00:00C'est l'avenir d'enfants pour 20 ans à venir, au moins 30 ans à venir.
00:06Ce n'est pas nous que nous défendons, ce sont vos enfants.
00:22Ce nouveau code, nous le contestons dans la mesure où il va enterriner une justice des enfants
00:31qui ressemble de plus en plus à la justice des adultes.
00:34Et nous le contestons parce qu'il y a un certain nombre de principes à l'intérieur de ce code
00:38qui ne correspondent pas à ce que nous défendons, nous, d'une justice éducative pour les enfants de notre pays.
00:47Alors ce que ça va changer au quotidien, c'est que ça va accélérer les procédures.
00:50Le temps qui nous est nécessaire pour installer une relation avec le jeune, ce temps-là va être extrêmement réduit.
00:58C'est l'histoire de quelques mois, en vérité.
01:00C'est-à-dire que jusqu'à présent, on avait beaucoup plus de temps.
01:03Et là, toutes les procédures vont être contraintes et accélérées.
01:08Nous sommes le pays d'Europe qui incarcérons le plus des enfants.
01:15Nous sommes le pays d'Europe qui pouvons enfermer des enfants pendant 30 ans.
01:22Ça n'existe dans aucun pays.
01:25On nous regarde d'un air effaré.
01:28Aujourd'hui, ce qui est prévu, au lieu de doter les milieux ouverts, les milieux qui existent déjà,
01:33de moyens supplémentaires, les projets sont de créer des lieux fermés, des centres éducatifs fermés,
01:40des lieux d'enfermement.
01:41Donc, c'est une philosophie assez particulière de dire on enferme nos enfants plutôt qu'on éduque nos enfants.
01:49Aujourd'hui, avec ce projet de réforme, on nous demande d'aller vite,
01:52d'abord sanctionner et ensuite d'éduquer, ce qui n'a plus aucun sens.
01:58C'est-à-dire que le temps qu'on a aujourd'hui normalement de travail avec les mineurs
02:02leur permet, quand ils sont arrivés à l'audience, de pouvoir comprendre leur passage à l'acte.
02:08Et c'est aussi important pour les victimes qui sont présentes lors du procès,
02:12d'avoir un mineur qui a réfléchi sur son passage à l'acte et qui est capable de présenter ses
02:16excuses
02:16et d'expliquer pourquoi il a pu agir comme ça.
02:20Non, les statistiques ne démontrent pas d'augmentation de la délinquance, en fait.
02:23C'est plutôt le regard qu'on porte sur ces actes-là qui pourrait faire penser qu'il y a
02:27une augmentation.
02:28Mais si vous regardez les études sociologiques qui ont été faites, il n'y a pas d'augmentation de la
02:32délinquance.
02:33Et il n'y a pas d'augmentation liée à l'âge aussi.
02:35Le fait qu'on pourrait commettre plus jeune des infractions, ça n'est pas révélé dans les statistiques, dans les
02:39faits.
02:40Au départ, on a des enfants en danger et ce n'est pas pour rien qu'ils commettent des passages
02:44à l'acte délinquant.
02:45Et ensuite, il y a vraiment un travail de retour en arrière à faire par rapport à toutes les lois
02:50qui sont venues un peu détricoter
02:52les principes initiaux de l'ordonnance de 45 pour revenir en arrière sur tout ce mouvement répressif
02:59qui fait que de plus en plus, on applique aux enfants des sanctions et des procédures qu'on applique aux
03:06majeurs.
03:06Pour ce contrôle judiciaire, à la détention provisoire, le fait de leur appliquer des peines, des sursis probatoires.
03:13Tout ça, c'est des choses qu'on ne pouvait pas faire avant, ou en tout cas pas de manière
03:17aussi étendue, plus tard en âge.
03:19Et aujourd'hui, ça s'est tout à fait banalisé.
03:32Nous sommes ce premier tribunal pour enfants de France avec un manque criant de moyens,
03:39de moyens en juge, de moyens en greffier, en personnel éducatif.
03:43Et la situation va demeurer telle et c'est cela qui est intolérable.
03:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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