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  • il y a 1 semaine
Après deux mois d'inactivité lié au confinement, l'association Emmaüs France, créé en 1954 par l'Abbé Pierre, lance un appel aux dons pour la première fois de son histoire. "Il est important que toute la chaine de solidarité s'amplifie et nous avons besoin des Français qui sont attachés à ce modèle Emmaüs", souligne Valérie Fayard, directrice adjointe d'Emmaüs France.

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Transcription
00:00Bonjour Valérie Fayard.
00:01Bonjour.
00:02Vous êtes directrice adjointe d'Emmaüs France et votre association,
00:06après bientôt deux mois d'inactivité imposée par le confinement,
00:10fait appel aux dons pour la première fois de son histoire.
00:13Alors, Emmaüs France est-elle menacée d'existence ?
00:17Oui, effectivement, nous sommes en danger.
00:19C'est pour ça que, pour la première fois, nous faisons un appel à la générosité du public,
00:23ce qu'on n'a jamais fait dans le mouvement.
00:26Il faut savoir que le mouvement Emmaüs, il est fondé sur un modèle d'autonomie,
00:31d'autonomie des structures et des personnes.
00:35On remet les gens debout au travers de l'activité et du travail,
00:39les activités de récup de produits d'occasion que les gens nous donnent.
00:42Cette activité, ça permet donc de donner du boulot à des gens qui étaient dans la grande précarité
00:47et qui vont travailler dans les communautés comme compagnons
00:50ou dans les structures d'insertion comme salariés en insertion.
00:54Et cette activité, elle génère donc du chiffre d'affaires qui permet de payer les charges de la structure,
00:59de payer les gens et de payer l'accueil, l'hébergement, l'accompagnement.
01:03Donc, c'est un modèle très vertueux.
01:04Mais pour la première fois de notre vie, on est arrêté deux mois, voire plus,
01:09voire plus, puisque le déconfinement ne sera peut-être pas total le 11 mai, même sûrement pas.
01:15Et donc, on n'a plus de chiffre d'affaires.
01:18Donc, on n'a plus de ressources pour payer les charges des structures
01:23et payer notre projet social et payer les gens.
01:27Voilà.
01:27Et donc, nous, on n'est pas des structures capitalistes
01:31où on a six mois de trésorerie devant nous et un petit matelas.
01:34Tout ce qu'on gagne, on le réinvestit dans la solidarité, dans le projet social.
01:39On est donc très, voilà, au jour le jour.
01:41C'est normal d'ailleurs, c'est notre vocation.
01:43Donc, plus de chiffre d'affaires, plus de ressources
01:45et un danger pour les structures les plus fragiles du mouvement.
01:49Donc, Emmaüs, pour répondre à votre question,
01:52globalement ne va pas disparaître du jour au lendemain.
01:54Mais ce qui peut disparaître, c'est un certain nombre de structures, Emmaüs,
01:58qui accueillent des personnes en grande précarité
02:00et qui vont se retrouver en cessation de paiement
02:03et obligés peut-être de fermer et de remettre les gens dans la précarité.
02:07Alors, vous fédérez 287 structures en France,
02:11dont 119 communautés qui représentent le socle.
02:14Pouvez-vous nous expliquer leurs activités ?
02:18Oui. Alors, les communautés Emmaüs, c'est effectivement le modèle originel
02:22et le plus original dans le champ de l'action sociale.
02:27C'est-à-dire que ce sont des lieux de vie et d'activité.
02:30Donc, des personnes qui sont en grande difficulté,
02:32souvent des personnes à la rue,
02:33elles viennent taper à la porte des communautés
02:35et nous les accueillons de façon inconditionnelle.
02:37Quel que soit leur statut, quel que soit leur âge,
02:40leurs conditions physiques, qu'ils aient des papiers,
02:41qu'ils aient pas de papiers, nous les accueillons si nous avons de la place.
02:45Et ils vont vivre dans ce collectif solidaire et ils vont travailler.
02:49Et l'activité, c'est ce que les Français connaissent.
02:51C'est les camions d'Emmaüs qui viennent chercher des meubles,
02:54des bibelots, des fringues,
02:55et qui les trient, les réparent et les revendent dans les briques à braques.
02:59Donc, les communautés sont des modèles d'accueil
03:02structurés autour de l'activité économique
03:06et qui sont des modèles d'accueil inconditionnels.
03:09Et l'autre particularité,
03:11c'est que ces communautés fonctionnent sans subvention.
03:15Pourquoi ?
03:16Parce qu'on veut être libre de notre projet d'accueil,
03:19de notre projet social.
03:20C'est très important pour Emmaüs.
03:22Et donc, on n'a pas de subvention.
03:24Et c'est l'activité économique,
03:26grâce au don de matériel des gens,
03:29qui nous permet de faire tourner ce modèle.
03:31Quelles sont aujourd'hui les communautés de compagnons
03:34et structures d'insertion les plus menacées ?
03:37Alors, on a donc estimé
03:39qu'on avait un besoin
03:41de financement de 5 millions d'euros.
03:44Je dirais que c'est la fourchette basse.
03:46C'est la fourchette basse si on peut reprendre quand même
03:48une activité à partir de mi-mai,
03:51même progressive.
03:52On est en train d'évaluer,
03:54mais on pense qu'il y a une quarantaine de structures
03:57sur les 210 qui font de l'activité économique.
04:02Il y a une quarantaine de structures
04:03qui sont vraiment menacées dans leur survie
04:06par la fermeture.
04:07Donc, 5 millions, c'est la somme qu'il faut
04:09pour que ces 40 structures puissent passer cette vague.
04:13Et c'est vraiment la somme dont on a besoin maintenant.
04:15L'appel, il est vraiment un appel d'urgence
04:17parce que nous, dès qu'on va pouvoir,
04:19on va remettre le modèle en route.
04:20Dès qu'on va pouvoir.
04:21Et on recommencera à faire travailler les gens,
04:23à avoir du chiffre d'affaires, etc.
04:24Là, c'est maintenant que ça se passe.
04:26Comme je vous le disais,
04:26nous n'avons pas de matelas d'avance.
04:29Et donc, c'est maintenant qu'on a besoin
04:31de passer cette vague épouvantable
04:33des 2 à 3 mois.
04:35Et donc, c'est pour ça qu'on a fait appel
04:36à la générosité des Français
04:38d'une façon un petit peu dramatique
04:39parce que la situation, elle est vraiment inédite
04:42et elle est vraiment dramatique.
04:44C'est-à-dire que si on veut éviter
04:44qu'il y ait des structures Emmaüs qui ferment
04:46et qu'il remette des gens à la rue,
04:48il faut qu'on ait des sous, des Français.
04:51Alors, comment peut-on faire concrètement
04:53pour aider Emmaüs ?
04:54Alors, c'est hyper simple.
04:55Vous allez sur le site d'Emmaüs France
04:56et là, vous avez un bouton,
04:58je fais un don
04:59et c'est complètement automatique.
05:01Vous faites un don,
05:02vous choisissez le montant
05:03et vous recevrez un petit message de merciment.
05:06Vous recevrez plus tard aussi
05:08un reçu fiscal
05:09puisque vous savez que vous pouvez défiscaliser
05:1160% du montant du don.
05:13Ce n'est pas le motif essentiel des dons,
05:15évidemment, mais ça compte.
05:16Voilà, donc c'est ultra simple.
05:18Et d'autre part, il y a un autre sujet aussi,
05:20c'est que les gens qui sont sensibles à notre cause
05:21et qui vont nous aider,
05:22ils peuvent nous aider en faisant un don,
05:25bien sûr, c'est l'essentiel,
05:26mais ils peuvent aussi nous aider
05:27en relayant notre campagne,
05:29notamment via les réseaux sociaux.
05:31C'est important que toute cette chaîne de solidarité,
05:33elle s'amplifie
05:34et aujourd'hui, on a les réseaux sociaux
05:36qui peuvent servir à ça,
05:37donc le Facebook, LinkedIn, Instagram,
05:40tous les réseaux sociaux.
05:41Allez-y, si vous soutenez,
05:43si vous pensez qu'il faut
05:44que ce modèle original d'Emmaüs survive
05:47et qu'on puisse continuer à accueillir des gens,
05:50faites ça et relayez.
05:52Un dernier point, c'est que
05:53non seulement il faut qu'on passe la vague,
05:56mais on sait que cette crise,
05:58elle va durer
05:58et on sait qu'il va y avoir
06:00de plus en plus de gens sur le bas côté.
06:02Donc, je veux dire,
06:03les Français ont besoin de nous.
06:04Nous avons besoin de continuer
06:05à faire notre travail d'accueil
06:06des plus précaires
06:07et des personnes de plus en difficulté
06:09parce qu'il y en aura
06:10de plus en plus, malheureusement.
06:12Et donc, il faut vraiment
06:12que les Français qui sont attachés,
06:14je crois,
06:15à ce modèle Emmaüs
06:16nous donnent les moyens
06:17de continuer à notre mission d'accueil.
06:20C'est hyper important.

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