6 mois
04:52pour se remettre en légalité
04:55et c'est-à-dire trouver les modes de protection de la population.
04:59La bêtise que fait Mme la préfète,
05:02c'est de me menacer d'aller au tribunal administratif
05:05et de le faire savoir à la presse.
05:08Dès le lendemain du communiqué de presse,
05:11j'ai vu affluer à Langouette
05:14toutes les associations,
05:16toutes les ONG possibles et imaginables
05:18de France et d'Europe
05:20pour me dire « M. le maire, tenez bon ».
05:23Et je me suis retrouvé dans une situation
05:26où des milliers, des milliers, des milliers
05:29de messages sont arrivés sur la commune.
05:33Bref, tout un emballement
05:35autour de cette chose
05:37qui était dit par tout le monde.
05:40Mais comment ça se fait que l'État,
05:43qui ne respecte pas ses engagements
05:44de protection des populations,
05:47de la santé des populations,
05:48puisse empêcher un maire d'agir ?
05:51Bien.
05:53Donc malgré ce revers devant le tribunal,
05:55vous semblez rester optimiste et déterminé.
05:57De plus en plus de maires du pays
05:59se joignent à votre cause
06:01et appellent à la désobéissance civile.
06:04Qu'est-ce que ça signifie pour vous,
06:06toute cette vague d'arrêtés
06:07contre les pesticides des dernières semaines
06:09qui ont été promulguées un peu partout ?
06:12Alors nous ne nous considérons pas
06:15dans une situation de désobéissance civile.
06:17Nous considérons,
06:19et nous allons le démontrer en justice,
06:21qu'il y a une carence de l'État à agir,
06:23c'est-à-dire à protéger la population
06:25des pesticides de synthèse
06:27dont on sait dorénavant
06:28l'extraordinaire dangerosité pour les gens.
06:32Donc dans le cadre d'une carence de l'État,
06:35le maire a deux obligations
06:38et dans son droit,
06:40un, sur le principe de subsidiarité,
06:43face à une carence de l'État,
06:44le maire se substitue à cette carence de l'État
06:47au titre de la protection des populations,
06:48et deux, le maire,
06:51au titre de la Constitution,
06:53doit lui aussi respecter le principe de précaution.
06:56À partir du moment où le principe de précaution
06:59concernant les pesticides
07:00n'est pas retenu par l'État,
07:03c'est au maire à qui revient localement
07:05avec ce qu'il peut faire de protéger sa population.
07:08Donc nous avons bien l'intention de gagner.
07:13Nous sommes aujourd'hui à cette heure-ci
07:1565 communes à avoir pris des arrêtés similaires,
07:19dont des grosses communes
07:20comme Malakoff, Sceaux, Paris.
07:22Et nous espérons faire modifier les choses
07:25parce qu'aujourd'hui,
07:26les propositions du gouvernement sont ridicules.
07:30Des distances de 5 mètres,
07:32qui d'ailleurs existent déjà,
07:34puisque c'est indiqué sur les bidons
07:36de glyphosate et de pesticides,
07:38qu'il ne faut pas s'approcher trop des maisons
07:40parce que c'est très dangereux.
07:42Dans votre village,
07:43une majorité de vos concitoyens
07:44semblent vous soutenir,
07:46excepté une partie du monde agricole,
07:48dont vous avez parlé tout à l'heure,
07:49qui se dit stigmatisée
07:50et surtout vous reproche le côté abrupt
07:52de votre démarche
07:53et le manque de concertation.
07:55Qu'en est-il exactement ?
07:57Alors aujourd'hui,
07:57dans la commune de Langouette,
07:59nous avons 4 groupes de personnes.
08:01Nous avons des gens qui adhèrent au Coquelicot,
08:05qui font tous les premiers vendredis chaque mois
08:07une animation devant la mairie
08:08pour signer une pétition.
08:12Il y a 800 000 aujourd'hui signataires
08:14de cette pétition
08:14pour tenter d'inscrire cette question
08:18à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
08:20Donc c'est très important.
08:21Donc eux sont très contents par mon arrêté.
08:23Il y a les agriculteurs bio de la commune
08:26qui sont aussi très contents
08:27parce que mon arrêté, mine de rien,
08:30les protège de contamination
08:31des pesticides de synthèse.
08:33Puis vous avez des habitants
08:35qui ne disent pas grand-chose,
08:37qui ne se prononcent pas publiquement,
08:39mais qui à l'occasion viennent me voir
08:41et me disent
08:42« Monsieur le maire,
08:44on ne savait pas comment leur dire
08:46d'arrêter de mettre des pesticides devant chez nous.
08:48On en a peur.
08:49L'autre jour, j'ai eu mes petits-enfants avec moi.
08:52Je n'ai pas vu qu'il y avait de l'épandage.
08:54J'ai oublié de les rentrer.
08:56Monsieur le maire, vous avez bien fait. »
08:58Et puis une petite partie très active d'agriculteurs
09:01qui sont extrêmement en colère,
09:04qui sont des gens qui ne sont pas contents du tout
09:07et qui considèrent que j'ai pris un arrêté
09:10de façon non consensuelle.
09:13Oui, j'ai pris un arrêté
09:15qui ne pouvait pas être consensuel
09:17parce qu'on ne peut pas discuter
09:20de la protection des habitations des gens.
09:23et comme je leur avais demandé
09:24de ne pas épandre dans une distance de 150 mètres
09:29et qu'ils m'ont dit
09:29« Je ne peux pas le faire.
09:31On ne peut pas te suivre
09:32parce qu'il nous faut rembourser nos investissements. »
09:36J'ai joué un rôle de shérif un peu.
09:39C'est-à-dire que je me suis mis au milieu de tout ça
09:41et j'ai pris un arrêté
09:43qui me semblait être équilibré
09:45entre des gens qui, effectivement,
09:47ont des intérêts divergents.
09:50Est-ce que vous comprenez malgré tout...
09:55Est-ce que vous comprenez malgré tout
10:06leurs revendications, mais leurs craintes
10:09et le fait que ces 150 mètres, ça paraît beaucoup.
10:13Il y a eu beaucoup d'explications autour de ce sujet
10:15depuis quelques temps, d'ailleurs,
10:17de la part de la FNSEA.
10:20Est-ce qu'il y a encore une concertation possible ?
10:21Est-ce qu'il y a un dialogue qui s'est instauré malgré tout
10:24ou est-ce qu'aujourd'hui,
10:25on est dans une situation totalement bloquée ?
10:29C'est l'État qui est responsable de ce blocage
10:32puisque si on avait laissé les choses se faire,
10:35j'aurais été en situation de pouvoir appliquer
10:38cette distance d'éloignement des pesticides
10:41de 150 mètres
10:42et d'aider les agriculteurs.
10:44Je l'ai dit tout à l'heure,
10:45jamais je n'aurais pris un arrêté de la sorte
10:48si je n'avais pas la certitude de solutions
10:50pour les agriculteurs, solutions qui m'ont été apportées
10:53par les agriculteurs eux-mêmes.
10:55Donc, il y a là vraiment quelque chose qui se joue,
10:59qui ne relève pas des agriculteurs,
11:01qui relève de leur syndicat, par contre,
11:04parce que nous, dans la commune, nous répétons sans cesse
11:07que si nous voulons des coquelicots,
11:10nous voulons aussi et surtout des paysans.
11:12Et là, nous sommes empêchés
11:14parce que la FNSEA agit vraiment de façon extrêmement violente,
11:20indique, par exemple, à coup d'antenne, de télévision,
11:25que cette bande des 150 mètres est incultivable,
11:31ne serait pas plus cultivable,
11:32donc ils font la confusion.
11:34Ils indiquent que les rats vont revenir,
11:37que les ronds se vont repousser,
11:39que les sangliers vont se mettre à attaquer les populations.
11:43Voilà une phrase telle que je vous le dis
11:46de Mme Lambert, présidente de la FNSEA.
11:50Voilà.
11:51C'est totalement scandaleux.
11:52Comment voulez-vous discuter avec des syndicats professionnels
11:57qui ont ce type de radicalité ?
12:00Pourquoi ils ont ce type de radicalité ?
12:03Parce que c'est la FNSEA qui gère les coopératives,
12:07qui vendent les pesticides aux agriculteurs.
12:11Donc, à l'heure actuelle, pas de dialogue possible.
12:21Nous devons prendre nos responsabilités d'élus.
12:25Il est hors de question de continuer à empoisonner les gens,
12:30quelles que soient les raisons.
12:32Donc, nous devons prendre un arrêté,
12:34nous devons prendre des décisions au niveau gouvernemental
12:36en disant, finis les pesticides,
12:39passons à une autre forme d'agriculture,
12:42aidons les agriculteurs à se détacher de la FNSEA,
12:45aidons-les à cultiver comme ils savent le faire,
12:47parce qu'ils savent le faire.
12:49Et c'est là que nous aurons vraiment une campagne heureuse
12:53et des agriculteurs heureux.
12:54Est-ce que vous êtes suivi dans les communes aux alentours ?
12:57Est-ce qu'il y a le même genre de mouvement qui se crée ?
13:00Parce que là, vous avez parlé de grandes villes,
13:02Sceaux, je crois que j'ai une villier aussi, Paris.
13:04Mais est-ce que dans cette région de Bretagne,
13:08les villages alentours vous suivent ?
13:11Ou vous avez une discussion avec eux ?
13:15Ça n'avance pas aussi vite qu'on le voudrait.
13:18J'ai beaucoup de messages de sympathie de mes collègues maires
13:21qui me disent, t'as bien fait, quel courage,
13:24je n'aurai pas ce courage, etc.
13:26Je les comprends.
13:28Je les comprends parce qu'on a peur, en fait.
13:34Peur de la FNSUA, pas de nos agriculteurs.
13:36Nous, nos agriculteurs, nous les aimons.
13:38Nous adorons les agriculteurs.
13:39On les connaît bien.
13:40C'est des gens formidables, en tout cas dans ma commune.
13:42Mais leur syndicat, c'est vraiment parfois très méchant.
13:46Et donc, on a peur.
13:49Et on se dit, mais qu'est-ce qui va arriver ?
13:51Vous savez, quand vous êtes maire et que vous réunissez votre famille
13:56et vous leur dites, est-ce que, voilà l'arrêté que je vais prendre,
13:59ça peut avoir des conséquences là où j'habite.
14:04On hésite.
14:06Vous voyez, la peur s'est intégrée chez nous.
14:08Donc, beaucoup de mes collègues disent, tu as raison, mais on a peur.
14:11Et moi, je pense qu'ils ont tort
14:13parce qu'il y a les élections municipales qui arrivent.
14:16Et je pense que les citoyens, aujourd'hui,
14:18dans toutes les communes rurales, vont demander aux équipes
14:21quelles qu'elles soient, sortantes ou concurrentes,
14:24quelle est votre position concrète
14:26par rapport au PCC de synthèse sur la commune ?
14:34Je crois aussi que vous êtes à la tête
14:36d'un réseau de communes en Bretagne sur l'environnement
14:39qui est un vieux projet.
14:41Enfin, ce n'est même pas un vieux projet,
14:42c'est un projet qui existe depuis très longtemps.
14:44Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu ?
14:47Le réseau de communes.
14:53Oui, quand il y a 20 ans, nous avons lancé
14:56notre projet d'économie, d'écologie sociale,
15:00c'était difficile parce qu'on avait cet objectif
15:02de développement durable, de transition écologique,
15:04mais comment faire de façon pratique,
15:07pratico-pratique ?
15:08Nous avons créé à trois communes un réseau qui s'appelle
15:14Bretagne Rurale, Urbaine et Développement Durable
15:16pour nous entraider.
15:18Aujourd'hui, nous sommes 165 communes dans la Bretagne
15:23sur les cinq départements de la Bretagne administrative.
15:27C'est un réseau très important, c'est un réseau concret
15:30et on s'entraide.
15:32Et c'est vrai que dans ce réseau, j'aurais espéré,
15:34si vous voulez, que plus de maires...
15:35Alors les maires sont venus de ce réseau,
15:38ils sont venus au tribunal administratif me soutenir,
15:40ils sont venus avec leur écharpe tricolore.
15:43Ils ont quand même signifié que j'étais un peu porte-parole,
15:47malgré moi, d'un combat qu'il fallait mener.
15:50Voilà, je pense que ça va se déclencher
15:53et que dans les jours qui viennent,
15:56dans les heures qui viennent,
15:57des communes vont suivre cet arrêté
16:00et pousser l'Etat dans ses contradictions
16:03en disant à l'Etat
16:05comment se fait-il que vous pouviez encore maintenir
16:10une intoxication de la population
16:12à ce niveau élevé d'intoxication.
16:14C'est tout à fait intolérable.
16:20Justement, revenons à cet Etat,
16:22à ce gouvernement qui a donc proposé
16:25une mesure de fixer une distance de 5 à 10 mètres.
16:29Il va par ailleurs lancer une consultation citoyenne
16:33dans 3 semaines sur le sujet, si je ne me trompe pas.
16:35Qu'en pensez-vous ?
16:36Est-ce que ça va dans le bon sens ?
16:40Alors, je sais que je suis à Paris.
16:43Donc les 3 quarts des gens peut-être dans la salle
16:46ne vont strictement rien comprendre à ce que je raconte.
16:48Bon.
16:49Donc je vais essayer d'être le plus pédagogique possible.
16:53Vous êtes en campagne.
16:55Vous avez un champ.
16:57Tout d'un coup, dans le champ, arrive un tracteur.
17:00Derrière le tracteur, un très grand bras.
17:02Il est un pulvérisateur.
17:04Et ce pulvérisateur, il met dans le sol très rapidement
17:09des gouttes de pesticides ou d'insecticides de toutes sortes.
17:13Et donc, il y a un petit risque.
17:16Parce que si vous mettez la main en dessous de ce pulvérisateur,
17:20vous êtes brûlé.
17:21Et donc, il y a des dispositifs qu'on appelle anti-dérives
17:24dans la profession.
17:26C'est-à-dire, vous devez faire gaffe
17:27qu'à 5 mètres d'un côté et 5 mètres de l'autre,
17:30vous n'alliez pas en mettre dans la pleine figure des enfants
17:33en train de jouer dans le jardin d'à côté
17:35ou dans la cour de l'école ou sur le terrain de foot.
17:37Donc, c'est ce qu'on appelle des dispositifs anti-dérives.
17:41Ce sont des dispositifs qui sont écrits noir sur blanc
17:45sur les bidons de glyphosate
17:47dans lesquels il y a une tête de mort avec des tibias.
17:50Voilà ce que le gouvernement vient de nous mettre sur la table.
17:53On va protéger les gens en faisant en sorte
17:55qu'enfin, on respecte ce qu'il y a sur les bidons
17:58avec des têtes de mort.
17:59Mais c'est un scandale total.
18:01Allez signer, donc, allez sur le site du ministère
18:05et dites votre mécontentement.
18:07Ce n'est pas possible qu'on nous prenne à ce point pour des cons.
18:23Justement, cette consultation citoyenne,
18:25est-ce que vous croyez que ça soit la solution ?
18:29Est-ce que ce n'est pas un peu repoussé ?
18:33Il faut submerger le ministère de l'écologie
18:35ou le ministère de l'agriculture
18:36ou le ministère de la santé,
18:38le ministère de la santé, on se demande où il est d'ailleurs,
18:40à l'espèce, pour dire non,
18:43les 5 mètres, la 10 mètres, ça ne va pas du tout.
18:45C'est une catastrophe.
18:47Donc, il faut refuser absolument ça
18:49et dire qu'on ne veut pas de pesticides
18:51et en attendant que les pesticides soient supprimés,
18:54de permettre aux maires, où qu'ils soient,
18:56de prendre les mesures locales
18:57de protection de la population.
18:59Ça, c'est très important.
19:01Je vais vous raconter, parce qu'il y a des organismes
19:04soi-disant scientifiques,
19:05sur lesquels le gouvernement s'appuie.
19:08Ils sont scientifiques
19:10très, très, très peu, probablement.
19:13Mais on regarde quand même
19:15ce qu'ils ont écrit.
19:17Et figurez-vous, si vous allez chercher un peu
19:19la littérature de cette agence nationale
19:21de la santé,
19:24soi-disant scientifique,
19:25vous verrez que, quelque chose de très surprenant,
19:29vous verrez que, il y a quelques années,
19:32à l'occasion d'un conflit entre des agricultures,
19:36il y avait donc des champs de pommes de terre
19:38qui étaient, donc, qui recevaient des pesticides,
19:43donc il y avait des traitements en pesticides,
19:45de l'épandage en pesticides,
19:46et à côté, si vous voulez,
19:48des champs de pommes.
19:50Et on s'est aperçu que les champs de pommes
19:52étaient contaminés par l'air
19:54avec les pesticides des pommes de terre.
19:56Vous voyez ?
19:57Et donc, l'ANSES a dit, mais c'est pas normal,
19:59il y a une contamination des pommes.
20:01Et en plus, la contamination rajoutait déjà
20:04la contamination existante des pommes.
20:06Et vous savez ce qu'ils ont proposé, l'ANSES ?
20:08Ils ont dit, ben,
20:10il faudrait que les épandages
20:13autour des champs de pommes
20:15et une distance de protection des pommiers
20:18de 500 mètres.
20:20Donc, j'exige que l'État prenne les habitants
20:24de Langouette pour des pommes
20:26et pas pour des poires.
20:37Ma dernière question, en fait,
20:39votre arrêté a été repoussé.
20:41Quelles sont les prochaines étapes de votre combat ?
20:44Comment comptez-vous le mener ?
20:46Avec qui ? Et jusqu'où ?
20:51Aujourd'hui, ce sont autour des 64 maires
20:55une vague de popularité tout à fait incroyable
20:59qui nous a surpris beaucoup.
21:01C'est impressionnant le nombre de soutiens que nous avons.
21:04Donc, on est très optimistes.
21:06Nous allons bien sûr aussi jouer la carte judiciaire
21:12en disant que nous respectons la Constitution française
21:14et que l'État est en infraction à tous les niveaux.
21:17Et nous allons bien entendu populariser,
21:20parce que ça, ça mérite encore d'être fait,
21:23populariser le fait
21:24que dans les pesticides de synthèse,
21:28il y a vraiment, vraiment,
21:29tout le temps des produits extrêmement nocifs
21:32pour la santé,
21:33que 100 d'entre eux sont considérés
21:35comme probablement cancérigènes.
21:38Probablement cancérigènes,
21:39ça veut dire que ça a été constaté
21:41comme cancérigènes à coup sûr chez les animaux.
21:45Les vérifications ont été faites en laboratoire.
21:48Donc, tout conduit à penser
21:49que le principe de précaution
21:51qui est dans la Constitution française
21:53doit impérativement s'appliquer.
21:55Donc, nous allons le défendre aussi
21:57devant les tribunaux
21:58et faire condamner l'État s'il le faut.
22:06Finalement, nous allons pousser un peu plus loin.
22:08Est-ce que vous avez été reçu, par exemple,
22:09par le ministère de l'Écologie
22:10ou celui de la Santé ?
22:11Est-ce que c'est à venir ou pas du tout ?
22:15Est-ce que vous avez eu une lettre ?
22:17Non, non, non.
22:19On me dit, vous allez au tribunal.
22:21Bon, mais c'est intéressant
22:25parce qu'aujourd'hui,
22:27pour ça, je vous invite vraiment
22:28à aller sur cette consultation
22:29pour dire le désaccord.
22:32C'est qu'on a un État qui est en panique.
22:34C'est-à-dire la proposition
22:36qu'ils ont faite de distance,
22:38d'éloignement de 5 mètres,
22:39franchement, ça ne passe pas.
22:42Ça ne passe pas du tout.
22:44Et donc, il y a là un espace
22:46pour contraindre le gouvernement.
22:49Je sais aujourd'hui que des députés
22:52tergiversent, mais bon,
22:54il ne faudra pas qu'ils tergiversent longtemps
22:55parce que je sens que les gens,
22:59si vous voulez, les habitants
23:00dans les communes ne vont pas
23:03accepter du tout cette idée
23:05que peut-être qu'en 2022,
23:07peut-être qu'en 2023,
23:08peut-être qu'en 2025,
23:09jamais on retarde quelque chose
23:13alors que leurs enfants sont en train
23:15de jouer dans la cour de récréation
23:17ou dans le jardin.
23:19Est-ce que vous avez fait faire
23:20d'autres tests, d'ailleurs,
23:22sur les populations depuis le premier ?
23:25Non, on va refaire
23:27parce que pour le coup,
23:28les 30 premières personnes
23:29qui ont fait des analyses
23:32ont été quand même assez...
23:33ne s'attendaient pas à ça.
23:34Surtout qu'il y avait quelques familles
23:36qui mangeaient bio chez elles
23:38et puis les enfants mangeaient bio
23:39à la cantine.
23:40Donc, ils se sont retrouvés
23:40avec des taux importants.
23:42Donc, ce sont des taux respirés dans l'air.
23:44Et je peux vous dire ici,
23:47j'avais l'intention d'annoncer ce soir,
23:50vous dire que Nicolas Hulot,
23:53avant de partir,
23:54a eu le temps d'exiger
23:56de l'Agence nationale de sécurité sanitaire
23:59de faire des études de pesticides dans l'air.
24:04Ces études ont été faites
24:05par toutes les agences de l'air
24:07de toutes les régions de France.
24:09Ces études ont été transmises à l'ANSES.
24:14Les agences de l'air
24:16ne peuvent pas publier ces résultats
24:17parce qu'ils appartiennent juridiquement
24:19à l'ANSES.
24:20Mais on m'a fait savoir,
24:22très concrètement,
24:24que les résultats sont catastrophiques.
24:27Donc, le gouvernement
24:29est au courant de cette catastrophe.
24:32Il ne va pas falloir qu'il tarde
24:33parce que quand les chiffres
24:34paraîtront dans la presse,
24:36ce sera une véritable bombe
24:38à retardement pour le gouvernement.
24:39Je vous remercie.
24:41Voilà.
24:42Nous coctuerons ce dernier débat
24:45de la fête de l'humanité
24:46et nous continuerons à nous battre
24:50justement contre toutes ces mauvaises réformes
24:53qu'on nous propose à l'heure actuelle.
24:55Merci.
24:56Merci.
24:57Merci.
25:00Merci.
25:01Merci.
25:02Merci.
25:03Merci.
25:03Merci.
25:03Merci.
25:03Merci.
25:03Merci.
25:04Merci.

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