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  • il y a 2 jours
Pour dénoncer l’absence de prise en charge des jeunes migrants ayant déposé un recours en justice pour faire reconnaître leur minorité, un campement s’est installé fin juin en plein Paris, près d'Oberkampf, à l’initiative de cinq associations (Médecins Sans Frontières, Utopia 56, le COMÈDE, les Midis du MIE et la TIMMY).

Les associations exigent une prise en charge par les pouvoirs publics de l’ensemble de ces jeunes présents sur le territoire français, afin qu’ils puissent être scolarisés, disposer d’un hébergement adapté à leur situation, mais aussi de soins et d’un suivi éducatif.

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Transcription
00:00La fin de ce campement arrivera uniquement quand il y aura une prise en charge adaptée
00:05dans un dispositif pour les mineurs.
00:22La situation administrative et juridique de ces jeunes,
00:26de fait ils sont dans un flou total quant à savoir qui ils sont.
00:30D'ailleurs on les appelle les ninis, pendant la crise du Covid on les a intitulés les incasables
00:38parce qu'ils ne sont ni du côté de l'aide sociale à l'enfance, ni du côté des adultes.
00:45A l'heure actuelle il n'y a rien qui est prévu pour ces jeunes en recours,
00:48donc ils sont absolument abandonnés à la rue, juste laissés à la rue jusqu'à la fin de leur jugement,
00:52sachant qu'un jugement on peut attendre pendant un recours entre 6 et 18 mois.
01:08J'ai été déçu, je me sentais trahi, je me suis dit que même avec l'épreuve,
01:12même avec tous ces efforts que j'ai fait, on ne m'a pas cru et j'étais agacé aussi.
01:19J'étais sur le point de perdre l'espoir, moi je voulais trouver le lycée le plus vite possible,
01:24mais je n'ai même pas pu aller.
01:26La France a signé la Convention internationale des droits de l'enfant,
01:29où elle s'engage quand même à protéger les mineurs, quels qu'ils soient, quelle que soit leur nationalité,
01:34et en ne considérant pas tous ces jeunes comme des mineurs,
01:38on peut dire clairement qu'elle bafoue ses obligations par rapport à ces mineurs isolés étrangers.
01:46On conçut un nombre plus réduit, mais quand même important, de jeunes filles mineures en recours,
01:53pour lesquelles la situation est encore plus compliquée,
01:55parce que c'est souvent des jeunes filles qui ont eu des histoires, par exemple de traites,
01:59ou ont eu des traversées très très compliquées, qui peuvent être liées aussi à des viols,
02:03ce qui peut arriver aussi pour les jeunes garçons.
02:06Et pour ces jeunes filles, du coup, le fait qu'il n'y ait pas de prise en charge,
02:10notamment pendant le recours, ça les expose aussi à des récupérations par des réseaux.
02:15Et on sait que dans notre association, par exemple, on a vu passer beaucoup de jeunes filles
02:19qui peu à peu disparaissent, faute de prise en charge, faute d'une situation stable,
02:23qu'on perd totalement, qu'on essaie d'appeler, qui ne répondent plus.
02:26L'absence de prise en charge fait qu'on abonne sans ces jeunes garçons et ces jeunes filles
02:31à des situations extrêmement compliquées, et notamment à des réseaux de prostitution, de traite.
02:50Il va y avoir, du coup, comme à Paris, une évaluation qui est faite en une trentaine de minutes
02:55totalement sommaire, totalement réduite, et où on va dire qu'un jeune est majeur
03:01parce que sa posture montre une certaine maturité, ou parce que les réponses qu'il donne aux questions
03:07ne sont pas claires. Dans un certain département, il va y avoir une vraie évaluation
03:11sur plusieurs semaines, on va l'observer dans un hébergement, etc.
03:14Un département qui a, comme à Paris, plus de 75% de refus de minorité,
03:18un jeune qui a été évalué là ne pourrait pas être évalué à haute part.
03:21Avec ce type de décret, il montre notamment qu'il considère ces jeunes,
03:26avant tout comme des migrants, à réguler, à surveiller, plutôt comme des enfants,
03:31comme des enfants à protéger, à aider, à encadrer, à scolariser
03:34tout ce que devrait pouvoir faire un enfant.
03:45On est ici dans les camps, on n'arrive pas à obtenir tout ce qu'on cherche,
03:51on sent qu'on ne nous entend pas, et le message dont on veut lancer ne fait pas trop de
03:55bruit,
03:56on est là, il y a rien qui bouge, on est dans la rue, on vit dans la paire,
04:00on se sent isolé, on n'a même pas tout ce qu'il nous faut.
04:03Il est temps que l'État, que les pouvoirs publics viennent sur le campement,
04:09passent un peu de temps avec ces jeunes, pour se rendre compte que finalement,
04:12quand on passe quelques heures avec eux, quand on vit avec eux,
04:18on a assez peu de doutes sur le fait qu'ils sont jeunes, vulnérables avant tout,
04:24et il est grand temps que la France prenne ses responsabilités sur les mineurs,
04:31prenne ses responsabilités sur des jeunes vulnérables,
04:34et fasse en sorte qu'elles deviennent accueillantes, solidaires,
04:39et prennent ses responsabilités dans l'accueil des migrants et des MNA en particulier.

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