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Rodrigo Martinez Parra est aide-soignant aux urgences de l'Hôtel-Dieu (Paris), et membre du collectif de soignants Inter-Urgences. Il termine son service de nuit, en laissant derrière lui l'unité d'urgences de l'hôpital fermée.
Cette fermeture -annoncée en pleine crise sanitaire- fait suite à la décision de l'APHP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) de faire basculer temporairement les soignants des urgences de l'Hôtel-Dieu en renfort vers l'hôpital Cochin. A la place des urgences, l'Hôtel-Dieu accueillera un centre de dépistage du Covid-19.
C'est la deuxième fois que les urgences de l'Hôtel-Dieu sont contraintes de fermer leurs portes. Lors de la première vague de coronavirus, le service avait déjà été stoppé, afin de laisser la place à un centre de dépistage, tout en venant épauler l'hôpital Cochin, dont les soignants sont en sous-effectifs face à l'ampleur de la crise sanitaire.
Selon Rodrigo Martinez Parra, d'autres solutions auraient pu être trouvées. Par exemple, il aurait été possible de combiner le centre de dépistage et le service d'urgences, tout en ouvrant des lits de réanimation mais aussi d'hospitalisation à l'Hôtel-Dieu.
L'aide-soignant de nuit alerte sur le sort des patients hors cas Covid-19, dont la prise en charge risque de pâtir, et qui sont déjà touchés par la déprogrammation des opérations qui survient dans beaucoup d'hôpitaux en France. Fermer le service d'urgences de l'Hôtel-Dieu revient, pour lui, à priver la population d'un service d'urgence qui connaît une activité certes légère, mais qui fait figure de service de proximité, en plein coeur de Paris.

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Transcription
00:00Je suis Rodrigo, je travaille aux urgences de l'Hôtel Dieu.
00:03Ce soir, ça a été la dernière garde au niveau des urgences.
00:07Et pour le coup, je procède à la fermeture des urgences de l'Hôtel Dieu.
00:20Ça a été très violent pour nous.
00:21Lundi matin, à midi, on a appris par la direction
00:25que les services des urgences de l'Hôtel Dieu allaient fermer.
00:28Le mercredi, nous étions la dernière équipe de nuit à travailler
00:33et qu'à 7h du matin, le service des urgences était fermé.
00:36C'est rebelote pour nous.
00:38Lors de la première vague, le service d'urgence a été fermé une première fois
00:41durant à peu près 100 jours.
00:43Concrètement, là, si on part sur Cochin, c'est pour pallier au manque de personnel
00:48qui se fait sentir de plus en plus sur Cochin.
00:52Ils ne savent plus quoi faire.
00:53Les arrêts maladie tombent tous les jours.
00:57Il y a des collègues qui démissionnent.
00:58C'est la première fois qu'on voit des démissions aussi rapides.
01:02C'est des prises de décisions.
01:05C'est un mécontentement en règle générale.
01:08Je pense que tout le monde est fatigué du mal-être de l'hôpital.
01:14Non seulement on est redéployé dans un service,
01:17mais on nous a clairement fait comprendre
01:19qu'on n'allait pas dépendre que de ce service.
01:22En fonction de l'activité et si les moyens le permettaient,
01:25on pouvait être déplacé dans d'autres structures en aval
01:28pour pouvoir remplacer en fait au manque de personnel.
01:32Donc on pouvait se retrouver un jour redéployé sur un service de pneumologie,
01:37comme de médecine interne, comme d'ophtalmologie.
01:41Donc on se dit, concrètement, demain je vais aller travailler,
01:44où est-ce que je vais être ?
01:45Il manque tellement de personnel que, par exemple,
01:47des fois dans des services, on est avec des intérimaires,
01:50avec des personnes qui font des heures supplémentaires
01:52qui ne sont pas forcément de ce service.
01:53Et pour le coup, on est deux personnes,
01:56deux soignants qui nous retrouvons dans un service
01:58où ce n'est pas notre spécialité
02:00et on ne connaît pas le service en fait.
02:04On aurait pu tout à fait mettre en place une stratégie
02:07pour pouvoir orienter les patients au service d'urgence.
02:10On aurait pu aussi ouvrir des lits, tout simplement,
02:12pour pouvoir prendre en charge les patients.
02:14Parce que ce qui fait défaut aujourd'hui,
02:16c'est des lits en réanimation,
02:17mais aussi des lits d'hospitalisation pour les patients.
02:20Il y a le problème du Covid,
02:21mais il y a aussi les autres patients
02:22qui ne sont pas Covid à être pris en charge.
02:25On sait qu'il y a eu les victimes un peu collatérales
02:28avec toute la déprogrammation des prises en charge
02:31de ces patients-là.
02:32Et que finalement, se priver d'un service d'urgence,
02:36même s'il a une activité légère,
02:38mais un hôpital de proximité,
02:41on pense que ce n'est peut-être pas la meilleure solution, justement.

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