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  • il y a 1 semaine
Après des mois d'attente, le comédien Samir Guesmi dévoile son premier long métrage en tant que réalisateur. L'histoire émouvante d'un père pour son fils.

Ado timide et renfrogné, élevé par son père (Samir Guesmi), Ibrahim (Abdel Bendaher) semble constamment balader son âme en peine. Dans ses rêves, il se prend pour la star du foot Ibrahimovic.
Dans la réalité, il peine à communiquer avec son père, souffre de l’absence de sa mère et accepte la proposition fumeuse de son volubile copain Achille (Rabah Naït Oufella).

Ce pickpocket doué lui demande de faire diversion dans un magasin d’électro-ménager. Mais Ibrahim panique, casse une télévision hors de prix et doit rendre des comptes. Son père, modeste écailler dans une brasserie parisienne, paie pour éviter un signalement à la police. Et renonce ainsi à s’acheter la prothèse dentaire qui devait lui permettre d’espérer servir en salles.

Déjà, c’est Dimanche, son court métrage, prix du public à Clermont-Ferrand en 2008, abordait les rapports père-fils.
Pour son premier long métrage, le cinéaste et comédien travaille une thématique similaire dans une économie de mots revendiquée.

Cette concision et la qualité d’écriture lui ont valu une sélection à Cannes, des prix au festival d’Angoulême et aux Premiers plans d’Angers.

Porté par Abdel Bendaher, un comédien débutant casté au bord d’un stade de foot et des seconds rôles très convaincants tels Rabah Naït Oufella (Grave, Entre les murs), Philippe Rebbot (L’amour flou) et la jeune Luana Bajrami, Ibrahim explore avec délicatesse et un sens aigu de la narration, l’éclosion difficile d’un jeune homme décidé à trouver sa place. 

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Transcription
00:00Tu rentres dans un rayon, tu prends un objet, tu le déposes ailleurs.
00:02Moi je rentre et je fais ce que j'ai à faire.
00:04Putain.
00:05Qu'est-ce qu'ils font tes parents ?
00:06Mon père il travaille dans une brasserie.
00:08Et ta mère ?
00:10Elle est pas là.
00:11On va appeler ton père c'est tout ?
00:12Pas mon père.
00:13Je pensais en avoir fini avec le rapport père-fils,
00:15mais en fait je me suis bien rendu compte que
00:17la difficulté de communiquer entre un père et un fils,
00:20comment deux êtres si proches qu'un père et un fils
00:24puissent à la fois être étrangers l'un à l'autre,
00:28m'obséder.
00:28Comment la pudeur, comment on se planque derrière la pudeur
00:34qui veut pas pour autant dire qu'on a de l'indifférence pour l'un ou pour l'autre.
00:39Voilà, ça, ça m'intéressait beaucoup à raconter.
00:41Comment derrière tout ça, tu découvres un amour incommensurable
00:47d'un père pour son fils et vice-versa.
00:50Ça c'est quelque chose qui me tient à cœur
00:53et que je trouve passionnant à réfléchir.
00:59Passionnant dans le sens...
01:02Voilà, j'ai pas de réponse en fait.
01:17J'ai besoin de thunes, là, j'y arrive pas tout seul.
01:19Pourquoi t'as besoin ?
01:20Mon père, là, à cause de moi, il pourra pas payer ses prothènes.
01:24Si je trouve pas la thune, il pourra pas servir en salle.
01:27C'est comment un père et un fils économent de mots et de dialogues
01:33et beaucoup de silence.
01:34Comment ont du mal à communiquer,
01:37qu'ils vivent ensemble, l'un et l'autre, sans maman.
01:41Comment ce cercle, comment ce rapport plutôt de silence va s'interrompre
01:54parce qu'un jour, le gamin va se laisser entraîner
01:57à faire une énorme connerie.
01:59Ce qui va sensibiliser le père à aller réparer cette faute.
02:08Et comment cette connerie va être un prétexte
02:12à ce que les deux puissent se reconnecter ensemble.
02:173, 4...
02:18Ça c'est pour toi.
02:20Maintenant ça suffit pour aujourd'hui.
02:21Jamais trop à faire le premier jour.
02:22C'est pour rien.
02:24Faire face au stress que ce sera l'examen d'homme.
02:28Pourquoi tu joues pas ?
02:31Qu'est-ce que tu sais faire ?
02:32Pas jouer, un histoire.
02:35Parce que ça avait du sens que j'incarne le père du héros.
02:38Parce que c'était une gageure que j'avais envie de faire.
02:44Parce que ça avait du sens pour les gens qui travaillaient autour de moi.
02:47Enfin que ça avait du sens pour le film, j'entends.
02:51Parce que...
02:51Parce que...
02:53Parce que voilà, quoi.
02:57Qu'est-ce que tu fous dehors, tout seul ?
02:59Je pense.
03:00T'es un rêveur en fait.
03:04Une consolation aussi de toute cette année de disette et de confinement.
03:12Et puis un honneur.
03:15J'aime pas trop ce terme-là qui est un peu galvaudé.
03:18Mais une vraie joie en fait, ça m'a procuré.
03:21Et à la fois, assez tombé des nus quoi.
03:26De ces prix Angoulême, de ce prix à Angers, d'un prix à Rome.
03:33Non, mais je suis super heureux.
03:35En fait, je suis extrêmement heureux.
03:36Je suis un peu le con là, mais je suis un peu...
03:41Ibrahul !

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