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  • il y a 3 minutes
Près de 200 élus de gauche, dont 21 maires, principalement communistes et issus de la région Île-de-France, ont appelé à une mobilisation aux abords du ministère du Logement, dans le VIIe arrondissement de Paris.

Il est 18 heures précises, à la sortie du métro Solférino, dans le très chic VIIe arrondissement parisien quand la place Jacques Bainville se remplit d'élus parés de leur écharpe bleu blanc rouge.

À l'appel de nombreux élus de la Métropole du Grand Paris mais également de l'association Droit au logement (DAL) et de la Confédération nationale du logement (CNL), les manifestants se sont tous mobilisés derrière la même banderole : " Se loger en Île-de-France, ça ne peut plus continuer comme ça ! ".

"Il y a 740 000 demandes de logements sociaux en Île-de-France et on en attribue environ 70 000 chaque année." nous précise Patrick Jarry, maire de Nanterre et président de la commission logement de la Métropole du Grand Paris. "L'attente moyenne pour un demandeur de logement social, c'est plus de dix ans !" précise l'élu.

" On est venu dire à la ministre du Logement, Mme Wargon, qu'il n'y a plus de solutions ! " précise Patrick Jarry.

Cette crise ne touche pas que les logements sociaux selon Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine : " pour un jeune enseignant ou une infirmière, se loger dans la métropole devient une mission impossible." "Il faut que les classes populaires et les classes moyennes puissent vivre ensemble dans des logements de qualité" précise l'élue francilienne.

Afin d'atténuer la crise, les élus de gauche ont des propositions concrètes qu'ils vont développer auprès de la ministre du Logement : l'obligation d'un minimum de 30% de logements sociaux dans toutes les nouvelles opérations immobilières, augmenter significativement les subventions d'État au logement social et stopper la spéculation immobilière à Paris.

Le maire de Nanterre développe également une autre piste : "Il y a environ 55 millions de mètres carrés de bureaux en Île-de-France dont 10 millions qui vont être libérés dans les deux à trois ans. On peut les transformer en logements ou reconstruire à leur place".

En effet, avant la crise sanitaire, le télétravail ne concernait que 3% des travailleurs selon un récent rapport du Sénat. Un pourcentage qui a atteint 25% des salariés français durant le premier confinement strict au printemps 2020 et qui pourrait concerner jusqu'à 50% des salariés, présument les auteurs du rapport sénatorial.
http://www.senat.fr/rap/r21-089/r21-0891.pdf

"Il ya du logement qui est construit dans la métropole mais trop souvent du logement privé de standing donc il faut imposer 30, 40 voire 50% de logements sociaux afin de répondre aux besoins de 70% de la population d'Île-de-France qui est éligible au logement social", précise Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine.

Après avoir porté leurs propositions à Mme Wargon, le maire PCF Patrick Jarry déclare que la ministre du Logement étudiera la po

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Transcription
00:00On est trois, dans un logement de 37 mètres carrés.
00:03Je vais avec ma fille qui a 4 ans, qui est grandie.
00:07Elle n'a pas sa chambre, elle n'a pas soin de lit, elle n'a pas de quoi...
00:09Donc quand on fait une demande de logement, ça fait 4 ans que je fais sa demande.
00:14Donc je suis toujours dans l'attente.
00:16Et récemment, j'ai eu une réponse en me disant qu'il y a eu beaucoup de demandes.
00:22Donc il n'y a pas assez de logements à attribuer.
00:37J'ai pas mal d'amis à moi qui sont dans la même situation, voire je dirais pire.
00:43Donc quand ils vivent dans un logement de F2, ils sont à 5, 6 personnes.
00:49Et ce n'est pas évident quoi, avec des enfants bas âge, là ce n'est pas évident quoi.
00:54Au 1er novembre, nous étions 4 457 demandeurs qui avaient positionné Noisy-le-Sec en première demande,
01:02qui ne sont pas forcément que des noisiens.
01:04Des gens qui peuvent venir d'ailleurs veulent se rapprocher de Paris.
01:08Donc 4 457 logements.
01:10L'année dernière, sur le quota réservé à la ville, nous n'avons plus attribué que 35 logements.
01:17Et en moyenne, sur notre quota ville, nous en attribuons entre 60 et 80 par an.
01:22Donc vous imaginez le déficit.
01:24Et aujourd'hui, la politique d'aide au logement social ne correspond pas du tout à la demande.
01:36Aujourd'hui, il y a 740 000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France.
01:44On attribue chaque année environ 70 000 logements en Ile-de-France.
01:49Ça veut dire qu'aujourd'hui, l'attente moyenne pour un demandeur de logement, c'est plus de 10 ans.
01:56Alors on est déjà venu ici pour protester, pour dire à la ministre du Logement,
02:02ça ne peut pas continuer comme ça.
02:04Et on ne peut pas laisser les habitants, avec la seule alternative, c'est d'essayer d'aller revoir leur
02:10maire
02:10pour voir s'ils pourraient éventuellement leur trouver une solution.
02:15Il n'y a plus de solution.
02:15On ne peut pas continuer de laisser vendre des appartements dans la métropole de Paris
02:22à plus de 8 000 ou 10 000 euros du mètre carré.
02:25Des appartements à 8 000 ou 10 000 euros du mètre carré, il y en a assez.
02:29Ce qui manque, c'est des appartements qui soient abordables.
02:32Et nous, par exemple, on propose que dans tout programme de logement
02:36qui est engagé dans la métropole de Paris, il y ait obligatoirement 30 %.
02:43C'est des choses que nous faisons nous à Nanterre, on fait 40 %.
02:46Mais c'est des choses qui se font également à Bordeaux, qui se font à Toulouse,
02:50avec des maires qui sont y compris des maires républicains.
02:53Donc on ne peut pas continuer comme ça.
02:55On se retrouve à 10 fois 11 dans les mêmes logements.
02:59Ce n'est pas possible.
03:00Aujourd'hui, on voit que pour un jeune enseignant, mais y compris pour un jeune cadre,
03:04pour des infirmiers ou des infirmières, se loger dans la métropole du Grand Paris,
03:08ça devient mission impossible.
03:10Et donc ce qui se passe, c'est que c'est eux, tous ceux qui refusent de construire du logement
03:14social,
03:14qui créent la ségrégation sociale, qui accumulent les difficultés dans un même quartier
03:19et qui ensuite viennent instrumentaliser ces difficultés en disant que c'est de la faute
03:23de celles et ceux qui y vivent.
03:24Et ça, ça suffit.
03:25On veut que ça s'arrête.
03:26Et donc que les classes populaires, que les classes moyennes,
03:29que toutes seules et tous ceux qui vivent uniquement de leurs forces de travail,
03:33puissent vivre ensemble et vivre dans des logements de qualité.
03:38Il y a du logement qui est construit dans la métropole.
03:44Mais souvent, c'est du logement de standing ou du logement privé,
03:47mais pas de logement social.
03:49Et donc, il faut arriver à imposer que dans notre métropole dense,
03:53quand il y a construction, il y ait un minimum de 30, 40 ou 50 %
03:57de logements sociaux construits pour répondre aux besoins de 70 % de la population d'Île-de-France
04:04qui est éligible au logement social.
04:09En réalité, on a une crise en Île-de-France dont l'épicentre est l'Île-de-France.
04:14La spéculation, c'est l'Île-de-France.
04:16Et c'est là, évidemment, qu'il faut agir pour tordre le bras à tous ceux qui gagnent de l
04:20'argent
04:21et à cet État Macron qui pique dans les caisses du logement social
04:25et qui engraisse aussi les caisses publiques pour pouvoir baisser les impôts des plus riches.
04:33Voilà, un toit, c'est un droit.

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