- il y a 12 heures
Au lendemain du Super Tuesday, vers un duel Sanders-Biden. En direct d'Oakland en Californie avec notre envoyé spécial Christophe Deroubaix.
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00:02Bonjour à tous, il est 10 heures du matin, nous sommes à Auckland, 8e ville de Californie.
00:08Nous sommes ensemble pour une demi-heure à peu près, pour évoquer ce qui s'est
00:12déroulé hier durant le Super Tuesday. La dernière fois qu'on a fait un live Facebook c'était
00:18depuis le quartier général de Bernie Sanders à Auckland, donc la même ville. Je vous avais
00:25fait une fausse promesse en disant rendez-vous même lieu, même heure, dans deux jours.
00:31En fait c'est la même heure, on est bien dans deux jours mais c'est pas le même lieu
00:33parce
00:34que la permanence de Bernie Sanders est fermée aujourd'hui après la victoire hier de Sanders
00:38en Californie. Voilà, donc nous sommes ici sur le front de mer, ça s'appelle le Waterfront
00:45en fait, c'est les anciens quai, les anciens dock qui ont été rénovés et derrière moi
00:52il y a la statue de Jack London qui est l'enfant du pays, donc qui est un écrivain évidemment
00:58que vous connaissez tous, dont vous avez tous lu au moins un livre et dont vous pouvez voir
01:01quelques films actuellement à la télévision, non au cinéma pardon, sur le grand écran,
01:07Martin Eden et l'Appel de la forêt, voilà. Et Jack London donc est passé par Auckland,
01:13il n'est pas né ici, mais il est passé par Auckland, il a vécu de belles années, il a
01:16été membre du parti socialiste local ici à Auckland, il a même été arrêté l'ordre
01:22de manifestation, voilà. Et donc on va un peu, c'est sous un peu son regard qu'on va évoquer
01:28ce qui s'est déroulé hier pendant le Super Tuesday, regard d'un socialiste sur un autre
01:34socialiste donc Bernie Sanders qui avait fondé de grandes espérances hier sur le Super Tuesday.
01:41on va voir un peu donc ce qui s'est déroulé, on va se poser ici, on va rester un
01:46peu comme ça
01:48avec Jack London derrière nous. Voilà, donc le Super Tuesday, je rappelle, c'était
01:5614 Etats qui ont routé des dizaines de millions d'électeurs qui étaient appelés aux urnes.
02:01Le résultat est le suivant, comment dire les choses, le plus simplement du monde.
02:05La contre-attaque des élites centristes a marqué des points, c'est une évidence. Joe Biden
02:13peut être considéré comme le vainqueur de ce Super Tuesday. La stratégie de Bernie Sanders
02:19qui avait beaucoup misé sur ce premier Super Mardi des primaires a été mise en échec,
02:25mais il n'est pas échec et mat. Il a encore une possibilité de devenir le nominé, mais ça
02:30va être un peu compliqué pour lui. Alors on va peut-être commencer par cette contre-attaque
02:36de l'establishment que personne n'a vu vraiment venir, et pas même les conseillers de Bernie Sanders.
02:43L'un d'eux dit dans un papier que je publie demain matin dans l'Humanité, donc je vous rappelle
02:47que vous pouvez lire l'Humanité et même vous abonner à l'Humanité en numérique pour un mois.
02:52À ce moment, je crois qu'il y a une offre à 1€ pour un mois. Vous pouvez aussi l
02:57'acheter en kiosque d'ailleurs.
02:59Et donc ce conseiller dit qu'à aucun moment on n'a pu penser que les trois allaient se retirer.
03:05Les trois c'est Pete Buttigieg, c'est Amy Cléobouchard et c'est Tom Steyer, le milliardaire,
03:13qui avait fondé beaucoup d'espoir sur la Caroline du Sud. Ils se sont retirés. Ils ont fait un meeting
03:19commun lundi soir à Dallas.
03:23Le Texas, donc évidemment il visait le Texas, c'était bien vu.
03:27Avec en plus le soutien d'un ancien candidat à la présidentielle, Beto O'Rourke,
03:33qui avait également été candidat à la sénatoriale contre Ted Cruz, le républicain évangélique, il y a quelques années,
03:40et qui avait mobilisé une partie de la jeunesse. On considérait un peu que c'était une sorte de rockstar
03:44progressiste.
03:46Beto O'Rourke et il a apporté son soutien à Joe Biden lors d'un meeting, donc lundi à Dallas.
03:54Et donc ça a bien fonctionné. En fait dans les yeux ça a très bien fonctionné.
03:56Et là où les sondages, les enquêtes d'opinion disaient qu'une partie des électeurs de Klobouchard et de Buttigieg
04:05pouvaient se reporter un peu sur Sanders, voire sur Elizabeth Warren, en fait ils sont tous allés majoritairement, très majoritairement
04:12sur Joe Biden.
04:13Donc Joe Biden a remporté tous les États du Sud. C'était prévu depuis la Caroline du Sud.
04:18On sait qu'il est très très fort parmi l'électorat africain-américain. Donc il a remporté la Virginie, la
04:25Caroline du Nord, l'Arkansas, l'Oklahoma, l'Alabama, sans surprise évidemment.
04:31Beaucoup plus surprenant, il a remporté le Minnesota, donc qui est l'État d'Hémy Klobouchard.
04:37Et là clairement le retrait d'Hémy Klobouchard lui a permis d'être devant et a empêché la victoire de
04:41Sanders qui était donnée vainqueur.
04:42Il a également remporté le Massachusetts, l'État d'Elisabeth Warren, qui n'arrive que troisième.
04:49Donc le vote des progressistes est divisé en deux, permettant à Joe Biden d'arriver devant.
04:54Et il a remporté le Texas. À mon avis sa grande victoire c'est le Texas. Bernie Sanders voulait et
05:03devait sûrement impérativement remporter le Texas pour arriver en tête des délégués.
05:07Parce que je rappelle que ce qui compte, évidemment c'est la victoire dans chaque État, mais c'est la
05:11répartition du nombre de délégués.
05:13Et que pour avoir des délégués, un candidat doit dépasser la barre des 15%.
05:18Donc par exemple Elisabeth Warren a très peu dépassé la barre des 15%.
05:23Et Michael Bloomberg non plus d'ailleurs.
05:26Ce qui l'a amené à son retrait ce matin, mais on va en reparler.
05:30Ou on peut déjà en reparler tout de suite d'ailleurs.
05:31La coalition des candidats centristes se poursuit.
05:35Donc ce matin, Michael Bloomberg a annoncé qu'il se retirait, il appelait à voter pour Joe Biden.
05:40Donc l'unité du camp centriste derrière ce candidat est maintenant effectuelle et parfaite.
05:45Et d'une certaine façon, si on compare un peu avec la primaire de 2016, il y a beaucoup d
05:48'articles qui s'écrivent aux États-Unis sur cette primaire.
05:51Et la correspondance des analogies entre 2016 et 2020, républicain 2016, démocrate 2020.
05:58L'establishment démocrate, c'est beaucoup plus rapidement adapté à la situation que l'establishment républicain,
06:06qui a trop tardé à faire face à Trump.
06:09Alors on dit que, enfin on dit, c'est la presse qui dit, moi je crois, ou souvent la presse,
06:13pas toujours.
06:14En tout cas, Nancy Pelosi et Barack Obama ont joué un rôle en coulisses.
06:19Ils n'ont appelé à voter pour personne, officiellement.
06:22Mais Nancy Pelosi aurait appelé Emiclo Bouchard et Barack Obama aurait appelé Pete Buttigieg pour qu'il se retire.
06:29Donc ce qui a été fait.
06:30Donc la dynamique créée est absolument indéniable.
06:34On verra en nombre de délégués.
06:36C'est encore tôt pour dire en nombre de délégués où on en est.
06:38Bernie Sanders voulait être devant assez largement pour prendre la pole position.
06:45On verra, parce que la Californie...
06:47Alors voilà, Bernie Sanders, sa stratégie a été mise en échec, mais pas totalement.
06:53C'est-à-dire qu'il a quand même remporté la Californie assez largement.
06:56Sûrement avec une dizaine de points d'avance.
07:00Alors la Californie, c'est très long, ça a été très chaotique hier.
07:02Il y a eu des files d'attente pendant jusque 2 à 3 heures du matin.
07:07Alors les bureaux fermaient à 20 heures et les derniers à voter ont voté à 2 heures ou 3 heures
07:13du matin.
07:14Notamment sur les campus universitaires.
07:17Et ça va être très très long à dépouiller.
07:18Donc on sait que Bernie Sanders a gagné la primaire.
07:22On sait qu'il a gagné une dizaine de points devant Bloomberg et Biden à peu près.
07:25On ne sait pas, on ne connaît pas encore la répartition des délégués.
07:28C'est ça qui compte, parce qu'il y a 415 délégués pour la Californie.
07:33Et selon que Sanders en gagne 30 ou 40 de plus ou de moins, ça peut le mettre où à
07:37égalité à Biden ou même un peu devant.
07:39Donc il faut encore attendre ce décompte.
07:42Et tout compte fait, mais ça sera encore peut-être comme dans quelques semaines.
07:48Souvenez-vous qu'en novembre 2016, alors je vais me tourner un peu pour changer de perspective.
07:55Voilà, et en même temps pour reposer un peu mon bras qui porte cette caméra.
08:02En 2016, il avait fallu attendre plusieurs semaines avant de voir que Donald Trump avait été battu en nombre de
08:12voix au vote populaire.
08:13Et le matin, ce qui dominait le matin 6 novembre, c'était une majorité d'Américains a voté pour lui.
08:20En fait, non. Donc on va voir précisément, ça va prendre quelques semaines.
08:24En tout cas, quoi qu'il arrive, même si en termes de délégués, Bernie Sanders se débrouille pas trop mal.
08:30Clairement, la dynamique, le momentum, on appelle ça ici, est en faveur de Joe Biden.
08:39D'autant si Elizabeth Warren reste dans la course.
08:42Ça, on va le voir en toute fin, le dernier point.
08:47Alors qu'est-ce qui s'est joué au sein de l'électorat démocrate ?
08:50En fait, il y a deux blocs. Il y a un bloc qui veut élire, dans les sondages sortis des
08:58urnes, on le voit régulièrement,
08:59qui veut élire celui qui est le mieux à même de battre Donald Trump. C'est ce qu'ils disent.
09:04Et un autre qui veut voter pour un programme et des solutions précises.
09:10Et en général, Progressive est très à gauche. Donc c'est un peu le vote de conviction, vote utile.
09:16Sans surprise, ceux qui veulent, pas sans surprise, mais en voir, peut-être ça peut être surprenant.
09:21Ceux qui disent vouloir battre Donald Trump comme première priorité ont plutôt voté Biden et ceux qui sont plutôt sur
09:27un vote de conviction ont voté Bernie Sanders.
09:31Et pour 60% des électeurs américains, la question de légitimité, c'est le point principal.
09:39Donc on comprend que Biden soit devant. Ceux qui disent que j'arrive mal à comprendre, c'est que les
09:47dits de sondage depuis un mois, un mois et demi,
09:49donnent Bernie Sanders vainqueur face à Trump. On va voir aussi les problèmes, les limites des uns et des autres
09:58face à Trump pour se projeter un peu à la fois au plan national,
10:02ce qui ne veut pas forcément dire en demeurant, mais aussi état par état et les états de bascule.
10:08Donc en Michigan, en Pennsylvania, dans Wisconsin, Bernie Sanders est donné devant Trump.
10:16Donc la question du fait que Sanders puisse battre Trump, elle est moins prégnante maintenant qu'il y a quelques
10:26mois.
10:26Mais quand même, l'électorat continue avec beaucoup de doutes. L'électorat sur Biden, on va revenir aussi, continue à
10:32penser que Biden est le mieux placé.
10:35D'une certaine façon, je pense qu'il le pense moins par ce que les sondages disent, parce que les
10:40sondages donnent la même chose pour l'un et pour l'autre,
10:43que d'abord, mue par une espèce de grande peur, premier point, et deuxièmement par une sorte d'effet de
10:52direction donné par les élites.
10:54Et c'est vrai que quand vous avez les grands élus, les présidents de la chambre,
10:59elle n'a pas pris position officiellement, mais bon, on a compris un certain nombre de choses.
11:02En tout cas, les grands élus état par état, les grandes voix à la télévision, les stratèges, les commentateurs.
11:09Au passage, l'un des commentateurs historiques de NBC, qui est considéré comme la chaîne plutôt libérale, donc plutôt à
11:15gauche,
11:15Chris Mathews, a été viré. Il est parti, mais il a été viré.
11:21Notamment parce qu'il avait comparé la victoire de Sanders dans le Nevada à la capitulation de la France en
11:28mai 40 face à l'Allemagne nazie.
11:29Ce qui était une finesse analytique hors du commun.
11:34Surtout concernant Bernie Sanders dont une partie de la famille a disparu dans les camps d'extermination.
11:40Donc il y a un côté prescriptif, c'est le mot que je cherchais, des élites qui disent, vous voyez
11:46c'est Biden, Sanders est trop dangereux.
11:49Alors en plus, Sanders a commis un impair stratégique sur Cuba.
11:55C'est-à-dire que Sanders a fait du Sanders.
11:57On lui a posé une question, il a répondu, il a dit ce qu'il pensait.
11:59C'est toujours ça, c'est sa qualité.
12:01C'est pour ça qu'il est apprécié.
12:02Mais en même temps, sur Cuba, il aurait peut-être dû éluder parce que, évidemment, ça lui traîne depuis dix
12:10jours, ça lui traîne comme le sparadrap du capitaine Haddock.
12:14Objectivement, c'est compliqué pour lui d'aller gagner la Floride après de telles déclarations.
12:21Donc il aurait pu éluder et dire qu'il y avait d'autres priorités sûrement que de parler de Cuba.
12:25Donc il s'est un peu laissé coincer sur ce truc.
12:28Et ça a un peu renforcé l'idée dans l'électorat général que tu es trop à gauche, trop post
12:33-socialiste, que les républicains allaient utiliser ça pour gagner.
12:38Donc ça servirait finalement Trump.
12:43Donc je disais sur les sondages, c'est vrai que des questions se posent au-delà des sondages.
12:52Face à Trump, maintenant on va se projeter, on va sauter en novembre puis après on va revenir à la
12:58semaine prochaine.
13:00Face à Trump, Sanders a une force et des faiblesses, évidemment.
13:06Sa force, c'est qu'il est capable de mobiliser une fraction de l'électorat qui ne se déplacerait pas
13:13forcément sans lui, c'est-à-dire l'électorat le plus jeune, l'électorat latino.
13:16La Californie et même le Texas ont sanctionné le fait que maintenant Bernie Sanders était le candidat le plus représentatif
13:24de la jeunesse, ça on le savait, et des latinos.
13:27En Californie, chez les latinos de moins de 30 ans, Bernie Sanders fait 84%.
13:33C'est massif, absolument massif.
13:35Et c'est vrai un peu partout, c'est un peu moins au Texas, mais ça reste vrai, alors qu
13:39'en 2016, c'est plutôt Hillary Clinton qui dominait le vote latino.
13:43On va retourner un peu, hop, pour changer d'angle, pas mal de changer d'angle.
13:48Et on va se retrouver avec Jack London derrière nous.
13:51Donc il est capable de mobiliser cet électorat.
13:56En même temps, il a un vrai problème avec les démocrates modérés, c'est une évidence.
14:03C'est-à-dire dans quelle mesure les démocrates modérés,
14:07ils ne vont pas forcément aller voter Trump, mais peut-être vont s'abstenir ou vont hésiter.
14:12Et là, alors c'est toujours plus facile de l'extérieur.
14:15Peut-être qu'il gagnerait à être un peu plus pédagogique et à être un peu moins dans un aspect
14:21répétitif des arguments.
14:24Quand on lui a posé la question il y a quelque temps sur cet électorat modéré des banlieues,
14:29il a répondu, c'est au Los Angeles Times, il a répondu qu'il avait autre chose à faire qu
14:34'à parler aux femmes républicaines.
14:36Sauf que peut-être il peut aussi parler aux femmes républicaines, d'abord qu'ils ne sont pas que les
14:42femmes républicaines,
14:43mais aussi des femmes qui votent démocrate qui sont modérées ou parfois qui votent démocrate républicaine.
14:46Peut-être parce qu'elles sont favorables à certaines de ses propositions.
14:52Parce que si Bernie Sanders hier n'a pas gagné dans les urnes, c'est Biden qui a gagné.
14:56Il faut dire les choses telles qu'elles sont.
14:58Il a gagné en revanche la bataille des idées.
15:00Dans tous les sondages sortis des urnes hier, on constate qu'une majorité de démocrates,
15:05alors ça apporte une contradiction après qu'on verra avec Joe Biden,
15:08une majorité de démocrates est désormais favorable au remplacement des assurances privées par un programme public.
15:15Le programme public c'est le Medicare for All que propose Bernie Sanders,
15:19c'est-à-dire l'extension du système de protection sociale pour les plus de 65 ans
15:24qui a été créé dans les années 60 par Lyndon Johnson à l'ensemble de la population.
15:28C'est un système public à l'européenne, à la française,
15:34alors avec des modulations sûrement pour le pays,
15:37mais enfin en tout cas qui est assis sur les cotisations sociales et patronales.
15:44Donc une majorité d'électeurs démocrates sont favorables.
15:49D'ailleurs une grande partie des électeurs républicains aussi sont favorables.
15:52Je crois que c'est 50% des électeurs républicains sont favorables.
15:56Le SMIC à 15 dollars, la gratuité des études universitaires dans le public,
16:04tout ça ce sont des idées qui sont devenues majoritaires dans le pays
16:07et Bernie Sanders peut aussi s'adresser, il y a des modérés qui peuvent être favorables à ça,
16:13enfin des modérés, ceux qui se classent comme modérés,
16:15ils peuvent se classer modérés en disant oui je veux un système de santé.
16:17Donc plutôt que de s'adresser au modéré supposé,
16:20il peut s'adresser à celui qui est favorable au système de santé peut-être.
16:23Alors je dis ça, moi je ne suis pas stratège de Bernie Sanders,
16:25je vois ça de l'extérieur et c'est toujours beaucoup plus simple depuis les tribunes
16:28que quand on est sur le terrain, on voit mieux les choses
16:31et peut-être qu'on les voit mal aussi au demeurant.
16:33En tout cas c'est une réflexion.
16:35Et ce qui nous amène à Joe Biden,
16:37donc là on va tourner d'angle aussi parce que, pour changer,
16:43Joe Biden, donc lui sa force c'est que,
16:47enfin sa force,
16:49lui c'est que dans les sondages il est donné vainqueur face à Trump,
16:54nationalement comme dans les états bascules, les swing states,
16:58il se, dans les sondages il se comporte mieux,
17:01et même dans le vote réel d'ailleurs pendant les primaires,
17:03avec les électeurs blancs sans diplôme,
17:06qui sont souvent des électeurs âgés,
17:08beaucoup plus âgés,
17:10que Hillary Clinton,
17:11donc il a plus d'écoutes de ce côté-là,
17:13ce qui peut lui donner crédit à l'idée qu'il va regagner ses électeurs,
17:17ou en tout cas les mobiliser pour battre Trump.
17:19Je rappelle que Trump a été élu président parce que,
17:21dans trois états,
17:23qui comptent 25 millions d'habitants,
17:24et qui ont compté 14 millions d'électeurs,
17:28il a gagné avec 80 000 voix d'avance,
17:3080 000, donc c'est ça ce qui se joue,
17:33ces 80 000 voix.
17:35Donc Biden a cet atout-là,
17:38moi je vois trois types de problèmes,
17:43le premier,
17:44j'essaye de voir s'il n'y en a pas plus ou s'il n'y en a pas
17:47moins,
17:48le premier type de problème de Biden,
17:51c'est comment va-t-il faire en sorte de convaincre les électeurs de Bernie Sanders de voter pour lui,
17:57alors qu'il a fait toute la campagne en disant que c'était un programme qui était totalement irréaliste,
18:06qu'on n'y arriverait jamais, et que l'Amérique rejetait ce genre de choses.
18:12Il y a un argument d'ailleurs, alors Barack Obama n'est pas sorti dans la campagne,
18:15il n'a soutenu personne, alors il a agi en coulisses d'après ce que dit la presse,
18:19mais il n'a soutenu personne, mais dès novembre il avait eu un,
18:24il a fait une réflexion lors d'une soirée qui avait fuité,
18:26en disant que les Américains n'avaient pas l'esprit révolutionnaire.
18:30Alors moi j'ai trouvé ça marrant personnellement,
18:32au nom du président,
18:3444ème président d'un pays justement qui est né d'une révolution, d'une guerre d'indépendance.
18:38Peut-être qu'il voulait dire qu'ils n'ont plus l'esprit révolutionnaire,
18:41en tout cas ils l'ont eu, au moins ils ne seraient pas là, les Etats-Unis.
18:45Donc le premier point c'est comment convaincre les électeurs de Sanders.
18:49On a bien vu qu'en 2016, une partie des électeurs de Sanders aux primaires,
18:53soit étaient allés voter pour Trump, les études de sciences politiques évaluent ça entre 8 et 12%,
18:59soit avaient voté pour des candidats de 3ème partie, notamment l'écologiste Jill Stein.
19:04Alors c'est vrai que sur Sanders on parle souvent des démocrates modérés,
19:11et de la possibilité que Bernie Sanders perde ses démocrates modérés,
19:15mais on ne parle jamais de la possibilité que Bernie Sanders récupère les électeurs
19:19qui avaient voté écologiste la dernière fois.
19:21Or, dans les 3 Etats, les 3 Etats basculent,
19:24le nombre de voix de la candidate écologiste a dépassé l'écart avec lequel Trump avait gagné.
19:30Donc on peut estimer qu'on peut.
19:33Donc le premier problème de Biden c'est lui-là.
19:34Ce qui amène au second, c'est-à-dire que, c'est ce que je disais tout à l'heure,
19:38il y a une majorité d'électeurs démocrates qui sont favorables aux propositions de Bernie Sanders.
19:41Mais en fait ils doutent que Bernie Sanders soit accepté par l'Amérique.
19:45C'est ça en fait le truc.
19:46Et c'est une sorte de grande peur qui anime tout le monde.
19:53Surtout pas un deuxième mandat de Trump.
19:54Je le mentionnais dans le Facebook live de lundi.
19:59J'ai rencontré un historien américain ici à Auckland qui s'appelle Tyler Stovall,
20:05qui travaille sur les banlieues françaises, qui est d'ailleurs en France actuellement pour un symposium, je crois.
20:10Et qui me disait, c'est la grande peur qui domine les électeurs africains américains.
20:13Surtout pas un deuxième mandat de Trump.
20:16Et donc on va voter pour celui qui nous apparaît comme le plus.
20:21Et qu'est-ce qui nous apparaît comme le plus ?
20:23C'est aussi celui que nos grands élus, nos pasteurs, qui sont souvent les deux d'ailleurs,
20:28de temps en temps même souvent les deux, nous disent que c'est le mieux placé.
20:31En fait, ce qui a vraiment constitué le tournant de la campagne,
20:38c'est l'appel à voter Biden par James Caiborne, qui est un élu député démocrate de Caroline du Sud.
20:49Et on attendait sa position, mais on se doutait un peu quand même.
20:52Et il est très puissant.
20:54Evidemment, c'est pas seulement un élu.
20:56Après, il y a les réseaux, encore une fois, c'est prescriptif.
20:58Et puis ça met en branle une machine.
21:00Et donc, quand il a appelé à voter pour Biden, ça a donné le raz-de-marée pour Biden,
21:04comme on l'a vu en Caroline du Sud, qui a créé son momentum,
21:07sa dynamique ensuite.
21:09Donc, ça a vraiment été ça, le moment clé qui a propulsé Biden,
21:13qui jusque samedi dernier, n'avait, c'est sa troisième fois qu'il concourait à une première démocrate.
21:19Biden n'avait jamais gagné une seule primaire.
21:21Il a gagné la première en Caroline du Sud.
21:22Et après, le reste, c'est enchaîné.
21:25Donc, Biden va devoir mener une campagne sur des, je disais, une plateforme.
21:32Enfin, sur quelle plateforme, on ne sait pas d'ailleurs, parce que pour l'instant,
21:35son seul programme, c'est de ramener la décence à Washington.
21:38Mon avis, c'est un peu maigre pour gagner. On verra. C'est possible.
21:42Mais enfin, par certains aspects, ce qui est en train de se dérouler me rajeunit un peu.
21:47J'ai l'impression de me retrouver il y a quatre ans avec ce débat.
21:50Non, mais Sanders, l'Amérique n'est pas prête pour Sanders.
21:53Ses idées, OK, pourquoi pas. D'ailleurs, après la fin de la primaire,
21:57la plateforme officielle du Parti démocrate a quasiment repris tout le programme de Sanders.
22:01Donc, c'est sûrement ce qu'ils feront aussi.
22:03La question, c'est de savoir si ce sera le programme de Sanders avec Sanders ou le programme de Sanders,
22:06juste par écrit, puis Biden fera campagne sur autre chose.
22:09Mais s'il fait campagne sur autre chose, il fait campagne sur quoi ?
22:12C'est ça, le problème. On sait sur quoi Trump va faire campagne.
22:15Il va faire campagne sur les bons chiffres de l'économie, mais surtout, il va faire campagne sur le mur.
22:19Le mot d'ordre de ralliement, ça va être, on entend derrière, vous voyez, passer le train,
22:23qui est l'AMTRAC, qui est moins rapide que notre TGV.
22:27Mais bon, c'est une partie des images un peu comme ça, iconiques de l'Amérique,
22:31avec les taxis et la fumée des bouches d'égout à New York, l'AMTRAC, le train, les grands espaces.
22:37Donc, la majorité, je disais, je reprends, des démocrates sont favorables au programme de Sanders.
22:44Comment Joe Biden va mener campagne en étant opposé à ce programme ?
22:49Il y a une sorte de décalage ou de contradiction entre les deux qu'il va devoir gérer et on
22:59verra.
23:00Peut-être qu'il va falloir qu'il fasse aussi, si c'est lui le nominé.
23:04Pour l'instant, c'est plutôt l'hypothèse la plus probable.
23:07Il va falloir qu'il fasse autre chose que de dire qu'il va ramener la décence à Washington,
23:11ou de dire, comme il avait dit il y a quelques mois, que s'il avait été au lycée avec
23:16Trump,
23:16il l'aurait amené derrière la salle de sport pour lui régler son compte.
23:18À mon avis, c'est un peu maigre.
23:21Le troisième problème, me semble-t-il, d'une certaine façon, Biden a échappé et passé un peu entre les
23:26gouttes
23:29parce que depuis six mois, plein de candidats connaissent des dynamiques.
23:36Donc, ça a été Elisabeth Warren après la rentrée scolaire, enfin la nôtre, en septembre.
23:43Et donc, tout le monde a regardé un peu Elisabeth Warren.
23:45Et on a scruté, il y a eu des articles sur elle, elle a été un peu attaquée par ses
23:49adversaires.
23:50Elisabeth Warren est retombée.
23:52Après, c'était Pete Buttigieg.
23:54Et puis après, c'était Bloomberg qui est rentrée.
23:56Et puis après, c'était Sanders.
23:57Et finalement, Joe Biden arrive un peu comme, à la fois comme le grand favori annoncé depuis le début,
24:02et à la fois comme celui qui simplement justifie son rôle de favori depuis quelques jours.
24:07Donc, il n'a pas été encore totalement scruté.
24:10Et donc, un peu, par Kamala Harris sur la question de la déségrégation scolaire par ce qu'il s'appelle
24:17le bussing.
24:21Mais ça, ça va revenir.
24:23Et Joe Biden, alors la dernière de Joe Biden, c'est qu'il a dit à trois reprises dans les
24:27débats du Parti démocrate
24:28qu'il avait été arrêté en Afrique du Sud en tentant d'aller voir Mandela.
24:33Et alors, la presse américaine a traité ça avec une mensuétude qui me stupéfait.
24:38Je disais tout à l'heure que je croyais souvent la presse.
24:39Mais enfin, je la regarde aussi avec un oeil critique.
24:42Et d'autres en France aussi, j'ai vu sur Twitter.
24:44Et c'est passé un peu comme ça.
24:46Les commentaires sur Cuba de Bernie Sanders ne sont pas passés inaperçus.
24:51Et puis un jour, Biden a dit qu'il avait menti.
24:54Bon, d'accord.
24:56Et tout va ressortir du passé de Biden.
24:58Pas seulement ça.
24:59Mais c'est-à-dire que Biden a été élu très jeune au Sénat en 1972.
25:03Et il a épousé à peu près toutes les dérives du Parti démocrate.
25:09En tout cas, toutes les politiques majoritaires du Parti démocrate au moment où il était au pouvoir.
25:14C'est-à-dire que Biden a fait en sorte de saper les politiques de déségrégation dans les années 70.
25:26Donc c'était une opération qui s'appelle le busing.
25:28C'est-à-dire que le gouvernement et les États mettaient à disposition des familles des bus
25:34qui traversaient les quartiers blancs et noirs, transportant les élèves vers le même établissement.
25:43Levé de bouclier de familles blanches.
25:45Pas des familles de blanches. Deux familles blanches.
25:47En disant, oui, mais ça va dévaloriser notre école.
25:53Enfin, vous voyez tout le truc. C'est pas la peine que je vous fasse.
25:54Et Biden a pris Fête-Écosse contre cette politique-là.
25:57Et Kamala Harris lui a rappelé lors d'un débat en disant
26:00« L'une des petites filles que vous avez empêchées d'aller dans des bonnes écoles qui étaient mixtes, c
26:05'était moi. »
26:05Parce que moi, je faisais partie.
26:07Biden ensuite a voté les baisses d'impôts de Ronald Reagan en 1986.
26:13Il était sénateur, il a voté.
26:14Gabriel Zuckman le rappelle dans une interview qui a été publiée dans l'Humanité des débats vendredi dernier.
26:20Biden ensuite s'est prononcé contre le mariage gay en 1996.
26:27Il a même voté la loi de Clinton, qui s'appelle la loi Doma, qui dit qu'un mariage entre
26:30un homme et une femme.
26:31Il a au même moment voté aussi la loi sur les « super criminels »,
26:39c'est-à-dire qui créent des peines planchers et des peines automatiques
26:42à partir du moment où vous êtes pris trois fois dans un délit.
26:44C'est-à-dire trois fois dans un délit, c'est la perpétuité, quel que soit le délit.
26:52Donc ça a conduit à des incarcérations de masse, notamment des Africains-Américains et des Latinos.
26:57Biden a voté la guerre en Irak.
27:00Et donc, quand tout son record, comme on dit ici, son passé, son casier politique va ressortir,
27:06ça risque de faire mal.
27:07Et on peut compter, croyez-moi, sur Trump pour l'utiliser et l'utiliser plus que nécessaire.
27:16C'est-à-dire qu'il va y aller franco, non pas pour persuader, par exemple,
27:22les Africains-Américains ou les Latinos de voter pour lui,
27:25mais simplement pour les décourager de voter pour Biden.
27:29C'est exactement ce qui s'est passé en 2016.
27:33À force d'attaquer, Hillary Clinton sur un certain nombre de choses,
27:35il a gagné une partie des électeurs démocrates qui ont voté pour lui,
27:40mais aussi, il en a découragé beaucoup.
27:44Donc voilà les problèmes que je vois sur la candidature Biden.
27:47Alors ça, c'est dans 6 mois, 9 mois, on verra.
27:49Si c'est Biden, si c'est Sanders, je vous en ai parlé un peu.
27:55La suite, concrètement, ici, de la primaire.
28:00Et on va s'arrêter là-dessus.
28:03Et on va repasser sur Jack London pour terminer avec lui.
28:06La suite de la primaire, écoutez, voilà, Michael Bloomberg a décidé de se retirer.
28:13Donc le camp centriste est réunifié.
28:15Maintenant, la question, c'est que va faire Elisabeth Warren ?
28:18Si Elisabeth Warren décide de rester dans la course, c'est la victoire assurée de Joe Biden.
28:25Parce que ça va diviser le vote des progressistes.
28:28Et la seule possibilité, maintenant, pour que Sanders puisse gagner la nomination du Parti démocrate,
28:33c'est qu'il y ait un duel.
28:35Biden-Sanders, clair.
28:37Les derniers sondages donnent, sur ce sujet, Sanders devant 52, 48 ou 51, 49.
28:43On est dans la marge d'erreur.
28:45C'est serré, c'est du 50-50, de toute façon.
28:48Mais si Elisabeth Warren reste dans la course, ça ne pourra pas fonctionner.
28:53Elle n'a rien laissé transparaître pour l'instant.
28:55Elle dit qu'elle va aller faire des événements de campagne dans les jours qui viennent.
29:00Il y a de nouveau des votes, mardi prochain, dans cinq États, dont le Michigan,
29:04qui est très important, le Michigan, parce que c'est un État avec beaucoup de délégués,
29:09115, je crois, ou peut-être un peu plus, et qui est un État que Sanders avait remporté
29:14lors de la primaire en 2016 et que Trump avait remporté lors de l'élection générale
29:18de 10 000 voix en novembre 2016.
29:22Donc, c'est une élection importante.
29:23Il y a l'État de Washington aussi, où Sanders est donné favori.
29:26En tout cas, Elisabeth Warren n'a rien laissé transparaître.
29:30Il y a un mémo de son directeur de campagne qui dit que la stratégie est toujours la même,
29:36c'est-à-dire de continuer, d'amasser des délégués.
29:41Pour l'instant, c'est mal parti parce que là, les délégués,
29:42elle en a amassé une quarantaine la nuit passée lors de la Super Tuesday.
29:48Et d'arriver à la convention en situation un peu de recours médian entre l'aile Sanders
29:55et l'aile Biden, d'être celle qui va pouvoir rassembler derrière elle les deux candidats
30:00et les deux courants.
30:02en arrivant à la convention de Milwaukee en juillet avec 100 ou 120 délégués,
30:06et encore, si c'est le cas, parce que ce qui risque de se passer,
30:08c'est qu'il y a une partie des électeurs de Warren,
30:10c'est un peu ce qui a commencé à se faire hier,
30:13on le voit dans sa demande d'États,
30:16c'est qu'ils vont voter pour Sanders.
30:20Donc, Sanders monte un peu, mais pas autant que si Warren se retirait.
30:23Et elle, en revanche, est en-dessous du seuil des 15 %.
30:25Hier, elle a dépassé le seuil des 15 % dans 3 ou 4 États,
30:27c'est-à-dire qu'elle aura des délégués que dans 3 ou 4 des 15 États qui ont voté
30:30hier.
30:31Et donc, en fait, ces 7, 8 ou 10 % qu'elle va faire ne servent à rien,
30:35sont gelés, sont stérilisés, ils ne produiront pas de délégués.
30:39Je vous rappelle que c'est maintenant en nombre de délégués qu'on compte,
30:41ce n'est pas en nombre de votes.
30:42Et à la fin, comme pour l'élection générale,
30:45l'un peut arriver avec plus de voix, mais moins de délégués selon les États.
30:49Donc, si Elizabeth Warren reste en piste, Bernie Sanders ne sera pas le nominé.
30:54Je ne vois pas comment c'est possible.
30:56Et si elle se retire, ce sera du 50-50.
30:59Voilà.
30:59Et un 50-50 que j'espère pouvoir continuer à chroniquer.
31:04Enfin, ce n'est pas que j'espère, je vais continuer à chroniquer ça dans l'Humanité.
31:07Donc, tous les jours, dans l'Humanité dimanche qui sort tous les jeudis.
31:11Donc, je vous rappelle que vous pouvez vous abonner à l'Humanité numérique pour 1 € par mois.
31:17Et dans l'Humanité quotidienne de demain, vous pourrez lire mon article sur un peu ce que je vous ai
31:23dit.
31:23Vous n'avez rien trouvé de bien neuf par rapport à ce que je vous ai dit.
31:26Cela constitue un peu la répétition générale.
31:28Et un article dans l'Humanité dimanche sur la Californie
31:31et sur comment cet État qui était le laboratoire du réganisme
31:36et de la droite extrême anti-immigrés dans les années 90 est devenu le laboratoire du progressisme.
31:43Et ce qui explique aussi maintenant que Biden, Sanders, est remporté cet État avec le vote latino.
31:53Et donc, je vais continuer à écrire dans ces deux titres, évidemment.
31:56Et puis, écoutez, pour la suite, j'espère que je pourrai continuer.
32:02Petit message envoyé à mes rédacteurs en chef à venir en reportage ici pour vous éclairer, vous donner des éléments
32:08de terrain.
32:08Et voilà, c'était donc en direct d'Auckland, sous le regard éternel de Jack London, notre écrivain socialiste américain,
32:23qui rappelle aussi qu'il y a une longue histoire socialiste aux États-Unis, de la gauche et socialiste,
32:32que ce n'est pas né d'aujourd'hui et de Bernie Sanders.
32:35Mais ça, je vous renvoie au dernier Facebook Live.
32:38Je ne vais pas vous refaire dix minutes sur la gauche socialiste et compagnie.
32:44Voilà, merci beaucoup. Merci à vous. C'est un plaisir de pouvoir échanger avec vous et à très bientôt. Au
32:51revoir.