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  • il y a 12 heures
Alban Azaïs, producteur réalisateur sur RMC radio mais aussi délégué syndical CGT au sein du groupe média NextRadioTV nous dévoile les motivations du milliardaire Patrick Drahi, propriétaire du groupe Altice (BFM, RMC, SFR). Le magnat des médias vient d'annoncer un plan social dévastateur sur son groupe. Entretien.

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Transcription
00:08On l'a appris jeudi, vendredi dernier, par un courriel qui a été envoyé aux abonnés Canal,
00:14de la part de Canal, qui leur précisait que la chaîne RMC Sport News s'arrêtait à partir du
00:192 juin. Et donc cet élément est vite remonté sur les salariés qui du coup ont eu une inquiétude
00:25légitime. Et c'est comme ça qu'on a eu les premiers éléments de connaissance de ce
00:30qui a été annoncé plus tard cette semaine, du plan et de la réorganisation à venir.
00:40Je vous ai expliqué, sans préciser le nombre de personnes, l'endroit, mais que la situation
00:47de l'entreprise portait maintenant à devoir réorganiser et à affirmer certaines de nos
00:53valeurs plus fortement autour des marques RMC et BFM.
00:57Globalement, c'est 1500 salariés aujourd'hui pour Next Radio TV, dont environ, mais vraiment
01:05c'est des chiffres larges, mais 200 précaires journalistes et intermittents.
01:12Donc, on nous a présenté un plan qui nous a mené, vu la stratégie, à devoir effectivement
01:18réduire les effectifs. Donc, on nous a expliqué qu'en fait, il y aurait dans ce plan une partie
01:25volontaire qui permettrait aux postes, j'imagine, qui seront ciblés dans le futur plan qui pourrait
01:31prendre la forme d'un PSE classique, ce qu'on connaît aujourd'hui. Donc, avant de
01:38faire ce PSE, il y aurait une partie volontaire avec, j'imagine, un nombre de salariés, des
01:43postes déterminés, dans lesquels des gens qui souhaiteraient partir, pourraient le faire.
01:51On nous a expliqué que le marché des droits télé particulièrement était un marché qui
01:56était difficile, sur lequel il n'y avait pas énormément d'acteurs et que ça a mené
02:01avec des droits télé qui portaient à être montés d'un an année après chaque candidature
02:07et que ce n'était pas forcément une stratégie dans laquelle on s'était inscrit, oui, mais
02:13qui, à terme, n'est peut-être pas bonne pour nous en tant que médias. C'est-à-dire
02:18qu'on n'aura pas les moyens de suivre, pas que d'un point de vue financier, mais il y
02:24aura des difficultés sur ce marché-là. Donc, le sport, ce n'est pas que les droits télé.
02:28Et donc, on a une stratégie qui va amener à réorienter tout l'éditorial du sport autour,
02:35bien sûr, des lives, mais de ce qu'on sait faire historiquement, donc plus la radio et
02:41un traitement autour de shows, autour de la radio.
02:44Pourtant, Monsieur Patrick Drahi a été particulièrement offensif sur les droits télé, puisque c'est lui
02:51qui avait quand même surenchéri et affolé un petit peu le marché il y a quelques temps.
02:58Effectivement, c'était aussi, et ça fait partie des explications, mais c'était la stratégie
03:02il y a maintenant trois ans, pratiquement, quand à la fois Altix s'est rapproché d'un
03:07extra radio et quand à la fois SFR avait besoin de reconquérir des abonnés. Et là, on ne
03:14l'a pas clairement dit, mais là, c'est mon analyse et l'analyse de beaucoup, c'est que ça
03:18a
03:19participé à faire revenir les abonnés, à faire une vraie promesse pour les abonnés
03:23SFR et l'intérêt média stricto senso, il est difficile à trouver parce que ça coûte
03:30cher en termes de droits et donc effectivement, on se positionne sur plus d'une période de
03:38trois ans. Ça amène forcément à suivre en termes financiers les montants qui sont présentés
03:41et qui pour aujourd'hui Altix, je crois, ne correspondent plus à ce qu'ils veulent faire.
03:50Il a été annoncé déjà dans la presse et tout ça, qu'il y avait une forte réduction
03:54déjà dans ce plan du recours à ce qui peut être l'intermittence ou l'épigiste.
04:03Là, pour l'instant, rien n'est avancé, à part ce chiffre de réduire de 50%. Pour
04:08nous, il va être important dans ce futur plan, quoi qu'on en dise, mais au regard notamment
04:13de ce qui s'est fait sur le chômage partiel, de pouvoir considérer des pigistes et des intermittents
04:17réguliers qui ont travaillé avec nous pour pouvoir les intégrer. Là, je parle pour
04:22la CGT, mais je pense que l'inter-syndicale suivra sur cette revendication, mais dans un
04:26futur plan parce qu'effectivement, c'est eux qui vont subir, c'est un peu les premiers
04:30à subir l'après-crise.
04:35Toutes ces chaînes se situent dans ce qu'on appelle la pay TV, c'est-à-dire il y a
04:38deux
04:38modèles. Il y a la télévision qui est payée par la publicité à 100%, donc c'est le modèle
04:45de BFM TV pour faire rapide, RMC Découverte, RMC Story. Et puis, il y a un autre modèle
04:51qui est donc la pay TV, qui est lié en fait à un contrat de prestation. En fait, RMC Sport
04:57News au départ, et pour nous dans les médias, une prestation de SFR éditeur qui veut fournir
05:04à ses abonnés un contenu premium, et donc tout cela avec les droits et tout ça. Donc,
05:10sur les deux millions d'abonnés, peut-être au sein des chiffres des abonnés SFR, mais
05:14je ne peux pas confirmer, je ne sais pas, dans tous les cas, le modèle économique n'était
05:19pas le même. C'est-à-dire que le modèle économique était lié aussi à une volonté
05:26d'Altis de vouloir mettre pour ses abonnés SFR un contenu premium auquel RMC Sport News
05:33participer. Et maintenant, comme je crois que c'est clair, mais sur les droits sportifs,
05:38comme on n'a pas pris le nouveau contrat UFA pour les prochaines années, on va devoir
05:45réduire les programmes.
05:50Le CSA s'est prononcé pour une prise de contrôle d'Altis Média, donc de Mextradio
05:55TV, pour la partie Via Occitanie, qui sont quatre chaînes, Toulouse, Perpignan, Montpellier
06:01et Nîmes. Il y a au-delà de ces quatre chaînes, dans l'avis du CSA, une vingtaine de chaînes
06:08du réseau Via. Et là, je pense qu'effectivement, à terme, le but c'est d'acquérir ou de faire
06:14des partenariats stratégiques pour développer un des points forts qui est le fait de pouvoir
06:21transférer le modèle de BFM TV en région pour être plus proche des cibles et décrocher
06:28des marchés publicitaires aujourd'hui qui ne sont pas ouverts, qui sont les marchés
06:31publicitaires locaux, qui sont réservés soit à la presse régionale quotidienne, soit
06:38aux radios aujourd'hui. Il y a dans le secteur de l'information locale qui était
06:45majoritairement maintenu aujourd'hui par le service public, la proximité de France 3
06:49en télé du moins. Aujourd'hui, il y a un désengagement, je crois, de France Télévisions
06:55qui est marqué, une refonte du moins des régions avec moins de proximité. Et donc, en même
07:02temps, sur ce même marché-là, il y a deux opérateurs comme nous, Altice, avec BFM Région,
07:08qui s'installe parce que j'imagine que le marché est là et qu'il y a un repositionnement
07:14des acteurs. Il y a aussi un projet, je crois, du côté de TF1 qui est très intéressé.
07:19Donc, je pense que c'est un marché qui est en croissance en termes de valeur pour la publicité
07:25et qui pousse les acteurs aujourd'hui privés à venir sur ce qui était avant réservé à
07:31la télévision publique. Pourtant, on peut se dire que pour la pluralité de la presse,
07:36de l'expression, avoir plusieurs médias en local, ça peut participer justement à une
07:43émulsion des idées et tout ça. Mais pour être concret, nous, on pense que le marché
07:49n'est pas extensible, que ça va être un jeu à qui va engager les salariés le moins
07:56cher dans un modèle économique qui n'est pas celui qui existe aujourd'hui, avec peut-être
08:01un marché aussi de l'information, voire de la publicité, voire l'actualité tout
08:06simplement, mais qui ne se prête pas non plus à avoir trois acteurs qui font 24 heures
08:13d'actu sur des zones bien déterminées. Il y a aussi, et France 3 sans porter vraiment,
08:19je pense, le vecteur, il y a aussi est-ce que les opérateurs privés auront pour eux l'intérêt
08:26d'aller faire vivre tout ce qui est le patrimoine des régions, tout ce qui est la connaissance
08:31locale, enfin, on a aussi peur que ça soit là, dans ce cadre informatif, là, le modèle
08:38de BFM-Bion, donc très réduit, des journaux d'infos qui sont portés sur le local, une
08:44actualité politique, oui, des fois, quand ça s'y prête, mais il n'y a quand même
08:48pas une présence importante comme pouvait l'être à l'époque TLM avec une grille importante
08:54au quotidien de direct.
09:01En peu de temps, on va se délester d'une partie médias, que ce soit presse ou audiovisuelle,
09:07ça faisait partie quand même de pas mal d'investissements qui avaient été mis par
09:11Patrick Drahi ces dernières années. Au-delà de la question pour Libération que ça peut
09:17poser dans ce modèle-là qui est présenté comme étant porteur pour eux peut-être d'un
09:22avenir qui sera meilleur. Il y a quand même un désengagement avec une séparation de
09:27structures qui pose question et qui, largement au niveau du groupe, les camarades le conçoivent
09:34comme étant un besoin de désendettement d'Altice France pour pouvoir assurer dans les années
09:43qui viennent les futures créances qui arrivent, enfin les futures échéances de créances qui
09:47arrivent. Et comme le modèle n'a pas été trouvé pour ce que les gens en disent dans la partie
09:55médias, même s'il y a eu des efforts qui ont été faits sur la numérisation, la partie, le nouveau
10:01l'idée. Il reste pour eux, je pense, des difficultés financières.

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