00:08On l'a appris jeudi, vendredi dernier, par un courriel qui a été envoyé aux abonnés Canal,
00:14de la part de Canal, qui leur précisait que la chaîne RMC Sport News s'arrêtait à partir du
00:192 juin. Et donc cet élément est vite remonté sur les salariés qui du coup ont eu une inquiétude
00:25légitime. Et c'est comme ça qu'on a eu les premiers éléments de connaissance de ce
00:30qui a été annoncé plus tard cette semaine, du plan et de la réorganisation à venir.
00:40Je vous ai expliqué, sans préciser le nombre de personnes, l'endroit, mais que la situation
00:47de l'entreprise portait maintenant à devoir réorganiser et à affirmer certaines de nos
00:53valeurs plus fortement autour des marques RMC et BFM.
00:57Globalement, c'est 1500 salariés aujourd'hui pour Next Radio TV, dont environ, mais vraiment
01:05c'est des chiffres larges, mais 200 précaires journalistes et intermittents.
01:12Donc, on nous a présenté un plan qui nous a mené, vu la stratégie, à devoir effectivement
01:18réduire les effectifs. Donc, on nous a expliqué qu'en fait, il y aurait dans ce plan une partie
01:25volontaire qui permettrait aux postes, j'imagine, qui seront ciblés dans le futur plan qui pourrait
01:31prendre la forme d'un PSE classique, ce qu'on connaît aujourd'hui. Donc, avant de
01:38faire ce PSE, il y aurait une partie volontaire avec, j'imagine, un nombre de salariés, des
01:43postes déterminés, dans lesquels des gens qui souhaiteraient partir, pourraient le faire.
01:51On nous a expliqué que le marché des droits télé particulièrement était un marché qui
01:56était difficile, sur lequel il n'y avait pas énormément d'acteurs et que ça a mené
02:01avec des droits télé qui portaient à être montés d'un an année après chaque candidature
02:07et que ce n'était pas forcément une stratégie dans laquelle on s'était inscrit, oui, mais
02:13qui, à terme, n'est peut-être pas bonne pour nous en tant que médias. C'est-à-dire
02:18qu'on n'aura pas les moyens de suivre, pas que d'un point de vue financier, mais il y
02:24aura des difficultés sur ce marché-là. Donc, le sport, ce n'est pas que les droits télé.
02:28Et donc, on a une stratégie qui va amener à réorienter tout l'éditorial du sport autour,
02:35bien sûr, des lives, mais de ce qu'on sait faire historiquement, donc plus la radio et
02:41un traitement autour de shows, autour de la radio.
02:44Pourtant, Monsieur Patrick Drahi a été particulièrement offensif sur les droits télé, puisque c'est lui
02:51qui avait quand même surenchéri et affolé un petit peu le marché il y a quelques temps.
02:58Effectivement, c'était aussi, et ça fait partie des explications, mais c'était la stratégie
03:02il y a maintenant trois ans, pratiquement, quand à la fois Altix s'est rapproché d'un
03:07extra radio et quand à la fois SFR avait besoin de reconquérir des abonnés. Et là, on ne
03:14l'a pas clairement dit, mais là, c'est mon analyse et l'analyse de beaucoup, c'est que ça
03:18a
03:19participé à faire revenir les abonnés, à faire une vraie promesse pour les abonnés
03:23SFR et l'intérêt média stricto senso, il est difficile à trouver parce que ça coûte
03:30cher en termes de droits et donc effectivement, on se positionne sur plus d'une période de
03:38trois ans. Ça amène forcément à suivre en termes financiers les montants qui sont présentés
03:41et qui pour aujourd'hui Altix, je crois, ne correspondent plus à ce qu'ils veulent faire.
03:50Il a été annoncé déjà dans la presse et tout ça, qu'il y avait une forte réduction
03:54déjà dans ce plan du recours à ce qui peut être l'intermittence ou l'épigiste.
04:03Là, pour l'instant, rien n'est avancé, à part ce chiffre de réduire de 50%. Pour
04:08nous, il va être important dans ce futur plan, quoi qu'on en dise, mais au regard notamment
04:13de ce qui s'est fait sur le chômage partiel, de pouvoir considérer des pigistes et des intermittents
04:17réguliers qui ont travaillé avec nous pour pouvoir les intégrer. Là, je parle pour
04:22la CGT, mais je pense que l'inter-syndicale suivra sur cette revendication, mais dans un
04:26futur plan parce qu'effectivement, c'est eux qui vont subir, c'est un peu les premiers
04:30à subir l'après-crise.
04:35Toutes ces chaînes se situent dans ce qu'on appelle la pay TV, c'est-à-dire il y a
04:38deux
04:38modèles. Il y a la télévision qui est payée par la publicité à 100%, donc c'est le modèle
04:45de BFM TV pour faire rapide, RMC Découverte, RMC Story. Et puis, il y a un autre modèle
04:51qui est donc la pay TV, qui est lié en fait à un contrat de prestation. En fait, RMC Sport
04:57News au départ, et pour nous dans les médias, une prestation de SFR éditeur qui veut fournir
05:04à ses abonnés un contenu premium, et donc tout cela avec les droits et tout ça. Donc,
05:10sur les deux millions d'abonnés, peut-être au sein des chiffres des abonnés SFR, mais
05:14je ne peux pas confirmer, je ne sais pas, dans tous les cas, le modèle économique n'était
05:19pas le même. C'est-à-dire que le modèle économique était lié aussi à une volonté
05:26d'Altis de vouloir mettre pour ses abonnés SFR un contenu premium auquel RMC Sport News
05:33participer. Et maintenant, comme je crois que c'est clair, mais sur les droits sportifs,
05:38comme on n'a pas pris le nouveau contrat UFA pour les prochaines années, on va devoir
05:45réduire les programmes.
05:50Le CSA s'est prononcé pour une prise de contrôle d'Altis Média, donc de Mextradio
05:55TV, pour la partie Via Occitanie, qui sont quatre chaînes, Toulouse, Perpignan, Montpellier
06:01et Nîmes. Il y a au-delà de ces quatre chaînes, dans l'avis du CSA, une vingtaine de chaînes
06:08du réseau Via. Et là, je pense qu'effectivement, à terme, le but c'est d'acquérir ou de faire
06:14des partenariats stratégiques pour développer un des points forts qui est le fait de pouvoir
06:21transférer le modèle de BFM TV en région pour être plus proche des cibles et décrocher
06:28des marchés publicitaires aujourd'hui qui ne sont pas ouverts, qui sont les marchés
06:31publicitaires locaux, qui sont réservés soit à la presse régionale quotidienne, soit
06:38aux radios aujourd'hui. Il y a dans le secteur de l'information locale qui était
06:45majoritairement maintenu aujourd'hui par le service public, la proximité de France 3
06:49en télé du moins. Aujourd'hui, il y a un désengagement, je crois, de France Télévisions
06:55qui est marqué, une refonte du moins des régions avec moins de proximité. Et donc, en même
07:02temps, sur ce même marché-là, il y a deux opérateurs comme nous, Altice, avec BFM Région,
07:08qui s'installe parce que j'imagine que le marché est là et qu'il y a un repositionnement
07:14des acteurs. Il y a aussi un projet, je crois, du côté de TF1 qui est très intéressé.
07:19Donc, je pense que c'est un marché qui est en croissance en termes de valeur pour la publicité
07:25et qui pousse les acteurs aujourd'hui privés à venir sur ce qui était avant réservé à
07:31la télévision publique. Pourtant, on peut se dire que pour la pluralité de la presse,
07:36de l'expression, avoir plusieurs médias en local, ça peut participer justement à une
07:43émulsion des idées et tout ça. Mais pour être concret, nous, on pense que le marché
07:49n'est pas extensible, que ça va être un jeu à qui va engager les salariés le moins
07:56cher dans un modèle économique qui n'est pas celui qui existe aujourd'hui, avec peut-être
08:01un marché aussi de l'information, voire de la publicité, voire l'actualité tout
08:06simplement, mais qui ne se prête pas non plus à avoir trois acteurs qui font 24 heures
08:13d'actu sur des zones bien déterminées. Il y a aussi, et France 3 sans porter vraiment,
08:19je pense, le vecteur, il y a aussi est-ce que les opérateurs privés auront pour eux l'intérêt
08:26d'aller faire vivre tout ce qui est le patrimoine des régions, tout ce qui est la connaissance
08:31locale, enfin, on a aussi peur que ça soit là, dans ce cadre informatif, là, le modèle
08:38de BFM-Bion, donc très réduit, des journaux d'infos qui sont portés sur le local, une
08:44actualité politique, oui, des fois, quand ça s'y prête, mais il n'y a quand même
08:48pas une présence importante comme pouvait l'être à l'époque TLM avec une grille importante
08:54au quotidien de direct.
09:01En peu de temps, on va se délester d'une partie médias, que ce soit presse ou audiovisuelle,
09:07ça faisait partie quand même de pas mal d'investissements qui avaient été mis par
09:11Patrick Drahi ces dernières années. Au-delà de la question pour Libération que ça peut
09:17poser dans ce modèle-là qui est présenté comme étant porteur pour eux peut-être d'un
09:22avenir qui sera meilleur. Il y a quand même un désengagement avec une séparation de
09:27structures qui pose question et qui, largement au niveau du groupe, les camarades le conçoivent
09:34comme étant un besoin de désendettement d'Altice France pour pouvoir assurer dans les années
09:43qui viennent les futures créances qui arrivent, enfin les futures échéances de créances qui
09:47arrivent. Et comme le modèle n'a pas été trouvé pour ce que les gens en disent dans la partie
09:55médias, même s'il y a eu des efforts qui ont été faits sur la numérisation, la partie, le nouveau
10:01l'idée. Il reste pour eux, je pense, des difficultés financières.