- il y a 2 jours
L'association de défense des animaux d'élevage L214 diffuse régulièrement des images d'animaux brutalisés et à l'agonie. Sébastien Arsac, cofondateur et enquêteur de l'association, dénonce les pratiques routinières d'abattoirs et pointe les responsabilités.
" L214 demande au ministre de l'Agriculture un nouvel audit généralisé de tous les abattoirs de France", indique dans un communiqué l'association qui publie régulièrement des vidéos choc pour dénoncer les conditions d'élevage, de transport et d'abattage des animaux.
Les dernières images diffusées sur internet montrent des truies poussées à coups de pied et d'aiguillon électrique, alors qu'elles semblent en partie paralysées, se trainant au sol. D'autres reçoivent des coups d'aiguillon dans l'anus pour avancer plus vite. D'autres encore se retrouvent bloquées dans un couloir visiblement trop étroit et les coups d'aiguillon ne permettent pas de dégager les animaux.
Les images ont été tournées dans l'abattoir de la Société Briécoise d'abattage (SBA), une unité du groupe Les Mousquetaires (Intermarché) spécialisée dans l'abattage, la découpe et le désossage de truies de réforme, c'est à dire de truies en "fin de carrière". Quelque 2.300 cochons y sont abattus chaque semaine.
"Ces images sont dures, crues et choquantes et je comprends que les employés de ces abattoirs craquent, tout le monde finirait par avoir ce comportement-là vu les conditions de travail. Ces images doivent initier un débat collectif qui nous concerne tous" s'insurge Sébastien Arsac.
"Les images filmées à la Société Briécoise d'abattage et diffusées par L214 sont choquantes", a réagi dans un communiqué la direction de l'abattoir, disant avoir "décidé, par mesure conservatoire, de suspendre provisoirement la ligne de production concernée, en attendant les conclusions des différents audits et enquêtes internes qui ont été immédiatement diligentés, en lien avec les autorités sanitaires".
Sébastien Arsac nous explique également de quelles manières ces images sont réalisées. "Ce n'est pas normal que ce soit compliqué de filmer et documenter la réalité sur un sujet qui concerne tout le monde" souligne l'enquêteur.
Outre le lancement d'un "certain nombre de travaux", l'abattoir devra apporter des garanties en termes de "formation de son personnel" et de "capacité à surveiller l'ensemble de (ses)pratiques", a ajouté Yvan Lobjoit, directeur départemental de la protection des populations (DDPP, services vétérinaires), évoquant la possibilité pour l'entreprise de mettre en place un dispositif de vidéo-surveillance.
La préfecture a également évoqué des "pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale".
À l'époque, Stéphane Le Foll avait ordonné, fin mars 2016, des inspections dans l'ensemble des abattoirs de France. Celui de Briec avait également été inspecté en avril 2016.
"Cinq ans plus tard, tous les problèmes relevés par la direction départementale de la protection des populations perduren
" L214 demande au ministre de l'Agriculture un nouvel audit généralisé de tous les abattoirs de France", indique dans un communiqué l'association qui publie régulièrement des vidéos choc pour dénoncer les conditions d'élevage, de transport et d'abattage des animaux.
Les dernières images diffusées sur internet montrent des truies poussées à coups de pied et d'aiguillon électrique, alors qu'elles semblent en partie paralysées, se trainant au sol. D'autres reçoivent des coups d'aiguillon dans l'anus pour avancer plus vite. D'autres encore se retrouvent bloquées dans un couloir visiblement trop étroit et les coups d'aiguillon ne permettent pas de dégager les animaux.
Les images ont été tournées dans l'abattoir de la Société Briécoise d'abattage (SBA), une unité du groupe Les Mousquetaires (Intermarché) spécialisée dans l'abattage, la découpe et le désossage de truies de réforme, c'est à dire de truies en "fin de carrière". Quelque 2.300 cochons y sont abattus chaque semaine.
"Ces images sont dures, crues et choquantes et je comprends que les employés de ces abattoirs craquent, tout le monde finirait par avoir ce comportement-là vu les conditions de travail. Ces images doivent initier un débat collectif qui nous concerne tous" s'insurge Sébastien Arsac.
"Les images filmées à la Société Briécoise d'abattage et diffusées par L214 sont choquantes", a réagi dans un communiqué la direction de l'abattoir, disant avoir "décidé, par mesure conservatoire, de suspendre provisoirement la ligne de production concernée, en attendant les conclusions des différents audits et enquêtes internes qui ont été immédiatement diligentés, en lien avec les autorités sanitaires".
Sébastien Arsac nous explique également de quelles manières ces images sont réalisées. "Ce n'est pas normal que ce soit compliqué de filmer et documenter la réalité sur un sujet qui concerne tout le monde" souligne l'enquêteur.
Outre le lancement d'un "certain nombre de travaux", l'abattoir devra apporter des garanties en termes de "formation de son personnel" et de "capacité à surveiller l'ensemble de (ses)pratiques", a ajouté Yvan Lobjoit, directeur départemental de la protection des populations (DDPP, services vétérinaires), évoquant la possibilité pour l'entreprise de mettre en place un dispositif de vidéo-surveillance.
La préfecture a également évoqué des "pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale".
À l'époque, Stéphane Le Foll avait ordonné, fin mars 2016, des inspections dans l'ensemble des abattoirs de France. Celui de Briec avait également été inspecté en avril 2016.
"Cinq ans plus tard, tous les problèmes relevés par la direction départementale de la protection des populations perduren
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00:00Ces images sont effectivement choquantes, mais elles sont rares.
00:02Elles sont compliquées à filmer, mais elles montrent les pratiques routinières d'un abattoir.
00:21En un an, c'est le quatrième abattoir dont on diffuse les images.
00:25Sur les quatre, il y en a trois qui ont fermé provisoirement.
00:30Un qui a été menacé de fermeture, celui-ci a fermé dans les heures qui ont suivi la diffusion des
00:35images.
00:36En plus, elles ont été filmées avec des caméras qui sont placées, donc c'est vraiment des images routinières.
00:41Ce n'est pas un contrôle annoncé avec un contrôleur qui est en train de regarder les pratiques.
00:45C'est vraiment la réalité. Elle est brutale, elle est crue, mais c'est une réalité qui montre réellement comment
00:55se passent les choses.
00:56Quand vous avez sur l'abattoir de Brieck des truies qui sont déchargées, qui viennent de ces élevages intensifs avec
01:02des truies de réforme,
01:03donc qui sont en fin de carrière et qui ont du mal à se déplacer, c'est une réalité.
01:07Dans les élevages, elles n'ont pas pu se déplacer, donc elles n'ont pas fixé le calcium.
01:11Donc on a beaucoup de truies qui sont, on appelle ça mal à pied, qui ont du mal à se
01:15déplacer.
01:16Donc ça, c'est une réalité.
01:20Le boulot de L214, c'est d'informer. Donc ces images, elles sont rares.
01:24C'est-à-dire, si vous essayez d'aller demander une autorisation à un abattoir, d'aller filmer la mise
01:29à mort des animaux, vous allez avoir des refus.
01:31Il y a une journaliste, Anne Deloisy, qui s'y était risquée. Elle avait envoyé un courrier à tous les
01:36abattoirs de France.
01:36Elle avait eu zéro réponse positive.
01:39Donc l'enjeu, il est là déjà, c'est d'informer. C'est-à-dire qu'en tant que citoyen,
01:44en tant que consommateur,
01:45si vous voulez prendre des décisions dans vos modes de consommation, il faut que vous ayez l'information pour que
01:49le débat démocratique soit juste.
01:52Donc nous, ce qu'on fait, c'est d'essayer d'obtenir ces images.
01:55On l'a souvent avec des gens qui sont des lanceurs d'alerte, des gens qui travaillent, qui sont choqués
01:59par ce qu'ils font dans les abattoirs et ce qu'ils voient.
02:03Et ces images, effectivement, elles sont dures, elles sont crues, elles sont choquantes.
02:06Effectivement, quand vous voyez des trucs qui sont poussés à coups d'aiguillon dans l'anus, dans les yeux, des
02:12coups de pieds qui partent.
02:13Je comprends pourquoi les employés font ça au niveau des cadences, au niveau des installations qui sont défaillantes.
02:18Et puis, quand vous avez des heures de travail dans ces conditions-là, tout le monde finirait par avoir ce
02:23comportement-là.
02:24Mais il se trouve que c'est une réalité et que ça vaut le coup de voir quelles sont les
02:27responsabilités,
02:28la responsabilité des services vétérinaires, la responsabilité de la direction des abattoirs.
02:32Et aujourd'hui, que ça puisse ouvrir un débat, un débat collectif, puisque c'est un débat qui nous concerne
02:39tous,
02:39puisqu'on consomme des produits animaux.
02:42Et si on consomme des produits animaux, il faut savoir dans quelles conditions ils sont produits.
02:46Et ça vaut le coup, ça c'est un sujet pour tous, tous les produits de consommation en général.
02:50Donc ces images sont difficiles, elles sont choquantes, mais elles représentent l'absolue réalité de ce qui se passe pour
02:55les animaux dans les abattoirs.
02:57Et encore, c'est une toute petite partie.
03:01C'est très compliqué d'obtenir ces images.
03:04C'est pas normal d'ailleurs que ça soit compliqué juste de documenter la réalité d'un sujet qui concerne
03:10tout le monde,
03:10un sujet où il y a des réglementations à respecter, où il y a finalement pas de personnes,
03:15qui viennent prendre la défense des animaux dans les abattoirs.
03:18C'est pas ni les services vétérinaires, ni la direction des abattoirs qui ont intérêt à ce qu'on voit,
03:22comment sont traités les animaux.
03:24Donc finalement, ils sont livrés à la direction et au profit des abattoirs.
03:29Pour avoir ces images, souvent, il y a un peu deux, trois sources pour nous.
03:34Soit il y a des gens qui sont déjà en place, des employés, des intérimaires ou des personnes qui travaillent
03:40justement en tant que service.
03:42Ça peut être des services à l'élevage.
03:44Vous avez déjà des fois des personnes qui viennent faire du ramassage, par exemple pour les volailles.
03:48Vous avez beaucoup d'intervenants différents.
03:50Vous avez des gens qui viennent faire de la livraison, d'alimentation, voilà.
03:53Donc beaucoup de gens qui côtoient les animaux dans les élevages ou au moment du transport ou dans les abattoirs.
03:59Ça peut être aussi des personnes militantes qui se font embaucher.
04:04Ça a été mon cas au début de l'association.
04:07J'ai postulé pour un emploi dans un abattoir de Charal à Metz.
04:10Et j'ai pu, pendant trois semaines, documenter, filmer comment étaient abattus les bovins, les moutons dans cet abattoir.
04:18Donc c'était des images qui étaient aussi très dures, très choquantes.
04:21Donc c'était aussi une possibilité.
04:24Et voilà, donc c'est des missions d'undercover, comme on les nomme.
04:29C'est ce qui se fait aussi beaucoup dans d'autres pays.
04:31Essentiellement, c'est deux sources qui sont, pour nous, des personnes qui ont généralement du courage
04:37et qui font un acte d'acte citoyen, de lanceur d'alerte, pour essayer de montrer ce qui se passe
04:45et alimenter un débat public derrière.
04:47La volonté, c'est vraiment de témoigner, en fait, de montrer ce dont ils sont témoins,
04:52ce qui a pu les choquer et ce qu'ils ont envie de partager.
04:54Alors souvent, ils le partagent avec leur environnement proche, leur environnement familial, leurs amis.
05:00Mais voilà, ils ont envie de montrer un peu plus largement.
05:03Et il se trouve qu'à L214, on a une notoriété aujourd'hui qui fait que, à chaque fois qu
05:07'on diffuse
05:07une enquête, vous pouvez être sûr que dans la semaine qui suit, on a énormément de témoignages
05:11de gens qui nous écrivent.
05:13On a, chaque semaine, des... ça peut être plusieurs dizaines, en fait, de témoignages,
05:18de signalements qui nous sont envoyés.
05:20Notre boulot derrière, c'est après de s'assurer que ces témoignages soient sérieux,
05:24de les contacter et de faire qu'on ait...
05:27maintient notre sérieux et notre crédibilité, parce qu'évidemment, c'est notre trésor le plus important,
05:33c'est notre crédibilité et notre sérieux derrière.
05:38C'est un vrai paradoxe, parce que je pense qu'on n'a jamais eu autant de considérations
05:42pour la question animale. Elle n'a jamais été aussi présente dans les débats,
05:45même si elle date... c'est un sujet philosophique qui est discuté depuis très, très, très longtemps.
05:52Mais aujourd'hui, on n'a aussi jamais mangé autant de produits animaux qu'aujourd'hui,
05:56à l'échelle mondiale et, voilà, au niveau des pays de l'OCDE, les pays riches, par exemple,
06:01on n'a jamais eu autant de consommation de produits animaux que ces dernières années.
06:06Il y a un paradoxe qui fait qu'il y a toujours un décalage, en fait, entre la considération
06:12et puis les pratiques derrière. Il va y avoir un décalage, mais elle va arriver.
06:16On voit déjà que dans les dix dernières années, on a eu une érosion de la consommation de viande
06:19de 10% à peu près, 10-12%. Il se trouve qu'il y a des pays aussi émergents
06:24où on a une consommation qui ressemble de plus en plus à la consommation des pays occidentaux,
06:29donc ça c'est un vrai problème. Je pense notamment dans les régions d'Asie
06:32où on a une consommation qui explose de produits animaux. Il se trouve qu'il y a des intérêts économiques
06:39qui font que les filières investissent énormément d'argent pour faire du marketing,
06:45pour maintenir cette consommation le plus haut possible. Il y a aussi toute une stratégie
06:53aussi pour que la viande soit de plus en plus cachée dans les produits préparés.
06:59Il y a toute une stratégie de la filière pour essayer de maintenir la consommation de viande.
07:03Après, il y a une habitude, évidemment. Dès qu'on est enfant, on a des produits animaux.
07:08À partir de 8-9 mois, on commence dans les petits pots de bébés,
07:12à avoir des petits pots de bébés avec de la viande de dinde, avec des dindes qui font de la
07:15farandole
07:15d'ailleurs autour du petit pot. Donc on essaie de mettre à distance l'animal
07:20et les produits qu'on retrouve, qu'on achète dans les supermarchés.
07:25Donc il y a ça aussi qui vient fausser le niveau de consommation.
07:28Mais je pense qu'il y a quand même une tendance, quand on fait des stands beaucoup dans la rue
07:33et qu'on discute beaucoup avec les gens, beaucoup de gens disent qu'ils ont diminué leur consommation de viande.
07:38Et ça, c'est quelque chose qu'on entend partout, tout le temps.
07:41Pas forcément une augmentation de gens qui ont renoncé à leur consommation de produits animaux.
07:46On n'a pas forcément un gros pourcentage de végétariens, de véganes aujourd'hui en France.
07:50Mais on voit qu'on a ça dans d'autres pays en Europe, en Allemagne, dans les pays du Nord
07:54de l'Europe
07:55et aussi en Italie. Beaucoup de végétariens, ça a beaucoup progressé.
07:59Et forcément, ça arrive en France.
08:00On voit dans les supermarchés des gammes de produits végétariennes qui se développent beaucoup.
08:04Donc je pense que l'innovation et dans quelques années, on va avoir une consommation qui va s'accélérer.
08:09Une décroissance de produits, consommation de produits animaux qui va s'accélérer.
08:18Il y a aujourd'hui clairement une responsabilité politique.
08:22Donc individuellement, chacun peut faire diminuer sa consommation de produits animaux.
08:27Mais il faut qu'il y ait des relais politiques à chacun de prendre ses responsabilités.
08:31Il y a aussi l'agroalimentaire qui doit aussi tout faire pour que.
08:36Mais au niveau politique, c'est là aujourd'hui le babelès aujourd'hui en France.
08:39C'est que les filières ont trop de pouvoir sur le politique.
08:42Et je pense évidemment au syndicat de la FNSEA qui a aujourd'hui la main mise sur toutes les chambres
08:50d'agriculture,
08:51ou quasiment la grande majorité des chambres d'agriculture, qui fait et qui défait les ministres de l'agriculture.
08:57C'est la FNSEA qui dirige aujourd'hui, qui co-dirige la politique agricole en France.
09:04Et ça, c'est le plus gros obstacle qu'on a devant nous.
09:09Parce que les Français, dans leur consommation, je pense, ont pris conscience des problématiques au niveau de la consommation.
09:17Il y a une diminution qui s'installe.
09:20Et on pense que s'il y avait une politique qui accompagnait cette diminution de consommation de produits animaux,
09:28on voit dans la restauration scolaire, pour les cantines, pour les lycées, pour les collèges,
09:33on peut instaurer une alternative végétarienne.
09:37Mais on voit que, quand ça a été le cas récemment à Lyon, ça a levé toute une polémique.
09:41La filière utilise tous les leviers qu'elle a pour faire que ça soit très compliqué
09:47quand une mairie veut mettre en place des alternatives pour qu'elle puisse s'installer durablement.
09:54Donc aujourd'hui, je pense que les enjeux sont là.
09:58Et on voit bien qu'au niveau de la classe politique, il y a une prise de conscience aussi
10:03que c'est un sujet sur lequel les Français attendent des politiques qui soient ambitieuses.
10:12Et on le voit, on va le voir venir, on le voit avec les régions, on l'a vu avec
10:17les municipales,
10:18on l'a vu avec les européennes, on voit aussi le parti animaliste qui a fait un très très bon
10:21score,
10:22qui a surpris tout le monde, que c'est une question qui va être importante dans les enjeux à venir.
10:27Et du coup, on pense que c'est quelque chose, un verrou qui peut sauter dans les années à venir.
10:35Les éleveurs aujourd'hui sont un peu devenus des salariés de l'agroalimentaire,
10:39même s'ils sont, on appelle ça des exploitations et chefs d'exploitation.
10:44Ils n'ont pas de marge de manœuvre par rapport aux conditions d'élevage des animaux.
10:47Et finalement, ils s'endettent. Aujourd'hui, le taux d'endettement d'un éleveur,
10:50c'est à peu près 250 000 euros en moyenne en France.
10:54Si on regarde pour les élevages, les éleveurs porcins, c'est à plus de 400 000 euros de taux d
10:58'endettement.
10:59C'est colossal.
11:00Donc ils ne peuvent pas en fait laisser tomber leur élevage ou changer de mode de production
11:04parce qu'ils doivent faire du volume, ils doivent faire du chiffre.
11:07On les pousse à faire du volume, ils faire du chiffre.
11:10Et pour les travailleurs d'abattoirs, ils se retrouvent eux aussi souvent dans des emplois qui ne sont pas choisis.
11:16C'est des emplois qui sont extrêmement difficiles, où il faut se lever très tôt le matin,
11:23travailler dans des températures qui peuvent être très froides, dans l'odeur.
11:28Et c'est un travail à la chaîne.
11:30Le travail à la chaîne, il a été inventé au départ dans les abattoirs de Chicago.
11:35Et c'est comme ça qu'Henri Ford s'est notamment inspiré pour ses usines de fabrication de voitures.
11:40Il s'est inspiré des abattoirs de Chicago.
11:43Et aujourd'hui, en France, un des travails principaux où il y a un travail à la chaîne, c'est
11:49dans les abattoirs.
11:50Donc aujourd'hui, vous avez des gens qui peuvent travailler de 4 à 6 heures sans avoir de pause,
11:54travailler dans des environnements qui sont très très compliqués, très difficiles,
11:58avec des accidents du travail qui sont aussi bien supérieurs à la moyenne des accidents du travail dans d'autres
12:04métiers.
12:04Donc voilà, tout ça fait que c'est une souffrance pour les animaux, mais c'est aussi une souffrance pour
12:10les gens qui y travaillent.
12:14On réussit avec des campagnes à faire que les pires pratiques d'élevage soient abandonnées.
12:20Je vais prendre un exemple pour les poules pondeuses en cage.
12:24Donc pour la production des œufs, on avait, il y a une dizaine d'années, 80% des poules qui
12:29étaient dans des cages.
12:30Donc ces cages, il faut imaginer des poules qui sont pendant un an sur un sol grillagé.
12:36L'espace, c'est à peu près une feuille à quatre. Elles sont débequées pour éviter le cannibalisme à l
12:41'intérieur des cages.
12:42Donc c'est des pires pratiques. On peut difficilement faire pire.
12:45Et on a, grâce à des campagnes actives, réussi à obtenir des engagements de tous les supermarchés,
12:51et l'agroalimentaire, et aussi la grande distribution, enfin la grande distribution,
12:57et aussi dans la restauration collective, des engagements à ce que d'ici, généralement c'est d'ici 2025,
13:03il n'y ait plus d'utilisation des œufs qui sont produits dans ces conditions-là.
13:07Et bien là, en quelques années, on était parti de 80% des poules en cage.
13:12On est en dessous de 50% aujourd'hui.
13:14Et on peut imaginer que d'ici 2025, on sera clairement à quelques pourcentages d'élevages
13:22qui seront encore, enfin de poules qui seront encore enfermées dans des cages.
13:25Donc à partir de là, on pourra espérer avoir une loi qui interdise l'élevage en cage des poules pondeuses.
13:31Donc en quelques années, en fait, un modèle d'élevage qui s'était imposé depuis les années 70-80,
13:37qui du coup est complètement questionné et complètement réorienté sur des modes d'élevage beaucoup plus alternatifs,
13:46qui restent encore, qui n'est pas idyllique, mais en tout cas qui sont moins pires que ce qu'on
13:50avait imaginé,
13:51enfin ce qui était fait en tout cas.
13:53Et puis on a exactement le même mouvement qui est en train d'avoir lieu en ce moment sur les
13:58poulets de chair.
13:59On a une charte alors qu'on a mis en place avec des associations au niveau international,
14:04puisqu'aujourd'hui les enjeux sont, les groupes sont internationaux,
14:08où on demande à ce qu'il y ait une densité qui sont plus faibles à l'intérieur des élevages,
14:13qu'il y ait la lumière du jour, qu'il y ait des souches qui sont utilisées à l'intérieur
14:17de ces élevages,
14:18qui sont des souches à croissance moins rapide,
14:21donc ce qui entraîne moins de problèmes sur les déplacements des animaux dans ces élevages-là,
14:26moins de boiterie par exemple.
14:28Donc ça c'est une charte qu'on a mis en place et on a en un an eu des
14:32dizaines de dizaines de supermarchés,
14:36enfin la plupart des supermarchés sont engagés à ne plus s'approvisionner dans des élevages
14:40qui ne répondent pas à cette charte.
14:42Et on a aussi des gros acteurs comme Sodexo par exemple,
14:48enfin la restauration hors domicile qui s'est engagé aussi.
14:52Donc là on voit aussi que la filière va devoir s'adapter à cette nouvelle demande
14:56et c'est aujourd'hui les plus grandes victoires qu'on puisse avoir en fait.
15:00C'est l'agroalimentaire qui nous les donne aujourd'hui ces victoires-là.
15:03Et on les a grâce à des campagnes, grâce à l'exposition publique qu'on peut faire en fait,
15:06puisque les marques, les supermarchés voient bien qu'il y a beaucoup de réactions,
15:12que ça réagit très fort sur les réseaux sociaux
15:14et aujourd'hui s'ils ont envie de montrer qu'ils agissent sur la question environnementale,
15:19sur la question de l'éthique, ils prennent des mesures qui sont concrètes
15:22et aujourd'hui c'est là qu'on a vraiment des avancées qui sont très concrètes.
15:29Le travail de l'année 2014 c'est un travail d'information.
15:33C'est vraiment le premier, au cœur de notre travail c'est de montrer
15:37comment sont élevés, transportés, abattus les animaux.
15:40Donc c'est très important de continuer à diffuser ces images
15:44parce qu'on n'est jamais assez informés
15:46et que les filières elles ont des moyens colossaux pour essayer de mettre à distance
15:52et de casser, briser le lien entre les animaux et les produits qu'on retrouve sous cellophane.
15:58Donc la première chose c'est évidemment de participer à cette diffusion de l'information.
16:02Et puis on a énormément de gens qui sont sympathisants,
16:06qui sont mobilisés sur ces questions-là, qui sont touchés par ces questions-là.
16:09Et il ne suffit pas de regarder les vidéos, c'est de pouvoir agir derrière.
16:12C'est ça qui est important.
16:15On a un pouvoir citoyen, consommateur, on a un vrai pouvoir.
16:19C'est nous qui détenons le pouvoir en fait.
16:21On essaie de nous faire croire qu'on est impuissants par rapport à ces puissances de l'argent,
16:27par rapport à l'industrie agroalimentaire, mais c'est faux.
16:30Il faut qu'on agisse et on essaie nous, à chaque fois qu'on diffuse une enquête,
16:34de donner des outils pour pouvoir s'organiser.
16:37C'est ça qui est important aussi, c'est s'organiser pour pouvoir ensemble
16:44appuyer sur des cibles qui nous permettent d'obtenir des victoires concrètes.
16:47Ce qui fait que nous, on a mis par exemple en place, on a une page où on a vraiment
16:51agir.
16:51Si vous allez sur la page d'accueil du site L214, tout de suite sur l'onglet de gauche,
16:55vous avez comment pouvoir agir, on a une batterie de choses qu'on peut faire.
16:59Et on a notamment des actions express pour les animaux, où quand on diffuse une enquête,
17:04on propose aux gens de réagir pour ne serait-ce faire fermer un abattoir,
17:10faire qu'il y ait plus de contrôle, inciter tel et tel supermarché à se fournir dans des élevages,
17:18à éliminer les pires pratiques d'élevage dans leurs approvisionnements par exemple.
17:22Et ça c'est très très important qu'on puisse aujourd'hui réagir sur les réseaux sociaux,
17:26montrer qu'on est nombreux à vouloir à ce que les conditions d'élevage, de transport et d'abattage des
17:30animaux évoluent.
17:31Et si on le fait massivement, et même en agissant aussi au niveau des politiques,
17:37les politiques regardent comment réagissent les gens.
17:39Même s'ils ne sont pas forcément sincèrement...
17:41Il y a des politiques qui sont sincèrement préoccupées par la question animale.
17:45S'ils ne sentent pas qu'il y a un soutien des citoyens, des consommateurs,
17:49ils vont avoir du mal à réagir face à ces lobbys de l'élevage qui sont très très forts.
17:54Et du coup, montrer qu'ils ont ce soutien des gens, des citoyens,
17:58et il est là, il est présent, j'en suis certain.
18:01On voit comment réagissent les gens aux images.
18:04Et bien c'est quelque chose qui est très très précieux.
18:07Donc il faut soutenir... On a un site qui s'appelle Politiques animaux,
18:10où on voit les positions des différentes personnes qui sont en poste de responsabilité,
18:16des députés dans les grandes mairies de grandes villes, le gouvernement aussi.
18:21On voit comment ils agissent et on peut les inciter à prendre des politiques qui soient plus favorables aux animaux.
18:27Et derrière, ça sera plus favorable, pas simplement pour les animaux, mais pour l'environnement,
18:33pour les conditions sociales aussi.
18:36Clairement, on en a discuté tout à l'heure, il faut savoir qu'au niveau des agriculteurs,
18:41c'est le métier où il y a le plus de suicides parmi toutes les professions.
18:44Trois fois plus de suicides pour les hommes, deux fois plus de suicides pour les femmes que toute autre profession.
18:48Donc c'est une profession aujourd'hui où la façon dont elle s'est développée à cause de l'agroalimentaire...
18:56Aujourd'hui, la FNSEA, c'est plus un syndicat, c'est une organisation agroalimentaire finalement
19:01qui envoie ses troupes pour faire défendre l'agroalimentaire contre la grande distribution.
19:07C'est une espèce de bras de fer entre les deux.
19:09Mais aujourd'hui, on voit que c'est un métier où il n'y a pas d'épanouissement des éleveurs
19:12et des agriculteurs.
19:13Donc en luttant contre l'élevage intensif, contre l'industrialisation de l'élevage,
19:18en fait, on agit pour le bien-être général, pour le bien-être des animaux, pour la santé publique
19:25et aussi pour les régions sociales.
19:27Et donc aujourd'hui, il faut qu'on soit acteur.
19:29On peut prendre le pouvoir et on doit prendre le pouvoir.
19:32Et on l'a vraiment.
19:33Merci.
19:35Merci.
19:35Merci.
19:37Merci.