00:00On est trois, dans un logement de 37 mètres carrés.
00:03Je vais avec ma fille qui a 4 ans, qui est grandie.
00:07Elle n'a pas sa chambre, elle n'a pas soin de lit, elle n'a pas de quoi...
00:09Donc quand on fait une demande de logement, ça fait 4 ans que je fais sa demande.
00:14Donc je suis toujours dans l'attente.
00:16Et récemment, j'ai eu une réponse en me disant qu'il y a eu beaucoup de demandes.
00:22Donc il n'y a pas assez de logements à attribuer.
00:37J'ai pas mal d'amis à moi qui sont dans la même situation, voire je dirais pire.
00:43Donc quand ils vivent dans un logement de F2, ils sont à 5, 6 personnes.
00:49Et ce n'est pas évident quoi, avec des enfants bas âge, là ce n'est pas évident quoi.
00:54Au 1er novembre, nous étions 4 457 demandeurs qui avaient positionné Noisy-le-Sec en première demande,
01:02qui ne sont pas forcément que des noisiens.
01:04Des gens qui peuvent venir d'ailleurs veulent se rapprocher de Paris.
01:08Donc 4 457 logements.
01:10L'année dernière, sur le quota réservé à la ville, nous n'avons plus attribué que 35 logements.
01:17Et en moyenne, sur notre quota ville, nous en attribuons entre 60 et 80 par an.
01:22Donc vous imaginez le déficit.
01:24Et aujourd'hui, la politique d'aide au logement social ne correspond pas du tout à la demande.
01:36Aujourd'hui, il y a 740 000 demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France.
01:44On attribue chaque année environ 70 000 logements en Ile-de-France.
01:49Ça veut dire qu'aujourd'hui, l'attente moyenne pour un demandeur de logement, c'est plus de 10 ans.
01:56Alors on est déjà venu ici pour protester, pour dire à la ministre du Logement,
02:02ça ne peut pas continuer comme ça.
02:04Et on ne peut pas laisser les habitants, avec la seule alternative, c'est d'essayer d'aller revoir leur
02:10maire
02:10pour voir s'ils pourraient éventuellement leur trouver une solution.
02:15Il n'y a plus de solution.
02:15On ne peut pas continuer de laisser vendre des appartements dans la métropole de Paris
02:22à plus de 8 000 ou 10 000 euros du mètre carré.
02:25Des appartements à 8 000 ou 10 000 euros du mètre carré, il y en a assez.
02:29Ce qui manque, c'est des appartements qui soient abordables.
02:32Et nous, par exemple, on propose que dans tout programme de logement
02:36qui est engagé dans la métropole de Paris, il y ait obligatoirement 30 %.
02:43C'est des choses que nous faisons nous à Nanterre, on fait 40 %.
02:46Mais c'est des choses qui se font également à Bordeaux, qui se font à Toulouse,
02:50avec des maires qui sont y compris des maires républicains.
02:53Donc on ne peut pas continuer comme ça.
02:55On se retrouve à 10 fois 11 dans les mêmes logements.
02:59Ce n'est pas possible.
03:00Aujourd'hui, on voit que pour un jeune enseignant, mais y compris pour un jeune cadre,
03:04pour des infirmiers ou des infirmières, se loger dans la métropole du Grand Paris,
03:08ça devient mission impossible.
03:10Et donc ce qui se passe, c'est que c'est eux, tous ceux qui refusent de construire du logement
03:14social,
03:14qui créent la ségrégation sociale, qui accumulent les difficultés dans un même quartier
03:19et qui ensuite viennent instrumentaliser ces difficultés en disant que c'est de la faute
03:23de celles et ceux qui y vivent.
03:24Et ça, ça suffit.
03:25On veut que ça s'arrête.
03:26Et donc que les classes populaires, que les classes moyennes,
03:29que toutes seules et tous ceux qui vivent uniquement de leurs forces de travail,
03:33puissent vivre ensemble et vivre dans des logements de qualité.
03:38Il y a du logement qui est construit dans la métropole.
03:44Mais souvent, c'est du logement de standing ou du logement privé,
03:47mais pas de logement social.
03:49Et donc, il faut arriver à imposer que dans notre métropole dense,
03:53quand il y a construction, il y ait un minimum de 30, 40 ou 50 %
03:57de logements sociaux construits pour répondre aux besoins de 70 % de la population d'Île-de-France
04:04qui est éligible au logement social.
04:09En réalité, on a une crise en Île-de-France dont l'épicentre est l'Île-de-France.
04:14La spéculation, c'est l'Île-de-France.
04:16Et c'est là, évidemment, qu'il faut agir pour tordre le bras à tous ceux qui gagnent de l
04:20'argent
04:21et à cet État Macron qui pique dans les caisses du logement social
04:25et qui engraisse aussi les caisses publiques pour pouvoir baisser les impôts des plus riches.
04:33Voilà, un toit, c'est un droit.