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  • il y a 12 heures
Encore non à la PAC. Une majorité de députés européens a voté mardi pour la nouvelle Politique agricole commune, privilégiant l'agriculture industrielle au détriment d'une agriculture paysanne plus proche des consommateurs, plus respectueuse de l'environnement, de la biodiversité et du climat. Deux députés européens, Benoît Biteau (Verts-ALE) et Eric Andries ( Socialistes et Démocrates) expliquent pourquoi ils ont voté contre cette nouvelle PAC, et comment poursuivre le combat.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:03Nous allons parler de la PAC, de la politique agricole commune.
00:07Une fois de plus, j'ai envie de dire, nouvelle version qui a été votée là ce matin, aujourd'hui,
00:12mardi au Parlement européen.
00:13On en parle avec vous, Benoît Biteau, vous êtes député européen des Verts Alliance Libre Europe.
00:18Eric Andrieu, vous êtes député européen socialiste et démocrate.
00:21Merci d'être autour de ce plateau pour qu'on en parle.
00:24Tous les deux, vous avez voté non, je ne me trompe pas, à cette nouvelle PAC.
00:28Je vous propose que vous nous expliquiez pourquoi, sur des points précis dont on va parler tout à l'heure,
00:34mais peut-être d'abord une appréciation générale.
00:37Alors, rappelons-le, on a promis le verdissement, on a promis la nouvelle politique agricole commune plus verte.
00:46Les députés européens ont voté une stratégie dite de la ferme à la fourchette, de la ferme à la table,
00:54en vue de rapprocher les producteurs, des consommateurs, de leurs besoins aujourd'hui,
00:58de la demande d'une alimentation plus saine, plus respectueuse de l'environnement, etc.
01:04Votre, j'allais dire, votre estimation globale de ce qui est proposé dans cette nouvelle PAC,
01:09qui, rappelons-le encore une fois, est le premier budget de l'Union Européenne,
01:1340% du budget de l'Union Européenne, c'est dire l'importance.
01:17Peut-être, Benoît Biteau, une appréciation globale, est-ce que le compte y est en matière de verdissement ou pas
01:22?
01:22Non, c'est le manque de cohérence qu'on sanctionne par le vote contre qu'on a réalisé ce matin.
01:29C'est-à-dire qu'effectivement, le socle de ce mandat, c'est ce fameux pacte vert,
01:34avec des déclinaisons en stratégie qu'on a votées, une stratégie pour la biodiversité,
01:37une stratégie de la ferme à la fourchette, mais on a aussi voté l'état d'urgence climatique,
01:43la feuille de route pour le climat, et l'agriculture est un sujet particulièrement simple.
01:46On va revenir sur chacun de ces points.
01:48Et donc, quand on a une politique publique qui pèse presque 40% du budget total de l'Union Européenne,
01:53qui s'inscrit dans les 7 prochaines années, parce que c'est ça qu'on met sur la table,
01:57on doit mettre en cohérence cette politique publique pour qu'elle permette d'atteindre les objectifs
02:02qu'on s'est fixés dans ces stratégies du pacte vert.
02:05Et c'est ça qu'on dénonce, je pense qu'Éric est sur la même ligne que ça,
02:09c'est ça qu'on dénonce, c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir d'un côté, d
02:13'une main,
02:13des ambitions importantes comme celles qu'on a votées le mois dernier,
02:17et les mêmes eurodéputés, dans un manque de cohérence,
02:21votaient une PAC dont on sait qu'elle ne permettra pas d'atteindre ces objectifs-là,
02:25parce qu'on n'a pas su changer dans cette PAC-là le cœur du réacteur,
02:28et donc aux mêmes causes, les mêmes effets.
02:30Éric Andrieux, votre estimation, évaluation globale de cette nouvelle PAC ?
02:35Vous diriez comment ?
02:37Déjà, il faut préciser les choses pour nos auditeurs, donc nos spectateurs,
02:41parce que c'est trois rapports de la PAC.
02:45La PAC, ce n'est pas un rapport uniforme.
02:46Il y a un rapport qui s'appelle le plan stratégique,
02:48pour lequel j'ai voté contre, par exemple, et Benoît aussi.
02:52Un rapport sur le volet horizontal, c'est un rapport qui détermine
02:54les moyennes de mise en œuvre d'évaluation de la PAC.
02:57Je me suis abstenu, je dirais pourquoi.
02:59Et le rapport sur l'organisation commune du marché,
03:01qui est le volet économique de l'agriculture, pour lequel j'ai voté pour,
03:05et nous étions tous les deux sur ce rapport-là.
03:06Il faut expliquer ça aussi aux gens.
03:09Effectivement, et je rejoins ce que dit Benoît,
03:10c'est qu'on est à contre-courant de l'histoire dans cette réforme-là.
03:14C'est-à-dire qu'on a commencé, moi j'y suis depuis 2018,
03:18j'ai ce privilège-là de l'ancienneté, cette réforme.
03:22Et en 2018, on a commencé à nous dire, vous aurez moins de 15%.
03:25Ensuite, on a voté une PAC, qui n'était déjà pas du tout adaptée
03:28aux enjeux ni agricoles, ni climatiques, ni environnementaux,
03:32ni de santé humaine.
03:33Ensuite, on a voté le PAC, le Green Deal.
03:35Et ensuite, on a voté ferme tout fort, vous le disiez,
03:37de la ferme à la fourchette.
03:38En gros, ça veut dire qu'on s'est totalement trompé
03:41sur le cheminement de la réforme depuis le début,
03:43et où on a mis les moyens avant les objectifs.
03:46Or, en politique, je pense qu'il est toujours préférable
03:48de mettre les objectifs avant les moyens.
03:50Et si on avait su faire ça, c'est-à-dire définir les grands enjeux
03:54et adapter la PAC à ces grands enjeux-là,
03:56je pense que les agriculteurs en particulier,
03:58mais les citoyens également, auraient été grandement gagnants.
04:02Parce qu'on aurait bien vu que la PAC et la politique agricole commune
04:05étaient la première pierre, finalement, de ce grand pari
04:09d'arriver à un continent neutre en carbone en 2050.
04:12La PAC doit participer dans la reconquête de la captation du carbone
04:16et de la réduction des gaz à effet de serre,
04:18doit participer dans la reconquête des sols, de l'eau, de l'air,
04:21et de la santé humaine.
04:22Or, aujourd'hui, ce qu'il y a sur la table,
04:24ce que nous avons voté à midi,
04:26pour 38% du budget de l'Union européenne,
04:28ne répondent pas à ces enjeux-là.
04:30C'est ça l'objet, donc principal, de ce désaccord
04:32que nous avons avec les textes qui sont présentés.
04:35C'est ça.
04:35Baisse des émissions de CO2.
04:37Parlons de cet aspect-là,
04:38puisqu'en plus, on sort de la COP.
04:40En quoi ce n'est pas respecté ?
04:42Qu'est-ce qui fait que vous n'êtes pas d'accord
04:43avec ce qui est proposé par la nouvelle PAC ?
04:46En vérité, sur le climat, l'agriculture,
04:48elle est dans trois positions.
04:50Elle est victime du changement climatique,
04:51on le voit avec les épisodes de sécheresse,
04:53de canicules, d'inondations.
04:55Elle est victime, ce n'est pas contestable.
04:56On voit des crues viticoles qui sont menacées
05:00par le changement climatique.
05:01Elle est victime du changement climatique.
05:02Elle est coupable, et c'est là où on peut parler
05:04des émissions de gaz à effet de serre,
05:05puisqu'effectivement, elle participe par ses activités
05:08à l'émission de gaz à effet de serre.
05:11Ce n'est pas contestable.
05:12Et donc, il y a un delta, il y a un effort à faire
05:15pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
05:17de l'agriculture, notamment avec la dépendance au pétrole
05:21par la fertilisation azotée,
05:23qui est un poste important de l'émission de gaz à effet de serre
05:26par l'agriculture.
05:27Mais l'agriculture, sur ce sujet du climat,
05:29peut aussi être la solution.
05:31C'est une activité qui occupe 60 à 70 % des espaces
05:34qui sont tout autour de nous,
05:35et qui donc doivent être mobilisés
05:37dans la séquestration de ces gaz à effet de serre.
05:39Mais pour ça, il faut qu'on déploie
05:41des pratiques agricoles qui soient conformes
05:44à cette hypothèse de pouvoir séquestrer
05:46des gaz à effet de serre,
05:47que cette agriculture-là soit au rendez-vous
05:50de la photosynthèse et que, par exemple,
05:52on ait des sols couverts 365 jours par an
05:54pour justement s'attaquer frontalement
05:57à cette problématique.
05:59Et ce qu'on voit, alors que normalement,
06:00100 milliards de la PAC sont dédiés
06:02à l'atténuation du changement climatique,
06:05et là, c'est un rapport de la Cour des comptes
06:06qui nous éclaire là-dessus,
06:07c'est que les orientations prises par la PAC
06:09ne permettent pas ni de réduire les gaz à effet de serre,
06:14puisqu'on continue d'accompagner une agriculture
06:16qui utilise massivement des pesticides,
06:18des engrais de synthèse,
06:19parce que la conditionnalité n'est pas suffisante.
06:22Et on a toujours ce vieux ratio
06:25qui nous poursuit depuis la Révolution française
06:27de 80% des aides qui vont à 20% de la population agricole.
06:32Et ces 20%-là sont ceux qui utilisent
06:33le plus massivement des pesticides
06:36et des engrais de synthèse.
06:37Donc il y a cet écueil-là,
06:38d'une PAC qui ne va pas assez loin
06:40dans l'accompagnement de la réduction
06:42des émissions de gaz à effet de serre,
06:44pardon, mais qui n'accompagnent pas suffisamment
06:47les logiques agronomiques
06:48qui font que ces espaces agricoles
06:50qui sont très importants
06:52ne soient pas engagés
06:53dans la séquestration des gaz à effet de serre.
06:55– Éric Andrieux à les pesticides,
06:56c'est une question que vous suivez depuis des années,
06:58que vous connaissez bien, évidemment, très bien.
07:01Justement, qu'est-ce qui est,
07:03on vient d'en dire un mot avec Benoît Viteau,
07:05mais qu'est-ce qui, dans cette nouvelle PAC,
07:07garantit ou ne garantit pas
07:08qu'on va aller vers un mieux dans ce domaine-là ?
07:13– Je ne sais pas vous répondre.
07:15Pourquoi ?
07:15Parce que, je rejoins ce que dit Benoît,
07:19bien sûr, sur cette question-là.
07:21Parce qu'en fait, nous sommes très liés
07:23à ce qu'on appelle les plans stratégiques nationaux,
07:26et en particulier le contenu
07:27de ce qu'on appelle les écoschèmes,
07:29les écosystèmes, donc,
07:31qui doivent écologiser l'agriculture.
07:34– Voilà, rappelons-le pour ceux qui nous regardent,
07:36effectivement, après le vote de la PAC,
07:38chaque État lui-même va décider
07:41de la manière dont il répartit tout ça.
07:46– Alors oui, ça, c'est un sujet en soi,
07:48c'est-à-dire, ce qui est départissime,
07:50c'est très lié, finalement.
07:51En fait, ce qu'on nous demande aujourd'hui,
07:52ce qu'on a fait tout à l'heure,
07:53c'est que nous avons voté une PAC,
07:55mais à partir de tout à l'heure,
07:56dès que nous connaissons les résultats,
07:57le Parlement européen,
07:58il peut aller à la plage,
07:59mais là, ce n'est pas trop le climat,
08:00mais il peut aller au moins au sport d'hiver,
08:02si vous voulez, donc, voilà,
08:03il n'a plus rien à faire,
08:04parce qu'en fait, le seul élément
08:06qui peut encore donner du sens à cette réforme,
08:09c'est la qualité des plans stratégiques nationaux.
08:11C'est-à-dire que nous avons décidé,
08:13je ne sais pas si la PAC n'est pas votée,
08:15mais a priori, il semblerait,
08:17me dit-on que les majorités se dégagent,
08:19pour renationaliser la PAC.
08:21Dans un moment, si vous voulez,
08:22où certes, le marché intérieur est important
08:24au niveau européen,
08:25mais nos partenaires, c'est l'Inde,
08:26c'est le Brésil, c'est la Chine,
08:29c'est la Russie, c'est les États-Unis.
08:30Et donc, nous, on renationalise,
08:32c'est-à-dire qu'on va donner les clés du camion
08:33aux États membres.
08:35Et toute l'orientation de la réforme,
08:37et c'est vrai pour les pesticides
08:38comme pour le reste,
08:39va être liée à la qualité des plans stratégiques
08:42que chaque État membre va décider.
08:44Donc, dans un moment où nous aurions besoin
08:46de beaucoup plus de communs
08:47à l'échelle internationale,
08:49nous, on décide de séparer la PAC
08:51en 27 petits morceaux.
08:52C'est un sujet majeur.
08:54Regardez, en ce moment,
08:55le blé a pris 50% d'augmentation.
08:57Et avec le prix du bré,
08:58c'est le prix du pain.
09:00Et qu'est-ce que nous faisons, nous ?
09:01Au lieu de dire,
09:01il faut aller revisiter les règles de l'OMC,
09:04de l'Organisation mondiale du commerce,
09:05donc, et jouer le rôle de régulateur
09:07sur le marché international,
09:09et bien, donc, finalement,
09:10on accepte cette situation
09:11et on accepte les règles de l'OMC.
09:13L'OMC dit,
09:14on ne peut pas faire du stockage stratégique.
09:16Mais l'Inde et la Chine
09:18font du stockage stratégique du blé aujourd'hui.
09:20Aujourd'hui, pour tout vous dire,
09:21au moment où nous parlons,
09:22et c'est important,
09:23il y a plus de stocks dans le monde
09:25que ceux qu'il y en avait en 2008
09:27au moment de la crise la plus forte.
09:29Sauf que le stock du blé,
09:30il est majoritairement stocké en Chine,
09:33c'est-à-dire en Inde.
09:34Aujourd'hui, nous avons, nous, en Europe,
09:3640 jours d'avance
09:37au moment où la Chine a 9 mois d'avance.
09:40Donc, c'est des sujets géopolitiques,
09:43géostratégiques,
09:43sur lesquels la PAC ne répond pas.
09:44Et donc, pour répondre à vous sur les pesticides,
09:46c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
09:47on est lié à la qualité
09:49au contenu des plans stratégiques.
09:50Et en fait, pour moi,
09:51c'est vraiment un déni de démocratie.
09:53On s'assoit, avec cette réforme,
09:55sur le pouvoir des eurodéputés
09:57qui représentent la société européenne.
10:00Et ça, ce n'est pas acceptable.
10:01C'est-à-dire qu'à partir de maintenant
10:02ou de ce soir,
10:03donc, il appartiendra à la Commission
10:05de juger la qualité
10:06des plans stratégiques nationaux
10:08et donc savoir,
10:09regardez en France, par exemple,
10:11la matrice française,
10:12ce n'est pas le bio,
10:13c'est les produits issus
10:15d'une agriculture
10:15de haute valeur environnementale.
10:17En fait, ce que j'appelle
10:17le bio low cost.
10:19Aujourd'hui, vous disiez tout à l'heure,
10:20donc, pour le climat,
10:22ce n'est pas compliqué, la PAC.
10:23Si on doit capter le carbone,
10:25il faut développer
10:25les prairies naturelles.
10:26Or, cette PAC-là
10:27ne permet pas de développer
10:29plus de prairies naturelles
10:30que ce qu'on avait par le passé.
10:31Si on veut aller plus loin,
10:32il faut développer
10:33l'agriculture biologique.
10:34Or, cette PAC-là,
10:35en l'état,
10:36ne fait pas obligation
10:36de développer l'agriculture biologique.
10:38On est en plein paradoxe.
10:4025% de SAU pour l'eau bio à 2030,
10:42mais les plans stratégiques nationaux
10:44ne garantissent à rien
10:45qu'on va atteindre
10:46cet objectif-là.
10:47Or, c'est bien
10:48l'agriculture biologique
10:49qui utilise le moins d'intrants,
10:51qui garantit le plus
10:51la santé humaine,
10:52qui garantit le plus
10:53la qualité des aliments,
10:54etc.
10:55Donc, je pense qu'il faut
10:56savoir être sérieux
10:57dans des moments
10:57comme les nôtres aujourd'hui
10:59et mettre en concordance
11:00les objectifs
11:01que nous définissons collectivement
11:03et les moyens,
11:04et la PAC en fait partie,
11:05que nous mettons en œuvre.
11:06Vous avez abordé la question
11:08de la souveraineté alimentaire
11:09de l'Europe.
11:10Est-ce que la souveraineté alimentaire
11:11de l'Europe,
11:12on a l'impression que non,
11:13d'après ce qui vient d'être dit,
11:14va être mieux respectée
11:17dans la nouvelle PAC ?
11:18Est-ce qu'on peut avoir
11:19une idée de ça ?
11:20Est-ce que ça va
11:21dans le bon sens ou pas ?
11:22Non, a priori non,
11:24puisque déjà dans cette PAC-là,
11:26on ne peut pas dire
11:27que la souveraineté alimentaire
11:28de l'Europe est atteinte
11:29puisqu'on est extrêmement dépendant,
11:31c'est-à-dire qu'on exporte
11:32des céréales par exemple,
11:33mais on est extrêmement dépendant
11:34de protéines qui viennent
11:34de l'autre côté de l'Atlantique.
11:35Donc, comment parler
11:36de souveraineté alimentaire
11:37dans ce contexte-là ?
11:39Et encore une fois,
11:40comme on ne change pas
11:41le cœur du réacteur,
11:42on continue d'accompagner
11:44une agriculture exportatrice
11:45de certaines productions,
11:47il n'y a pas de raison
11:48que la souveraineté alimentaire
11:50soit davantage au rendez-vous
11:51avec cette PAC-là.
11:53Je reviens juste
11:53sur ce que vient de dire Eric
11:55sur les éco-régimes
11:56et sur les plans stratégiques nationaux.
11:59Rappelez quand même
12:00que 75% des aides directes
12:02ne sont pas conditionnés
12:03à des pratiques environnementales,
12:07climatiques et tout ça.
12:08Et que les fameux éco-régimes
12:10concernent 25% des aides directes.
12:13Et ce qui va se passer,
12:15probablement,
12:15quand on regarde un peu
12:16les plans stratégiques
12:17que commencent à envoyer
12:18les États à la Commission,
12:19c'est qu'il n'y a pas d'ambition.
12:21Et notre ministre
12:23de l'agriculture français,
12:24dans un entretien dans plein champ,
12:26dit aux agriculteurs,
12:27pour les rassurer,
12:28ne vous inquiétez pas,
12:29sans changer de pratique,
12:31pour 70% d'entre vous,
12:32vous allez maintenir
12:34le niveau d'aide.
12:35C'est-à-dire que l'éco-régime
12:36n'aura aucune incidence
12:38sur votre niveau d'aide.
12:41Et donc, en vérité,
12:42et le diable est dans les détails,
12:44c'est-à-dire qu'on nous parle
12:45d'éco-régime pour verdir
12:46davantage la PAC,
12:47sauf que dans la vérité,
12:49sans vraiment changer les pratiques,
12:50on va trouver des éco-régimes
12:51suffisamment faibles
12:52dans les ambitions
12:53pour que des agriculteurs
12:55continuent de toucher leurs aides.
12:56Les conséquences
12:57sur les fermes familiales,
12:59sur le niveau de vie
13:00des agriculteurs,
13:01sur leurs conditions de travail,
13:02leurs conditions de vie,
13:03on est beaucoup question,
13:03là, en ce moment,
13:04aujourd'hui,
13:05qu'est-ce qu'on peut dire,
13:06comment vous voyez les choses
13:08dans ce domaine ?
13:09Alors, moi,
13:09le seul élément positif
13:10que je vois
13:10dans l'impact stratégique,
13:11c'est l'aspect
13:12de la conditionnalité sociale.
13:14C'est-à-dire que ça fait
13:15plus de 50 ans
13:16que la PAC existe,
13:16vous savez bien,
13:1760 ans,
13:17on va la fêter bientôt.
13:20Pour la première fois,
13:22on va conditionner
13:23l'aide publique,
13:24au respect par les agriculteurs
13:27de ses salariés.
13:28Et lorsque ces règles
13:29ne seront pas respectées,
13:30il y aura effectivement
13:31un retrait des subventions
13:34potentiellement.
13:34Donc ça,
13:35c'est l'élément
13:35le plus important
13:36de la réforme
13:37et ce qui m'a fait hésiter
13:39à un moment donné
13:39de la voter.
13:40Mais comme effectivement,
13:41on a mis le plafonnement
13:42optionnel,
13:44qu'on a,
13:44ça vient d'être dit,
13:45la redistribution,
13:46en fait,
13:46ça ne change rien.
13:47En fait,
13:48cette réforme,
13:48c'est,
13:49à part la conditionnalité sociale,
13:50qui est un point positif,
13:51c'est sur l'âge
13:52du « il faut que tout change
13:54pour que rien ne change »
13:55finalement.
13:56Parce qu'effectivement,
13:57on dit qu'on a mis 10%
13:57aux petites agriculteurs
13:58et on se rassure avec ça.
14:01Non,
14:01ça veut dire qu'on va
14:02aujourd'hui mettre
14:03autant d'argent,
14:04si vous voulez,
14:04dans ces règlements-là,
14:05dans les fermes géantes,
14:08qu'on va en donner
14:09une petite main
14:09aux petites fermes
14:10et aux fermes moyennes.
14:11Donc on ne résout pas
14:12le problème.
14:12Et c'est là où,
14:13comme ça a été dit,
14:14on est vraiment
14:16en opposition
14:17avec les logiques,
14:18comment dire,
14:19du pacte vert
14:20et de la logique
14:21de la ferme tout fort
14:21qui appelle
14:22à une agriculture
14:23raisonnée,
14:24une agriculture
14:24de proximité,
14:25une agriculture
14:25de circuit court
14:26qui reconquiert finalement
14:28donc des espaces
14:29qu'on a perdus
14:30par le passé
14:31en termes de marché
14:31et en termes
14:33de qualité alimentaire.
14:35Vous vous rendez compte
14:36où on est rendu quand même,
14:36on est en train
14:37de se réjouir
14:39sur la dimension sociale
14:41qu'on impose
14:42au secteur agricole
14:43le minimum réglementaire
14:46qu'on aurait dû imposer.
14:47Ça veut dire qu'en creux,
14:48depuis trop longtemps,
14:50l'agriculture ne respecte
14:51même pas la réglementation sociale
14:53donc on est en train
14:55de se satisfaire
14:56d'une réforme
14:57qui impose
14:58le minimum réglementaire
15:00qu'on aurait dû exiger
15:01depuis très longtemps.
15:02Donc c'est pour ça aussi
15:04que je suis un peu remonté
15:04par rapport à ce texte-là
15:06et que malgré le fait
15:08qu'il installe
15:09cette dimension-là,
15:10j'ai du mal
15:11parce que ça devrait être le cas
15:13depuis tellement longtemps
15:14et Éric est là pour en témoigner
15:15et je sais que c'est un sujet
15:17sur lequel il a fait railler
15:18depuis longtemps.
15:19Donc vous vous rendez compte
15:20de ce qu'on est en train
15:22de se satisfaire ?
15:25Sur quoi il va falloir compter
15:26dans la conjoncture
15:29que vous êtes en train
15:29de décrire là ?
15:30Sur quoi il va falloir compter
15:31maintenant
15:32pour que ça bouge,
15:33pour que ça change un peu ?
15:34Là, il va falloir compter
15:35sur la capacité
15:36de la Commission européenne
15:37et nous,
15:38on n'est plus responsable finalement
15:40donc à être exigeant
15:42sur la qualité
15:44du contenu
15:45des plans stratégiques
15:45nationaux.
15:46C'est ça.
15:46Si, et là,
15:47moi j'ai déjà posé la question
15:48au commissaire
15:49dont vous avez vu
15:49ce qu'il a la semaine dernière
15:50et qui m'a répondu
15:51face à face,
15:52je ferai,
15:53je vous le dis in extenso,
15:55ce que je pourrais.
15:56Voilà.
15:56C'est pas très rassurant.
15:57Il m'a répondu la même chose.
15:58Voilà.
15:58Donc c'est-à-dire qu'effectivement,
16:00là on est en droit
16:00de s'interroger
16:01sur la capacité
16:02de la Commission
16:03à exiger des États membres
16:04des plans stratégiques nationaux
16:06qui permettent
16:07d'être en conformité
16:08avec les orientations
16:09du Green Deal
16:12d'être un peu sceptiques
16:13sur la capacité
16:14de la Commission
16:15à dire donc à Macron
16:17pendant la France
16:17puisqu'elle va présider
16:18au destiné du Conseil
16:19de l'Union
16:20à partir du 1er janvier
16:21votre plan stratégique
16:22national n'est pas bon.
16:23Jusqu'au 25 avril quand même.
16:24Voilà.
16:24Et donc du coup,
16:25il vous appartient
16:26de le changer.
16:27J'attends de voir
16:27ce moment-là,
16:28si vous voulez,
16:29de la confrontation
16:29entre le ministre
16:31de la Régulature français
16:32et le commissaire européen
16:33sur le niveau de qualité
16:35et d'exigence
16:35des plans stratégiques nationaux
16:36dès lors que l'on met
16:37la haute valeur environnementale
16:39pour ce qui est de la France
16:40comme le totem,
16:41si vous voulez,
16:42donc de l'ambition
16:42du plan stratégique
16:43national français.
16:45Je pense qu'il y a loin
16:46de la coupe aux lèvres
16:47lorsqu'on regarde
16:48la réalité du projet
16:49qui est sur la table.
16:50En plus de ça,
16:51qu'est-ce qui peut faire
16:52quelque chose ?
16:53Comment ?
16:53Parce que les citoyens
16:54sont extrêmement investis
16:56dans toutes ces questions
16:57qu'on aborde là.
16:59C'est de ça que je voulais parler.
17:00C'est pour ça que j'ai fait
17:01une boutade
17:02pendant le propos d'Éric.
17:04Monsieur Macron préside
17:05le Conseil jusqu'au 25 avril.
17:06C'est-à-dire que
17:08le paradoxe de la situation,
17:09c'est qu'on a une élection
17:10présidentielle
17:11pendant la présidence
17:12de la France
17:13du Conseil de l'Europe.
17:14Et ça, c'est quand même
17:15ennuyeux.
17:16Moi, je trouve que c'est...
17:17C'est plutôt l'inverse.
17:18Oui.
17:19On a une présidence
17:20du Conseil
17:21pendant la présidence
17:22présidentielle.
17:23C'est quand même
17:24assez malheureux.
17:25C'est-à-dire que la France
17:26aurait pu passer son tour
17:27et attendre le deuxième semestre.
17:30Mais le risque,
17:31enfin, ou l'avantage,
17:33c'est que le 25 avril,
17:35on est un nouveau président
17:36du Conseil
17:37parce qu'on aura
17:38une élection présidentielle
17:39le 24.
17:40Donc ça, c'est peut-être
17:41un atout sur lequel
17:42il faudra qu'on s'appuie.
17:43Mais c'est de ça
17:44que je voulais parler.
17:44C'est-à-dire que je pense
17:45qu'une des façons
17:47d'envisager
17:48de réformer sérieusement
17:49la politique agricole commune,
17:51alors là,
17:52si on n'en est plus
17:53qu'à réduire,
17:54qu'à arbitrer
17:55les plans stratégiques,
17:56ce n'est pas une réforme
17:57fondamentale,
17:57mais c'est de replacer
17:59ce sujet agricole
18:00de l'alimentation
18:02qui nous concerne tous
18:03en vérité
18:04dans un véritable débat
18:05de société.
18:06Et c'est là
18:06où peut-être encore
18:08les citoyens
18:09peuvent mettre
18:11la pression
18:12sur les décisions
18:13des différents gouvernements
18:14dans le cadre
18:14de l'élaboration
18:15des plans stratégiques nationaux.
18:16Merci à vous deux.
18:18Grand merci
18:18de tout ce que vous venez
18:19de nous expliquer.
18:21Merci à vous
18:21qui nous avez suivi.
18:22On en parlera bien sûr.
18:24On poursuit toujours
18:26le débat
18:26sur cette question.
18:27Merci à vous
18:28qui nous avez suivi.
18:28A bientôt.
18:29Au revoir.
18:29Merci de nous avoir
18:30laissé.
18:31Merci.
18:31Sous-titrage Société Radio-Canada
18:35Merci.

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