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  • il y a 3 semaines
Ex-numéro 2 mondial dans les années 90, l'usine de Plaintel qui a inventé le masque FFP2 pliable pourrait refaire surface sous la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif. Missionné par la Région Bretagne et le département des Côtes-d’Armor, l’ancien secrétaire d’État à l’Économie solidaire, Guy Hascoët, travaille sur la faisabilité afin de relancer une usine de masques près de Plaintel, où l’usine détenu par l'américain d’Honeywell avait fermé en 2018.
Le projet de relance est porté par un groupe de dirigeants et d’anciens salariés, trois niveaux de collectivités (Région, Département, Agglomération de Saint-Brieuc) et des partenaires. Reportage.

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Transcription
00:00Pour moi, le seul intérêt intéressant de tout ça, c'est vraiment de se réapproprier la production de masques en
00:04France.
00:05Il y a vraiment été un gros problème, une grosse carence.
00:08On l'apprend maintenant, sous les gouvernements Sarkozy et Hollande,
00:12où les choix ont été faits de ne pas assurer une continuité de la production.
00:23Pour l'instant, les masques qu'on utilise un peu partout en France,
00:26ce sont des masques que l'on importe à l'étranger,
00:29notamment de la Chine.
00:31On a une dépendance totale en matière de masques vis-à-vis de l'étranger.
00:37C'est évidemment que ces petites entreprises, elles trouveront preneur
00:40à partir du moment où les prix resteront dans la limite du raisonnable
00:45pour que lui-même puisse assurer des revenus décents
00:48et des conditions de travail décents pour les salariés français.
00:50On a quand même un réseau sanitaire important dans les Côtes d'Armor.
00:53On a des établissements de santé à Nyon, Treyé, Pain-Paul, Guingance, Saint-Brieuc.
00:59Ils consomment 10 ans, ils consomment beaucoup de masques.
01:02Donc, il y aura forcément preneur.
01:05Après, c'est vrai qu'il y a chacun aussi de s'engager à des établissements eux-mêmes,
01:09et de s'engager à prendre des masques dans les entreprises locales.
01:18On est sur un statut de coopératif SIC qui permet non seulement de rassembler
01:23toutes les formes juridiques françaises collectives de droits,
01:27qu'elles soient entreprises classiques, quel que soit leur statut,
01:31qu'elles soient mutualistes, coopératives ou autres, ou associatives.
01:34Ça permet de faire entrer les collectivités publiques si elles le souhaitent.
01:37Et nous avons été même jusqu'à imaginer un collège ouvert aux citoyens,
01:42puisque ce sont 40 000 personnes qui se sont manifestées dans les premières semaines
01:47pour demander comment, quoi faire, est-ce que je peux soutenir, de quelle manière.
01:50Et donc, on s'est dit qu'il fallait offrir un débouché positif à tout ça,
01:53et qu'il ne fallait surtout pas ne pas offrir une place à cette énergie citoyenne
01:59qui frappait à la porte, si je peux dire.
02:01Ça touche des gens du secteur hospitalier, du secteur des laboratoires de biologie,
02:07toutes les grandes associations sanitaires et sociales,
02:09le monde de la mutualité, le monde de bâtiments, de la navale,
02:13de certaines parties du monde agricole.
02:16Voilà, donc on a fédéré assez large des gens qui, sans doute, avant,
02:21ne se fréquentaient pas, voire pour beaucoup vont découvrir le métier de l'autre.
02:25Et je trouve ça très intéressant que, finalement,
02:28ce soit cette confédération de tacteurs qui permette le projet de lui-même.
02:33Produire davantage en France, sur notre sol.
02:37Produire parce que cette crise nous enseigne que sur certains biens,
02:42certains produits, certains matériaux,
02:44le caractère stratégique impose d'avoir une souveraineté européenne.
02:51Produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance
02:57et donc nous équiper dans la durée.
02:59C'est la condition pour ce projet, c'est que l'État, en fait, garantisse des commandes annuelles.
03:06Ce qu'il n'a pas fait à l'époque, il n'y a pas plus de 10 ans,
03:08ce qui a d'ailleurs provoqué quelque part la faillite de l'entreprise.
03:13Donc là, l'État s'est engagé, c'est une bonne chose.
03:16Et donc, il y a des financements par la région.
03:21Et puis, de trouver, c'est peut-être aussi ça les éléments qui manquaient encore la semaine dernière
03:26quand nous avons été entretenus au téléphone.
03:29Ce sont justement ces partenaires, ces fonds financiers qui manquaient peut-être encore en termes de précision.
03:36Et ça peut vraiment balayer tout un ensemble d'acteurs, en fait.
03:40Ça peut être du Mécénat, ça peut être des collectivités, le conflit départemental, des acteurs économiques locaux.
03:49On est sur une ambition de 30 emplois.
03:52Voilà.
03:53Et puis, je ne peux pas en dire plus là-dessus, parce qu'il y a peut-être des extensions
03:56qui arriveront,
03:57mais qui sont encore discrètes.
03:59Donc, ça pourrait monter un peu.
04:01Mais je voulais dire, on n'est pas sur une trajectoire en centaines.
04:04On est sur une trajectoire où ça pourrait aller tendanciellement vers 50.
04:08Pour une production qui serait de l'ordre de 40 à 45 millions de masques par an,
04:12sur répartition probablement de tiers à un tiers entre le chirurgical et le F2.
04:17Mais cette répartition, elle est aussi fonction du paysage qu'on a regroupé.
04:22Donc, on est en train de faire remonter les demandes, les engagements, les attentes.
04:26Et donc, on va peut-être avoir un paysage qui va nous surprendre.
04:29A priori, on pense qu'il y a plus de demandes chirurgicales que de l'autre côté.
04:33Le FFP2, c'est plus des milieux professionnels où les salariés sont assez exposés par la nature du métier.
04:39Mais vous voyez, par exemple, l'hôpital actuellement est très FFP2,
04:41alors que dès qu'il va être sorti de la crise, il sera à nouveau très chirurgical.
04:45Donc, la même profession peut par moment avoir des besoins qui varient.
04:49Donc, on est en attente un peu de comprendre la totalité des demandes.
04:53Mais a priori, c'est ça la répartition.
04:55Après, nous sommes sur une ambition de trois lignes de production.
04:58Bon, on peut dire, c'est un socle.
05:01Ce n'est pas une fin en soi.
05:03C'est une prudence et une lucidité, sans doute, sur la taille et la nature de notre projet.
05:12Il manquait dans le droit français quelque chose qui autorise toutes sortes d'acteurs
05:15de se regrouper entre eux pour un projet commun.
05:17Il y avait des barrières, là, il n'y en a aucune.
05:20Même des individus, je veux dire, toutes les formes juridiques collectives, quelles qu'elles soient.
05:24Et puis ensuite, de séparer, si vous voulez, le rapport entre les acteurs,
05:28ça ne veut pas faire que le petit soit forcément sous tutelle du grand.
05:32Alors, le grand, il peut être économique.
05:34Le grand, il peut être politique.
05:36Donc, il y a des statuts où, si vous rentrez, d'accord,
05:38mais c'est l'impuissance publique qui dirige parce qu'elle a plus de 50 %.
05:42Ou vous avez un très grand donneur dans l'économie qui rentre,
05:44puis il peut bien faire partenariat avec les autres,
05:46mais il a tout le poids de son capital, donc c'est lui qui a le pouvoir.
05:49Là, si vous voulez, il y a une dichotomie.
05:51On peut séparer le poids de pouvoir et l'organiser en accord avec les partenaires.
05:56Donc, quand on a cinq collèges dans notre projet,
05:58on a une répartition, par exemple, les salariés n'auront qu'un virgule 5 du capital,
06:02mais 25 % des voix.
06:06Les collectivités, on a fait en sorte qu'elles aient également les 25.
06:08Et puis, on a du 20-20-10.
06:10Et le 10, c'est les citoyens qui auront plus de capital collectivement avec 25 points,
06:15mais qui n'ont que 10 % parce qu'on est face à une grande inconnue.
06:18On s'est dit, bon, c'est une entreprise qu'on va gérer.
06:20Donc, quelle sera la connaissance de ça dans le monde un peu diffus de gens qui vont nous rejoindre ?
06:25On ne sait pas quel est le niveau de connaissance de ce que c'est que la vie d'une
06:29entreprise.
06:30On ne sait pas non plus.
06:31Donc, on s'est dit, il faut à la fois faire une vraie place,
06:34et en même temps, on ne peut pas prendre un risque sur des problèmes de gouvernance après
06:37parce qu'on aurait confié la destinée de l'outil à des gens qui ne comprennent pas
06:40ce que c'est qu'une industrie, qu'un fonctionnement de bois,
06:44parce que ce n'est pas leur vécu.
06:45Donc, on s'est dit, voilà.
06:46Et puis, les salariés, on a fait comme dans l'histoire,
06:47on leur a donné une place plus significative,
06:50parce que c'est la logique même du projet.
06:52Et le plus gros point après, ce sont les usagers,
06:55alors les usagers dans notre jargon,
06:56ce sont les entités qui rentrent pour se fournir en matériel.
07:01Puisque dans la cycle, le concept d'usager,
07:03c'est celui qui utilise les services que la coopérative produit.
07:06En tout cas, c'est une répartition assez originale.
07:10J'avoue que là, on est peut-être en train de modéliser quelque chose
07:13qui aura peut-être vocation à être gardé dans le même métier
07:19ou dans d'autres activités ou d'autres groupements.
07:21Nous, la CGT, en tout cas, on est vraiment attaché à un projet
07:24comme celui de la SIC pour éviter les écueils du passé.
07:29Et donc, nous allons normalement sans tarder
07:31à voir des nouvelles de l'avancée du projet
07:34et d'une éventuelle table ronde en visioconférence
07:36avec différents acteurs et partenaires de ce projet.

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