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  • il y a 2 jours
A l'occasion de la sortie d'un hors-série exceptionnel consacré à Jean Ferrat, Nous vous proposons de revivre un extrait du grand concert hommage de la Fête de l'Humanité 2010.
Vous pouvez commander notre hors-série ici. ▶️ bit.ly/2W1EP59
Crédits : Tacet/Didier Pascalis et Catherine Breton pour la réalisation

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Transcription
00:04Il y a deux chansons de Ferra d'amour que vous connaissez par coeur
00:08Que serait-ce chantois et aimer à perdre la raison
00:12Je suis sûr que vous allez chanter aimer à perdre la raison avec Clarika
00:15Clarika elle a déjà plusieurs albums à son actif
00:17Elle a fait du duo avec Delpech, avec Lavillier, avec Jonas
00:20Je crois même qu'elle a déjà chanté Mamou de Ferra dans un autre festival consacré à Jean
00:27Voici Clarika aimer à perdre la raison
00:36Bonjour, alors n'hésitez pas à chanter avec nous
00:45Aimer à perdre la raison
00:51Aimer à n'en savoir que dire
00:58Aimer à n'avoir que toi d'horizon
01:04Et ne connaître de saison
01:10Que par la douleur du parti
01:15Aimer à perdre la raison
01:23Ah c'est toujours toi que l'on blesse
01:26C'est toujours ton miroir brisé
01:28Que votre bonheur, ma faiblesse
01:34Toi qu'on insulte et qu'on délaisse
01:39Dans toute chair martyrisé
01:44Aimer à perdre la raison
01:51Aimer à n'en savoir que dire
01:56Aimer à n'en savoir que dire
01:57A n'avoir que toi d'horizon
02:03Et ne connaître de saison
02:09Que par la douleur du parti
02:15Aimer à perdre la raison
02:22La faim, la fatigue et le froid
02:25Toutes les misères du monde
02:28C'est par mon amour que j'y crois
02:34En elle je porte ma croix
02:39Et de leur nuit ma nuit se fond
02:45Aimer à perdre la raison
02:51Aimer à n'en savoir que dire
02:57A n'avoir que toi d'horizon
03:03Et ne connaître de saison
03:09Que par la douleur du parti
03:14Aimer à perdre la raison
03:23Aimer à perdre la raison
03:30Aimer à perdre la raison
03:35Aimer à perdre la raison
03:38A ner à perdre la raison
03:43Aimer à perdre la bless
06:23L'artiste que vous allez applaudir maintenant est probablement celle qui connaît le mieux Ferra.
06:30Elle a chanté Ferra, elle a chanté Apollinaire, elle a chanté Aragon, elle a chanté Ferré, elle a chanté Brel
06:35et son ami Jean.
06:36Ils sont connus dans les années 50 des cabarets Rive Gauche et Francesca Solville aux obsèques de Jean à Antrec
06:47devant une foule silencieuse et des caméras de télé car c'était retransmis à la télévision.
06:52Les obsèques de Ferra, je voudrais faire une petite parenthèse mais c'est pas anodin. Ferra est le seul artiste
07:00important de ces 50 dernières années dont les obsèques ont été retransmis à la télévision.
07:06Un après-midi et vous vous en souvenez sans doute puisqu'en pleine semaine à 15h les records d'audience
07:14ont été battus.
07:16À l'époque, les patrons de chaîne se demandaient dans les années 90 s'ils voulaient vraiment programmer Ferra. Fermons
07:22la parenthèse.
07:25Francesca Solville, elle va vous chanter trois chansons dont une qui est extrêmement importante, qui était très importante dans le
07:34cœur de Ferra et dans votre cœur, c'est Nuit et Brouillard.
07:36Mais d'abord, Robert le Diable, Nuit et Brouillard et j'entends. Voici Francesca, l'amie de Jean.
07:50Applaudissements
07:59J'en étais en vue qui s'en allèvent, ils ne demandaient que du feu.
08:06Ils se contentaient de si peu, ils avaient si peu de colère.
08:14J'entends leur voix, j'entends leur voix qui disaient des choses banales.
08:21Comme on en lit sur le journal, comme on en dit le soir chez soi.
08:28Ce qu'on fait de vous, hommes, femmes, vos pierres tendres, d'eau usée, et vos apparences brisées, vous regardez
08:44ma rache-lame.
08:50Les choses vont comme elles vont, de temps en temps la terre tremble.
08:57Le malheur au malheur ressemble, il est profond, profond, profond.
09:04Vous voudriez au ciel bleu croire, je le connais, ce sentiment.
09:11J'y crois aussi, moi, par moments, comme l'alouette au miroir.
09:18J'y crois parfois, je vous l'avoue, à n'en pas croire mes horaires.
09:28Je suis bien votre pareil, je suis bien pareil à vous.
09:39À vous, comme les grains de sable, comme le sang toujours versé.
09:47Comme les doigts toujours blessés, je suis bien votre semblable.
09:54J'aurais tant voulu vous aider, vous qui semblez autre moi-même.
10:01Mais les mots qu'au vent noir je sème, qui sait si vous les entendez ?
10:09Tout se perd et rien ne vous touche, ni mes paroles, ni mes mains.
10:18Et vous passez votre chemin, sans savoir ce que dit ma bouche.
10:30Votre enfer est pourtant le mien, nous vivons sous le même règne.
10:37Et lorsque vous saignez, je saigne et je meurs dans vos mêmes liens.
10:44Quelle heure est-il ? Quel temps fait-il ? J'aurais tant aimé cependant.
10:51Gagner pour vous, pour moi perdant, avoir été peut-être utile.
10:58C'est un rêve modeste et fou, il aurait mieux valu le temps.
11:09Vous me mettrez avec en terre, comme une étoile au fond d'un trou.
11:32C'est un rêve modeste, comme une étoile au fond d'un trou.
11:47En 1945, ils l'appelaient tous Robert le Diable.
12:03Tu portais dans ta voix, comme un chant de Nerval,
12:06Quand tu parlais du sang, jeune homme singulier.
12:13Scandant la cruauté de tes vers réguliers,
12:17Le rire des bouchées t'escortait dans les halles.
12:22Tu avais en ces jours cet accent de cajure,
12:26Que j'entends retâtir à travers les années.
12:32Poète de vingt ans d'avance assassinée,
12:35Et que vengeait déjà le blasphème et l'injure.
12:41Je pense à toi, Desnos, qui partit de Compiègne,
12:51Comme un soir en dormant, qui nous en fit récit,
12:59Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie.
13:05Là-bas, où le destin de notre siècle seigne.
13:16Debout sous un Porsche, avec un cornet de frites,
13:19Te voilà par mauvais temps, près de Saint-Méry.
13:25Dévisageant le monde avec effronterie,
13:28De ton regard pareil à celui d'Amphitrite.
13:35Énorme et palpitant d'une pâle buée,
13:38Et le sol à ton pied, comme au sein nu l'écume.
13:44Ce couvre de mégots, de crachats de légumes,
13:48Dans les pas de la pluie et des prostituées.
13:53Je pense à toi, Desnos, qui partit de Compiègne,
14:03Comme un soir en dormant, tu nous en fit récit,
14:11Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie.
14:17Là-bas, où le destin de notre siècle seigne.
14:27Et c'est encore toi, sans fin, qui te promène,
14:31Berger des longs désirs et des songes brisés.
14:36Sous les arbres obscurs, dans les Champs-Elysées,
14:40Jusqu'à l'épuisement de la nuit, ton domaine.
14:46Où la gare de l'Est est le premier croissant,
14:50Le café noir qu'on prend, près du percolateur.
14:55Les journaux frais, les boulevards pleins de senteurs,
15:00Les bouches du métro qui captent les passants.
15:05Je pense à toi, Desnos, qui partit de Compiègne,
15:15Comme un soir en dormant, tu nous en fit récit,
15:23Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie.
15:29Là-bas, où le destin de notre siècle seigne.
15:38La ville, un peu partout, garde de ton passage
15:42Une ombre de couleurs à si fronton salit.
15:48Et quand le jour se lève, au sacré cœur pâlit,
15:51Quand sur le Panthéon, comme un écarissage,
15:58Le crépuscule met ses lambeaux écorchés,
16:01Quand le vent hurle au loup, dessous le pont tout change.
16:07Quand le soleil au bois roule avec les oranges,
16:11Quand la lune s'assied de clocher en clocher.
16:17Je pense à toi, Desnos, qui partit de Compiègne,
16:26Comme un soir en dormant, tu nous en fit récit,
16:34Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie.
16:40Là-bas, où le destin de notre siècle seigne.
16:46Seigneur.
17:21Applaudissements
17:25Ils étaient vingt les cents, ils étaient des milliers,
17:30Nus et maigres tremblants dans ces wagons plombés,
17:34Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants.
17:38Ils étaient des milliers, ils étaient vingt les cents.
17:45Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres,
17:50Depuis longtemps leur thèse avait été jetée.
17:53Dès que la main retombe, il reste qu'une ombre,
17:58Ils ne devaient jamais plus revoir l'été.
18:04La fuite monotone et sans hâte du temps,
18:09Survivent encore un jour, une heure obstinément,
18:13Combien de tours, de brou, d'arrêts et de départ,
18:17Qui n'en finissent pas, pour piller l'espoir.
18:24Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel,
18:28Certains priaient à Jésus, Jéhovah ou Vichon,
18:32D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel,
18:36Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.
18:43Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage,
18:48Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux,
18:51Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge,
18:55Les veines de leur roi soient devenues si pleures.
19:03Les allemands qu'étaient du haut des Miradors,
19:07La lune se taisait, comme vous vous taisiez,
19:11En regardant loin, en regardant dehors,
19:15Votre chair était tendre, alors je suis un policier.
19:22On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours,
19:26Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour,
19:30Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire,
19:34Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare.
19:42Mais qu'ils ont que le taille à pouvoir m'arrêter,
19:46L'ordre s'est fait humaine, aujourd'hui c'est l'été.
19:50Je twisterais les mots s'il fallait les twister,
19:53Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez.
20:00Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers,
20:05Musée maigre tremblant dans ses vagons plombés,
20:09Qui déchirait la nuit de vos oncles battants.
20:13Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.
20:24Applaudissements
20:31Francesca, Francesca Solvig,
20:37Accompagnée au piano par Nathalie Fortin, qui était là.
20:43Applaudissements
20:52Applaudissements
20:53Merci Nathalie.
20:55Merci beaucoup.
20:59Applaudissements
21:08Francesca.
21:11Applaudissements
21:13Raconte-moi.
21:17Applaudissements
21:22Applaudissements
21:27Francesca, raconte-moi, raconte à la jeune génération qui est là, ils sont tellement nombreux.
21:33Le directeur du journal l'Humanité vient de me dire en coulisses que c'est la première fois dans l
21:37'histoire de la fête de l'Huma qu'il y a autant de monde un samedi après-midi.
21:41Merci d'être là.
21:43Applaudissements
21:44Applaudissements
21:44Raconte-moi, ta rencontre avec Jean.
21:49Raconte-moi en quelques minutes les cabarets Rive Rouge, le port du salut, les années 50.
21:54Comment tu l'as rencontré Jean ?
21:55Dans un cabaret Rive Gauche.
21:57D'ailleurs je l'avais entendu chanter dans un autre cabaret le même soir.
22:01Je me suis trompée parce qu'il y avait une chanson très jolie que j'avais entendue, il y avait
22:06Pierre Louqui.
22:07Et j'ai dit à Jean, est-ce que tu pourrais me donner cette chanson-là ? Je n'irai
22:12pas en Espagne.
22:13Il m'a dit, c'est pas de moi, c'est de Pierre Louqui.
22:16Bon, alors voilà, c'est tout.
22:17Donc on est devenus amis comme ça, et puis quand on est partis en tournée, il m'a emmenée en
22:23trègue.
22:23Je sais.
22:24Et voilà, c'était ma famille.
22:26Et quand il s'est arrêté un jour en Ardèche, il a décidé de ne plus repartir.
22:30Voilà.
22:31Je disais au public tout à l'heure qu'il ne sait pas, c'est une carrière sur scène très
22:34courte.
22:35Il s'est arrêté dans les années 75.
22:37Il en avait marre ?
22:38Ben, il en avait un peu marre.
22:40Parce que c'était devenu, venait de l'industrie, disons.
22:44Ouais.
22:44Tu vois, il fallait avoir des grands camions avec plein de sonos et tout ça.
22:48Et lui, il voulait rester un artisan.
22:49Et lui, il voulait rester un artisan, voilà, qui chantait pas comme ça, quoi.
22:55Je ne sais pas comment dire.
22:55C'était autre chose qu'une star.
23:00Francesca, tu as souhaité qu'on lise un petit texte de quelqu'un qui était une amie de Jean qui
23:07n'a pas pu être là aujourd'hui, mais qui a une pensée pour vous.
23:09C'est Juliette Gréco.
23:11C'est une amie de toujours également.
23:13Oui.
23:14Voilà ce que Juliette Gréco nous a envoyé tout à l'heure.
23:18Jean, bien sûr, ton regard si profond, si attentif à l'autre nous manque.
23:24Bien sûr, nous savons qu'il n'est plus question de nous rencontrer, de nous voir, d'échanger des idées
23:30et de rire ensemble.
23:32Mais tu es en dépit de tout cela plus vivant que jamais.
23:35Ta voix, tes mots, ta musique, ta force, tes combats, ton élégance, ta simplicité, ta vérité nous aide à continuer
23:42en rêvant que notre main est dans la tienne.
23:45Merci, Jean.
23:46Juliette Gréco, Gérard Jmanès.
23:52Merci, Francesca.
23:54Tu reviens tout à l'heure.
23:55Ils vont tous revenir tout à l'heure pour chanter avec vous la montagne, évidemment.
24:01Alain Leprest, maintenant.
24:05Vous connaissez Alain, bien sûr.
24:07Il a écrit des chansons avec Jean.
24:09Il va chanter une chanson en duo avec Clarica qui va revenir.
24:13Lui, c'est un vrai compagnon de route sur tous les plans de Jean Ferrat.
24:18Alain Leprest.
24:20Salut Alain.
24:43Partir en week-end à deux sur la mobe.
24:47Non, elle a plutôt pas qu'à ton balcon.
24:52Le garde-manger dans la garde-robe.
24:56La mariée qui pose aux photomathons.
25:00On n'était pas riche.
25:03L'avenir était sombre au corps de nos mains.
25:07Il y avait des saletés qui effaçaient les lignes.
25:11Mais on jouait la lune au 4-21.
25:14Et on remettait ça avec les consignes.
25:17On n'était pas riche.
25:25On détricotait nos vieilles chaussettes.
25:30Pour monter le col à nos pulos verts.
25:34Un froid par prendre avec des pincettes.
25:39Une maille à l'endroit.
25:41Une maille à l'hiver.
25:44On n'était pas riche.
25:47On mordait le froid avant qu'ils nous mordent.
25:51On voit plus très clair.
25:53Allume la grande ourse.
25:57Jougeux interdits.
25:58Rien que sur deux cordes.
26:01Chantons les canules.
26:03En claquant des pousses.
26:06On n'était pas riche.
26:12De bâtons dansants.
26:15Pour chauffer la piôle.
26:17Une cathédrale.
26:19Pour nous donner l'heure.
26:22Un vrai nid d'amour.
26:24En voyant tôle.
26:27Avec un coquin.
26:29Au crayon de couleur.
26:33Prêté par riche.
26:36Il semblait parfois.
26:38Qu'on touchait le malheur.
26:41Mais dans le désordre.
26:43Et du bout des doigts.
26:45Plus souvent que des rondes.
26:47C'était des peaux de fleurs.
26:50Qui tombaient quand on chantait.
26:53Sous les doigts.
26:56On n'était pas riche.
27:02On n'était pas riche.
27:04Et même un peu pauvre.
27:08Pauvre d'accord mais propre.
27:10Qu'il disait tonton.
27:14J'y croyais un peu.
27:16Et comme la foisseau.
27:19On était si pauvre.
27:22Qu'on en sentait bon.
27:25On n'était pas riche.
27:33Partir en week-end.
27:35À deux sur la mob.
27:39Noël a plutôt pas qu'à ton balcon.
27:44Le garde-manger.
27:47Dans la garde-robe.
27:49La mariée qui pose.
27:52Au photomaton.
27:57On n'était pas riche.
28:01On n'était pas riche.
28:05On n'était pas riche.
28:33On n'était pas riche.
28:57On avait un grand pull pour deux
29:01Un grand pull au verre d'amoureux
29:06Chacun son bras pour une manche
29:09Et chacun d'autre sur la hanche
29:13Au début il serrait un peu
29:20Un patient on guettait l'hiver
29:24Et des glaçons pleins les verres
29:28On tuait comme on dit le beau temps
29:31En tricotant de temps en temps
29:35Des petits petits pullovers
29:47Puis le temps a lâché ses mailles
29:52Et quand on ne fut plus de taille
29:55Pique-assiettes et pique-cœurs
30:01Sont soudain venus en squatteur
30:04Habité sous notre chandail
30:11Alors la flotte s'y est mise
30:16Jusqu'à la chair de nos chemises
30:20Le pull est devenu trop grand
30:24On a démonté quelques rangs
30:28Pour mieux fissoler nos valises
30:40Tellement il est tombé d'eau
30:43Sur le toit de notre tricot
30:47On a fini par y nager
30:51L'amour est ce drôle de berger
30:56Qui tend la laine sur le dos
31:01Un coup de pluie, un coup de fer
31:05Un coup d'endroit, un coup d'envers
31:08Et de cafards et de couteaux
31:12Nous voilà chacun sur le dos
31:14Une moitié depuis l'auver
31:19L'amour à la belle carapule
31:26Qui fait mine d'offrir un pur
31:30Il rembobine sa pelote
31:34À mesure que le tricote
31:39Les aiguilles de sa pendule
31:46On avait un seul pull pour deux
31:50Un grand pullover d'amoureux
31:55On avait un seul pull pour deux
32:01Un grand pullover d'amoureux
32:13Clarica
32:14On va applaudir Clarica
32:17Qui a chanté en duo
32:18Le pullover
32:20Avec Alain Leprince
32:22Et au piano
32:22Vous pouvez applaudir
32:23Nathalie Miravet
32:52J'ai peur des rues
32:53Des quais du sang
32:55Des croix de l'eau
32:56Du feu des becs
32:58D'un printemps fragilé cassant
33:00Comme les pattes d'un insecte
33:03J'ai peur de vous
33:05De moi j'ai peur
33:06Des yeux terribles
33:08Des enfants
33:08Du ciel des jours
33:10Des fleurs
33:11De l'heure
33:12Des mers
33:12De vieillir et du vent
33:17J'ai peur de moi
33:18J'ai peur de l'aile des oiseaux
33:19Du noir du silence et des cris
33:21J'ai peur des chiens
33:23J'ai peur des mots
33:24Et de l'auble qui les écrit
33:26J'ai peur des notes qui se chantent
33:29J'ai peur des sourires qui se pleurent
33:32J'ai peur des sourires qui se pleurent
33:32Du loup curle dans mon ventre
33:34Quand on parle de lui
33:35J'ai peur
33:38J'ai peur
33:40J'ai peur
33:41J'ai peur
33:44J'ai peur
33:47J'ai peur des cœurs
33:53Des pleurs de tout
33:54La trouille, les foies, la pétoche
33:56Les dents qui claquent
33:58Et les genoux
33:59Qui tremblent dans le fond des poches
34:01J'ai peur de deux et de fond quatre
34:04De n'importe quand n'importe
34:06De la maladie délicate
34:09Qui plante ses crocs sur tes joues
34:13J'ai peur du silence, des voix
34:16Tant remblant dans les magnétophones
34:19J'ai peur de l'ombre qui convoie
34:21Des poignées de feu vers l'automne
34:24J'ai peur des généraux du froid
34:26Qui fout droit l'épi sur le champ
34:28Et de l'orchestre d'une roi
34:31Sur la barque des pauvres gens
34:35J'ai peur
34:37J'ai peur
34:38J'ai peur
34:41J'ai peur
34:44J'ai peur de tout seul et d'ensemble
34:52Et de l'archer du violoncelle
34:54J'ai peur de la eau dans tes jambes
34:57Et d'une étoile qui ruisselle
35:00J'ai peur de l'âge qui n'épaisse
35:02De la pointe de son canif
35:04Le manteau bleu de la jeunesse
35:07La chair et les baisers vivent
35:11J'ai peur d'une pipe qui fume
35:13J'ai peur de ta peur dans ma main
35:16L'oiseau-lire et le poisson lune
35:18L'éclaire-pierre du chemin
35:20J'ai peur de l'acier qui arrisse
35:22Le mur des lendemains qui chantent
35:25Du ventre lisse où je me visse
35:27Et du drap glacé où je rentre
35:29J'ai peur
35:32J'ai peur
35:34J'ai peur
35:38J'ai peur
35:39J'ai peur de pousser la barrière
35:48De la maison des églantines
35:51Où le souvenir de ma mère
35:53Merse sans cesse un berceau vide
35:56J'ai peur des silences, des feuilles
35:58Qui prophétisent le terreau
36:01L'agneau verte comme un oeil
36:03Retourné au fond du cerveau
36:07J'ai peur de l'odeur des marais
36:10Palpitante dans l'ombre douce
36:12J'ai peur de l'aube qui paraît
36:14Et de mille autres qui la poussent
36:16J'ai peur pour tout ce que je sers
36:19Inutilement dans mes bras
36:20Contre l'horloge nécessaire du temps
36:23Qui me les reprendra
36:25J'ai peur
36:27J'ai peur
36:30J'ai peur
36:32J'ai peur
36:53Alain
36:54Le presse
36:56Trois chansons écrite avec Jean Ferrat
36:59On n'était pas riche depuis le verre
37:02Et j'ai peur
37:03Merci cher Alain d'être là
37:05Merci
37:05Comment on travaillait avec Jean quand on faisait des chansons ?
37:09Ça se passait comment ?
37:10D'abord on se voyait
37:12Puis je pense que c'est difficile d'écrire des chansons avec quelqu'un qui ne nous connaît pas
37:18Ou qu'on ne connaît pas
37:19Je pense qu'il s'est passé avec ce bonheur pour moi
37:24Quelque chose entre sa musique et mes mots
37:28Et que ce fut évidemment un bonheur, un honneur extraordinaire que d'avoir ce petit bouquet
37:36Qui comptait sur les fleurs, comptait sur un doigt de chansons qu'il m'a faites
37:41Voilà et puis avec tout ce qu'il m'a appris et toute la media qu'il m'a donné
37:4650 000 spectateurs
37:49Un samedi après-midi au Bourget
37:51Jean, là où il est, il aurait été très touché
37:54Alain Leprès qui va revenir tout à l'heure
37:56Car on va tous chanter ensemble tout à l'heure
38:01Alors lui c'est un personnage épatant
38:05Plein d'énergie, d'origine napolitaine
38:07C'est un enfant quelque part de Django
38:10Spécialiste du jazz manouche
38:11Il va chanter félicien, sacré félicien
38:15Il a existé sacré félicien
38:17J'ai vu Jean jouer au boule avec sacré félicien sur la plage d'Entreg
38:21Et puis il va chanter, vous savez, cette jeune fille
38:25Qui se prend pas pour une starlette
38:28Qui porte pas d'une lettre de soleil
38:30Qui travaille en usine à Créteil
38:32Mamon, ça vous dit quelque chose ça ?
38:34Sans Sévérino !
38:58Bonjour !
39:15Maman, elle joue pas Starlette
39:18Elle met pas de lunettes
39:20De soleil
39:21Elle pose pas pour les magazines
39:25Elle travaille à l'usine
39:26Elle travaille à l'usine à Créteil
39:28Dans une banlieue surpeuplée
39:32On habite un meublé
39:33Elle et moi
39:35Les fenêtres n'ont qu'un carreau
39:38Qui donne sur l'entrepôt
39:40Et les toits
39:56On va pas à Saint-Paul-de-Vence
39:58On passe toutes nos vacances
40:00À Saint-Ouen
40:02Comme famille
40:04On a qu'une marraine
40:05Quelque part on leur aide
40:07Et putain c'est loin
40:09Mais mamon
40:10Elle a ma Saint-Bergue
40:12Et je crois bien
40:13Que la Sainte Vierge
40:14Des églises
40:16N'a pas plus d'amour
40:18Dans les yeux
40:19Mais ne sourit pas mieux
40:21Quoi qu'on
40:43L'été
40:43Quand la ville s'en sommeille
40:46Chez nous y'a du soleil
40:47Qui s'attarde
40:49Et je pose ma tête
40:51Sur ses gros seins
40:52Je prends doucement sa main
40:54Et je la garde
40:56On se dit toutes les choses
40:58Qui nous viennent
40:59C'est bon comme du Verlaine
41:02On dirait
41:03On regarde combien de jours
41:05Et puis on fait l'amour
41:06En secret
41:24Maman
41:24Elle aime pas
41:25J'aime pas les starlets
41:26Elle met pas des lunettes
41:28De soleil
41:30Elle pose pas
41:31Pour les magazines
41:32Elle travaille
41:34En usine
41:35Où ça ?
41:36À Créteil
41:37Maman
41:38Elle joue pas les starlets
41:39Elle met pas des lunettes
41:43Elle pose pas
41:45Pour les magazines
41:46Elle travaille en usine
41:48Où ça ?
41:49À Créteil
41:50À Créteil
41:54À Créteil
41:57À Créteil
42:00À Créteil
42:14Merci

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