00:00La fin de ce campement arrivera uniquement quand il y aura une prise en charge adaptée
00:05dans un dispositif pour les mineurs.
00:22La situation administrative et juridique de ces jeunes,
00:26de fait ils sont dans un flou total quant à savoir qui ils sont.
00:30D'ailleurs on les appelle les ninis, pendant la crise du Covid on les a intitulés les incasables
00:38parce qu'ils ne sont ni du côté de l'aide sociale à l'enfance, ni du côté des adultes.
00:45A l'heure actuelle il n'y a rien qui est prévu pour ces jeunes en recours,
00:48donc ils sont absolument abandonnés à la rue, juste laissés à la rue jusqu'à la fin de leur jugement,
00:52sachant qu'un jugement on peut attendre pendant un recours entre 6 et 18 mois.
01:08J'ai été déçu, je me sentais trahi, je me suis dit que même avec l'épreuve,
01:12même avec tous ces efforts que j'ai fait, on ne m'a pas cru et j'étais agacé aussi.
01:19J'étais sur le point de perdre l'espoir, moi je voulais trouver le lycée le plus vite possible,
01:24mais je n'ai même pas pu aller.
01:26La France a signé la Convention internationale des droits de l'enfant,
01:29où elle s'engage quand même à protéger les mineurs, quels qu'ils soient, quelle que soit leur nationalité,
01:34et en ne considérant pas tous ces jeunes comme des mineurs,
01:38on peut dire clairement qu'elle bafoue ses obligations par rapport à ces mineurs isolés étrangers.
01:46On conçut un nombre plus réduit, mais quand même important, de jeunes filles mineures en recours,
01:53pour lesquelles la situation est encore plus compliquée,
01:55parce que c'est souvent des jeunes filles qui ont eu des histoires, par exemple de traites,
01:59ou ont eu des traversées très très compliquées, qui peuvent être liées aussi à des viols,
02:03ce qui peut arriver aussi pour les jeunes garçons.
02:06Et pour ces jeunes filles, du coup, le fait qu'il n'y ait pas de prise en charge,
02:10notamment pendant le recours, ça les expose aussi à des récupérations par des réseaux.
02:15Et on sait que dans notre association, par exemple, on a vu passer beaucoup de jeunes filles
02:19qui peu à peu disparaissent, faute de prise en charge, faute d'une situation stable,
02:23qu'on perd totalement, qu'on essaie d'appeler, qui ne répondent plus.
02:26L'absence de prise en charge fait qu'on abonne sans ces jeunes garçons et ces jeunes filles
02:31à des situations extrêmement compliquées, et notamment à des réseaux de prostitution, de traite.
02:50Il va y avoir, du coup, comme à Paris, une évaluation qui est faite en une trentaine de minutes
02:55totalement sommaire, totalement réduite, et où on va dire qu'un jeune est majeur
03:01parce que sa posture montre une certaine maturité, ou parce que les réponses qu'il donne aux questions
03:07ne sont pas claires. Dans un certain département, il va y avoir une vraie évaluation
03:11sur plusieurs semaines, on va l'observer dans un hébergement, etc.
03:14Un département qui a, comme à Paris, plus de 75% de refus de minorité,
03:18un jeune qui a été évalué là ne pourrait pas être évalué à haute part.
03:21Avec ce type de décret, il montre notamment qu'il considère ces jeunes,
03:26avant tout comme des migrants, à réguler, à surveiller, plutôt comme des enfants,
03:31comme des enfants à protéger, à aider, à encadrer, à scolariser
03:34tout ce que devrait pouvoir faire un enfant.
03:45On est ici dans les camps, on n'arrive pas à obtenir tout ce qu'on cherche,
03:51on sent qu'on ne nous entend pas, et le message dont on veut lancer ne fait pas trop de
03:55bruit,
03:56on est là, il y a rien qui bouge, on est dans la rue, on vit dans la paire,
04:00on se sent isolé, on n'a même pas tout ce qu'il nous faut.
04:03Il est temps que l'État, que les pouvoirs publics viennent sur le campement,
04:09passent un peu de temps avec ces jeunes, pour se rendre compte que finalement,
04:12quand on passe quelques heures avec eux, quand on vit avec eux,
04:18on a assez peu de doutes sur le fait qu'ils sont jeunes, vulnérables avant tout,
04:24et il est grand temps que la France prenne ses responsabilités sur les mineurs,
04:31prenne ses responsabilités sur des jeunes vulnérables,
04:34et fasse en sorte qu'elles deviennent accueillantes, solidaires,
04:39et prennent ses responsabilités dans l'accueil des migrants et des MNA en particulier.