00:00Niki de Miller, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02Donc, vous, vous êtes lauréat 2009 du Grand Zébrock
00:06et vous avez même été sur la scène Zébrock, la fête de l'Humain 2019.
00:11On va commencer par faire une petite carte d'identité.
00:14Oui.
00:14Pour les gens qui ne vous connaîtraient pas encore, d'où venez-vous, Niki de Miller ?
00:19Je suis originaire de Bordeaux, je vis en région parisienne.
00:23Voilà.
00:24D'accord, et vous avez commencé à faire de la musique à Bordeaux, à Paris ?
00:27Vous pouvez nous raconter un petit peu les débuts ?
00:28J'ai commencé la musique dans le Val de Marne, en 1994, à Champigny-sur-Marne,
00:34lorsque j'avais 14 ans.
00:36J'avais un groupe qui s'appelait Les Bratz, qui faisait partie du mouvement des Baby Rockers,
00:40avec lequel on a fait beaucoup de concerts avant la majorité.
00:44Et voilà.
00:46Ensuite, on a fait la première partie d'Iggy Pop quand j'avais 17 ans.
00:49Et ça m'a dégoûté du monde de la musique et du show business.
00:52Donc, j'ai complètement arrêté la musique pendant 10 ans ensuite.
00:55Et puis après, vous avez repris.
00:56Et là, je reprends depuis 5-6 ans, via la musique de cinéma surtout,
01:01et via ce projet que je défends, mon premier album en fait, à ce moment.
01:05D'accord, un solo.
01:06Donc, j'ai lu sur votre profil Facebook que vous faisiez du blues du tertiaire.
01:13Alors, le tertiaire, il faut comprendre le secteur d'activité, pas à l'époque, je suppose.
01:16Est-ce que vous pourriez un petit peu nous expliquer ce que c'est que vous êtes le tertiaire ?
01:20Alors, en fait, comme je le disais, à 17 ans, j'arrête la musique et je prends un boulot.
01:26Et je me mets à travailler sur les bases de données dans une entreprise dans la publicité et l'événementiel.
01:33Mais je suis resté 10 ans.
01:35Et du coup, ces 10 années en boîte, d'abord au service base de données,
01:39et ensuite au service commercial, je suis devenu VRP après pendant 5 ans,
01:43j'ai sillonné l'Île-de-France en Autolib.
01:45Ça a l'air de vous passionner !
01:47Oui, c'était pas passionnant, mais justement, je tenais à raconter d'un point de vue artistique
01:52quelque chose qui n'a absolument rien d'artistique, à savoir cette vie-là.
01:55Alors justement, bon là, ça se voit maintenant, ça se lit, ça s'entend dans vos textes, dans votre musique.
02:02Tout ça souligne une certaine violence, on va dire, de la société moderne.
02:08Donc c'est votre aventure professionnelle, ces années passées à la Défense, autour de la Défense,
02:13si j'ai bien compris, cette prison pour cadre sup, un petit peu, qui a guidé...
02:19Est-ce que c'est ça qui a guidé votre choix de ce soir ?
02:22Vous pensez que la chanson d'Eddie Mitchell, il ne rentre pas ce soir, vous allez nous interpréter,
02:27vous pensez qu'elle est toujours à l'actualité ?
02:29Ah ouais, complètement, ouais, ouais.
02:31Lorsque j'étais en entreprise, et c'est un peu ce que je vais raconter dans mon album
02:35et dans l'autre titre que je vais chanter ce soir,
02:38j'ai été formé par des gens qui bossaient dans la boîte depuis 20 ans
02:41et qui, à la fin, ont été licenciés.
02:44Et moi, j'ai formé le call center qui les a remplacés.
02:47D'accord.
02:48Et c'est à ce moment-là que j'ai arrêté de travailler dans la boîte
02:50parce que j'étais en burn-out et en dépression.
02:53Et c'est l'histoire de « Il ne rentre pas ce soir ».
02:55C'est vrai que c'est toute cette histoire un peu d'aliénation
02:58où l'individu se retrouve écrasé par sa fonction dans la boîte
03:04et n'arrive pas à exister en dehors de ça.
03:06Ouais, ouais, cette chanson me parle beaucoup.
03:08Alors, c'est des thèmes qu'on développe pas mal chez nous,
03:12que ce soit dans les colonnes du journal ou à la fête de l'humain.
03:15Ce sont des thématiques aussi qu'on retrouve beaucoup à la fête de l'humanité.
03:18Vous, ce n'est pas la première fois que vous y jouez.
03:21Quelle signification a cette fête pour vous, même sous cette forme ?
03:24La fête de l'humanité, c'est unique.
03:27Moi, je suis un fidèle de la fête de l'humain depuis 10 ans, je crois.
03:31J'ai fait la fête avec mon meilleur ami chaque année.
03:35C'est unique, quoi.
03:37Je ne sais pas, même sur le plan international.
03:39Je ne sais pas s'il y a d'autres rassemblements populaires comme ça
03:42où on peut rencontrer des gens qui viennent de toute la France,
03:45s'échanger, boire un coup et puis manger du chèvre frais.
03:51Moi, j'adore.
03:52J'y vais chaque année.
03:53Un amateur de chèvre frais.
03:55Oui, oui, oui.
03:56Outre « Il ne rentre pas ce soir », vous nous disiez.
03:59Donc, vous alliez interpréter un autre titre.
04:00Vous pouvez nous en dire un petit peu plus ?
04:02Absolument.
04:03Cette autre chanson s'appelle justement « Call Center »
04:05et raconte une conversation fictive entre un cadre du réseau d'Île-de-France
04:15et un agent de Call Center basé au Maghreb.
04:18Parce que voilà, moi, c'est vrai que par mon boulot,
04:20je me suis retrouvé là-bas à former un plateau entier de Tunisiens.
04:25C'était vraiment un truc hyper bizarre à vivre.
04:29C'est des gens qui nous appellent parfois pour nous vendre des solutions viagées.
04:32C'est complètement à côté de la plaque.
04:34Et en même temps, c'est des gens qui sont au bout du téléphone.
04:37C'est de ça que parle l'autre chanson que je vais chanter.
04:39Je vais vous demander, pour aborder notre dernière séquence,
04:42de choisir entre ces cartes et de répondre à la question qui est inscrite au dos.
04:51La personne qui a cru en toi.
04:53Waouh, c'est chaud ça.
04:55Alors, quelqu'un qui vous aurait mis le pied à l'étrier en musique,
04:58quelqu'un qui vous aurait confié...
05:02Ma mère.
05:04C'est toujours bien d'avoir le soutien des proches.
05:07Non, honnêtement, c'est vrai que la musique, comme pas mal de disciplines artistiques,
05:11c'est des chemins de longue haleine.
05:13Moi, j'ai commencé à 14 ans, j'en ai 32 maintenant.
05:16Je ne suis pas vieux, mais ça fait déjà un moment que j'essaye de faire de la musique.
05:19Et je suis intermittent depuis un an seulement.
05:22Donc, c'est vrai que d'avoir un soutien familial, ça change tout.
05:25Donc, ouais, je suis ma mère.
05:26D'accord, c'est bien.
05:28Votre actualité, Andomo, est-ce qu'il y a un album de préparation ?
05:32Vous êtes en train de travailler en ce moment ?
05:33Oui, mon premier album qui s'intitulera Autopsie de l'homme qui voulait vivre sa vie.
05:38Et donc, c'est une compilation de chansons qui parlent du milieu du tertiaire.
05:42Sortira en mars.
05:43On se produira, si tout va bien, et si Godzilla ne sort pas de terre d'ici là,
05:48on se sortira le disque avec un concert au point éphémère le 18 mars 2021.
05:56Et le premier single sort en octobre pour le MAMA Festival.
06:00D'accord.
06:00En attendant, on se retrouve là-bas.
06:02Donc, on va vous retrouver sur scène tout à l'heure.
06:04Oui, ça fait plaisir de rejouer.
06:06Ça fait longtemps et ça va faire vraiment du bien.
06:08Bon, on attend avec impatience.
06:10Merci beaucoup, Miki de Miner.