- il y a 12 heures
L'accord passé mardi entre la Russie et la Turquie est venu confirmer la mise hors circuit de l'Union européenne face à l'invasion turque du nord de la Syrie et aux attaques meurtrières contre les Kurdes.
Quelles sont les dernières évolutions de la guerre ? L'Europe est-elle définitivement disqualifiée ?
Débat avec Meryem Tekiner, porte-parole du Mouvement des femmes kurdes en France, et les députés européens François Alfonsi ( Régions et peuples solidaires, Verts ) et Stélios Kouloglou ( Syriza, GUE-GVN).
Quelles sont les dernières évolutions de la guerre ? L'Europe est-elle définitivement disqualifiée ?
Débat avec Meryem Tekiner, porte-parole du Mouvement des femmes kurdes en France, et les députés européens François Alfonsi ( Régions et peuples solidaires, Verts ) et Stélios Kouloglou ( Syriza, GUE-GVN).
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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:14L'Europe grande absente face à l'invasion du nord de la Syrie par la Turquie.
00:19L'accord passé hier entre la Russie et la Turquie semblerait en apporter une preuve supplémentaire.
00:25On va en reparler. Le Parlement européen en a débattu largement ce matin, ce mercredi matin.
00:31Une résolution va être votée demain. On en parle avec vous, Myriam Tequiner, vous êtes porte-parole du mouvement des
00:37femmes kurdes ici à Strasbourg.
00:39François Alfoncy, vous êtes député européen, bonjour à vous tous, bien sûr, du groupe Région et Peuples Solidaires.
00:45Vous êtes ici au Parlement européen dans le groupe des Verts, Alliance Libre Europe.
00:48Et Stelios Kouloglou, vous êtes député grec, membre de Syriza et vous êtes dans le groupe de la gauche unitaire
00:55européenne, ici au Parlement européen.
00:56Donc, on le rappelle, mais tout le monde le sait maintenant, depuis le 9 octobre, les troupes turques et leurs
01:01supplétifs,
01:02issus de différents groupes djihadistes présents en Syrie et en Turquie, ont envahi le nord de la Syrie,
01:07faisant de nombreux morts parmi les civils, parmi les militaires, bien entendu, parmi les combattants kurdes.
01:13On parle de l'exode aussi de plusieurs milliers de personnes.
01:17Un cessez-le-feu provisoire a été décrété.
01:20Avant peut-être de parler de cet accord auquel j'ai fait allusion, qui a été passé hier entre Erdogan
01:25et Poutine,
01:26pouvez-vous, Myriam Tekiner, s'il vous plaît, nous dresser un peu le bilan de cette intervention militaire jusqu'à
01:32maintenant,
01:32dans le nord de la Syrie ?
01:35Oui. Donc, l'invasion militaire turque commence par un tweet deux jours avant de Trump,
01:45qui décide de retirer ses troupes américaines de Syrie.
01:48Et donc, le mercredi 9 octobre, début des bombardements,
01:53lors des premiers bombardements, un civil, un enfant de 4 ans, est tué par les premiers bombardements.
01:58Donc, jusqu'à maintenant, les bombardements n'ont pas arrêté.
02:04On déplore plus de 218 civils tués, dont 18 enfants, 21 à l'heure d'aujourd'hui.
02:11Plus de 200 combattants des forces démocratiques syriennes sont tombés sous la barbarie des bombardements de l'État turc.
02:19Et 300 000 personnes ont dû être forcées à l'exil, à devoir quitter leur maison et leur terre pour
02:28fuir cette violence,
02:30de par les bombardements, mais aussi les milices djihadistes qui n'hésitent pas à torturer les civils dans les rues.
02:42Les fesses ont été avérées.
02:43On a été avérées, notamment le 12 octobre, avec une politicienne kurde, Evrin Khalef,
02:51qui était secrétaire du parti Avenir pour la Syrie,
02:54et qui a été donc arrêtée lors d'un convoi sur l'autoroute M4,
03:00et qui a été donc torturée, violée, lapidée et ensuite assassinée.
03:08Et voilà, c'est un viol génocidaire qui est un message à toutes les femmes kurdes qui oseraient se retrouver
03:17en politique.
03:18Et c'est un message de haine, de violence.
03:22Erdogan ne le cache plus.
03:24Il a cette volonté d'exterminer le peuple kurde, puisque ce sont des civils qui ont été visés.
03:30Et donc, l'alternative du peuple du Rojava, puisqu'il n'y a pas que des kurdes,
03:37il y a une population arabe, assyrienne, turcmane, arménienne,
03:40qui vivait depuis ces cinq dernières années, après un combat féroce contre l'État islamique,
03:47où ils ont perdu 11 000 combattantes et combattants face à l'obscurantisme de Daesh,
03:53qui vivaient avec un traumatisme d'une violence inouïe,
03:56et qui commençaient à retrouver la sérénité et ce sentiment de sécurité dans cette zone,
04:02et qui ont malheureusement dû faire face à une barbarie sans précédent,
04:08encore une fois, par l'État turc au Rojava,
04:11qui commence donc par une violation du droit international,
04:14puisque je tiens à le préciser,
04:16aucune force kurde n'a attaqué la Turquie,
04:20donc c'est sur une menace, soi-disant menace,
04:23que la Turquie commence au début de son invasion,
04:27donc voilà.
04:28Il y avait eu un précédent tout-mêmes, c'était l'occupation d'Afrine,
04:31qui était le précédent épisode, si vous pouvez dire.
04:35Et donc on a pu voir à Afrine toutes les exécutions sommaires,
04:38les exactions, la torture des civils qui se trouvaient à Afrine.
04:42François Alfoncy, alors, on disait,
04:44depuis, la nouveauté depuis hier, c'est ce fameux accord
04:47qui a été passé entre Poutine et Erdogan,
04:50baptisé de Sotchi.
04:52Qu'est-ce qu'il contient exactement, cet accord,
04:56et qu'est-ce que ça nous laisse augurer de ce que va être,
04:59on ne va pas évidemment tirer des plans sur la comète,
05:01mais de ce que peut être, ne serait-ce que dans les jours qui viennent,
05:04la situation sur place par rapport à celle qui vient d'être décrite ?
05:08C'est difficile d'analyser un accord que l'on ne connaît pas vraiment,
05:11et dont on peut penser qu'une partie restera secrète.
05:15Bon, c'est toujours compliqué de voir.
05:17Mais enfin, visiblement, aujourd'hui, Erdogan a l'air bloqué dans sa invasion.
05:22Il avait des accents guerriers très prononcés
05:25qui montraient qu'il bousculerait les États-Unis
05:28et qu'il imposerait la force armée et la supériorité militaire de la Turquie
05:33sur toute la zone.
05:35Il est contingenté à une zone beaucoup plus étroite,
05:39celle qu'il a déjà attaquée,
05:41qui était une zone moindre peuplément kurde.
05:44Donc voilà, je pense que pour lui, c'est quand même un coup d'arrêt important.
05:48Pour le peuple kurde, je pense que la situation est difficile,
05:53mais politiquement, il est, me semble-t-il, encore plus légitimé, plus fort,
05:58parce que ce qui compte quand on est dans ces conflits asymétriques,
06:02c'est comment l'opinion publique internationale réagit à la situation
06:06et l'opinion publique européenne en particulier qui nous concerne
06:09est scandalisée par le fait qu'il y a les exactions,
06:15il y a les tortures et il y a le fait de l'agression qui est intolérable,
06:19mais aussi par les conséquences que ça a pour la sécurité de l'Europe en général.
06:25Tout d'abord, il n'y a pas de sécurité pour aucune puissance dans le monde,
06:29ça ne l'a pas des alliés.
06:31Que diront nos futurs alliés sur un autre thème d'opération ailleurs dans le monde
06:35quand il saura ce que l'on abandonne, notre allié kurde,
06:38après un combat aussi difficile et aussi important pour l'Europe ?
06:43On sait les attentats qu'il y a eu et donc on sait à quel point l'Europe est impactée
06:46par ce qui s'est passé dans la zone de la Syrie.
06:50Donc que diront ces futurs alliés comme fiabilité de l'engagement européen
06:54si nous restons les bras croisés assistés à une volonté d'exterminer les Kurdes ?
06:59Donc ça c'est la première chose.
07:01Et ensuite, il y a que devient la Turquie ?
07:04Est-ce que c'est un pays qui glisse vers l'antidémocratie ? On y est.
07:10Vers une condition de la femme de plus en plus restreinte ? On y est.
07:14Mais si en plus, il y a une volonté expansionniste et l'organisation d'une dictature
07:19dont la puissance est telle, ce n'est pas l'Ouganda au milieu de l'Afrique,
07:24c'est la Turquie, 100 millions d'habitants aux portes de l'Europe.
07:27Donc c'est important si une dictature s'installe et commence à avoir des visées militaires
07:32et devoir imposer une puissance militaire à l'Europe avec des chantages,
07:36chantage aux réfugiés, chantage aux islamistes,
07:40avec des complaisances vis-à-vis du mouvement islamiste
07:44qui ont été avérés par le passé et qui manifestement continuent aujourd'hui
07:47puisque l'essentiel des forces terrestres qui sont lancées dans l'assaut
07:50sont issus des rangs des fanatiques islamistes.
07:54Donc voilà, c'est très inquiétant de laisser prospérer ce régime.
07:57C'est pour ça que moi j'interviens et je dis que nous avons une arme en Europe
08:01qui sont les sanctions économiques et il faut immédiatement les mettre en œuvre.
08:04On va en reparler un peu plus en détail.
08:06Je me tourne vers vous Stélios Koulouglou, vous êtes député grec, on l'a dit.
08:10Vous êtes frontalier de la Turquie et très proche du terrain des opérations.
08:14On faisait allusion effectivement à la question des migrants
08:19qui plombent aussi l'Union européenne dans cet accord qui a été passé avec Erdogan
08:23contre monnaie trébuchante pour qu'il conserve les migrants venant de Syrie, venant d'Afghanistan, etc.
08:30chez lui.
08:31On ne peut pas dire que ça soit passé de manière si simple que ça
08:35puisque la Grèce est en première ligne, si on peut dire, sur cette question.
08:39Quelle est en ce moment l'opinion que vous avez en Grèce sur ce qui se passe très près de
08:46chez vous
08:46et qui engage un pays comme la Turquie avec lequel, je répète, vous êtes frontalier ?
08:50Écoutez, on a peur. On a peur qu'il y aura une nouvelle vague de refusés
08:58parce qu'il y a tout le monde là.
09:00Ça, c'est le premier.
09:02Le second, c'est qu'on pense que la tragédie kurde symbolise à la fois le cynisme
09:11et le chaos actuel aux relations internationales.
09:17Le cynisme parce que le peuple kurde a été trahi encore une fois.
09:25même si le peuple kurde, les femmes et les hommes ont mené une bataille héroïque
09:35contre l'État islamiste et tout ça.
09:38Le second, c'est le chaos international.
09:41Le chaos international, c'est parce que nous avons à la fois
09:48un maître du planète, Trump, qui est complètement incontrôlable,
09:58il fait des choses imprévisibles.
10:03Ça veut dire qu'il change toujours ses positions.
10:09Je vous fais rappeler qu'au début de l'année, il a dit qu'il retirerait
10:15les troupes américains de la Syrie.
10:17Puis il a changé de l'opinion.
10:19Il a dit non, non, ils vont rester une partie des troupes américaines.
10:25Après, il a retiré tous.
10:28Il a donné le feu vert au Erdogan, puis il a menacé.
10:33Et en même temps, on a l'impéissage complète de l'Union européenne
10:40face à un dictateur, presque dictateur, comme c'est M. Erdogan.
10:46Et si M. Erdogan a maintenant quelques atouts,
10:51c'est parce que l'Union européenne a cédé à la question des réfugiés.
10:56Parce que si on aurait traité différemment le problème
11:01en disant qu'il faut localiser, répartir la responsabilité,
11:12Erdogan n'aurait pas eu à semaine cette utile descendance de tout le monde.
11:19Alors, nous avons une épéissage complète,
11:24nous avons de l'hypocrisie, nous avons tous là.
11:27C'est symbolique, c'est symbolique.
11:30Et en plus, il y a aussi le problème du danger
11:36pour le peuple européen,
11:38parce que les syndicatistes maintenant sont libres
11:45ou seront libres à rentrer en Europe.
11:49Faire quoi ?
11:50Ça veut dire continuer les attaques et tout ça.
11:54Alors, on en parlait, il y a eu débat au Parlement européen ce matin
11:58sur ce sujet, bien entendu.
12:00On a vu un Parlement européen très lourd,
12:04une ambiance très lourde,
12:06une ambiance générale un peu d'autoflagellation,
12:09tout le monde disant, oui, on trahit les Kurdes,
12:12oui, on ne peut pas faire grand-chose.
12:13Enfin, on a senti vraiment cette atmosphère
12:16qui, certains l'ont dit clairement,
12:18l'ont exprimé tout à fait clairement,
12:19en disant à quoi sert l'Union européenne
12:21et à quoi nous, on sert le Parlement européen
12:23face à une grosse crise comme celle-ci.
12:27J'allais dire, qu'est-ce que vous en pensez, vous,
12:31de cette vision, de cette attitude des institutions européennes ?
12:38Alors, je sais bien qu'on ne peut pas tout dire non plus,
12:41forcément, autour de ce plateau.
12:44Mais quel est votre jugement,
12:46la manière dont vous voyez les choses,
12:47j'allais dire, à plus forte raison aujourd'hui ?
12:50Alors, aujourd'hui, donc, depuis le début de l'invasion,
12:54bon, je vais quand même partir avant,
12:56puisque ça fait des années ici qu'on milite,
13:00qu'on tire la sonnette d'alarme au niveau européen
13:03pour qu'on tourne les yeux vers la Turquie
13:06et toutes ces violations des droits de l'homme
13:07qu'il y a au sein même de la Turquie
13:09et qui continuent encore,
13:10puisque encore aujourd'hui,
13:11beaucoup de politiciens du HDP sont emprisonnés tous les jours.
13:15Oui, et puis les journalistes,
13:16les universitaires, les juristes, etc.
13:20Donc, on a, nous, l'impression de se retrouver
13:22face à une porte fermée.
13:25vis-à-vis de l'Union européenne.
13:27On a beaucoup de discours très intéressants,
13:31très peu d'actes, très peu d'actes.
13:33Et moi, je reviens sur la question des réfugiés.
13:35On parle d'à peu près 4 millions de réfugiés,
13:39d'une menace sur 4 millions de réfugiés.
13:41Mais admettons que c'est cette zone tampon,
13:45que toute la population se retire.
13:47On parle de 5 millions de personnes.
13:48Ces 5 millions de personnes au Rojava
13:52sont considérées par le régime
13:55et par la population syrienne
13:56comme, je veux dire, entre guillemets,
13:59des traîtres,
13:59des personnes qui ont permis
14:01cette instabilité de la sécurité du pays.
14:04Donc, ces 5 millions de personnes
14:06vont se retrouver sur un territoire
14:08où ils vont être persécutés aussi.
14:10Et peut-être,
14:13parce que le discours de politiciens syriens
14:15le dit déjà en disant
14:17« Nous ne reconnaîtrons pas de zone Rojava
14:23puisque nous n'oublions pas
14:24ce qu'ils ont permis
14:26et leur alliance avec les troupes américaines. »
14:30Et donc, où elles vont aller,
14:32ces personnes-là aussi ?
14:34Quel va être le sort de ces 5 millions ?
14:37Donc, je pense qu'il faut essayer
14:40de voir plus largement
14:41et qu'il ne faut surtout pas céder
14:43au chantage de Taip Erdogan
14:44sur les réfugiés
14:46puisqu'encore une fois,
14:47l'Europe a un grand pouvoir
14:49d'influer la Turquie.
14:52Et je pense qu'il y a
14:53une responsabilité européenne
14:55où ils ont fait traîner
14:57cette histoire d'adhésion
14:59de la Turquie à l'Europe.
15:01Il en a été largement question
15:03ce matin dans le débat.
15:04Puisque l'idée, c'était
15:05de tirer la Turquie vers l'Europe
15:07pour qu'elle puisse trouver
15:09le chemin des valeurs européennes.
15:11Et en repoussant l'échéance,
15:13on a permis aujourd'hui
15:15ce rapprochement avec Poutine.
15:19Et aussi, je suis méfiante
15:21vis-à-vis des institutions européennes
15:24en tant que franco-kurde.
15:26Je vis en Europe
15:28et j'ai peur
15:29puisque pourquoi ces institutions
15:32ont-elles été créées ?
15:33Pour quel but ?
15:34Et aujourd'hui,
15:35le silence assourdissant de l'Europe
15:37n'est pas bon pour les Européens aussi.
15:41Pas que sur la menace
15:43de combattants de l'État islamique
15:45qui reviennent, mais sur les Européens même
15:48et leur foi en ces institutions.
15:51Donc il est urgent que l'Europe se réveille
15:54et agisse concrètement et urgentement.
15:57François Le Faussi, on va revenir
15:58sur les sanctions possibles économiques.
16:00Mais ce constat, vous le faites,
16:02vous aussi, l'Europe,
16:04dans une conjoncture comme celle-ci,
16:06devant une crise grave,
16:09finalement, est quand même un peu légère.
16:12Oui, l'évolution
16:16qu'avait représentée la nomination
16:17d'un haut représentant
16:18aux affaires extérieures de l'Europe,
16:21il y a deux mandatures maintenant,
16:23permet d'en tirer un peu le recul.
16:26Peut-être la représentante italienne
16:29a été un peu plus offensive
16:30que la Britannique qui l'avait précédée.
16:33Mais on reste au niveau 1
16:36quand la nécessité de l'Europe,
16:38c'est le niveau 10.
16:39Et on a avancé en 10 ans,
16:41on est passé de 0 à 1,
16:42mais il y a 9 échelons à franchir.
16:46Et je pense que ce conflit
16:47déclenché par la Turquie,
16:49donc la peine de responsabilité
16:50de M. Erdogan,
16:51est l'occasion peut-être
16:52d'accélérer les choses
16:53et de franchir les étapes
16:55et de voir que cette haute autorité
16:59européenne politique extérieure
17:00est une nécessité,
17:01qu'il faut la renforcer
17:02et qu'il faut la doter
17:03d'un pouvoir décisionnel
17:04qui soit un pouvoir décisionnel
17:06qui pèse sur les théâtres d'opération,
17:07comme M. Trump a pesé,
17:09par défaut.
17:10Et aujourd'hui, M. Poutine
17:11pèse d'une certaine façon.
17:13Alors, quelle est l'arme
17:16qui est ici entre les mains
17:18du Parlement européen ?
17:19Ce n'est pas les frappes aériennes.
17:20Le problème des frappes aériennes,
17:21c'est l'aviation française,
17:24l'aviation anglaise,
17:24les aviations qui sont présentes
17:25sur le terrain.
17:26Donc, c'est des décisions
17:27qui forcément appartiennent
17:28aux États membres.
17:29Ce n'est pas la participation à l'OTAN,
17:31c'est encore un autre terrain.
17:33Mais la question des sanctions économiques,
17:35des relations avec la Turquie,
17:37du dialogue, en panne, il est vrai,
17:40sur la possibilité d'adhésion, etc.
17:44Ça, c'est du domaine
17:45des institutions européennes,
17:47de la Commission
17:48et donc du Parlement européen
17:49pour contrôler,
17:50pour proposer,
17:50pour inciter.
17:51Et donc, je crois que le Parlement européen
17:53doit annoncer aujourd'hui
17:54sa volonté
17:55de voir la politique extérieure
17:57de l'Europe
17:57prendre de la consistance.
17:59Il y a une opportunité,
18:00une occasion
18:01que malheureusement
18:02les cures de paie
18:04au prix lourd,
18:05mais qui est là,
18:06présente aux portes de l'Europe.
18:08Et il faut montrer
18:09qu'à cette occasion,
18:10l'Europe répond présent.
18:11Et il faut que ça soit
18:14très, très fort
18:16pour vraiment impressionner
18:18un pouvoir turc
18:19qui visiblement
18:20ne répond qu'au rapport de force.
18:21Alors, justement,
18:22il y a une résolution
18:24qui sera votée
18:25par le Parlement européen
18:27sur cette question.
18:28Qu'est-ce qu'elle contient
18:29un de fort ?
18:30Est-ce que vous
18:31estimez que c'est suffisant ?
18:32Elle avance.
18:33Le principe des sanctions,
18:34bon, c'est un compromis.
18:35Moi, je l'aurais imaginé
18:36plus fort encore.
18:40Mais bon,
18:41malgré tout,
18:42on avance.
18:42Il y a une résolution.
18:43Il y a des positions
18:45très fermes
18:45et très unanimes.
18:49Il est des fois
18:49plus important
18:50d'avoir une résolution
18:52un peu moins offensive,
18:52mais plus large
18:53que le contraire.
18:55Une résolution très offensive
18:56et dont la majorité
18:57est une des correlatives.
18:59Donc, je pense que celle-là
19:00va être votée
19:01très, très largement
19:01tout à l'heure.
19:02Ou demain, je pense.
19:03C'est demain.
19:04Et voilà.
19:06Donc, on progresse.
19:08Mais moi, je plaide
19:09et avec l'ensemble
19:11des députés européens
19:12qui m'ont formé
19:13un friendship
19:13autour de la question kurde,
19:16nous plaidons
19:16pour que cette question-là
19:17soit considérée
19:18comme une vraie priorité
19:19et qu'elle donne
19:20du courage
19:21et de l'ambition
19:22à la politique extérieure
19:23de l'Union européenne.
19:24Est-ce que vous pensez
19:26que ça peut être
19:26un électrochoc
19:27réellement
19:27pour les institutions européennes,
19:29spécialement
19:30pour le Parlement européen ?
19:32Je ne le crois pas.
19:34J'aimerais bien le croire,
19:36mais je ne le crois pas.
19:38Je pense que...
19:40Ici, mon expérience,
19:42c'est mon deuxième mandat,
19:44c'est qu'on parle beaucoup,
19:47mais on fait en réalité
19:49peu de choses.
19:49Et alors, maintenant,
19:54en dépit de cette résolution,
19:57on parle pour les bargos
20:01des armes vers la Turquie.
20:04Tout le monde a dit ce matin
20:05que c'était très insuffisant.
20:06Mais qu'est-ce qu'on fait ici ?
20:10On donne des armes,
20:14on vend des armes à la Turquie
20:17et maintenant,
20:18ils tirent avec les armes
20:19qu'on vendit.
20:21Alors, c'est ça.
20:22On dit,
20:23on vit,
20:24on vous le donne la bague.
20:25Mais ça ne suffit pas.
20:26Qu'est-ce qu'on faisait
20:27tout ce temps-là ?
20:29Alors, c'est quoi là ?
20:31Nous sommes satisfaits
20:33qu'Erdogan
20:36fait la guerre
20:37et tire des gens innocents,
20:39des civils et tout ça,
20:40des enfants,
20:41avec des armes
20:42qu'on doit
20:44déjà vendir.
20:45non-conventionnés.
20:46Oui, alors,
20:47je ne suis pas satisfait du tout.
20:50Et ça vient...
20:51Écoutez,
20:51il y a ici
20:52une leadership européenne
20:56qui ne se trouve pas
20:57à l'auteur des circonstances.
20:59Il n'y a pas
21:01de gens encouragés.
21:03Il n'y a pas de gens encouragés
21:04dans tous les pays européens.
21:07S'il y avait de gens encouragés,
21:09la question des réfugiés
21:11aurait été résolée
21:13il y a longtemps.
21:15Maintenant,
21:16on a Erdogan,
21:17on dit,
21:17moi, j'ouvre les robinets,
21:20alors vous avez
21:20trois millions
21:22de réfugiés.
21:25C'est ça.
21:25Alors,
21:26j'ai quoi faire ?
21:28Moi,
21:28je me sens
21:30complètement
21:32incapacité
21:33à faire des choses.
21:35la résolution,
21:36je suis satisfait.
21:38J'ai voté
21:41en faveur,
21:42mais ça ne suffit pas ?
21:44Non.
21:45Tout le monde l'a dit,
21:46ce constat que vous faites
21:47quand même tous
21:47les uns et les autres ici.
21:49J'allais dire,
21:51Myriam Tekiner,
21:53que réclament
21:54les Kurdes
21:54à l'heure actuelle ?
21:55D'abord,
21:55est-ce qu'ils réclament
21:56une aide extérieure ?
21:57Ils ont dit
21:57que c'était bien
21:57que l'action
21:59de la Turquie
22:00soit condamnée.
22:01elle l'a été,
22:02dans les mots,
22:03verbalement,
22:04elle l'a été,
22:04mais ça n'a pas été
22:05effectivement beaucoup
22:06plus loin que ça,
22:07en dehors de ça.
22:08Aujourd'hui,
22:09qu'est-ce que
22:11les Kurdes,
22:12en règle générale,
22:13qu'est-ce qui,
22:13dans ce conflit,
22:14puisque vous êtes
22:15la voie finalement
22:15d'opposition à ce conflit,
22:17qu'est-ce que vous réclamez
22:18de très précis
22:19venant de l'extérieur,
22:20spécialement de l'Union européenne ?
22:22Alors,
22:23déjà avec cette résolution
22:24qui est déjà
22:25un pas,
22:26mais un grand pas
22:27quand même
22:28pour nous,
22:29militants
22:29de dénonciation
22:31des violations
22:32des droits de l'homme,
22:33ça peut être un levier
22:34pour les pays respectifs
22:36au sein de l'Europe
22:37qui puissent
22:38faire pression
22:39sur leur gouvernement,
22:40puisque membres
22:41de la coalition internationale,
22:43des membres
22:44permanents
22:45de l'ONU,
22:46qu'on puisse
22:47ensuite instaurer
22:49tout l'aspect militaire,
22:50c'est-à-dire
22:50le no-fly zone
22:51sur le Rojava.
22:53On demande
22:54maintenant
22:55avec cet accord
22:56qu'on ne connaît pas
22:57encore exactement,
22:58qui est très brut
22:59et où on attend
23:00le discours
23:02des forces démocratiques syriennes,
23:04peut-être
23:04l'intervention
23:05militaire
23:07de forces étrangères
23:08qui pourraient
23:09instaurer
23:09une stabilité
23:10au niveau
23:11de la frontière,
23:12qui pourraient
23:12garantir
23:13la paix
23:14dans cette zone
23:16et aussi
23:17la reconnaissance
23:18du statut
23:19des Kurdes
23:19au Rojava.
23:20Il nous faut
23:21un statut
23:22puisque
23:23par notre combat,
23:25par le combat
23:26héroïque
23:27des Kurdes
23:28au Rojava,
23:30il faut reconnaître
23:31ce statut-là
23:31pour après
23:32faciliter les échanges
23:34et l'instauration
23:35de paix
23:35au Moyen-Orient.
23:37Ça va continuer
23:38selon vous,
23:39François Alfoncy,
23:40ce phénomène,
23:42cette mobilisation
23:43malgré tout
23:44qu'on sent
23:44aujourd'hui
23:45et ce n'était pas
23:46forcément prévisible
23:47autour de cette invasion
23:49de la Turquie,
23:50cette espèce
23:51de mobilisation,
23:51l'intérêt international
23:52qu'il y a
23:53pour cette question.
23:54Est-ce que vous pensez
23:55que ça peut durer
23:56et que ça peut être
23:57une base à partir
23:58de quoi effectivement
23:59se déroule
23:59aussi bien au niveau
24:01parlementaire
24:01qu'en dehors
24:02des parlements ?
24:02On le voit,
24:03il y a beaucoup
24:03de manifestations
24:04aujourd'hui en Europe
24:04par exemple,
24:06que ça peut être
24:07une base à partir
24:07de quoi des choses
24:08changent un petit peu
24:09dans l'Union européenne ?
24:10Oui, moi je souhaite
24:12qu'elle change
24:12au Kurdistan
24:13et pour les Kurdes
24:14dans l'Union européenne
24:16et c'est des combats
24:18de long terme.
24:19Malheureusement,
24:19je ne pense pas
24:20que demain matin
24:21il va y avoir
24:22un changement
24:23de total de situation
24:24et c'est pour ça
24:25qu'il faut de la patience
24:27dans ces choses-là.
24:28Si je regarde
24:29sur le temps
24:29un peu long,
24:30je me dis
24:31qu'il y a 15 ans,
24:33Erdogan était quand même
24:33plus fort qu'il l'est
24:34aujourd'hui,
24:35y compris vis-à-vis
24:36de sa propre opinion
24:37publique en Turquie
24:38et le mouvement kurde
24:40a une reconnaissance
24:40internationale
24:41qui ne l'avait pas
24:42et qui l'a gagnée
24:44notamment sur le terrain
24:46de la lutte contre Daech.
24:47Voilà, bon,
24:47donc on est dans ce domaine
24:49et je pense qu'aujourd'hui
24:50l'étape où nous sommes
24:51c'est de donner à l'Europe
24:54la responsabilité,
24:55la conscience
24:56qu'elle a une responsabilité
24:57plus forte
24:57que le reste
24:58des puissances mondiales
24:59parce qu'elle a sa proximité,
25:00parce qu'elle a
25:01des populations kurdes,
25:03turcs, etc.
25:04sur le sol européen,
25:05parce qu'elle est
25:06directement prise
25:07avec le Proche-Orient
25:09et l'ensemble
25:10du monde musulman
25:11en général.
25:12Voilà, donc moi
25:13je pense que c'est
25:13très important
25:14aujourd'hui
25:15cette prise de conscience
25:16que la question kurde
25:18est une question
25:18qui impacte
25:19l'avenir de l'Europe
25:20de façon très forte.
25:22Il faut continuer,
25:23on a instauré
25:24un friendship permanent
25:26au niveau du Parlement européen,
25:27c'est parce qu'on a conscience
25:28que ça ne va pas
25:29s'arrêter demain matin
25:30et que même
25:31quand les feux de l'actualité
25:32ne sont pas braqués
25:33sur cette question-là,
25:34il faut quand même
25:35travailler
25:35et faire avancer
25:36les idées.
25:37Et puis continuer
25:37également à dire
25:38ce qui se passe
25:38à l'intérieur de la Turquie,
25:40vous y faisiez allusion,
25:41évidemment sans doute
25:42qu'une grande partie
25:42de la solution du problème
25:43vient de l'intérieur
25:44de la Turquie même
25:45ou à l'heure actuelle
25:46il est très difficile
25:48d'après ce que nous disent
25:49les correspondants,
25:51les gens qui sont sur place
25:52et avec qui on en parle,
25:53il est très difficile
25:53de savoir tout simplement
25:54ce qui se passe,
25:55c'est-à-dire que les médias
25:55sont totalement verrouillés,
25:58donc la question fondamentale
26:00est aussi celle-ci,
26:01continuer à dire aujourd'hui
26:03ce qui se passe en Turquie,
26:03je vous laisse le dernier mot,
26:05Stelios Coloubou.
26:06Écoutez, le dernier mot
26:07c'est en ce qui concerne
26:09l'accord d'hier
26:11entre la Turquie
26:13et la Russie.
26:15Ici, il y a, à mon avis,
26:16dans le Parlement européen,
26:18il y a une manie
26:19contre la Russie.
26:23on voit toujours
26:24des complots
26:26et tout ça
26:28influencer les élections
26:30européennes
26:31et tout ça.
26:32Mais quand on va
26:34à la réalité,
26:36avec l'absence
26:37de l'Union européenne,
26:39on donne la possibilité
26:40à Poutine
26:41de jouer
26:43son projet.
26:45C'est ça le problème.
26:46Alors, si nous voulons
26:48avoir une relation
26:49plus normale
26:51avec Poutine,
26:52il faut prendre
26:54nos propres responsabilités.
26:56Voilà, je vous remercie
26:57à vous trois.
26:58Merci beaucoup.
26:58On aura bien entendu
27:00l'occasion de revenir
27:01sur cette question,
27:02sur ce sujet
27:03qu'on suit très précisément.
27:04Merci à vous.
27:05Merci beaucoup.
27:06Et merci à vous
27:07qui nous avez suivis.
27:08A bientôt.
27:08Au revoir.