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  • il y a 1 semaine
Xavier est boucher. Il a repris la boutique familiale et pourtant ne souhaite pas la même chose pour sa fille. "C'est un métier dur, on se coupe, on porte des charges lourdes... je ne sais pas si je reprendrai une boucherie aujourd'hui". La période d'inflation actuelle n''aide pas, certains mois il n'arrive pas à se payer. Pourtant, il bosse entre 65 et 70 heures par semaine. Heureusement, ses clients et ses employés lui rappellent pourquoi il a choisi ce métier.

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Transcription
00:0011 kg d'oignons, là vous allez pleurer les gars, c'est de vivre.
00:03Je ne sais pas si je reprendrai une boucherie aujourd'hui, je ne sais pas.
00:06J'ai gagné mieux de la vie quand j'ai commencé, c'est clair.
00:08Pour pouvoir payer tout le monde, il y a des mois je ne me fais pas de salaire.
00:12Les gens me demandent mal à boucher les fins de mois, et ça se recense sur la consommation.
00:19Bonjour.
00:22Là on va à Rungis, faire les achats, on débute sa manie.
00:29J'y vais au minimum deux fois par semaine.
00:33Salut les gars, blouse blanche obligatoire.
00:39Je m'appelle Xavier, je suis boucher depuis 87, je suis marié, j'ai une fille, elle a 52 ans.
00:46On va aller du côté de la volaille et de la triperie, ainsi que le porc.
00:51Ça va ? Tu vas bien ?
00:52Ça va et toi ?
00:53C'est le bordel, t'es déjà débordé ?
00:57Ça va ?
00:58Tu vois, avant il y avait plus d'ambiance comme ça.
01:02Maintenant, tout le monde fait le plus et le moins la gueule.
01:06Avant, ça fourmillait plus que ça.
01:11Bon bah les gars, on va finir à Rungis, on va à la boutique, faire la mise en place.
01:18C'est reparti.
01:20Blouse, veste, tablier. J'ai commencé par faire les carreaux. Je suis bouché depuis 1987.
01:25Mes parents ont acheté la boucherie en 1976 et j'ai repris en 2008.
01:30C'est un métier dangereux.
01:31Il y a un problème qui peut arriver, c'est les coupures.
01:34Je suis désolé, c'est majeur, mais je n'ai pas vu un couteau en dessous ou un autre.
01:37Et puis je me suis coupé, c'est ma faute.
01:40Chez nous, ça n'arrive pas souvent. On fait attention, on n'est pas stressé.
01:43Tu te coupes quand t'es stressé.
01:45Mon père aussi, il s'est coupé la cuisse une nuit à l'hôpital et puis ça s'est remis.
01:51Ça faisait 15 jours qu'il avait pris la boutique.
01:53Il retournait bosser à la suite.
01:55On est dans un milieu aussi glissant. Par terre, c'est toujours gras.
01:58Ça nous arrive de tomber aussi.
02:00Aussi, on a quand même des poids à soulever.
02:02Le plus lourd que j'ai souvé, moi, c'est 80 kilos.
02:04Je me faisais mal au dos. Maintenant, on a un treuil, on essaye de faire attention.
02:08Si tu ne peux pas porter, si tu ne peux pas, bon, c'est toujours pas faire ce métier-là.
02:17Je n'ai personne derrière pour reprendre le relais.
02:19Je ferais que je vende. Ma fille, elle ne fera pas à la boucherie.
02:21Je ne la forcerai pas à faire ce métier-là.
02:23Depuis le Covid, on a mis des vitres.
02:25En plus, ça évite que les grands passent la main et viennent toucher l'avion.
02:30Moi, j'en ai vu.
02:37Quand tu regardes les matchs, moi, j'ai eu l'impression qu'ils étaient payés par les Sud-Africains pour
02:42perdre.
02:42Maintenant, je ne regarde plus.
02:43Moi, c'est la France qui m'intéresse.
02:45Je suis en train de boucher même des rose-bif.
02:47Ça ne t'intéresse pas ?
02:48Pas cela.
02:50Il est 7 heures et puis dans une heure, c'est l'ouverture.
02:53Là, je prépare mon boudin.
02:54Il faut 11 kilos d'oignons.
02:55Moi, c'est une recette de mon grand-père.
02:57Là, vous allez pleurer les gars.
03:02Une journée, je commence à dire 5 heures.
03:05Et puis, je termine le soir, il est 7 heures et demie avec une coupure de 2 heures et demie
03:10l'après-midi.
03:10Je ne travaille pas le lundi.
03:11Sinon, je travaille tous les jours.
03:13Enfin, lundi, j'ai toujours 2-3 courses à faire, 2-3 petits trucs à faire.
03:16Moi, je travaille 65-70 heures par semaine.
03:20J'ai toujours fait ça.
03:22Mon métier, je ne sais pas si c'est un métier d'avenir ou pas à l'heure actuelle.
03:26Je ne sais pas ce que ça va donner.
03:27On vend moins de viande.
03:29Par contre, on vend plus d'à côté, un peu plus de plats à préparer.
03:32Le métier change.
03:33Je ne sais pas si je reprendrai une boucherie aujourd'hui.
03:36Je ne sais pas.
03:37J'ai gagné mieux de la vie quand j'ai commencé, c'est clair.
03:39Pour pouvoir payer tout le monde, il y a des mois où je ne me fais pas de salaire.
03:42Il y a des deux mois où je me fais 1000 euros de salaire, ce n'est pas tous les
03:45mois, mais bon.
03:46Les prix ont augmenté à l'achat, mais je ne peux pas répercuter sur le prix de vente.
03:49Sinon, les clients ne viennent plus et je n'aurai plus personne.
03:52Les gens ont mal à boucher les fins de mois et ça se ressent sur la consommation.
03:56Quand tu payes l'essence à presque 2 euros le litre, c'est ce que tu dépenses en moins dans
04:00le commerce derrière.
04:01Je suis à mon compte.
04:02Ce qui manque, c'est une couverture en cas où si on se plante, on n'a pas le droit
04:05au chômage.
04:06Je suis obligé de prendre une assurance pour me couvrir.
04:08Si je me blesse ou que je suis malade, j'ai une assurance pour me payer des indemnités
04:14pour pouvoir embaucher quelqu'un.
04:15Je paye beaucoup de charges, mais je ne suis pas assez protégé.
04:18Ça pourrait être inclus dans les charges, avoir le droit au chômage.
04:21Ma femme est conjointe de laboratrice, on est deux, on est à la rue.
04:24Macron avait dit qu'il ferait pour qu'on ait le droit au chômage et on ne l'a pas.
04:28Nous, les artisans, je ne suis pas tout seul.
04:30Les boulangers, c'est pareil, mais bon, ça ira mieux dans quelques-uns, quelques temps.
04:40Avec mes gars et mes clients, c'est super sympa.
04:43On s'est connus depuis tout, qu'on a 15 ans, on se connaît.
04:46Mais ça, ça n'a pas de prix, ça.
04:48Il est 8 heures, donc on va ouvrir et les premiers clients vont arriver.
04:52J'espère qu'on va avoir pas mal de clients aujourd'hui.
04:54Bonjour, ça va ?
04:56J'aurai besoin de billettes de porc et de pâtés de poisson.
05:01Sous-titrage Société Radio-Canada
05:09Sous-titrage Société Radio-Canada

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