- il y a 28 minutes
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NewsTranscription
00:00Il y a un truc qui a entré en vigueur en janvier, qui nous a tous un peu secoués,
00:03qui a secoué la société, qui a secoué l'humanité,
00:05qui a secoué surtout les plus précaires, c'est la loi plein emploi.
00:09Alors il y a plein d'éléments sales dans cette loi, notamment la réforme du RSA.
00:13Cette réforme, elle a été expérimentée dans une cinquantaine de départements depuis 2023
00:16et a donc été généralisée le 1er janvier 2025.
00:21Inscription automatique à France Travail, activité hebdomadaire obligatoire,
00:25accompagnement rénové, c'est de tout ça dont on va discuter avec Christian Page
00:28et Francine Royon, vous pouvez venir.
00:31Bonjour à tous les deux, asseyez-vous, bienvenue, merci d'être là.
00:35Bienvenue.
00:37Asseyez-vous.
00:38Alors Francine Royon, pendant que vous vous installez,
00:40vous êtes conseillère à l'emploi en Ile-de-France depuis 2002
00:42et maintenant vous êtes déléguée syndicale centrale à la CGT France Travail.
00:46Oui, c'est ça.
00:47Voilà, bonjour, encore merci d'être là et bienvenue.
00:49Christian Page, vous êtes allocataire du RSA, vous avez passé 10 ans à la rue
00:53et vous avez aussi écrit un bouquin, Belleville au cœur,
00:55où vous racontez un peu votre quotidien.
00:57Voilà, donc merci encore à vous d'être ici et bienvenue.
01:01Merci pour l'invitation.
01:02Je vous en prie.
01:04Et puis Ayette, Ayette Kéchit, viens aussi, assieds-toi.
01:07Ayette, tu es journaliste à la rubrique Capital Travail de l'Humanité.
01:11Tu vas nous aider aussi à mener cette interview.
01:14Tu t'intéresses particulièrement aux services publics.
01:16Tu traites plein de choses, mais c'est particulièrement ça sur lequel tu travailles.
01:20On va faire des petits rappels, proposer un peu les bases de la réforme du RSA
01:23et de la loi plein emploi parce que c'est un peu tentaculaire,
01:25mais on va essayer d'être assez concis, assez directs,
01:28pour que tout le monde parte sur les mêmes bases.
01:30Alors concrètement, il y a à peu près 1,2 million de gens au RSA
01:33qui ont été inscrits automatiquement à France Travail
01:35et qui ont maintenant l'obligation de signer un contrat d'engagement
01:38qui les oblige donc, pour une grande partie d'entre eux,
01:40à réaliser 15 heures d'activité, au moins 15 heures,
01:43sous peine de sanctions qui peuvent aller jusqu'à...
01:45jusqu'à où on sucre leur allocation et on coupe les vivres aux allocataires.
01:50Avant de passer à la suite, on voulait regarder un petit reportage
01:53qu'a réalisé Franck Cartelet, JRI, journaliste, reporter d'images à l'Humanité.
01:58Il a suivi une maraude de l'association Réchauffant nos SDF
02:01et il a recueilli pas mal de témoignages,
02:02notamment celui de Hervé, de Marina et de Christian.
02:05On regarde ça et puis on en discute après.
02:07Je ne pense pas qu'on puisse vivre avec 600 euros par mois,
02:12avec un logement, etc.
02:14Et si en plus on a une vie de famille, c'est un peu compliqué.
02:17Et dans la russe, ça l'est encore plus.
02:20Donc ouais, conditionné, 15 heures de boulot par semaine,
02:23ça s'appelle un emploi, donc autant le payer correctement.
02:26Ça y est, depuis le 1er janvier 2025,
02:281,2 million d'allocataires du RSA sont dorénavant pris en charge par France Travail.
02:34Et leur allocation sera désormais conditionnée
02:36par 15 à 20 heures de travail hebdomadaire.
02:39Un loyer, c'est 560 euros, c'est le prix de mon RSA.
02:46Du coup, je n'ai pas les moyens de...
02:51Si je ne suis pas en couple, je reste dehors en tant que femme.
02:57On va leur ôter le RSA, alors ?
02:59Donc déjà, ils peinent à vivre,
03:01et en plus, on va le retirer sous prétexte
03:03qu'ils n'ont pas accepté 15 heures de boulot par semaine, non ?
03:06Rappelez-vous, en 2023,
03:08l'objectif du gouvernement Macron était de s'attaquer aux plus pauvres
03:11avec le projet de loi dit « plein emploi ».
03:14Il faut en finir, je crois, avec le totem de l'aide contre la pauvreté
03:17qui, parce que sans contrepartie,
03:18serait par essence meilleure que toutes les autres.
03:20Et ce, même si en réalité,
03:22elle enferme une large partie de ceux qui en bénéficient
03:24dans la misère et dans la précarité.
03:26Je suis persuadé qu'il y aura des employeurs
03:28ou des structures, même administratives,
03:31qui vont se servir de ça pour avoir une main-d'œuvre gratuite, en fait.
03:36Parce que ça ne leur coûte rien, finalement.
03:38Alors que sur certaines chaînes de télévision,
03:41on assiste aux pires caricatures.
03:42Le RSA, c'est une bonne chose,
03:44parce que c'est un filet de sécurité.
03:45Il ne faut pas non plus qu'on bascule dans l'assistanat.
03:47Il y a 2 millions de personnes qui touchent le RSA,
03:49donc ça peut aller de 900 à environ 1 400 euros.
03:51Et il faut que ces personnes comprennent
03:52que ce n'est pas un statut à de vitam aeternam.
03:54Non, ça va être une aberration.
03:56Ça va encore mettre des gens encore plus sur le carreau.
03:59Donc ça va être compliqué à gérer.
04:02Déjà que c'est compliqué à gérer.
04:05Politiquement, je pense que...
04:07Eux, ils ont une chose dans la tête
04:09et ils ont plus la mort dans l'âme que l'amour dans l'âme.
04:13Voilà.
04:15Voilà pour ce petit reportage de Franck.
04:17Encore merci à lui et aux personnes qui ont répondu.
04:20On en discutera un petit peu après de ce que montre ce reportage.
04:23Mais avant, Hayet, tu voulais nous faire des petites précisions, toi aussi,
04:26avant qu'on se lance vraiment dans le vif du sujet.
04:27Oui, je pense que ce qu'inspire cette loi plein emploi,
04:33c'est en fait un rêve de la droite qui se réalise avec cette loi.
04:37Il faut se souvenir que quand elle était encore dans les tuyaux en 2022,
04:42à l'époque du macronisme triomphant dans le sillage des élections,
04:45de la victoire à l'élection présidentielle,
04:48elle a été vendue comme la solution miracle
04:50pour résoudre la question du chômage.
04:53Et même un objectif chiffré était affiché,
04:56c'était arriver au taux de 5% à l'horizon 2027.
05:00Comment ? Moins de droits, plus d'obligations pour les plus précaires.
05:04Plus de deux ans plus tard, on voit bien ce qu'il en est.
05:07Les chiffres du chômage sautent à la figure.
05:09La loi se fracasse contre le réel.
05:12Le naufrage de l'Assemblée nationale est passé par là.
05:15Le temps est moins fonfaron,
05:16mais toujours est-il que la loi, elle, elle est bel et bien passée en janvier.
05:20Mais du coup, pourquoi est-ce que c'est un rêve de la droite ?
05:22C'est un rêve de la droite parce qu'en fait,
05:24ça concentre toutes leurs obsessions à l'encontre des précaires.
05:28Cette idée que finalement, les gens qui sont au RSA
05:31doivent montrer patte blanche et montrer qu'ils méritent leur RSA.
05:35Avec évidemment, en arrière-fond,
05:38toutes ces idées, toute cette petite musique un peu rance et stigmatisante
05:43selon laquelle finalement, les Français qui cotisent,
05:46ils ont bien le droit de leur demander des comptes.
05:48Et que s'ils ne se bougent pas,
05:49c'est parce qu'on ne leur met pas un coup de fouet derrière.
05:52Et puis d'ailleurs, il faut se souvenir qu'en fin 2023,
05:56quand la loi est passée,
05:58si elle est passée sans un recours au 49.3,
06:00c'est bien grâce aux voix des élus républicains
06:02qui avaient émis comme condition cette contrepartie des 15 heures d'activité.
06:07Mais est-ce que c'est vraiment légal tout ça ?
06:09Alors, ça a en tous les cas fait réagir beaucoup de monde.
06:14Et notamment la CNCDH et la Défenseur des droits,
06:18qui a pointé en fait une loi qui va à l'encontre des principes
06:23qui sont au cœur du système de protection sociale français.
06:26Et dans la Constitution, c'est inscrit dans la Constitution,
06:30il est bien dit que la communauté nationale a un devoir
06:34d'apporter des moyens convenables d'existence à ceux qui en sont privés.
06:38Et là, on assiste à une remise en cause de ça.
06:41La Défenseur des droits, Claire Hédon, l'a dit dans un avis
06:44qu'elle avait publié à l'époque.
06:46Elle l'a redit dans les colonnes de l'Humanité
06:49en redisant également que c'était une loi délétère,
06:53stigmatisante, infantilisante.
06:54Voilà, on a son interview qui date de début janvier.
06:59Toujours est-il que cette loi est bel et bien passée
07:01et qu'en plus, elle est passée dans un contexte de flou budgétaire absolu.
07:06Et dans ce contexte de flou total, il y a une certitude en tous les cas,
07:10c'est que ça va causer des dommages des deux côtés du guichet.
07:13Et c'est pour ça que je trouve que c'est très bien
07:15que vous soyez là tous les deux pour en parler
07:18et pour nous dire pourquoi cette loi suscite autant d'inquiétudes
07:21de la part du milieu associatif.
07:24Et j'aimerais commencer par toi, Christian.
07:29si tu peux, on a vu à la fin du reportage de Franck
07:36cette petite pastille de C8
07:38où on revient sur, on ouvre encore la boîte aux préjugés
07:44sur ses assistés, etc.
07:46– Notamment des 1 400 euros que vous toucheriez.
07:48– Voilà, on relance la machine à clichés.
07:51Ce que nous intéresserait en fait, c'est de savoir comment vous, vous le vivez.
07:54– La machine à clichés, elle est simple, c'est, tu sais,
07:56je t'explique au mec qui gagne 1 800 euros
07:59que le problème, c'est celui qui a 600 euros de RSA, tu vois.
08:05C'est pas vraiment l'actionnariat, c'est pas vraiment le patronat.
08:12C'est pas ça le problème, c'est le gars à 600 euros qui fout rien.
08:17C'est ça, mais c'est de la com' politique.
08:22Moi, je cite Gérard Filoche,
08:24qui a été pendant des années inspecteur du travail
08:30et qui, lui, émet des forts doutes quant à la...
08:36Est-ce que c'est possible, cette histoire des 15 heures ?
08:39Puisque le travail gratuit, c'est interdit en France.
08:43On appelle ça le travail dissimulé.
08:45On ne peut pas travailler gratuitement, hors bénévolat.
08:49Mais le bénévolat est volontaire,
08:52donc on ne peut pas vous forcer à travailler gratuitement.
08:55Alors, effectivement, le plan de...
09:00Le plan qu'ils sont en train de mettre en place,
09:05ce serait plutôt des heures d'activité, des...
09:10Alors, au gouvernement, on nous dit,
09:12ouais, on va les remettre au travail,
09:14puis après, on vient vous raconter,
09:17ouais, mais...
09:18Tu vas faire un petit...
09:20Un petit atelier découvert de soi-même,
09:24et après, tu vas faire un petit stage
09:28dans la verdure, ou je sais pas quoi,
09:30mais...
09:32Mais alors, on nous dit,
09:33on va nous remettre au travail,
09:34et après...
09:36J'allais dire la question qu'on se pose un peu tous
09:38quand on découvre, justement, cette réforme.
09:40Et on se dit, mais à ce moment-là,
09:41pourquoi est-ce qu'on ne donne pas du travail,
09:43directement,
09:44plutôt que d'obliger les gens
09:45à faire 15 heures d'activité gratuitement ?
09:47Pourquoi, justement, ça veut dire
09:48qu'il y a du travail disponible ?
09:49C'est-à-dire qu'il y a des choses à faire.
09:50Pourquoi on ne peut pas les rémunérer pour ça ?
09:52Au maximum du maximum,
09:54à France Travail,
09:56il doit y avoir environ,
09:59dans les 400 000 réelles,
10:03offres d'emploi.
10:04Et là, on a eu les chiffres
10:07du dernier trimestre de l'année dernière,
10:092024,
10:104% dans les dents.
10:13Et 5,21 millions de chômeurs,
10:18toutes catégories.
10:2116 chômeurs pour un emploi vacant.
10:24Oui, c'est ça.
10:24De toute façon, il y aura toujours des personnes.
10:26Oui, mais alors maintenant,
10:28il faut remettre en cause le discours
10:30qui dit que les gens qui ne travaillent pas,
10:32c'est des feignasses qui restent à la maison.
10:34Il n'y a pas de boulot.
10:35Il faut arrêter de déconner.
10:37Va expliquer ça aux caissières d'Auchan,
10:41qui vont en 2400,
10:42qui dégagent.
10:44Il n'y a pas de boulot.
10:45Peut-être Francine, vous vouliez apporter des précisions,
10:47je vous voyais interagir.
10:48Peut-être sur les prétendues 15 heures d'activité,
10:53parce qu'en fait, c'est quelque chose qui existe déjà
10:55dans le contrat d'engagement jeune,
10:57qui est fait par la mission locale,
11:00et puis, par les missions locales,
11:01et Pôle emploi,
11:02et maintenant, aujourd'hui, France Travail.
11:04Et en fait, ce n'est pas forcément 15 heures de travail.
11:08C'est comme ça qu'ils vont certainement se couvrir légalement.
11:11C'est-à-dire que ces 15 heures d'activité,
11:14qui peuvent comprendre la participation à des ateliers,
11:17à des forums d'entreprise,
11:19qui peuvent, par contre,
11:20et c'est là où la question du travail gratuit se pose,
11:23peuvent comprendre des périodes d'immersion.
11:25Et les immersions, c'est de la découverte de métiers,
11:29de professions,
11:30qui peuvent durer de un jour à un mois,
11:33renouvelable une fois.
11:35Donc, on peut avoir un mois, deux mois,
11:37de, peut-être, travail gratuit ou de stage.
11:40Ils vont appeler ça plutôt des stages.
11:43Mais, voilà.
11:44Et en réalité, de l'expérience qu'on en a,
11:47des collègues qui ont fait ces 15 heures d'activité,
11:50pour les jeunes,
11:51déjà, ce n'est absolument pas possible.
11:53Donc, il faut combler,
11:54c'est vraiment une partie administrative extrêmement chronophage,
11:57parce qu'il faut combler les trous.
11:59Et donc, c'est plus ça, en fait,
12:00c'est remplir des tableaux pour ne pas qu'ils deviennent rouges,
12:02dans les indicateurs de France Travail.
12:05Et c'est totalement irréaliste, en fait, en réalité.
12:08Par contre, le problème, c'est que de ça va découler des sanctions.
12:12Et c'est vraiment ça, le souci.
12:14– Oui, et puis une certaine forme de violence, du coup,
12:15parce qu'il y a des gens qui sont en situation de précarité,
12:17qui n'ont pas de travail,
12:18on va aller leur demander de faire un stage de bâtisserie.
12:20– C'est le but, excuse-moi,
12:22c'est le but inavoué.
12:24C'est de radier un maximum de personnes au RSA.
12:28En gros, pour faire des économies.
12:31Mais ça va foutre grave des gens dans la merde,
12:33mais c'est le but avoué.
12:36Non, on avoue.
12:37Ah si, avoué, quand même.
12:39Ils nous le disent, ils nous crassent dessus.
12:42– Christian, je l'ai dit au début,
12:44vous avez vécu 10 ans à la rue,
12:46là vous avez trouvé un logement assez récemment.
12:48Je pense que c'est important aussi que vous expliquiez aux gens
12:50comment on fait pour survivre avec 600 euros par mois à peu près,
12:53alors c'est entre 500 et 600,
12:54on est loin des 1400 euros de RSA.
12:56Est-ce que vous pouvez un peu peut-être nous raconter votre quotidien
12:59et comment on fait pour vivre et survivre avec 600 euros par mois au RSA ?
13:02– Alors oui, c'est vrai qu'au bout de 10 ans,
13:05comme SDF, j'ai obtenu un logement social,
13:11parce que j'en ai fait la demande.
13:12donc 10 ans de moralité Paris,
13:1610 ans pour avoir un logement social.
13:18Voilà, donc ça fait 6 mois, tout va bien pour moi.
13:26Comment survivre avec 600 euros par mois ?
13:30C'est une organisation, c'est une question de choix.
13:34Alors moi, je n'ai pas d'addiction particulière,
13:39tu vois, genre je ne prends pas de drogue,
13:41tu vois, j'ai un casier vierge,
13:45tu vois, genre je suis un mec tranquille,
13:47donc après tu gères ton budget,
13:50mais voilà, 600 balles par mois,
13:54c'est 20 balles par jour,
13:56en sachant que si je fume des cigarettes,
13:58donc j'ai du tabac,
14:01il faut rater…
14:01– Il suffit d'un imprévu aussi,
14:03j'imagine, s'il y a un imprévu par exemple,
14:06qu'il faut faire quelque chose en urgence d'un coup ?
14:07– Ouais, c'est ça, il faut garder un peu de côté,
14:10non, puis il faut que tu achètes des chaussettes,
14:12puis des machins, puis des trucs,
14:14tu vois, quand tu es en galère,
14:16mais ouais, si tu arrives à une grosse couille,
14:19là, t'es mal, c'est comme ça, voilà.
14:23– On va regarder un autre petit reportage,
14:25en fait, c'est la même personne, c'est Marina,
14:27mais qui parle plus particulièrement
14:29de la situation particulière pour les femmes.
14:31– Des femmes à la rue.
14:32– Voilà, des femmes à la rue,
14:33donc on regarde ça et puis on en discute juste après.
14:36– Je touche à 126 euros de RSA,
14:39mais je n'arrive pas à trouver un logement ou quoi.
14:44Si je ne suis pas en couple, je reste dehors,
14:47en tant que femme.
14:49On n'a pas assez.
14:50J'essaie de m'en sortir,
14:52mais avec 526, ça fait trois mois,
14:55là, je n'y arrive pas.
14:57On fait 300 euros au niveau alimentaire
15:01et c'est tout.
15:02Et on rembourse tout le monde.
15:05Tous les gens qu'on a demandé un peu de monnaie,
15:09un peu d'argent, et bien on les rembourse.
15:13Du coup, mon RSA, il se diminue à 295.
15:19Un loyer, c'est 560 euros.
15:24C'est le prix de mon RSA.
15:26Je suis obligée de faire la manche.
15:28Je suis obligée de venir aux associations pour manger.
15:33me laver.
15:36Et ouais, c'est compliqué.
15:39En tant que femme dehors, c'est compliqué.
15:43Heureusement que j'ai un groupe avec moi,
15:48qui ne me lâche pas, et tout va bien.
15:52Voilà le témoignage de Marina.
15:54On a bien vu dans le chat qu'il y avait des problèmes de son.
15:56Les techniciens et techniciennes sont en train de régler le souci.
15:58Donc on vous lit.
15:59Ne partez pas, ça va être réglé bientôt.
16:01Je voulais revenir un peu sur le témoignage de Marina.
16:04Elle parle notamment de la situation des femmes à la rue,
16:07des femmes à la côte d'air de RSA.
16:09Est-ce que vous, quand vous travaillez à France Travail,
16:12est-ce que vous avez assisté comme ça à cette...
16:14Est-ce que c'est une double peine, finalement,
16:15quand on est femme à la rue à la côte d'air du RSA ?
16:22– En tant qu'agent de France Travail, que je peux vous reprendre,
16:24c'est sur le principe qu'effectivement, on le sait,
16:27c'est montré partout, que quand on est une femme,
16:29en plus, on peut être victime en plus de violences sexistes à la rue.
16:32Donc effectivement, c'est une double peine en ce sens-là.
16:35– Je crois que, Christian, vous disiez que vous la connaissez, c'est ça Marina ?
16:40– Oui, tout à fait.
16:45Et le problème de Marina, c'est qu'un jour, sa mère l'a foutue à la rue.
16:49Voilà, elle a 28 ans.
16:52Vous avez vu les images, elle est plutôt jolie, tu vois.
16:56Donc une fille qui est jolie, qui a 28 ans, qui est à la rue,
17:01c'est une cible pour tous les pervers.
17:04Vous imaginez même pas ce qui s'y passe dans la rue.
17:07Voilà. Alors avec, deux secondes, le reportage d'avant avec Sarah Frick,
17:16justement avec Réchauffon au SDF, on essaye de mettre les femmes à la rue,
17:21à l'abri, à l'hôtel, dans des appartements, donc voilà.
17:26Et ça marche, ça marche pas, mais une femme à la rue, c'est dangereux.
17:31C'est très dangereux.
17:32– Elle disait justement, oui, dans le reportage,
17:34qu'heureusement, elle avait pu parfois être accompagnée par des collectifs
17:38ou des associations, etc.
17:39Et du coup, est-ce que, par exemple, ça a été aussi votre cas ?
17:42Est-ce que c'est une aide nécessaire auquel il faut…
17:47– J'ai cru comprendre que le gouvernement,
17:50il voulait réduire les aides aux associations.
17:54Mais alors pour mon cas, pour moi, ça a été le cas,
17:58mais c'est le cas de toutes les personnes qui se retrouvent dans la galère,
18:01c'est que tu as des associations qui te donnent des adresses,
18:06qui te disent, tiens, il te faut des habits, va à tel endroit,
18:11si tu as faim, il y a telle association qui te sert à manger, tu vois.
18:15Rien que l'orientation, c'est même pas l'aide, rien que l'orientation.
18:19Il y a tellement de gens qui se retrouvent à la rue complètement paumés
18:24qu'à un moment, il faut leur dire où aller, tu vois.
18:29C'est comme ça.
18:35Et les femmes, mais aussi les enfants, ils dorment dans la rue.
18:39Alors ça…
18:41– Francine, on commençait à l'évoquer un peu tout à l'heure.
18:44Il y a des exceptions, il y a des gens qui pourront échapper à ces 15 heures de travail,
18:47ça ne concerne pas tout le monde, mais il faut faire des démarches particulières.
18:49Est-ce que vous pouvez nous expliquer qui pourra échapper à ces 15 heures,
18:53qui ça concerne, quelles démarches il faut faire, comment on s'y prend ?
18:56Est-ce que vous pouvez nous faire un point là-dessus ?
18:58– Oui, et puis peut-être dans le chat, il y a plusieurs personnes qui ont demandé
19:01ce que les personnes vont faire concrètement comme activité, si on sait déjà ou pas.
19:06– D'accord.
19:09Sur ce qu'elles vont faire sur la question des 15 heures,
19:12c'est ce que je vous disais un peu tout à l'heure.
19:15En réalité, comme ce n'est pas possible de faire 15 heures,
19:18au-delà du fait que ce n'est pas possible pour la personne
19:22de faire 15 heures d'activité, ça va être de répondre à des offres
19:25et peut-être de faire des immersions sur les lieux de travail,
19:28de faire des ateliers, de faire des choses comme ça.
19:31Et en fait, ils vont faire des espèces d'équivalences en heures.
19:34Mais même avec ça, on n'est pas du tout d'accord là-dessus.
19:39Après, sur les personnes qui échappent, pour l'instant,
19:43en fait, c'est en train de se mettre en place.
19:44Donc, on signe des contrats d'engagement, quelques-uns sont signés.
19:49Il y en a qui sont faits, les conseillers ont encore la main
19:53et les conseillers ne mettent pas forcément ces 15 heures d'activité
19:56dans le contrat d'engagement.
19:58Ils essayent parce que, comme à chaque nouvelle contre-réforme
20:02qui touche les personnes qui sont au chômage,
20:05les conseillers résistent tant bien que mal aux injonctions gouvernementales
20:09qui sont coercitives contre les usagers.
20:11Donc, pour l'instant, on ne sait pas trop comment ça va se passer.
20:15On sait que les personnes qui ont des enfants de moins de 12 ans,
20:18normalement, ne seront pas soumises à ces 15 heures d'activité.
20:21Mais en tout cas, dans la loi, ces 15 heures,
20:24elles sont bien marquées pour tout le monde.
20:26Mais comme d'un point de vue vraiment,
20:28et ça, c'est au-delà de l'avis qu'on peut avoir
20:31sur ces 15 heures d'activité, comme ça n'est pas possible matériellement
20:34pour les agents de France Travail,
20:36déjà la direction générale est un peu en train de reculer
20:39sur l'application des 15 heures d'activité.
20:42Mais malheureusement, elles vont quand même concerner
20:44certainement les personnes les plus fragiles
20:47et les plus en difficulté avec un espèce d'accompagnement intensif
20:50qui sera fait par nous, mais aussi par des opérateurs privés
20:54qui seront peut-être moins scrupuleux que nous.
20:56– On reviendra un peu plus tard sur les moyens de France Travail,
20:59enfin les non-moyens plutôt que vous allez avoir
21:00pour accompagner cette réforme.
21:02Je vous voyais réagir, Christian.
21:05– Oui, parce que c'est vrai que cette histoire d'heures de travail,
21:14enfin on a compris que ce n'est pas du travail.
21:20Si tu veux, je trouve que dans le fond,
21:25ce n'est pas une mauvaise idée.
21:27Tu sais, des gens qui sont vraiment déracinés du monde du travail et tout,
21:31tu leur dis, tiens, on trouve une petite formation, un truc.
21:34Sur la base, ce n'est pas une mauvaise idée, tu vois.
21:39On ne va pas saccager tout non plus.
21:43Mais on en discutera ce que tu as dit,
21:46quels sont les moyens, quels sont…
21:49Voilà, alors parlons du statut des travailleurs sociaux
21:54et des employés de France Travail
21:57qui vont se prendre, tu vois, des dossiers sur la gueule.
22:03Ils ne vont pas savoir d'où ça vient.
22:05Bon, ça, on peut en parler.
22:07Mais moi, sur le principe, tu vois, en tant qu'ancien SDF,
22:13je ne suis pas contre.
22:14Je connais des gens, ça fait tellement de temps qu'ils sont au RSA,
22:18que tu leur ferais faire une petite formation.
22:21ça ne leur ferait pas de mal, mais voilà.
22:23– Mais c'est des conditions, mais effectivement…
22:25– Oui, exactement, d'application, de suivi,
22:29et c'est tout ça, le problème.
22:31C'est pas, sinon, sur le principe, c'est pas une mauvaise idée, j'avoue.
22:36Sur le principe.
22:37– Pas très faim.
22:38– Sur le principe, madame.
22:40Non, non, après, voilà, il faut donner les moyens, c'est tout.
22:45C'est bien de donner des idées, mais tu ne mets pas le pognon.
22:49– Justement, il y a peut-être une question, là-dessus, sur les moyens.
22:52Comment on fait…
22:53– Avant ça, si je peux me permettre, simplement,
22:55peut-être que ce serait aussi l'occasion de dire
22:56qu'il y a énormément de profils, aussi, de gens qui sont au RSA.
23:00On se le disait aussi.
23:02Et je pense que le fait de cette contrainte de 15 heures d'activité
23:08sous peine de sanction, c'est quelque chose qui,
23:10pour d'autres profils qui sont au RSA,
23:12peut être quelque chose de perturbant, en fait.
23:14C'est des gens aussi qui peuvent avoir une activité décousue
23:17et pour qui ce revenu représente un revenu de survie
23:21dans des carrières, des professions qui sont hachées,
23:25par exemple, certains artistes, et c'est le revenu de survie.
23:28Donc, avoir à ajouter des heures d'activité
23:30qui ne correspondent pas forcément à leur profil,
23:32ça peut être quelque chose de gênant, aussi.
23:35C'est un surcroît de stress dans quelque chose
23:39qui ne correspond pas du tout à leur projet professionnel, en fait.
23:44– Et puis, en plus, leurs revenus,
23:46parce que c'est aussi ça le problème de cette fois,
23:49c'est que les revenus sont conditionnés à ces 15 heures d'activité.
23:53Ils sont coupés, suspendus, en partie, tout ou partie.
23:57Voilà, et c'est d'ailleurs sur ce point-là
23:59que la CNDH demande l'abrogation de cette mesure-là,
24:03des 15 heures d'activité, quand même.
24:05– Sur l'idée, ce n'est pas mauvais,
24:08mais le fait que ce soit forcé, soumis à sanctions,
24:14c'est ça le problème.
24:17Sur l'idée, c'est ce que je disais, ce n'est pas con.
24:20Mais après, ben oui, ok, on te fait sauter ton RSA,
24:25donc ça veut dire, ta CMU, ta carte de transport…
24:31– On te précarise encore davantage.
24:33– Ah oui, oui, bien, bien.
24:34Je voulais un peu revenir sur les moyens qu'on va allouer
24:36ou qu'on ne va pas allouer plus à France Travail,
24:38notamment à travers la sous-traitance et l'intelligence artificielle, peut-être.
24:41Ayette, tu avais peut-être une question à France.
24:42– Oui, sur ça, et aussi, avant ça, ce qu'on s'était dit aussi,
24:48c'est cette question de l'accompagnement.
24:50Donc la question, elle est un peu subsidiaire, en fait,
24:53la question des moyens, mais là, l'élément de langage
24:56qui est particulièrement mis en avant depuis l'entrée en vigueur de la loi,
25:00c'est on va apporter un accompagnement rénové.
25:02Est-ce qu'il y a aujourd'hui les bras, les moyens
25:05pour apporter cet accompagnement-là, aujourd'hui ?
25:08Est-ce que France Travail est prête à gérer un afflux
25:11d'1,2 million de personnes et de leur apporter
25:14cet accompagnement de qualité, en fait ?
25:16– Non.
25:18– C'est une question rhétorique.
25:19– C'est clair.
25:20– Vous, en fait, ce que vous, du coup…
25:21– Oui, et d'autant plus que non seulement,
25:23elle n'a pas les moyens de gérer cet afflux de personnes,
25:29mais en plus, elle ne les avait pas déjà l'année dernière,
25:32elle ne les avait pas non plus l'année d'avant,
25:33enfin, ça fait des années qu'on n'a pas les moyens
25:35d'accompagner correctement les personnes,
25:38de répondre à leurs besoins,
25:39de leur proposer un accompagnement
25:41qui corresponde à leurs besoins sur le projet professionnel.
25:47Et donc, voilà, il y a déjà,
25:49il y avait, depuis déjà des années,
25:50il y a des portefeuilles, enfin, des portefeuilles de personnes.
25:53Un conseiller suit un certain nombre de personnes
25:55selon sa difficulté à rechercher un emploi.
25:59Et on a déjà des collègues qui peuvent suivre 500, 600 personnes.
26:03Donc, si on rajoute 1,2 million de personnes de plus,
26:06on ne pourra pas les voir, ces personnes-là.
26:08Donc, elles auront un lien très distant avec France Travail.
26:12Et le risque, effectivement, c'est qu'on envoie ces personnes-là
26:15vers des opérateurs privés.
26:17– C'est un peu la parade qu'a trouvée France Travail,
26:20pour contourner le truc.
26:21– Voilà, parce que la loi, elle s'applique depuis,
26:24en réalité, depuis le 1er janvier 2024.
26:27Et déjà, le budget pour les opérateurs privés a augmenté de 60%.
26:32Voilà, donc, ce qui est énorme.
26:34Et les usagers qui sont accompagnés…
26:36– Comment ça ? Je suis surpris.
26:38– Oh, je suis étonné.
26:40– On va revenir un peu en arrière.
26:42– J'apprends quelque chose.
26:43– On va revenir un peu en arrière.
26:44Je voulais vous montrer une petite gima.
26:45Alors, je ne pense pas qu'elle va vous faire plaisir.
26:48Mais c'est l'ancien Premier ministre
26:50qui annonçait la généralisation du RSA, Gabriel Attal.
26:53On regarde.
26:55– Deuxième objectif, pour réussir,
26:58je veux déverrouiller l'accès au travail,
27:00déverrouiller notre société.
27:01Je veux permettre à tous ceux qui le peuvent
27:03de travailler avec en tête les droits et les devoirs de chacun.
27:07Le droit d'être mieux accompagné grâce à la réforme de France Travail,
27:11mais aussi le devoir de chercher un emploi.
27:14– Le droit et les devoirs, Christian,
27:17est-ce que tu es un peu provocatrice ?
27:19– Je suis non-violent, je te jure.
27:20Je suis non-violent, j'ai dit je suis non-violent,
27:22mais c'est le deuxième.
27:23– Oui, je sais, je sais.
27:24– Je montre un mec que j'ai envie de le gifler.
27:26– Mais justement, je vais encore plus la provoque.
27:29Gabriel Attal parle de devoirs.
27:31Est-ce que vous avez l'impression de manquer
27:32à vos devoirs de citoyens en ne travaillant pas
27:35et en étant allocataire ?
27:36– Mais, mec, j'ai bossé pendant…
27:40Là, si je compile tout, j'ai bossé 27 ans.
27:44J'en ai 52.
27:45Tu vois, j'ai commencé jeune,
27:47j'ai eu des périodes où j'ai travaillé,
27:48pas travaillé et tout ça, quoi.
27:52Et il ne faut pas déconner.
27:53Et là, je suis en galère.
27:54Bon, OK, je suis en galère.
27:56Mais avec tout ce que j'ai cotisé,
27:59moi, je n'ai pas honte de dire que j'ai le RSA,
28:02parce que moi, à l'époque où je travaillais
28:04et que je cotisais comme un bâtard,
28:07je ne me disais pas,
28:08« Ouais, mais il y a un gars, je lui paye, machin,
28:11le fainéant, il devra aller bosser. »
28:13C'est comme ça, c'est la solidarité nationale.
28:16Si tu n'as pas compris ça,
28:19tu montes dans un charter à Trump
28:21et tu rentres dans ton pays, quoi.
28:23Je ne sais pas,
28:25la solidarité nationale, ça ne s'explique pas, quoi.
28:30– Ayette, tu as peut-être une question.
28:31Vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure,
28:33Francine, sur les potentielles sanctions.
28:35Peut-être tu avais une question, là, sur Ayette ?
28:36– Oui, on sait, quand on s'était parlé,
28:38il y a quelques semaines,
28:40vous m'aviez dit que la CGT Chômeur
28:42s'était intéressée de près au projet de loi plein emploi
28:45au moment où il était en débat.
28:46Et ils avaient noté que le mot « sanctions » et « contrôle »
28:49revenait au moins 80 fois.
28:50Alors là, le mirage de fumée, c'est l'accompagnement.
28:53Et quand on regarde de près à la loupe,
28:55ces sanctions à tout va, en fait.
28:57– Voilà, effectivement, c'est le mot « contrôle »
29:00qui est, je crois, 80 fois dans le texte de loi.
29:05Et là-dessus, la direction va mettre des moyens.
29:10Là, il s'agit de multiplier par trois
29:11le nombre de contrôles à recherche d'emploi d'ici 2027,
29:16donc de passer à 1,5 million de personnes contrôlées
29:20sur leur recherche effective d'emploi.
29:23Voilà, avec des plateformes dédiées qui vont faire ça.
29:26Et puisque, de toute façon, là aussi,
29:28il y a des problèmes d'effectifs.
29:30Juste pour vous dire que pour la CGT France Travail,
29:33on est opposé à tout contrôle et toute radiation de sanctions
29:37pour les chômeurs, quand même, je préfère le préciser.
29:40Mais du coup, comme ils n'ont pas assez de moyens
29:42pour contrôler les personnes,
29:43là, ils vont mettre en place un algorithme
29:47pour déterminer qui est susceptible d'être contrôlé.
29:54Voilà, donc ce qui est un peu inquiétant, quand même.
29:58– J'en ai dit, mais je te jure, il n'y a même pas un quart d'heure.
30:02J'ai dit que ça, c'est un système mis en place
30:05pour radier des gens au RSA.
30:09C'est tout.
30:10C'est pour pousser à la faute, pour dire,
30:13« Chut, est-ce qu'on vire 30 000 ce mois-ci
30:16et 20 000 le mois prochain ? »
30:18C'est vrai ?
30:18– Mais c'est intéressant parce que dans le Nord,
30:21en fait, là où ça a été expérimenté,
30:24je sais qu'un conseil départemental avait fait un objectif chiffré
30:26d'un certain nombre, alors je n'ai pas les chiffres en tête,
30:29d'un certain nombre de RSA qui est en moins.
30:32En fait, un objectif en temps de mois…
30:35– C'est un objectif de chier.
30:35– Oui, oui, et ils étaient dans l'expérimentation
30:38des deux dernières années.
30:39– C'est l'objectif caché.
30:40J'en suis percé à des depuis qu'ils en parlent, mais bon.
30:45– On arrive bientôt à la fin de cette séquence.
30:48Avant, je voulais juste qu'on regarde un dernier petit extrait.
30:51C'est Arthur 1, qui est docteur en analyse et politique économique.
30:55On regarde et puis on en discute après.
30:57– Pour l'instant, les conditions d'application de cette loi
31:01ne sont pas très précises quant à ces diversités de profils.
31:06Et donc, il y a une peur aussi à la fin du non-recours.
31:08C'est-à-dire des personnes qui, plutôt que d'être menacées,
31:12vont sortir de ces dispositifs.
31:13Et là, on ne sait pas ce qui se passe pour elles.
31:15Ça peut être des activités informelles pour survivre
31:20et ça peut être des conséquences plus graves.
31:22Et donc, cette approche-là, c'est ni quelque chose de souhaitable
31:27vis-à-vis de ces populations qui sont déjà minérales,
31:30mais surtout, ça a des grandes chances de ne pas créer
31:32ce que la puissance publique a l'air d'attendre,
31:34c'est-à-dire de remobiliser les gens vers de l'activité.
31:38– Faire les naves.
31:39– Donc voilà, Arthur 1 parle des non-recours, justement,
31:42et il parle des activités informelles.
31:46En gros, il dit que les gens vont être découragés
31:48de demander l'ERSA,
31:49ou alors on va leur supprimer leurs allocations.
31:51Et donc, ils pourraient se tourner vers des activités informelles.
31:53Et donc, Christian, vous le disiez,
31:55ça pourrait être des activités illégales, d'huile, etc.
31:58Et est-ce que vous, Francine, c'est quelque chose
32:00dont vous avez peur aussi,
32:02l'augmentation de ces activités informelles
32:04par peur du non-recours au RSA ?
32:06– Ce n'est pas une question que je me suis posée en réalité.
32:11Par contre, c'est quand même inquiétant
32:12que ce non-recours au droit,
32:14parce que déjà, il est très élevé,
32:15il est à plus de 30% aujourd'hui.
32:17Et visiblement, d'après une étude sur le bilan des expérimentations
32:22qui a été menée par ATD Carmonde
32:24et puis le Secours catholique, je crois,
32:27le non-recours au droit a progressé de 10%
32:29sur les bénéficiaires du RSA.
32:31Donc, ça risque de s'accroître.
32:33C'est quand même dramatique,
32:34au-delà des activités par ailleurs pour pouvoir survivre.
32:38– Et avec ces 15 heures d'activités, par exemple, obligatoires,
32:41est-ce qu'il n'y a pas aussi des risques d'étournement,
32:45on va dire, du droit du travail qui pourrait se mettre en place ?
32:47Est-ce qu'il y a déjà des cas ou des choses comme ça ?
32:49– Alors, des cas, je ne pourrais pas vous dire,
32:53mais effectivement, sur la question des immersions,
32:56dont je vous parlais tout à l'heure,
32:59pourrait éventuellement s'apparenter à du travail,
33:02puisque si on y reste un à deux mois,
33:04on peut faire plein de choses en un mois ou deux mois
33:06sur un lieu de travail, quand même.
33:10– Merci beaucoup pour tous ces éléments.
33:12Juste avant de vous quitter, vous avez quelque chose à dire encore ?
33:15– Non, parce que j'ai vu une question
33:16sur les fonctionnaires de France Travail.
33:19Est-ce que ça gueule à l'intérieur de France Travail ?
33:22Alors, déjà, on n'est pas des fonctionnaires,
33:24il y a quelques agents publics,
33:25mais c'est surtout des agents de droit privé.
33:27Il y a eu une grève en décembre.
33:29On a un certain nombre d'organisations syndicales
33:31à demander l'abrogation de la loi, quand même,
33:33pour le plein emploi.
33:34Et on devait partir en grève, malheureusement,
33:38beaucoup d'organisations syndicales n'ont pas voulu,
33:40pas la CGT, bien sûr, mais on voulait continuer.
33:42Et normalement, il devrait y avoir un nouveau mouvement de grève
33:45pour demander des effectifs et des moyens
33:46pour accompagner les usagers correctement.
33:49– Très bien, merci de ces précisions.
33:51Juste avant de vous quitter,
33:53vous l'avez peut-être entendu tout à l'heure,
33:55Yann Brossat, le porte-parole du Parti communiste français,
33:58va être l'invité politique qui va suivre dans la séquence suivante.
34:01Est-ce que vous avez une question à lui poser
34:04qu'on lui transmettra, bien sûr, tout à l'heure ?
34:08– On vous prend au dépôt.
34:10– Oui, au dépôt.
34:11– Je pense que peut-être les politiques refèrent, évidemment.
34:13– La dernière fois que j'ai vu Yann, c'était il y a très longtemps,
34:15je voulais lui poser la question,
34:17ça ne fait pas un peu chier les cheveux blancs sur les couilles ?
34:20– D'accord, très bien.
34:22– Pas sûr qu'on lui pose celle-là, mais quoi que.
34:26– Quoi que, quoi que.
34:27– Question de fond, Jéranlo, Francine, est-ce que vous en avez eu ?
34:30– Pas de question particulière, si ce n'est que…
34:33Enfin, j'imagine que son parti, comme d'autres,
34:35s'engage dans la défense des services publics,
34:37y compris le nôtre,
34:38et que je pense qu'on se retrouvera dans la rue avec lui
34:41pour combattre les politiques du gouvernement.
34:43– Très bien.
34:44– C'est noté, t'as pris note ?
34:45– J'ai pris note, ça va.
34:46Les cheveux, rendez-vous en manif.
34:49– Merci beaucoup à tous les deux, je le rappelle,
34:51Francine Royan, vous êtes conseillère à l'emploi en Ile-de-France depuis 2002,
34:53et maintenant, déléguée syndicale à la centrale CGT France Travail.
34:58Et Christian Page, vous êtes allocataire du RSA,
35:00vous avez passé dix ans dans la rue,
35:01et vous avez aussi écrit un bouquin.
35:02Je viens de remarquer que c'était le nom du bouquin sur votre bulle.
35:05– T'as vu, hein ?
35:06– Voilà, très…
35:07– Autopromo !
35:08– Belle vignée.
35:08– Eh ouais, eh ouais, mais vous n'avez rien vu.
35:11– Merci beaucoup à tous les deux,
35:13on vous remercie vraiment, c'était un échange très intéressant.
35:15– Merci beaucoup.
35:17– Merci beaucoup.
35:19– Merci beaucoup.
35:19– Merci beaucoup.
35:20– Merci encore, merci Ayette.
35:21– Merci Ayette, c'est vrai.
35:22Salut Ayette, à toutes.
35:23– Là- fueled.
35:23– Merci.
35:24— Et bien justement,