Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
CORONAVIRUS - En direct avec Mathilde Panot, députée La France insoumise du Val-de-Marne. Elle nous détaille quelques-unes des 11 mesures d’urgence proposées par La France insoumise.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Alors vous êtes députée du Val-de-Marne de la France
00:09insoumise et vous êtes en direct sur l'humanité qui informe tous les jours sur l'actualité du
00:13pays, du monde et sur l'épidémie de coronavirus en cours. La France insoumise a présenté 11
00:19mesures d'urgence pour faire face au coronavirus. La première appelle à débloquer 10 milliards
00:25d'euros pour notre système de santé. Vous appelez aussi à une prise en charge à 100% des personnes
00:30hospitalisées et à l'arrêt du forfait journalier. Concernant l'hôpital public, est-ce que les mesures
00:36annoncées par le gouvernement vous semblent suffisantes ? Non, elles ne le sont pas et c'est
00:42d'ailleurs pour ça qu'à l'Assemblée nationale, on a voté contre ce projet de loi des mesures d
00:48'urgence
00:48qui sont malheureusement très loin de l'enjeu dans lequel nous sommes. Alors pour l'hôpital public,
00:54ils ont prévu 2 milliards d'euros qui sont des dégels de crédit, donc ce n'est pas 2 milliards
00:58qu'on injecte directement. Et il faut toujours se rappeler que les soignants et les soignantes
01:03et les personnels hospitaliers étaient en lutte depuis déjà un an, donc déjà dans une souffrance
01:08extrêmement grande par manque de moyens. Depuis 2003, il y a eu 69 000 lits fermés. Depuis le début
01:16du quinquennat d'Emmanuel Macron, 8 000 lits fermés. Et puis on a cessé d'enlever des crédits
01:23et de demander des économies à l'hôpital public. Donc l'hôpital public était déjà
01:27en souffrance. Et là, on arrive en plus avec une situation de crise sanitaire qu'on connaît,
01:32qui nécessite encore plus de personnel. Et donc nous, nous disons que la première des
01:36choses, c'est de donner les moyens aux soignants et aux soignantes de faire leur travail et de
01:41ne pas oublier d'ailleurs l'ensemble du personnel. Quand on regarde, il faut des personnels qui
01:46aident pour enlever de l'administratif aux soignants. Il faut bien sûr des protections.
01:50Et là, on en est extrêmement loin. Notamment, beaucoup de soignants se plaignent de ne pas
01:55avoir les masques, les surblouses et autres qui sont nécessaires. Donc le gouvernement
02:00n'est pas à la hauteur de ce qu'il faudrait faire. Il faudrait mettre plus d'argent, ouvrir
02:04des lits et réquisitionner des entreprises pour qu'ils puissent créer d'urgence des
02:08masques, des respirateurs et tous ces matériels dont nous manquons aujourd'hui cruellement.
02:14Alors, vous appelez en deuxième objectif un masque par salarié dans le pays, sauf que
02:20les stocks sont vides. Que proposez-vous ?
02:23Alors, si les stocks sont vides, c'est déjà la première chose à dire. C'est malheureusement
02:27parce qu'on a appliqué des politiques d'austérité un peu partout. Et puis, la deuxième chose dont
02:33il faudra tirer les leçons aussi, c'est que nous n'avons plus de souveraineté sanitaire.
02:37Là, en France, il y a des salariés d'une usine qui s'appelle Luxfer qui sont en train
02:42de se battre parce qu'on est en train de fermer la dernière usine d'Europe qui se trouve
02:47donc en France qui produit de l'oxygène médical dont nous avons vitalement besoin aujourd'hui
02:52et que les actionnaires veulent délocaliser pour des raisons de profit. Ça a été la même
02:58chose sur les masques. Sur les masques, dans certaines usines qui produisent des masques
03:02en France, il y a eu jusqu'à cinq plans de licenciement depuis dix ans. Donc, on a réduit
03:07les effectifs, on a délocalisé en Tunisie et on se retrouve dans cette situation où on n'a
03:11pas assez de masques. Nous, ce qu'on dit, c'est que maintenant que nous sommes dans
03:15cette situation-là, il faut réquisitionner d'urgence toutes les entreprises qui peuvent
03:19aider dans le combat que nous sommes en train de mener et notamment les entreprises de textiles
03:24qu'on peut reconvertir pour faire à la fois des masques, à la fois des surblouses et qu'il
03:29faut le faire urgentement parce qu'on n'a pas seulement besoin pour la France d'avoir
03:33des masques mais aussi pour aider à l'étranger ensuite. Parce que notamment, moi j'ai des nouvelles
03:37de militants d'Afrique du Nord où ils sont en train de se débrouiller avec les moyens
03:43du bord pour essayer de créer des masques, de créer déjà l'hydroalcoolique. Et la France
03:47doit aider ces pays-là, c'est aussi son devoir puisque ça nous concerne toutes et tous dans
03:54cette crise que nous vivons. Et ce que nous disons, et ce que nous avons demandé, nous
03:58n'avons eu de cesse de demander ça à l'Assemblée nationale, c'est de dire maintenant, l'État
04:03doit prendre ses responsabilités en lien avec les syndicats et les travailleurs et
04:08travailleuses qui doivent s'auto-organiser pour décider, pour dire que seuls les secteurs
04:13vitaux doivent continuer, les secteurs essentiels. Alors ils nous disent « ça, c'est pas possible ».
04:18Ah ben c'est pas possible, mais la preuve, l'Italie vient de le mettre en place il y a
04:20deux jours parce qu'il n'arrive pas à lutter contre la contagion du virus. Donc si c'est possible
04:25de le faire, et ceux qui savent ce qu'on doit arrêter et ce qu'on peut continuer, ce sont
04:29les travailleurs et travailleuses de ce pays. Ça c'est la première des choses. Et puis
04:33la deuxième des choses, c'est de dire que toutes les personnes qui travaillent doivent
04:36pouvoir être protégées. Donc il faut que l'on produise d'urgence des milliards de
04:41masques pour pouvoir être à la hauteur de la situation. Et nous pouvons le faire parce
04:45que si la France, cinquième pays en termes de richesse au monde, ne peut pas le faire,
04:50alors on a quand même un vrai problème sur cette question.
04:54Alors trois travailleurs sur cinq ne peuvent pas télétravailler. Donc souhaitez-vous
05:00que le Parlement définisse la liste des activités essentielles et l'obligation de la fermeture
05:05de certaines entreprises pour protéger les salariés ?
05:08Oui bien sûr, parce que là il y a des choses complètement contradictoires qui sont dites
05:12par le gouvernement. D'un côté il dit aux gens « restez chez vous, confinez-vous »,
05:16de l'autre côté il dit aux gens « allez travailler ». Donc plus personne ne comprend rien.
05:19Et aujourd'hui il y a des salariés qui sont obligés de continuer à travailler,
05:23je ne sais pas, dans le secteur automobile, je pense aussi aux pseudo-indépendants que
05:29nous on voudrait qu'ils soient reconnus comme salariés, c'est-à-dire les salariés
05:32des plateformes, notamment Uber, Deliveroo, qui continuent à travailler dans des conditions
05:37non sécurisées et sur des secteurs qui franchement ne sont pas toujours essentiels.
05:41Qu'on continue à livrer par exemple les personnes âgées, les personnes qui ne peuvent
05:46pas se déplacer, on est d'accord. Mais livrer une pizza à quelqu'un, je pense
05:51que ça ce n'est pas du vital aujourd'hui. Et donc on doit pouvoir, l'État en lien
05:56avec les travailleurs et les syndicats, doit pouvoir établir cette liste parce qu'aujourd'hui
06:02plus que jamais on a besoin d'une planification de la mobilisation sanitaire, on a besoin
06:06d'organiser. Parce que lorsqu'on laisse libre cours au marché comme on a fait depuis des années,
06:11on arrive à la catastrophe dans laquelle on est aujourd'hui, c'est-à-dire faire en fait
06:15une gestion de la pénurie. C'est ça qu'on est en train de faire actuellement. Il faut
06:19arrêter ça. Et ce qu'on doit apprendre de cette crise justement, c'est que l'économie
06:23ça s'organise, il ne faut pas laisser les employeurs décider seuls de qui doit continuer
06:28à travailler ou non.
06:31Et concernant le maintien des salaires durant cette période, que proposez-vous ?
06:36Alors nous, on a fait des propositions et notamment on a défendu des amendements à
06:40l'Assemblée pour que les personnes qui sont au chômage partiel, c'est-à-dire tous
06:45ceux qu'on considérait comme non essentiels aujourd'hui et qui doivent rester chez eux,
06:50puissent être rémunérés dans ce temps de crise à 100% de leur salaire actuel pour
06:55les indépendants que ce soit calculé sur la base du revenu moyen et à ne pas oublier
07:02aussi les intermittents qu'il faut rémunérer aussi puisqu'ils sont aujourd'hui dans l'incapacité
07:08de tenir les différents événements culturels auxquels y participer.
07:12Donc nous, nous avons porté ces amendements-là en disant, le temps que dure cette crise,
07:16il faut que tout le monde puisse conserver le salaire auquel il avait le droit avant
07:22parce que cette crise, elle va aggraver les inégalités déjà extrêmement fortes de richesse
07:27dans notre pays et elle va mettre en difficulté des gens qui n'auront aucun revenu ou un revenu
07:34abaissé alors même qu'on sait qu'aujourd'hui, le revenu minimum, le salaire minimum et autres
07:41ne sont pas suffisants pour vivre correctement.
07:44Donc il faut assurer que toutes les personnes au chômage partiel soient à 100%.
07:48Et puis la deuxième des choses qui est quand même très importante et c'est pourquoi nous
07:52avons voté contre aussi ces mesures d'urgence, c'est de dire qu'il faut payer les heures
07:59supplémentaires, notamment des soignants.
08:01Parce que vous avez vu, il y a une attaque très forte qui est faite aux droits des salariés
08:05quand on dit, nous on a dit, on veut que vous réclablissiez l'ISF, l'impôt de solidarité
08:09sur la fortune.
08:10On a besoin d'argent immédiatement.
08:12Eh bien, tout le monde doit contribuer à hauteur de ses moyens, il faut continuer par
08:15les plus riches.
08:16Ils nous refusent ça mais par contre, ils disent, les employeurs pourront unilatéralement
08:20prendre, alors au départ c'était sur les congés, maintenant ils doivent le faire
08:23s'il y a un accord de branche, on a déjà gagné ça, c'est pas beaucoup mais, et sur
08:28les jours, ils peuvent prendre par contre unilatéralement sur les jours de congés
08:31pendant que les gens sont confinés.
08:33Nous ne sommes pas d'accord avec ça.
08:35Ce n'est pas le moment de détruire nos conquêtes sociales, ce qui fait que justement
08:40on a des droits qui nous permettent de mieux vivre.
08:44Ce n'est pas le moment de faire ça et c'est pour ça aussi que nous avons voté contre
08:47ces mesures d'urgence et nous voulons donc qu'au lieu d'enlever des jours de repos,
08:54on puisse avoir des gens qui gardent un revenu équivalent à ce qu'ils avaient avant et puis
08:58surtout qui gardent leurs congés et leurs jours de repos.
09:01Alors, vous appelez aussi à la gratuité des quantités nécessaires au bien-être pour
09:07l'électricité, l'eau, le gaz, pour toutes et pour tous et à plusieurs autres mesures
09:13exceptionnelles dont l'encadrement des loyers et la prise en charge totale par l'État
09:17des frais d'obsèque des personnes décédées du fait du virus.
09:22Est-ce réellement nécessaire ?
09:24Oui, je pense.
09:26Notamment, on s'est aussi beaucoup inspiré dans ces mesures d'urgence qui sont l'idée
09:30de dire aussi, même en temps de crise sanitaire, nous sommes l'opposition et nous devons rester
09:35l'opposition pour montrer qu'il y a toujours d'autres chemins possibles.
09:39Et une de ces mesures, notamment celle sur les loyers, vient directement de la Confédération
09:44nationale du logement qui dit, si par exemple les gens sont payés à 80% de ce qu'ils
09:50étaient payés auparavant, alors ils doivent payer 80% de leurs loyers, ce qui est une
09:54mesure de bon sens et qui évite l'appauvrissement de gens qui auraient une charge extrêmement
09:59forte sur les loyers.
10:01Et notamment, moi je suis élue d'Ile-de-France, je sais le montant des salaires et des revenus
10:07des gens qui le mettent dans le loyer. Donc je pense que c'est très important de
10:10ne pas avoir des personnes qui se retrouvaient en difficulté en ce moment-là.
10:15Puis l'autre chose, c'est la question de cette électricité, le gaz et l'eau indispensables
10:22à la vie digne. Vous imaginez dans cette période si des gens ont des difficultés financières
10:28et que comme on le fait à 572 000 familles par an, on coupe l'électricité alors que
10:33vous êtes confinés chez vous, le drame social et les drames sociaux qui vont arriver.
10:38Donc oui, je pense qu'il est extrêmement important de prendre ces mesures qui sont
10:43des mesures de bon sens, qui sont des mesures d'urgence sociale.
10:47Et concernant enfin la gratuité pour les personnes décédées par le coronavirus, je pense que là
10:55aussi c'est une mesure de dignité. On sait combien coûte cher justement l'enterrement
11:01ou l'incinération d'une personne en temps normal. Mais alors en plus en ces temps de crise
11:07où malheureusement des personnes meurent et vont mourir, il est important que là aussi
11:12l'État soit aux côtés de ses familles endeuillées pour qu'il n'y ait pas une charge supplémentaire
11:17au moment où leurs revenus peuvent être amoindris.
11:20Alors vous appelez également aussi à la réouverture des plannings familiaux et à la garantie du
11:28maintien de l'accès aux interruptions volontaires de grossesse sur le territoire, ainsi qu'à
11:32des dispositifs étendus pour les femmes victimes de violences. Car le confinement ne
11:37résout pas ces questions. C'est bien ça ?
11:41Oui, exactement. Pour les femmes victimes de violences et je rajouterais même les enfants
11:45parce que déjà le confinement, il faut comprendre qu'on nous met un peu dans une situation comme
11:52si tout le monde était en prison. Avec des effets psychologiques qu'il ne faut pas méconnaître
11:59et qu'il ne faut pas sous-estimer puisqu'on a déjà et on va avoir des effets psychologiques
12:04extrêmement forts pour l'ensemble de la population, une souffrance mentale parce que ce n'est pas
12:09l'instinct naturel de l'être humain que de rester dans un endroit. Et d'ailleurs je pense
12:14qu'il faut avoir une pensée particulière parce que le confinement il aggrave les inégalités
12:19pour les familles qui sont en surnombre dans leur logement, les familles qui vivent dans
12:23des logements indignes. Une maman par exemple m'a écrit pour me dire qu'elle était seule
12:28avec ses deux enfants autistes confinés. Il faut imaginer parfois les situations extrêmement
12:33graves dans lesquelles vont se trouver ou se trouvent déjà des personnes. Donc cette
12:40situation de confinement pour tout le monde elle engendre une souffrance mentale. Mais alors lorsqu'il
12:45y a des cas de violences, que ce soit sur les femmes ou sur les enfants dans le confinement,
12:51vous ne pouvez pas échapper à votre bourreau. Donc il est très important de penser comment nous
12:57allons accompagner ces femmes, comment elles peuvent lancer l'alerte, comment on peut les
13:01soustraire justement à ces violences qui sont faites. Et puis à contrario de ça sur les droits des femmes et
13:06notamment le droit à l'avortement, si les plannings familiaux sont fermés, on ne sait
13:11pas combien de temps va durer ce confinement. Mais on se doute que pour certaines femmes,
13:15ça va leur faire passer le délai de pouvoir choisir elles-mêmes et de pouvoir être souveraines
13:22sur leur corps et sur leur vie. Donc là aussi il faut le penser et l'imaginer et pouvoir mettre
13:28en place des solutions pour ne pas laisser des femmes en situation de droit qui du coup ne deviendraient
13:34plus réelles. Concernant la scolarité des élèves confinés, que proposez-vous ?
13:42Alors sur la scolarité, il y a beaucoup de parents je pense qui commencent à comprendre
13:49à quel point être professeur est un métier puisqu'ils se retrouvent à devoir faire cours
13:56en classe avec là aussi des disparités extrêmement fortes entre les familles. Si vous avez des parents
14:02qui vont travailler, si vous avez des parents qui parfois sont illettrés, si l'enfant est
14:08beaucoup plus en difficulté. Donc nous, ce qu'on demande, c'est que les examens puissent
14:12être reportés pour que, au moment de la fin du confinement, les enfants, quelle que soit
14:18la situation familiale dans laquelle ils sont, puissent refaire le programme et ne pas compter
14:25seulement sur l'apprentissage qu'il y a eu pendant cette période qu'ils ont fait en lien
14:30avec les parents. Donc ça, c'est la proposition qu'on fait pour qu'on n'ait pas beaucoup d
14:38'enfants
14:38qui soient défavorisés par les conditions moins favorables qu'ils aient dans leur famille
14:43pour pouvoir étudier et apprendre et s'émanciper comme citoyens et citoyennes.
14:48Et concernant les annonces qui ont été faites pour les prisons, sont-elles suffisantes ?
14:55Est-ce que vous pouvez déjà nous les rappeler et sont-elles suffisantes à vos yeux ?
14:58Alors, sur les prisons, sur les annonces qui ont été faites, la garde des Sceaux a annoncé
15:05qu'ils allaient libérer 5000 personnes qui étaient soit en courte peine, soit qui, pour des raisons
15:12de comportement, avaient des remises de peine et donc pouvaient sortir plus tôt.
15:18Et puis, la deuxième mesure forte qui a été annoncée, c'est la fin des parloirs notamment,
15:25ce qui pose des vrais soucis pour pouvoir garder le lien entre les familles de détenus et les détenus.
15:31Moi, je pense qu'il faut aller même plus loin, c'est-à-dire qu'il faut sortir le plus
15:36de monde possible de prison.
15:37Vous savez qu'on est en surpopulation carcérale, donc il y a déjà une personne qui est morte dans la
15:44prison de Fresnes.
15:45Et vous imaginez bien la contamination, à quel point elle va aller extrêmement vite si une des personnes est contaminée
15:52dans ce moment de surpopulation. Donc, il faut faire sortir les gens de prison, ça c'est le plus possible.
15:58Il faut faire des amnesties sur des personnes si on ne veut pas avoir une hécatombe dans les prisons.
16:04La deuxième des choses, c'est que nous, nous nous battons pour qu'il y ait le téléphone gratuit
16:11pour les prisonniers et prisonnières, pour qu'ils puissent garder le lien avec leur famille
16:17parce que sinon, ce lien va être rompu.
16:21Et je voudrais attirer l'attention, pour terminer, sur quelque chose qui me paraît très important.
16:25On a porté deux amendements dessus, nous et le groupe socialiste d'ailleurs aussi,
16:30pour qu'on fasse sortir les gens de centres de rétention administratives
16:34qui sont pour le coup des gens qui, à part n'avoir pas de papier, n'ont absolument commis aucun
16:38délit
16:39et qui sont enfermés dans ces centres de rétention administratives,
16:42ce qui là aussi est extrêmement dangereux pour eux, dans des conditions sanitaires qui parfois ne sont pas très dignes.
16:49Et nous demandons à ce que toutes les personnes puissent être sorties des centres de rétention administratives.
16:54Ça nous a été refusé par la rapporteure et par la ministre.
16:58Et les socialistes avaient déposé un amendement où la collègue socialiste leur avait même dit
17:03je vous en supplie d'accepter cet amendement, ne permettez pas qu'il y ait des nouvelles personnes
17:09qui aillent en centre de rétention.
17:10Et même là-dessus, non réponse de la ministre et non réponse de la rapporteure pour dire défavorable.
17:16Ils ont juste dit ça.
17:17Et ça, je trouve que c'est d'une inhumanité incroyable.
17:20Donc oui, nous devons sortir le plus possible de personnes de ces établissements
17:25parce que, évidemment, la promiscuité fait que la contagion du virus pourra être très forte
17:32et donc le taux de personnes qui vont mourir aussi.
17:36Et ça ne respecte pas les droits humains les plus basiques des personnes enfermées.
17:40D'accord.
17:42Alors, Jean-Luc Mélenchon a déclaré vouloir que le monde d'après la pandémie de Covid-19 commence maintenant.
17:50Quel sens donnez-vous à ces propos ?
17:53Alors, quand on regarde déjà la situation actuelle, même si l'heure du bilan va arriver au fur et à
18:00mesure.
18:01Là, on est vraiment dans les mesures d'urgence.
18:04Mais c'est de dire que pendant des années, on a considéré, notamment sur la question de santé,
18:09que la santé pouvait être ouverte à tout marché, qu'on pouvait continuer à ouvrir et à réduire les coûts
18:17d'absolument tout.
18:18Et puis là, on s'aperçoit avec cette crise que, en fait, non, la santé est un bien commun
18:22et qu'on ne peut pas l'ouvrir au marché comme ça a été fait, qu'on ne peut pas
18:26constamment réduire les coûts.
18:28Ce matin, j'écoutais Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, qui disait qu'il faut que 2 000 personnes
18:34aillent aider les agriculteurs et les paysans à faire les récoltes
18:37et à inciter les Français et les Françaises à consommer français pour que les agriculteurs français ne soient pas en
18:45difficulté.
18:45C'est quand même intéressant de voir que celui qui a, pendant deux années, défendu mordicus le libre-échange, c
18:53'est-à-dire le fait d'aller d'un endroit à l'autre,
18:58à des milliers de kilomètres de là, de transporter des marchandises en encourageant le grand déménagement du monde, c'était
19:04fini.
19:04Là, on se rend compte qu'on a besoin d'avoir une souveraineté alimentaire, une souveraineté sanitaire.
19:12Donc, on a besoin de relocaliser des choses et justement d'arrêter avec ce monde où tout est à concurrence,
19:20alors qu'il faudrait, au contraire, reconstruire un monde de solidarité et de fraternité dont nous avons absolument besoin.
19:26Donc, ce que nous disons, c'est que contrairement à ce qu'ils disent sur « rien ne sera pareil
19:32après cette crise »,
19:34nous nous disons « il faut commencer maintenant ».
19:35Et « il faut commencer maintenant », ça veut dire que concrètement, on ne va pas lutter contre une pandémie
19:40aussi dangereuse soit-elle,
19:42avec moins de justice sociale et avec moins de démocratie.
19:45Ce que nous reprochons au gouvernement actuellement, c'est de dire qu'on a pratiquement les pleins pouvoirs qui sont
19:52donnés au gouvernement,
19:53avec non pas au bout de 12 jours, comme c'est le cas dans un état d'urgence classique, mais
19:59au bout d'un mois, un vote du Parlement.
20:01Donc, le Parlement va être absent pendant un mois de tout contrôle du gouvernement, sauf les questions gouvernement, mais bon,
20:06ce n'est pas très lourd.
20:08On a besoin de démocratie sociale, c'est-à-dire que les travailleurs et les travailleuses puissent s'auto-organiser
20:13et décider de la suite.
20:14Et on a besoin de justice sociale, c'est-à-dire de commencer par faire contribuer celles et ceux qui
20:20ont le plus de moyens, et notamment les plus riches du pays.
20:23Donc oui, cette crise, elle nous apprend que nous ne pouvons pas continuer comme avant, et que d'ores et
20:28déjà maintenant, dans le choc profond que vit notre pays,
20:31nous devons commencer à appliquer d'autres méthodes, parce que ce ne sont pas avec les recettes du passé qu
20:37'on arrivera à surmonter cette crise.
20:39– D'accord. Comment ça se passe à l'Assemblée nationale ? Les mesures de précaution sont prises ?
20:47Est-ce que vous pouvez nous détailler un petit peu comment ça se réalise ?
20:52– Alors, à l'Assemblée nationale, il a été demandé à chaque groupe de faire venir, de restreindre le nombre
20:58de personnes qui venaient
21:00pour s'assurer que les gestes barrières puissent être respectés et qu'on ne met en danger ni les députés,
21:06ni surtout le personnel de l'Assemblée.
21:09Donc, pour chaque groupe, il y a le président ou la présidente du groupe qui peut venir et deux députés
21:14seulement.
21:14Donc, nous ne sommes que trois fois huit, plus, de temps en temps, un député ou deux députés non inscrits
21:21qui peuvent être présents.
21:23Donc, nous sommes très peu nombreux dans l'hémicycle pour être sûrs de respecter les distances de sécurité.
21:28Bon, il y a des désinfections régulières de l'hémicycle, de nos micros.
21:32Donc, tout est assuré et c'est bien la preuve que le Parlement peut et doit se réunir.
21:38Et on l'a montré, là, on a siégé pendant quatre jours, parfois même jusqu'à 3h45 du matin.
21:43Et donc, il n'y a aucune raison de donner les pleins pouvoirs à ce gouvernement, qu'il y a
21:48besoin de ce contrôle démocratique.
21:51Et tout est assuré pour que, bon, il n'y a aucune restauration collective, la buvette parlementaire est fermée, on
22:00nous donne des sandwiches.
22:01Tout est assuré, en tout cas, pour que le Parlement puisse travailler.
22:04Et nous sommes prêts à toute heure à venir au Parlement pour venir discuter et ainsi faire en sorte que
22:10la démocratie puisse continuer,
22:11parce qu'on n'arrivera pas à résoudre cette crise avec de l'autoritarisme, ou en tout cas les pleins
22:17pouvoirs au gouvernement.
22:17Je pense que c'est tout le contraire de ce que nous devons faire.
22:21Alors, un dernier point, vous voulez aussi rétablir l'ISF, bloquer les prix à la consommation, effectuer des nationalisations.
22:30Cette crise appelle, selon vous, à un changement économique global ?
22:36Évidemment, on a un système économique qui a été organisé depuis des années au profit d'une petite minorité qui
22:44continuait à se gaver et au détriment de la majorité sociale du pays.
22:50Donc là, il va falloir renverser cette logique complètement.
22:52Ça, c'est la onzième urgence qu'on a appelée l'urgence contre la spéculation et contre les profiteurs,
22:59parce que dans la situation actuelle, on va se retrouver, si on ne prend pas ces mesures d'urgence,
23:04avec des personnes qui vont se faire énormément d'argent sur cette crise.
23:09Que ça soit les laboratoires, que ça soit aussi des cliniques privées, par exemple.
23:15Nous, on dit que les cliniques privées doivent être réquisitionnées comme les hôpitaux publics,
23:20mais à ce moment-là, ils n'ont pas le droit de surfacturer sur les repas, sur quoi ils surfacturent,
23:26parce que s'ils ne s'alignent pas sur le service public, alors c'est juste se faire de l
23:31'argent sur la crise sanitaire que nous vivons.
23:36L'impôt de solidarité sur la fortune, ça me paraît être une évidence,
23:39puisqu'on peut récupérer ainsi 3 milliards d'argent qui ont été indûment donnés à des gens qui n'en
23:46avaient pas besoin.
23:47Donc oui, il faut d'urgence arrêter celles et ceux qui veulent se gaver sur notre dos,
23:53qui se sont gavés pendant des années en détruisant absolument tous nos services publics,
23:57et remettre l'argent là où elle doit être, au service de l'ensemble des citoyens et citoyennes français.
24:03Merci Mathilde Panot.
24:04Merci à vous, bon courage.
24:06Merci. Donc je rappelle, vous êtes députée à la France Insoumise du Val-de-Marne,
24:10et vous étiez en direct avec l'Humanité, qui informe tous les jours sur l'actualité du pays, du monde,
24:15et sur l'épidémie de coronavirus en cours.
24:19Merci, à bientôt.
24:20Merci.

Recommandations