00:00Pour moi, le seul intérêt intéressant de tout ça, c'est vraiment de se réapproprier la production de masques en
00:04France.
00:05Il y a vraiment été un gros problème, une grosse carence.
00:08On l'apprend maintenant, sous les gouvernements Sarkozy et Hollande,
00:12où les choix ont été faits de ne pas assurer une continuité de la production.
00:23Pour l'instant, les masques qu'on utilise un peu partout en France,
00:26ce sont des masques que l'on importe à l'étranger,
00:29notamment de la Chine.
00:31On a une dépendance totale en matière de masques vis-à-vis de l'étranger.
00:37C'est évidemment que ces petites entreprises, elles trouveront preneur
00:40à partir du moment où les prix resteront dans la limite du raisonnable
00:45pour que lui-même puisse assurer des revenus décents
00:48et des conditions de travail décents pour les salariés français.
00:50On a quand même un réseau sanitaire important dans les Côtes d'Armor.
00:53On a des établissements de santé à Nyon, Treyé, Pain-Paul, Guingance, Saint-Brieuc.
00:59Ils consomment 10 ans, ils consomment beaucoup de masques.
01:02Donc, il y aura forcément preneur.
01:05Après, c'est vrai qu'il y a chacun aussi de s'engager à des établissements eux-mêmes,
01:09et de s'engager à prendre des masques dans les entreprises locales.
01:18On est sur un statut de coopératif SIC qui permet non seulement de rassembler
01:23toutes les formes juridiques françaises collectives de droits,
01:27qu'elles soient entreprises classiques, quel que soit leur statut,
01:31qu'elles soient mutualistes, coopératives ou autres, ou associatives.
01:34Ça permet de faire entrer les collectivités publiques si elles le souhaitent.
01:37Et nous avons été même jusqu'à imaginer un collège ouvert aux citoyens,
01:42puisque ce sont 40 000 personnes qui se sont manifestées dans les premières semaines
01:47pour demander comment, quoi faire, est-ce que je peux soutenir, de quelle manière.
01:50Et donc, on s'est dit qu'il fallait offrir un débouché positif à tout ça,
01:53et qu'il ne fallait surtout pas ne pas offrir une place à cette énergie citoyenne
01:59qui frappait à la porte, si je peux dire.
02:01Ça touche des gens du secteur hospitalier, du secteur des laboratoires de biologie,
02:07toutes les grandes associations sanitaires et sociales,
02:09le monde de la mutualité, le monde de bâtiments, de la navale,
02:13de certaines parties du monde agricole.
02:16Voilà, donc on a fédéré assez large des gens qui, sans doute, avant,
02:21ne se fréquentaient pas, voire pour beaucoup vont découvrir le métier de l'autre.
02:25Et je trouve ça très intéressant que, finalement,
02:28ce soit cette confédération de tacteurs qui permette le projet de lui-même.
02:33Produire davantage en France, sur notre sol.
02:37Produire parce que cette crise nous enseigne que sur certains biens,
02:42certains produits, certains matériaux,
02:44le caractère stratégique impose d'avoir une souveraineté européenne.
02:51Produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance
02:57et donc nous équiper dans la durée.
02:59C'est la condition pour ce projet, c'est que l'État, en fait, garantisse des commandes annuelles.
03:06Ce qu'il n'a pas fait à l'époque, il n'y a pas plus de 10 ans,
03:08ce qui a d'ailleurs provoqué quelque part la faillite de l'entreprise.
03:13Donc là, l'État s'est engagé, c'est une bonne chose.
03:16Et donc, il y a des financements par la région.
03:21Et puis, de trouver, c'est peut-être aussi ça les éléments qui manquaient encore la semaine dernière
03:26quand nous avons été entretenus au téléphone.
03:29Ce sont justement ces partenaires, ces fonds financiers qui manquaient peut-être encore en termes de précision.
03:36Et ça peut vraiment balayer tout un ensemble d'acteurs, en fait.
03:40Ça peut être du Mécénat, ça peut être des collectivités, le conflit départemental, des acteurs économiques locaux.
03:49On est sur une ambition de 30 emplois.
03:52Voilà.
03:53Et puis, je ne peux pas en dire plus là-dessus, parce qu'il y a peut-être des extensions
03:56qui arriveront,
03:57mais qui sont encore discrètes.
03:59Donc, ça pourrait monter un peu.
04:01Mais je voulais dire, on n'est pas sur une trajectoire en centaines.
04:04On est sur une trajectoire où ça pourrait aller tendanciellement vers 50.
04:08Pour une production qui serait de l'ordre de 40 à 45 millions de masques par an,
04:12sur répartition probablement de tiers à un tiers entre le chirurgical et le F2.
04:17Mais cette répartition, elle est aussi fonction du paysage qu'on a regroupé.
04:22Donc, on est en train de faire remonter les demandes, les engagements, les attentes.
04:26Et donc, on va peut-être avoir un paysage qui va nous surprendre.
04:29A priori, on pense qu'il y a plus de demandes chirurgicales que de l'autre côté.
04:33Le FFP2, c'est plus des milieux professionnels où les salariés sont assez exposés par la nature du métier.
04:39Mais vous voyez, par exemple, l'hôpital actuellement est très FFP2,
04:41alors que dès qu'il va être sorti de la crise, il sera à nouveau très chirurgical.
04:45Donc, la même profession peut par moment avoir des besoins qui varient.
04:49Donc, on est en attente un peu de comprendre la totalité des demandes.
04:53Mais a priori, c'est ça la répartition.
04:55Après, nous sommes sur une ambition de trois lignes de production.
04:58Bon, on peut dire, c'est un socle.
05:01Ce n'est pas une fin en soi.
05:03C'est une prudence et une lucidité, sans doute, sur la taille et la nature de notre projet.
05:12Il manquait dans le droit français quelque chose qui autorise toutes sortes d'acteurs
05:15de se regrouper entre eux pour un projet commun.
05:17Il y avait des barrières, là, il n'y en a aucune.
05:20Même des individus, je veux dire, toutes les formes juridiques collectives, quelles qu'elles soient.
05:24Et puis ensuite, de séparer, si vous voulez, le rapport entre les acteurs,
05:28ça ne veut pas faire que le petit soit forcément sous tutelle du grand.
05:32Alors, le grand, il peut être économique.
05:34Le grand, il peut être politique.
05:36Donc, il y a des statuts où, si vous rentrez, d'accord,
05:38mais c'est l'impuissance publique qui dirige parce qu'elle a plus de 50 %.
05:42Ou vous avez un très grand donneur dans l'économie qui rentre,
05:44puis il peut bien faire partenariat avec les autres,
05:46mais il a tout le poids de son capital, donc c'est lui qui a le pouvoir.
05:49Là, si vous voulez, il y a une dichotomie.
05:51On peut séparer le poids de pouvoir et l'organiser en accord avec les partenaires.
05:56Donc, quand on a cinq collèges dans notre projet,
05:58on a une répartition, par exemple, les salariés n'auront qu'un virgule 5 du capital,
06:02mais 25 % des voix.
06:06Les collectivités, on a fait en sorte qu'elles aient également les 25.
06:08Et puis, on a du 20-20-10.
06:10Et le 10, c'est les citoyens qui auront plus de capital collectivement avec 25 points,
06:15mais qui n'ont que 10 % parce qu'on est face à une grande inconnue.
06:18On s'est dit, bon, c'est une entreprise qu'on va gérer.
06:20Donc, quelle sera la connaissance de ça dans le monde un peu diffus de gens qui vont nous rejoindre ?
06:25On ne sait pas quel est le niveau de connaissance de ce que c'est que la vie d'une
06:29entreprise.
06:30On ne sait pas non plus.
06:31Donc, on s'est dit, il faut à la fois faire une vraie place,
06:34et en même temps, on ne peut pas prendre un risque sur des problèmes de gouvernance après
06:37parce qu'on aurait confié la destinée de l'outil à des gens qui ne comprennent pas
06:40ce que c'est qu'une industrie, qu'un fonctionnement de bois,
06:44parce que ce n'est pas leur vécu.
06:45Donc, on s'est dit, voilà.
06:46Et puis, les salariés, on a fait comme dans l'histoire,
06:47on leur a donné une place plus significative,
06:50parce que c'est la logique même du projet.
06:52Et le plus gros point après, ce sont les usagers,
06:55alors les usagers dans notre jargon,
06:56ce sont les entités qui rentrent pour se fournir en matériel.
07:01Puisque dans la cycle, le concept d'usager,
07:03c'est celui qui utilise les services que la coopérative produit.
07:06En tout cas, c'est une répartition assez originale.
07:10J'avoue que là, on est peut-être en train de modéliser quelque chose
07:13qui aura peut-être vocation à être gardé dans le même métier
07:19ou dans d'autres activités ou d'autres groupements.
07:21Nous, la CGT, en tout cas, on est vraiment attaché à un projet
07:24comme celui de la SIC pour éviter les écueils du passé.
07:29Et donc, nous allons normalement sans tarder
07:31à voir des nouvelles de l'avancée du projet
07:34et d'une éventuelle table ronde en visioconférence
07:36avec différents acteurs et partenaires de ce projet.